La ferme du Douaire (ou cense du Douaire) est une ancienne ferme brabançonne située à Ottignies, section de la ville belge d'Ottignies-Louvain-la-Neuve, en Brabant wallon.
Entièrement rénovée par la commune en 1989 et transformée en espace culturel et récréatif, elle abrite une bibliothèque publique, une ludothèque, une salle de spectacle, le cercle d'histoire local « Chago » ainsi que la direction et l'administration du centre culturel d'Ottignies-Louvain-la-Neuve.
Localisation La ferme du Douaire est située à Ottignies, au de l'avenue des Combattants., presque en face du Centre culturel d'Ottignies-Louvain-la-Neuve, à quelques centaines de mètres du château d'Ottignies et de l'église Saint-Rémi, à l'entrée du centre commercial du Douaire.
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Étymologie Le mot « douaire » (du latin médiéval dotarium, dérivé du latin classique dos, dotisJean Dubois, Henri Mitterand et Albert Dauzat, Dictionnaire étymologique et historique du français, Larousse, 1993, .) signifie soit « le patrimoine assuré par le mari à sa femme en cas de survie »Charles Scops, Ottignies à travers les âges. Notes historiques Ottignies, 1970, ., soit « une dotation de l'épouse à l'époux survivant », soit « la terre dont le revenu va au curé »Jean-Jacques Jespers, Dictionnaire des noms de lieux en Wallonie et à Bruxelles, Éditions Racine, 2005, ..
Il est attesté sous les formes Dowaire en 1529, Douwaire en 1666 et Douwair en 1710.
Historique Origines La ferme du Douaire est vraisemblablement une ancienne gentilhommière qui dépendait de la seigneurie de Limelette et appartint successivement à Pierre de Limelette (), puis aux familles d'Ursel (), de Nobili (), d'Udekem (), de Zangré () et Orban de Xivry ()Sylvia Noble-Bossicard, L'histoire de Limelette, Ottignies et Céroux-Mousty, Ottignies, 1983, .Panneau explicatif du Cercle d'histoire d'Ottignies, visite guidée de la ferme du Douaire, 16 avril 2011.
La ferme est déjà citée en 1455 mais les premiers bâtiments en torchis datent de 1529. Elle est citée en 1529 comme « Maison et tenure du Douaire », qui appartenait aux seigneurs de Limelette.
Des bâtiments en dur sont construits vers 1640 et la grange est édifiée en 1786Okgni, Revue du cercle d'histoire, d'archéologie et de généalogie d'Ottignies-Louvain-la-Neuve, n° 83, mars 2018, .. En 1640, on parle de la « Maison du Douaire », à l'époque où Antoine de Nobili agrandit la propriétéCécile Lucas, La ferme du Douaire à Ottignies, Okgni, Revue du cercle d'histoire, d'archéologie et de généalogie d'Ottignies-Louvain-la-Neuve (CHAGO), n° 87, mars 2019, .
Les bâtiments de la ferme sont ceux d'une ferme typiquement brabançonne des Plaque apposée dans la cour de la ferme : l'aile la plus ancienne est l'aile ouest, qui date du et comprend le « quartier de maître » (ou « maître-logis »), le logis du fermier, la laiterie et la buanderie; au furent édifiées la grange (au nord) ainsi que l'aile est comprenant les écuries et l'étable; enfin, au , vinrent s'ajouter, d'un côté, l'aile sud constituée d'étables et, de l'autre, un poulailler, une porcherie et des remises.
La période d'édification du corps de logis est attestée par trois millésimes visibles dans le maître-logis et le logis du fermier : le millésime de 1628 gravé sur la troisième marche de l'escalier donnant accès au « quartier de maître » (ce millésime indique probablement la date d'une restauration, d'un agrandissement ou de l'aménagement comme exploitation agricole) ; le millésime de 1635 gravé sur le linteau de la porte d'accès à la cave ; le millésime de 1658 gravé sur une poutre située dans le logis du fermier.
Selon Okgni, la Revue du cercle d'histoire, d'archéologie et de généalogie d'Ottignies-Louvain-la-Neuve, la date de 1628 car elle est gravée sur un escalier de pierre de remploi. Pour cette revue, .
Abandon et réaffectation La famille Orban ayant décidé de vendre la propriété, le dernier fermier quitte la ferme en 1962.
Celle-ci est laissée à l'abandon jusqu'en 1971. avant d'être rachetée en 1972 par la ville d'Ottignies-Louvain-la-Neuve.
Elle connaît différentes affectations depuis 1974, notamment une tannerie et un bureau de police.
Après son classement comme monument en 1984, la ferme est restaurée par la Commune en 1989 sous la direction de Raymond Lemaire et transformée en un espace culturel et récréatif comprenant. : une bibliothèque publique (dans le maître-logis, le logis du fermier et une partie des étables de l'aile sud) ; une salle de spectacle (dans l'ancienne grange) ; une ludothèque (dans les écuries et l'étable de l'aile est - à partir de 1994) ; un club de pétanque (dans une partie des étables de l'aile sud - jusqu'en 2017) ; la direction et l'administration du centre culturel d'Ottignies-Louvain-la-Neuve (dans l'aile nord, à côté de la grange).
Lors de ces transformations, le poulailler est détruit pour ménager un passage de la cour vers le centre commercial du Douaire, à l'est.
En 2016, le club de pétanque quitte la ferme pour s'établir dans de nouvelles installations à Louvain-la-NeuveBulletin communal d'Ottignies-Louvain-la-Neuve, n° 204, décembre 2016, .. En , la bibliothèque déménage vers les étables de l'aile sud pour laisser le maître-logis et le logis du fermier, à l'exception d'une des salles du maître-logis, au cercle d'histoire local « CHAGO » (cercle d'histoire, d'archéologie et de généalogie d'Ottignies-Louvain-la-Neuve) qui était établi précédemment dans l'ancienne cure d'OttigniesBulletin communal d'Ottignies-Louvain-la-Neuve, n° 209, octobre-novembre 2017, ..
Classement Statut patrimonial La ferme (façades, toitures et cave) fait l'objet d'un classement comme monument et les terrains environnants comme site depuis le , sous la référence 25121-CLT-0014-01..
Elle figure à l'Inventaire régional du patrimoine en Wallonie sous la référence 25121-INV-0032-02.
Architecture
Structure La ferme présente un plan en carré comprenant : le « maître-logis » et le logis du fermier, à l'ouest ; une grange, au nord ; des écuries et des étables, à l'est ; des étables au sud.
De par sa restauration et la construction du centre commercial qui porte son nom, la ferme a perdu son environnement de prairies humides.
Maçonneries et toitures Couverte d'ardoises de couleur noire, la ferme est édifiée en briques rouges et en pierre bleue, avec un chaînage d'angle en grès ferrugineux à l'angle d'une des remises bâties au .
La plupart des bâtiments sont couverts d'une toiture en bâtière, sauf la grange qui est couverte d'une bâtière à croupettes et du maître-logis qui est couvert d'une bâtière à croupe unique.
Le « maître-logis » et le logis du fermier La cour de la ferme est fermée à l'ouest par le « maître-logis » et le logis du fermier.
Le « maître-logis », plus haut que le logis du fermier, présente un plan carré et est couvert d'une bâtière à croupe unique. Il abritait à l'origine une grande salle de réception au rez-de-chaussée. L'édifice présente vers la cour intérieure une façade régulière de deux travées percées au premier niveau (surélevé par rapport au rez-de-chaussée des autres bâtiments de la ferme) de deux hautes fenêtres rectangulaires à encadrement de pierre bleue (petit granit), surmontées à l'étage de fenêtres rectangulaires un peu plus petites. Cette façade se termine par un pignon à épis percé de petites fenêtres carrées à appui de fenêtre et linteau de pierre bleue agrémenté de deux ancres de façade en forme de crochet et d'une ancre en Y sur la cheminée qui termine le pignon. La façade occidentale du maître-logis est percée de fenêtres de taille variable disposées de façon très irrégulière. Une remise couverte d'un toit en appentis en ardoises de couleur noire prolonge le maître-logis au sud.
Le logis du fermier, plus allongé et couvert d'une toiture en bâtière, présente vers la cour une façade composée de deux parties légèrement différentes car il a été construit au et agrandi d'une travée vers le nord au . La partie gauche présente un soubassement très marqué fait de six assises de moellon, qui est peut-être le vestige d'un bâtiment antérieur. Le soubassement est interrompu par la porte d'entrée précédée de trois marches et surmontée d'une fenêtre d'imposte protégé par des barreaux de fer. Ce pan de façade est percé de trois grandes fenêtres rectangulaires à encadrement de pierre bleue et est couronnée par une frise de dents d'engrenage en briques. La partie droite de la façade est la travée ajoutée au . Elle est percée de deux grandes fenêtres rectangulaires qui surmontent une petite fenêtre de cave surmontée d'un petite arc surbaissé en briques. La façade occidentale du logis du fermier, comme celle du maître-logis, est percée de fenêtres de taille variable disposées de façon irrégulière. Une remise couverte d'une toiture en bâtière en tuiles orange est adossée à la façade occidentale du logis du fermier : elle a été ajoutée au en même temps que la travée nord du logis du fermier.
La grange Couverte d'une bâtière à croupettes, la grange est une grange en long dont la façade occidentale et la façade orientale sont percées chacune d'un grand portail.
Le portail occidental, qui était dirigé vers les champs, possède un encadrement en pierre bleue aux piédroits harpés dont l'arc en anse de panier est orné de deux ancres de façade en forme de moustache et surmonté de trois oculi. Ce portail est orné d'un vitrail monumental conçu en 1991 sur le thème de la musique par Josse Derbaix, un binchois établi à Ottignies à partir de 1974 : les personnages du vitrail, musiciens, danseurs ou spectateurs, sont entourés de flots de notes stylisées et vivement colorées..
Le portail oriental, qui était dirigé vers l'aire de battage, est plus simple et est fait de piédroits en briques et d'un grand arc surbaissé réalisé dans le même matériau.
Ses murs pignons sont des pignons à épis, percés chacun de trois oculi, tant à l'est qu'à l'ouest, et ses murs gouttereaux sont ornés de frises de dents d'engrenage en briques.
L'intérieur de la grange, d'une capacité totale de 120 personnes assises., conserve une belle charpente en chêne.
La cave voûtée Sous l'étable qui constitue l'aile sud de la ferme se trouve une belle cave aux voûtes de briques rouges, d'une superficie de et d'une capacité de 30 personnes assises.
Selon Cécile Lucas, du cercle d'histoire, d'archéologie et de généalogie d'Ottignies-Louvain-la-Neuve (CHAGO), .
Le fermier entreposait dans cette cave des pommes de terre, des betteraves fourragères et du charbon.
Ornementation
Oculi, pignons à épis et frises de dents d'engrenage La grange et le maître-logis présentent des pignons à épis. Les murs pignons de la grange sont percés chacun de trois oculi, tant à l'est qu'à l'ouest.
Les murs gouttereaux de la ferme sont également ornés par endroits de frises de dents d'engrenage en briques.
Ancres de façade Les façades de la ferme présentent un grand nombre d'ancres de façade aux formes très variées : ancres verticales, en X, en Y, en forme de crochet, en fer à cheval, en losange et même en forme de « moustaches » (au-dessus de l'entrée de la grange).
Art public aux abords de la ferme Plusieurs œuvres d'art public se dressent sur la pelouse qui borde la ferme du côté du levant.
Une pierre pour ma ville vignette|droite|redresse=1.25| À l'est de la grange se dresse une statue en pierre bleue de Soignies haute de 2m70 et intitulée Une pierre pour ma ville.
Cette statue, dont les promoteurs furent la Ville, le Foyer culturel, les habitants d'Ottignies-Louvain-la-Neuve et l'artiste, fut taillée face au public de juin à par l'artiste Véronique Choppinet (née en 1946).
Une plaque posée au pied de la statue affiche :
Le grand tilleul qui faisait face à la sculpture est déraciné par une tempête le Bulletin communal d'Ottignies-Louvain-la-Neuve, , octobre - novembre 2023, ..
Visages Urbains vignette|droite|redresse=1.2|