Joseph Eschassériaux, dit Eschassériaux l'aîné, né le à Corme-Royal (généralité de La Rochelle, actuel département de Charente-Maritime), mort le à Thénac (département de Charente-Maritime), est un homme politique de la Révolution française et du Premier Empire.

Entre 1791 et 1799, il est député de la Charente-Inférieure à l'Assemblée nationale législative, à la Convention nationale, où il vote la mort de Louis XVI et où il siège au Comité de Salut public, et au Conseil des Cinq-Cents. Sous le Consulat et le Premier Empire, il est diplomate. Il est brièvement banni hors de France à l'issue de la Seconde Restauration de Louis XVIII.

Il est le frère aîné de René Eschassériaux, lui aussi député à la Convention nationale, et le père de Camille Eschassériaux, homme politique de la monarchie de Juillet.

Biographie Vie pré-révolutionnaire Joseph Eschassériaux est issu d'une vieille famille d'échevins de Saintes. Son père, Pierre Eschassériaux, est négociant. Son frère René Eschassériaux naît un an après lui. En 1797, il épouse, à Paris, Louise Françoise Monge, fille du scientifique Gaspard Monge et de Marie-Catherine Huart. De leur union naît Camille Eschassériaux.

En 1775, Joseph Eschassériaux est reçu, à vingt-deux ans, avocat au parlement de Bordeaux. En 1785, il devient président de l'élection de Maronne.

Mandat à la Législative La France devient une monarchie constitutionnelle en application de la constitution du 3 septembre 1791. Le même mois, Joseph Eschassériaux, alors administrateur de la Charente-Inférieure, est élu député du département, le quatrième sur onze, à l'Assemblée nationale législative.

Il siège sur les bancs de la gauche de l'Assemblée. En , il vote en faveur de la mise en accusation du ministre de la Marine, Bertrand de Molleville. En avril, il vote pour que les soldats du régiment de Châteauvieux, qui s'étaient mutinés lors de l'affaire de Nancy, soient admis aux honneurs de la séance. En août, il vote en faveur de la mise en accusation du marquis de Lafayette.

Mandat à la Convention La monarchie prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.

En , Joseph Eschassériaux est réélu député de la Charente-Inférieure, le troisième sur onze, à la Convention nationale.

Il siège sur les bancs de la Montagne. Lors du procès de Louis XVI, il vote la mort, et rejette l'appel au peuple et le sursis à l'exécution. Il est absent lors de la mise en accusation de Jean-Paul Marat. Il vote contre le rétablissement de la Commission des Douze.

Après la chute de Robespierre, Le 11 thermidor an II (le ), Bertrand Barère (député des Hautes-Pyrénées) propose que Joseph Eschassériaux soit nommé membre du Comité de Salut public. Il entre au Comité le 13 thermidor (le ). Le 15 vendémiaire an IV (le ), il est réélu membre du Comité aux côtés de Marie-Joseph Chénier (député de Seine-et-Oise), de Claude-Christophe Gourdan (député de Haute-Saône) et d'Antoine Claire Thibaudeau (député de la Vienne).

Mandat aux Cinq-Cents Sous le Directoire, Joseph Eschassériaux est réélu député de la Charente-Inférieure et siège au Conseil des Cinq-Cents.

Le 2 prairial an IV (le ), il est élu secrétaire, aux côtés de Pierre-Marie Delaunay (député du Maine-et-Loire), de Jean-Baptiste Mailhe (député de Haute-Garonne) et de Jean Pelet (député de Lozère), sous la présidence de Jacques Defermon (député d'Ille-et-Vilaine).

Initialement tiré au sort pour quitter le Conseil le 1er prairial an V (le ), il est réélu député aux élections législatives de 1797.

Comme sous la Convention, il fournit de nombreux rapports, principalement sur des questions administratives et coloniales. Il est un des rapporteurs attitrés des affaires touchant aux troubles à Saint-Domingue. Il soutient de plus les cercles constitutionnels, les successeurs des clubs révolutionnaires, tout en se montrant très hostile au culte catholique.

Le baron Eschassériaux Eschassériaux se rallie avec enthousiasme au coup d'État du 18 brumaire et entre ensuite au Tribunat. Il y siège pendant sept ans et fait preuve d'une grande fidélité envers le Premier Consul devenu empereur.

En 1806 Napoléon le nomme chargé d'affaires auprès de la République du Valais, puis l'envoie comme ministre plénipotentiaire dans la Principauté de Lucques et Piombino jusqu'en 1809. Ses services sont récompensés par la Légion d'honneur puis par le titre de baron d'Empire en 1810.

Revenu de Lucques, il se consacre à l'écriture de textes historiques. En 1814 il se retire à Saintes et signe l'année suivante l'Acte additionnel lors des Cent-Jours.

Exil et retraite Lors de la Seconde Restauration, Joseph Eschassériaux est frappé par la loi du 12 janvier 1816 qui bannit hors de France les régicides qui ont soutenu le retour de Napoléon . Il doit s'enfuir à Courtrai puis à Huy. Toutefois, après seulement trois ans d'exil, il obtient de Louis XVIII l'autorisation de rentrer en France.

Le baron Eschassériaux se retire dans sa propriété à Thénac et y meurt en 1824 à l'âge de soixante-dix ans.

Source

.

Notes et références

Liens externes

Catégorie:Député de la Charente-Maritime Catégorie:Naissance en juillet 1753 Catégorie:Décès en février 1824 Catégorie:Baron de l'Empire Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur Catégorie:Membre de l'Assemblée législative de 1791-1792 Catégorie:Député de la Convention nationale Catégorie:Conventionnel régicide Catégorie:Membre du Comité de salut public Catégorie:Membre du Conseil des Cinq-Cents Catégorie:Membre du Tribunat Catégorie:Ambassadeur français Catégorie:Décès à 70 ans Catégorie:Naissance en Saintonge Catégorie:Décès en Charente-Inférieure