vignette Marga d’Andurain, née Jeanne Amélie Marguerite Clérisse le à Bayonne (France) et morte le dans la baie de Tanger (Maroc), est une aventurière française.

Source de nombreux fantasmes, elle fut tour à tour accusée d'espionnage, de meurtres, de trafic de drogue, de perles ou de diamants mais elle a surtout marqué son temps pour avoir tenté d'être la première Européenne à pénétrer dans la cité sainte de La Mecque en Arabie Saoudite. Elle fut assassinée à bord de son yacht, le Djéïlan, à 55 ans.

Biographie Enfance et jeunesse, jusqu'au mariage Fille de Maxime Ernest Clérisse, magistrat, juge au tribunal de Bayonne, et de Marie Jeanne Diriart, sans profession, elle grandit à Bayonne, cadette d'un frère surnommé Pitt et d'une sœur, Mathilde.

La société provinciale, catholique et traditionnelle, la considère déjà comme « rebelle ». En effet si elle reçoit l'éducation conventionnelle de son époque, qui dictait alors aux jeunes filles de se fondre dans le moule d'une féminité d'agrément et de respecter l'autorité masculine, Marguerite est indisciplinée, voire insupportable pour son entourage, et ne rentre pas dans ce cadre. Selon ses propres récits (peut-être enjolivés), sa famille aurait même tenté de la faire exorciser par l'évêque de Bayonne pendant son adolescence !

Envoyée dans un couvent espagnol, Marguerite est surnommée Marga par ses camarades, surnom qui lui restera tout au long de sa vie.

Le , âgée de , elle épouse le comte Pierre d'Andurain, un cousin rencontré deux ans plus tôt sur une plage de Biarritz. alt=Acte de naissance de Marga d'Andurain|vignette|318x318px|Acte de naissance de Marga d'Andurain - Extrait des registres paroissiaux et d'état civil de la ville de Bayonne - Archives départementales

Errances Marga et Pierre sont tous deux issus de familles de rentiers et Pierre d'Andurain rechigne à se résigner à travailler. Après leur mariage, les jeunes époux partent pour un long voyage de noces en Espagne, au Maroc puis en Algérie, où naît leur premier fils Jean-Pierre, le .

Mais les difficultés économiques les obligent à rentrer en France. Ils n'y resteront pas longtemps : en 1912, ils s'expatrient en Argentine, où s'installaient alors de nombreux Basques. Leur projet était alors de s'y lancer dans l'élevage de chevaux.

Un projet qui tourne court lorsqu'éclate la Première Guerre mondiale : Pierre est décidé à se battre pour sa patrie et ils rentrent donc une nouvelle fois en France. Leur second fils, Jacques, naît le .

La chute de la rente après la Première Guerre mondiale entraîne l'appauvrissement de la famille. Malgré la réprobation continuelle de sa famille (travailler est mal vu pour une femme de son époque), elle se lance dans deux activités : la décoration d'appartements qu'elle achète, transforme et revend, puis la production de perles artificielles. Elle crée même sa propre société, Arga !

Sa vie au Proche Orient En 1925, Marga hérite de son père et choisit alors de partir vivre en Orient. Elle y jouira paradoxalement d'une liberté plus grande que celle qu'elle pouvait trouver en Occident à cette époque où tout était alors régi par des codes très stricts.

Le couple et leurs enfants retournent d'abord en Algérie, puis voyagent en Égypte et enfin en Syrie, où elle devient la propriétaire de l'hôtel Zénobie à Palmyre. Le couple y séjourne de 1927 à 1936. Dès son installation, parce qu'elle est la maîtresse d'un officier britannique, des soupçons d'espionnage pèsent sur elle, sans que jamais aucune preuve ne soit apportée. Elle laisse dire si bien que la suspicion enfle au point de devenir pour certains une vérité.

S'il n'a jamais été prouvé par qui que ce soit qu'elle fut une espionne, en revanche on peut considérer qu'elle fut une aventurière. De façon à pouvoir être la première Européenne à entrer à La Mecque, elle fait en 1933 un mariage blanc avec un bédouin et part avec lui en direction de La Mecque. Il meurt finalement de façon suspecte à Djeddah en . Accusée d'empoisonnement, Marga d'Andurain est emprisonnée puis libérée à l'issue d'un procès. De retour en Syrie en 1935, elle se remarie avec son ancien mari Pierre, mais celui-ci est assassiné en à Palmyre. Marga d'Andurain se sent alors obligée de quitter l'Orient.

Comme beaucoup, elle mène ensuite une vie difficile en Europe pendant la guerre. Elle chercha à résoudre ses problèmes financiers, notamment par des trafics (de tableaux surtout) et du marché noir. Elle est accusée, puis blanchie, d'avoir empoisonné son filleul en 1945. vignette|Navire jumeau du Djeilan, construit la même année. En 1947, Marga fit l'acquisition du yacht Djéïlan, long de 16 mètres, à Nice. Ce yacht avait été construit en 1899/1900 en Norvège par le célèbre constructeur naval norvégien Colin ArcherLloyd's Register of Shipping. Register of Yachts 1951 page 160 consec. no. 1686. Owner: "The exors. of the late comtesse d'Andurain". Boat name: "Djeilan ex Seaweed ex L'Incomprise III ex Fri". Built and designed: "Colin Archer 1900 in Larvik".. En 1948, Marga effectua plusieurs traversées entre Gibraltar et le Maroc à bord de ce bateau.

En novembre 1948, à l'âge de 55 ans, Marga d'Andurain disparut à bord de son yacht, le Djéïlan, dans la baie de Tanger, au large des côtes marocaines. Son corps, jeté à la mer par ses assassins, ne fut jamais retrouvé.

Marga d'Andurain est la grand-mère paternelle de l'historienne Julie d'Andurain.

Publications . .

Bibliographie Élise Nouel, Carré d’as aux femmes !, Paris, G. Le Prat, 1977 Gabriel Dardaud, Trente ans au bord du Nil : un journaliste dans l'Égypte des derniers rois, Paris, Lieu commun, 1987 Julie d’Andurain, Marga d’Andurain, une occidentale d’avant garde en Orient, Mémoire de DEA d'histoire sous la direction du Pr. Daniel Rivet, Paris-I-Sorbonne, 1996. Jacques d’Andurain, Drôle de mère, In Libro Veritas, 2007. . Élie Durel, Marga d'Andurain - l'Incroyable Destin d'une Basque, La Geste, 2018. Julie d'Andurain, Marga d’Andurain 1893-1948 : une passion pour l’Orient, Le mari passeport, Maisonneuve et Larose, Paris, 2019

Références

Liens externes

Catégorie:Naissance en mai 1893 Catégorie:Naissance à Bayonne dans les années 1890 Catégorie:Écrivain dont l'œuvre est dans le domaine public Catégorie:Écrivaine française du XXe siècle Catégorie:Écrivain voyageur français Catégorie:Aventurière du XXe siècle Catégorie:Décès en novembre 1948 Catégorie:Décès à Tanger Catégorie:Décès à 55 ans Catégorie:Mort assassiné au Maroc Catégorie:Écrivain assassiné