François Debeauvais est un militant nationaliste breton né en 1903 à Rennes et mort le à Colmar.
Actif dans les fractions autonomistes et indépendantistes avant-guerre, il recherche l'appui du gouvernement nazi lors de la Seconde Guerre mondiale dans le but avoué d'obtenir un statut d'autonomie nationale, voire d'indépendance, pour la Bretagne.
Nom Il se fait également appeler Francis Debauvais, Fransez Debauvais, Fañch Debauvais, Fañch Deb ou Fanch Denoual. Pascal Ory parle de Francès Debauvais.
Biographie
Enfance et formation François Debeauvais est le fils d'un employé de pharmacie rennais.
Groupe régionaliste breton Il devient directeur du Breiz Atao, organe officiel du groupe régionaliste breton, dont la rédaction s'effectue à son domicile« L’enquête sur l'attentat de Rennes révèle des constatations troublantes », dans L'ouest-Éclair, le 10 aout 1932, consulté sur gallica.bnf.fr le 15 juillet 2017.
En 1928, il participe à un congrès donné par le Parti autonomiste breton.
Il est un lecteur assidu de Maurras..
En 1930, il propose la création d'un grand hebdomadaire intitulé Le Peuple breton, projet qui prend fin au bout d'à peine 2 ans pour cause d'un financement insuffisant.
Le PNB Après l'attentat du 7 août 1932 à Rennes, son domicile est perquisitionné.vignette|François Debeauvais blessé par les Camelots du Roi lors du rassemblement de Saint-Goazec dans Breiz Atao du 17 septembre 1933. Le , Debauvais publie dans Breiz Atao numéro 170 un programme nommé « Saga » élaboré par Olier Mordrel (Strollad Ar Gelted Adsavet : Groupe/Parti des Celtes Relevés), en prenant bien soin de le présenter comme une proposition étrangère à la direction du parti. Régulièrement il répond aux lecteurs que les délires fascistes de Mordrel dans Stur n'ont rien à voir avec le parti. En 1933, il est agressé par des Camelots du Roi à Saint-Goazec.
À partir de 1936, François Debeauvais et Olier Mordrel deviennent convaincus qu'un conflit armée entre la France et l'Allemagne est proche, et y voient une opportunité pour les nationalistes bretons. Si tous deux s'accordent pour jouer la carte de l'Allemagne, Olier Mordrel souhaite une convergence idéologique avec le nazisme, et commence à exprimer ses idées dès 1934 dans la revue Stur. Ces positions ne rencontrent cependant pas l'adhésion des membres du PNB, et des remises en cause de ces idées sont publiées par certains auteurs de Breiz Atao. Début 1937, Raymond Delaporte, un des opposants à la ligne pro-nazie prend la tête du journal lors des problèmes de santé de François Debeauvais, et en profite pour dénoncer les thèses de Mordrel dans le journal. Ce dernier parvient cependant à imposer cette ligne à la suite du congrès de Carhaix que le parti organise en , et dès lors une ligne fascisante est adoptée et présente de nombreuses convergences avec le nazisme. Le journal adopte la même année un point de vue favorable à l'Allemagne lors de la crise des Sudètes, puis de l'Anschluss, alors que François Debeauvais et Olier Mordrel tentent dans le même temps d'obtenir le soutien des services secrets allemands.
En février 1937, la tuberculose contraint François Debauvais à accepter d'être en partie suppléé par Raymond Delaporte ; il empêche l'extrémiste Mordrel de prendre le pouvoir au sein du PNB. Au congrès de Carhaix, en , le Parti national breton se transforme en un véritable parti fasciste breton et en , les murs des villes bretonnes sont couverts d'inscriptions comme « La Bretagne aux Bretons », « Breiz Atao vaincra », etc..
Le , il se constitue prisonnier (après un exil en Belgique chez Fred Moyse) ; il est poursuivi (avec Mordrel) pour atteinte à la sûreté de l'État. Le , il est condamné à un an de prison avec sursis pour « atteinte à l'unité de la nation ». Lors du procès, son avocat s'exclame : « Je refuse de me battre pour une France gouvernée par des juifs ».
Il est condamné en . vignette|Mordrel s'entretenant à Rennes avec Debeauvais lors de la libération de ce dernier en . .
Seconde Guerre mondiale François Debauvais refuse la mobilisation en 1939 et se réfugie en Allemagne où il fait de la propagande contre la France. Il est pris en charge avec Olier Mordrel par la section II de l'Abwehr. Ils fondent le Bretonische Regierung. D'Amsterdam, le , Mordrel et Debauvais adressent un manifeste aux Bretons, condamnant la guerre entreprise par la France. Un deuxième bulletin de presse, Ouest-Information, et une lettre de guerre, Lizer Brezel, allant dans le même sens sont diffusés plus tard.
Il refonde avec Olier Mordrel le Parti national breton.
Le , un tribunal militaire français les condamne à mort par contumace.
Lors de la percée de Sedan, Mordrel et lui, encadrés par un officier de l'Abwehr, Hans Otto Wagner, accompagnent les Allemands jusqu'à Bruxelles, où ils se livrent pendant plusieurs semaines à en direction de la Bretagne.
Durant l'occupation, il participe à la collaboration dans le but d'obtenir l'indépendance de la Bretagne.
Le , au Congrès de Pontivy, Debauvais et Mordrel créent le Comité National Breton. À la faveur de la création d'un poste de "gouverneur" allemand d'une Bretagne à cinq départements, les autonomistes et indépendantistes veulent croire à la possibilité de détacher la Bretagne du territoire français, illusion perdue dès septembreÉtienne Maignen, De 1940 à 1941, réapparition d'une Bretagne provisoirement incomplète, un provisoire destiné à durer, Bulletin et mémoires de la Société archéologique et historique d'Ille-et-Vilaine, tome CXIV - 2010, après la reprise en main de l'Abwehr II de Rennes par les Allemands. Ils décident aussi l’édition d’une nouvelle revue l’Heure bretonne. 201 numéros paraîtront entre juillet 1940 et juin 1944 (son premier rédacteur sera Morvan Lebesque).
Il est écarté des responsabilités politiques du PNB, après décembre 1940, lorsque Olier Mordrel est mis hors circuit. Deb prend ses distances et envisage de regrouper les éléments nationalistes bretons hors du PNB. Son but est alors de rallier dans l'optique du national-socialisme, les membres d'une gauche nationaliste bretonne que la politique soi-disant de droite du PNB pouvait indisposer : "Droits vitaux de la communauté bretonne dans le cadre occidental", "national-socialisme breton", "collaboration culturelle, politique économique étroite avec l'Europe nouvelle", "anticapitalisme et antijudéo-communisme" sont les slogans qu'il envisage pour définir la campagne qu'il compte mener, grâce à la diffusion d'un organe de presse intitulé La Fraternité bretonne, puis La Bretagne socialiste... qui ne vit jamais le jour (proposé le ). vignette|Numéro de Breiz Atao de 1944, promouvant la formation de la milice de Célestin Lainé et un article de François Debeauvais sur l'alliance du nationalisme breton avec le nazisme. Au moment de mourir il déclarait encore : Camarades de la formation Perrot, je vous salue. (…) Ce n'est pas parce que nous croyons que l'Allemagne sortira victorieuse du gigantesque conflit, que depuis le premier jour de la guerre nous sommes à ses côtés. Notre choix ne relève pas de l'opportunisme, mais d'une conception du monde commune sur des points essentiels. (…) La situation est déjà toute clarifiée, en revenant à la politique de Breiz Atao qui était toute de clarté. Cette politique consistait, au point de vue extérieur, à rechercher l'appui allemand. Nous y avons travaillé avec d'autres, pendant près de vingt ans.« Mémoires du chef breton : Fransez Debauvais », tome 4, ; dans « Le rêve fou des soldats de Breiz Atao », Ronan Caouissin publie cette dernière déclaration de François Debauvais, en omettant () les passages cités.
Il est l'époux d'Anna Youenou, qui a publié sur l'activité de son mari et de ses compagnonsAnna Youenou, Franzez Debeauvais, de Breiz Atao et les siens. Mémoires du chef breton commentés par sa femme Tome 4 en ligne et Note Persée.. Avant de mourir, il place son fils Hervé dans les Jeunesses hitlériennes à Zillisheim.
Décès Il meurt le à Colmar.
Idéologie Selon Jean-Marc Lafon :Fondée en 1934, la revue Stur, dirigée par Olier Mordrel et François Debauvais, derrière son apolitisme proclamé, revendiquait l’héritage celtique de la région comme directement lié à la « race nordique », tout en manifestant des tendances antisémites, anticapitalistes et anticommunistes.Selon Romain Pasquier :Olier Mordelle et François Debauvais les tenants d'un nationalisme d'extrême droite et fascisant.
Publications L'intérêt breton et l'avenir de la Bretagne: essai d'un nationalisme breton positif ; Renes, éditions Breiz Atao, 1926. Diskleriadur... Déclaration. La France après avoir, en rupture unilatérale du Traité de 1532 supprimé en 1790 l'autonomie politique de la Bretagne... ; tract de 4pp signé Debauvais et Mordrel, En exil, 25 octobre 1939 - consultable à la BDIC de Nanterre (ccfr.bnf.fr/portailccfr/servlet/LoginServlet). Stourm, bulletin d'action du "Conseil national breton", gérant F. Debauvais ; 2 numéros parus : (), () - consultable au CCrbc de Brest (cote Rp 476-S 30).
Notes et références
Notes
Références
Voir aussi Bibliographie
Le mouvement breton, Alain Deniel, P., Maspero, 1976
Le monde comme si, Françoise Morvan, Actes Sud, 2002
. Liens externes
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