Aranc est une commune française, située dans le département de l'Ain en région Auvergne-Rhône-Alpes. Géographie Situation La commune se situe dans le val d'Aranc. Il est bordé, à l'est par les Monts d'Ain et le Tré Pellay culminant à , au nord par la chaîne de l'Avocat, à l'ouest par la vallée de la Mandorne. Le Val d'Aranc culmine à une altitude moyenne de . Un marais borde le village au nord. Le Borrey y prend sa source. Les monts d'Aranc () créent une frontière naturelle à l'est. Le point le plus bas de la commune est au hameau de Moment : .
Communes limitrophes
Géologie Le Val d'Aranc tout comme le plateau d'Hauteville est un synclinal de taille modeste. L'origine des sols remonte à la période du secondaire, principalement Jurassique supérieur pour le val d'Aranc et le Jurassique moyen pour la vallée de la Mandorne. Les sols se composent de matériaux erratiques alternant avec des couches de calcaires de type Oxfordien moyen ou couche de Birmensdorf. On trouve suivant les affleurements et de minutieuses recherches, des fossiles de bivalves, gastéropodes ou, bien plus rarement, des ammonites. Le val d'Aranc et le plateau d'Hauteville en général, sont bordés de nombreuses falaises où se sont formées par l'action de l'eau, grottes, cascades, gouffres et tines, petites cuvettes formées par les cours d'eau.
La qualité du calcaire a été exploitée dans des carrières qui se trouvent non loin de Résinand et une mine de manganèse est signalée au début du , mais la pauvreté ou la difficulté d'extraction du minerai ont eu raison de l'exploitation de la mine.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Jura, caractérisée par une forte pluviométrie en toutes saisons ( à ), des hivers rigoureux et un ensoleillement médiocre. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Château-Gaillard à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Aranc est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Plateau d'Hauteville, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (61,3 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (62,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (60,7 %), prairies (34,7 %), zones agricoles hétérogènes (2,1 %), zones humides intérieures (1,8 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (0,6 %)..
L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes : 1249 : Aranc 1284 : Arenc 1359 : Arens 1492 : Arenc 1495 : De Arenco 1650 : Aran 1665 : Haranc 1670 : Aranc en Bugey
Albert Dauzat penche pour un type toponymique prélatin dont le premier élément Ar- s'explique par un hypothétique pré-indo-européen *ar (mot non attesté dans aucune langue connue). Le second -anc représente le suffixe pré-latin -ancum. Il compare à Arance (Pyrénées-Atlantique, Aransse 1383), formé sur le suffixe -antia. Cette hypothèse est reprise par la suite, en allégant du fait que le territoire d'Aranc est arrosé par deux rivières : le Borrey et la Mandorne..
Ernest Nègre friant en explications toponymiques par un anthroponyme utilisé seul, propose le nom de personne germanique Arincus utilisé absolument et cité par Marie-Thérèse MorletErnest Nègre, Toponymie générale de la France, Librairie Droz, Genève, , .
Enfin, on peut y voir un dérivé avec le suffixe germanique -ing(os) qui explique souvent la terminaison -ans dans la région et de manière quasi-systématique en Bourgogne et Franche-Comté. Aranc correspondrait à un primitif *Aringos « chez les Aringi », Aro étant un nom de personne germanique (cf. ancien haut allemand aro « aigle », allemand Aar, du germanique *aran « aigle »)Henry Suter « Noms de lieux de Suisse romande, Savoie et environs » sur le site Noms de lieux de Suisse romande, Savoie et environs..
Histoire Préhistoire Un morceau de vase protohistorique a été découvert sur la commune et étudié par un certain monsieur Pichon. « Les caractères morphologiques et technologiques » permettent de dater ce fragment « entre les avant notre ère ».
Moyen Âge Dès 1144, les seigneurs de Rougemont régnaient sur le Val d'Aranc. Selon les auteurs, cette féodalité laïque serait une des plus anciennes du Bugey. Des accords de pâturages avec la chartreuse de Meyriat, vers 1116, montrent déjà que la seigneurie est bien implantée. L'essentiel de la vie du village, à cette époque, est régie par les seigneurs de Rogemont et du château de Rougemont. La dynastie des Rougemont s'étend sur cinq siècles.
1530 : disparition de la seigneurie de Rougemont et rachat du château par la famille de Grenaud. 1696 : marquisat de la famille de Grenaud, à laquelle succède la famille de Montillet de Grenaud.
En 1791, Aranc devient chef-lieu d'un canton dépendant du district de Saint-Rambert-en-Bugey qui compte les villages et hameaux de Corlier, Montgriffon, Lacoux et Chaley.
En 1802, Aranc est rattachée au canton d'Hauteville.
Seconde Guerre mondiale vignette|150px|Stèle commémorative du maquis de l'Ain (Colognat). Le passé résistant du village d'Aranc est riche car il fut un point de ralliement pour le maquis de l'Ain. Le hameau des Gorges est un lieu important de ralliement pour les résistants. Il fallait trouver des points de ralliement pour les jeunes réfractaires mais aussi un endroit qui aurait pu fédérer l'ensemble des camps présent dans la région d'Aranc et de Corlier. C'est durant l'année 1943 que le colonel Henri Romans-Petit installe son PC dans ce minuscule hameau encaissé et difficile d'accès (d'où son intérêt). Les premiers maquisards s'installent en mars 1943. Dans le courant de l'année 1944, les troupes allemandes pénètrent dans le village et en représailles des actions résistantes, capturent, déportent et fusillent des résistants. On compte dix-huit arrestations et deux exécutions de civils dont une dame de 56 ans dans son domicile. Neuf maisons seront brûléesLes crimes nazis lors de la libération de la France (1944-1945) ; Dominique LORMIER.
Époque contemporaine Par arrêté préfectoral du , Aranc tout comme l'ensemble des communes de l'intercommunalité du plateau d'Hauteville sont intégrés à Haut-Bugey Agglomération.
Politique et administration Découpage territorial La commune d'Aranc est membre de l'intercommunalité Haut-Bugey Agglomération, un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre créé le dont le siège est à Oyonnax. Ce dernier est par ailleurs membre d'autres groupements intercommunaux..
Sur le plan administratif, elle est rattachée à l'arrondissement de Belley, au département de l'Ain et à la région Auvergne-Rhône-Alpes. Sur le plan électoral, elle dépend du canton de Plateau d'Hauteville pour l'élection des conseillers départementaux, depuis le redécoupage cantonal de 2014 entré en vigueur en 2015, et de la cinquième circonscription de l'Ain pour les élections législatives, depuis le dernier découpage électoral de 2010..
Liste des maires
Hameaux On compte quatre hameaux sur la commune d'Aranc : Salagnat au nord, Rougemont à l'est, Résinand et les Pézières à l'ouest.
Rougemont Hameau situé derrière les monts d'Aranc. Il est le plus peuplé des quatre hameaux que compte la commune. C'est dans ce hameau que se situent les ruines du château de Rougemont.
Évolution étymologique 1144 : Rubro Monte 1206 : Rubeismontis 1213 : Rogimonte 1284 : Monterubes 1286 : Rubesmonte 1301 : Rogemont 1536 : Rougemont
Bâtiments Les difficultés d'accès entre Aranc et Rougemont amenèrent la création d'une école clandestine. En 1868, une décision officielle est obtenue pour la création d'une école. Il existe également un lavoir situé près de l'ancienne fromagerie. Cette dernière fut probablement construite en 1860, c'est là que s'organise au premier étage, l'école clandestine. En 1903, on enregistrait 600 hectolitres de lait. elle ne fonctionne plus aujourd'hui.
Résinand Hameau encaissé dans une dépression orientée légèrement nord-sud.
Évolution étymologique 1670 : Tizenan 1746 : Résinand
Autre étymologie : Résimond ou LéatitLa France par cantons et par communes: Département de l'Ain, Théodore Ogier, .
Bâtiments Lavoir : un lavoir existe mais il n'est plus en état de fonctionner. Travail à ferrer : situé à côté du lavoir. Four à pain. École : une école a été construite en 1865 au « Crétêt » et au « Chêne ». Actuellement, cette maison a, au-dessus de sa porte, la date de 1890. Fromagerie : les premiers statuts remontent à 1875. de lait sont recueillis en 1903. Les statuts ont été révisés en 1924, date à laquelle on enregistre 27 sociétaires puis 37 en 1918. Il reste 4 éleveurs en 1990. Aujourd'hui, le bâtiment est fermé.
Les Pézières Hameau limitrophe de Résinand mais que l'on inclut généralement avec celui de Résinand. Ce hameau figure sous le nom de Pessières en 1873. La route qui le traverse permet d’accéder aux fermes des Gorges et des anciens hameaux de Colognat et de Malaval. Cette même route rejoint, plus haut, le village de Montgriffon.
Bâtiments Lavoir : alimenté par trois fontaines. L'installation fonctionne encore. Four à pain.