En 2017, la Turquie était la première puissance d’économique du Moyen-Orientpar rapport au PIB $ US courants et PIB $ PPA internationaux courants, plus largement, l’une des plus grandes économies d’Europe de l'Est, Elle est classée puissance économique d'Europe et la puissance économique mondialeWorld Economic Outlook (october 2024). Membre du G20 et de l'Union douanière, la Turquie a officiellement entamé ses négociations d’adhésion avec l’Union européenne en , négociations qui sont au point mort depuis quelques années. L'Allemagne est le premier partenaire économique de la République de Turquie en Europe.

La Turquie est un pays industriel cependant l'agriculture occupe encore une place importante dans le PIB. La valeur ajoutée de l'industrie représente 26,6 % du PIB, contre 63,7 % pour les services et 9,6 % pour l'agriculture. En 2024, l’inflation est à 67%.

Le secteur automobile représente la première activité exportatrice du pays. Il emploie environ personnes et regroupe plus de entreprises.

La Turquie est classée en position pour l'indice mondial de l'innovation en 2022. L'économie turque est une économie ouverte. Les échanges extérieurs représentent 48 % du PIB contre 22 % au Brésil et 88 % en Allemagne. L’Union européenne est le premier partenaire commercial du pays. Le commerce extérieur du pays est largement déficitaire et de manière chronique, ce qui conduit à une balance des paiements courants structurellement déficitaire et à un endettement extérieur croissant.

La place de l'économie informelle est importante et tendrait à croitre. En 2015, une étude de l'OCDE indique que la part des activités productrices de biens et services échappant au contrôle de l’État dépasse les 28 % du PIB. Travail sans contrat, évasion fiscale, corruption et trafics illégaux de biens sont en hausse. La guerre en Syrie a provoqué l'immigration en Turquie de millions de réfugiés syriens, qui forment une main d’œuvre exposée à l'exploitation ; beaucoup de ces travailleurs ne sont pas déclarés par leurs employeurs et sont très peu rémunérés. Près de quatre millions de Syriens ont affluer vers la Turquie.

Les intérêts économiques de la Turquie restent étroitement liés à l’Union Européenne, aux États-Unis, et le moyen orient.

L’Azerbaïdjan exporte du pétrole vers la Turquie, principalement via l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC). Cet oléoduc transporte le pétrole brut azerbaïdjanais vers le port turc de Ceyhan, facilitant ainsi les exportations vers d’autres marchés. En 2021, la Turquie a importé environ 18,5 millions de barils de pétrole via le BTC, bien que la part spécifique de l’Azerbaïdjan ne soit pas détaillée de façon générale.

La livre turque a perdu 30 % de sa valeur en 2018 et le taux de chômage a atteint 14,7 % en 2019.. Cependant il est de 9,1% depuis . L’inflation en Turquie était supérieure à 30 % pour les produits alimentaires en 2019. L’inflation sur douze mois a atteint un nouveau pic en mai avec 75,45 % (publié le 03/06/2024). La Turquie est aussi confrontée à l'émigration d'une partie de sa jeunesse éduquée en conséquence de la crise économique et de la répression politique. Le nombre de départs est en forte augmentation avec départs en 2017, soit 63 % de plus par rapport à l’année précédente..

À partir du 1ᵉʳ , le gouvernement turc établit à livres turques (environ 630 USD) le salaire minimum en Turquie en réaction à l’inflation qui limite le pouvoir d'achat.

Histoire

Depuis le début des années 1990, la Turquie a renforcé son ouverture économique en signant une série d'accords de libre échange. Ce faisant, elle a ouvert de nouveaux débouchés à ses entreprises exportatrices et favorisé leur approvisionnement en matières premières.

thumb|Synthese de l'économie turque en 2010. Analyse en composantes principales. Données : Banque mondiale.

La vitalité de l'économie turque s'expliquait par : une consommation privée soutenue par un pouvoir d'achat en hausse ; des investissements élevés, qui représentaient une part importante du PIB en 2010 (20 % contre 17,3 % en Allemagne)

La Turquie, après de bons chiffres jusqu'en 2011 (+ 8,5 % en 2011 et + 9,1 % en 2010.) a connu un net infléchissement de son taux de croissance (+ 2,9 % en 2014)2,9 % de croissance du PIB en 2014, lesechos.fr, avril 2015.

Le gouvernement s'est efforcé d'augmenter son volume d'exportations, ce qui nécessitait : d'augmenter ses efforts en matière de recherche et développement (0,73 % du PIB en Turquie contre 2,68 % pour l'Allemagne) d'exporter des produits à forte valeur ajoutée pour retrouver un équilibre de sa balance commerciale (les exportations de produits de haute technicité représentent 1,93 % des exportations de biens manufacturés en Turquie contre 11,2 % pour le Brésil et 15,2 % pour l'Allemagne).

La consommation privée soutenue, le taux d'investissements élevé et le déficit de la balance commerciale ont conduit le pays à recourir aux flux de capitaux étrangers (IDE et investissements de portefeuille). Le taux d'épargne (14,5 % du PIB) bien que supérieur à celui du Royaume-Uni (12,9 %) ou des États-Unis (11,6 %) ne suffisait pas à apporter les sommes nécessaires au développement économique du pays. La vigueur de l'économie turque en 2010 s'est accompagnée de tensions inflationnistes (+8,7 %).

En 2010, les finances publiques étaient maîtrisées. La Turquie avait remboursé la totalité de sa dette auprès du FMI en : la dette du gouvernement se montait à 50,7 % du PIB contre 117 % pour l'Italie et 56 % pour l'Allemagne ; le déficit budgétaire représentait -2,25 % du PIB contre -3,14 % en Allemagne.

Le risque pays se rapprochait des pays européens. Toutefois, l'épargne turque est insuffisante et le pays, dépendant des capitaux étrangers, a vu son endettement privé extérieur fortement augmenter, augmentant le risque de change. Entre 2000 et 2010, la dette extérieure de la Turquie a été multipliée par 3 et a atteint les de $US.

En 2010, la Turquie était la économique mondiale relativement au PIB$ PPA internationaux courants, mais pour ce qui est de l'indice de développement humain, le classement était moins favorable et montrait que la Turquie devait intensifier ses investissements dans l'éducation, la recherche et la santé et . En 2011, l'IDH de la Turquie se montait à . Au niveau mondial, la Turquie était classée . En 2023 elle est classée 45ème.

L'éclatement de scandales de corruption en 2013., la tournure autoritaire du pouvoir politique et la fin du processus de paix avec le PKK en 2015 ont augmenté les lacunes en matière de transparence, d'indépendance de la justice et de stabilité. Ces carences apparaissent comme des freins au bon développement économique du pays et à l'attrait de capitaux étrangers. Les responsables d'entreprises qui s'opposent politiquement au gouvernement sont systématiquement sanctionnés. Ainsi les holdings Koç et İpek Koza sont punies la première pour son soutien aux manifestants de Gezi et la deuxième pour l'opposition politique de sa branche média. Les moyens utilisés par le gouvernement vont de l'annonce d'amendes fiscales records à la mise sous tutelle des entreprises sans décision de justice... en matière d'indépendance de la justice, la Turquie était classée sur 142 en 2012., en matière d'indépendance de la presse, la Turquie était classée sur 179 en 2012, en matière de corruption la Turquie était classée sur 175 en 2014.

La fin du processus de paix avec le PKK est à l'origine de nombreux accrochages entre l'armée et la guérilla, aussi bien à l'est du pays que dans les grandes métropoles turques. Ces évènements créent un climat de violence qui n'est pas propice aux affaires. Les tensions institutionnelles, judiciaires et politiques canalisent l'énergie du pays vers l’appareil sécuritaire. Le recul de la démocratie turque fragilise la paix sociale, polarise la population selon des critères politiques, ethniques et religieux, et bride le potentiel de l'économie turque.

En , la livre turque a connu une chute importante qui faisait suite à la perte d'un tiers de sa valeur en un an. Un décrochage qui s'expliquait par le déficit extérieur chronique du pays, déficit aggravé par le surendettement des années 2010, les Turcs ayant emprunté en devises étrangères à court terme à taux d'intérêt proche de 0 %. Caractéristique du manque de confiance des Turcs dans leur propre monnaie : 60 % de leur épargne serait libellée en devises étrangères.

Secteur primaire L'agriculture

vignette|Récolte de blé à Sivas. En 2009, la Turquie est caractérisée par : une population plus rurale que celle de l'Europe : en Turquie la population rurale représente 30,2 % de la population totale du pays contre 26,5 % dans l'Union européenne. La population turque est de moins en moins rurale : en une décennie, la part de la population en milieu rural a diminué de 5,5 % une agriculture qui occupe une place importante dans l'économie du pays : en Turquie, l'agriculture est à l'origine de 22,9 % du total des emplois contre 5,1 % pour l'Union européenne et 29,1 % en Roumanie. En une décennie, la part des emplois agricoles dans l'ensemble des emplois a chuté de 18,5 % la valeur ajoutée de l'agriculture représente 9,34 % du PIB contre 1,5 % en Europe l'agriculture occupe la moitié de la surface du pays : de terres agricoles soit 50,5 % de la surface totale du pays contre 45,1 % dans l'Union européenne. Comme pour l'Europe, la part des terres agricoles connaît une tendance à la baisse. Pour ce qui est des terres agricoles, la Turquie se situe devant la France () et l'Espagne () d'hectares de terres arables soit, comme la France, de terres arables par personne contre dans l'Union européenne. Pour ce qui est des terres arables, La Turquie se situe devant la France ( d'hectares) et l'Espagne ( d'hectares) les terres arables représentent 27,7 % du territoire national contre 26 % dans l'Union européenne et 33,5 % en France 11,9 millions d'hectares sont consacrés à la production céréalière. En comparaison avec l'Europe, la Turquie , pour ce qui concerne les terres consacrées à la production céréalière se place devant la France ( d'hectares) et la Pologne ( d'hectares). Les terres consacrées à la production céréalière représentent 55 % des terres arables en Turquie contre 51 % en France et 68 % en Pologne 3,8 % du territoire national est utilisé en permanence contre 2,9 % dans l'Union européenne, 1,9 % en France et 9,5 % en Espagne une agriculture « plus naturelle » que la moyenne européenne : 96,5 kilogrammes d'engrais sont consommés par hectare de terres arables en Turquie, contre pour l'Union européenne et pour la France par an de hauteur moyenne des précipitations en Turquie contre en France et 636 en Espagne une agriculture deux fois moins productive que celle de l'Europe : le rendement des céréales se monte à par hectare en Turquie contre dans l'Union européenne et en France l'agriculture turque est l'avant-dernière d'Europe sur le plan de la valeur ajoutée. La valeur ajoutée à l’agriculture par travailleur est de $ (dollars US constants de 2000) en Turquie contre $ en Europe, $ en France et $ en Pologne 98 % de la population rurale a accès à une source d’eau améliorée en milieu rural (99,7 % dans l'Union européenne) rapporté à l'ensemble de ses importations, la Turquie est le deuxième plus gros importateur de produits agricoles en Europe. Les importations de matériaux agricoles bruts représentent 2,4 % des importations de marchandises du pays, soit la plus forte valeur d'Europe derrière la Slovénie (2,8 %). En moyenne les importations de matériaux agricoles bruts représentent 1,3 % des importations de marchandises dans l'Union européenne