Claude Louis Hector de Villars est un militaire et diplomate français, né le à Moulins (royaume de France)Né à Moulins selon le Grand Larousse encyclopédique, Victor Adolphe Malte-Brun, dans la France illustrée (), le donne comme natif de Condrieu, Rhône. et mort le à Turin (royaume de Sardaigne). Maréchal de France (), duc () et pair de France (), président du Conseil de la guerre (1715-1718), il est élevé en à la dignité exceptionnelle de maréchal général des camps et armées du roi.
Biographie Il est le fils de Pierre de Villars, lieutenant général des armées du Roi, ambassadeur en Espagne, en Savoie et au Danemark, gouverneur de Besançon, chevalier des ordres du Roi, et de Marie Gigault de Bellefonds, par sa mère, il est le cousin germain de Bernardin Gigault de Bellefonds, maréchal de France.
Issu d'une famille de noblesse récente, anoblie en 1586 (notables et négociants lyonnais, seigneurs de La Chapelle-Villars, sans lien avec les Thoire-Villars, ni les Savoie-Villars, ni les Villars-Brancas), il se présente néanmoins dans ses Mémoires comme descendant d'une grande famille du Moyen ÂgeFadi El Hage, « Villars et Denain », émission Au cœur de l'histoire sur Europe 1, 10 janvier 2013..
Militaire et diplomate Il est élève au collège de Juilly de 1664 à 1668.
Après de brillantes études au collège de Moulins, Louis-Hector, marquis de Villars, entre aux pages de la Grande Écurie en 1670, puis aux mousquetaires en 1671. Il servit comme aide de camp du maréchal de Bellefonds et suivit le Roi au siège d'Orsoy. Il se trouva aux sièges de Zutphen, Crèvecœur et Doesbourg. Le courage qu'il fit paraître au passage du Rhin, le fit nommer au grade de cornette à la compagnie de chevau-légers de Bourgogne, dont il fut pourvu par brevet du . Villars finit la campagne au sein de la gendarmerie d'ordonnance.
Il partit l'hiver suivant 1673 pour Madrid où il alla féliciter le Roi d'Espagne sur sa convalescence. De Madrid il se rendit auprès du Roi de France au siège de Maastricht, et acheva cette campagne avec le Vicomte de Turenne, sous lequel il se distingua.
Le , il est fait mestre de camp d'un régiment de cavalerie de son nom qui sera incorporé le dans le régiment de Beaupré cavalerie. Son régiment est rétabli le .
Il servit en 1675 en Flandre sous le Maréchal de Luxembourg qui se tint sur la défensive, et se contenta d'envoyer quelques partis. Le Marquis de Villars en commanda un de 400 chevaux avec lequel il chargea la nuit un détachement de cavalerie ennemie, le renversa le mit en fuite et fit plusieurs prisonniers. S'étant approché à la pointe du jour de l'armée, du Prince d'Orange pour en enlever les gardes avancées il vit un gros corps des ennemis marcher de la gauche pour le couper. Il se retira dans les bois voisins reparut quelques heures après comme s'il eût été un parti de Hollande qui revenait de la guerre, enleva les gardes de cavalerie, tua ou prit les Capitaines qui se promenaient le long du camp. Toute l'aile gauche des ennemis monte à cheval, le Marquis de Villars rentre dans le bois passe un ruisseau, forme ses troupes et demeure en bataille. Les ennemis n'osant pas passer le ruisseau en sa présence, Villars se retire alors avec ses prisonniers.
En 1676, il servit aux sièges de Condé et d'Aire et se porta au secours de Maastricht.
En 1687, en qualité d'envoyé officieux, il est dépêché à Munich en vue d'entamer des négociations avec l'électeur de Bavière pour le convaincre, en vain, d'infléchir sa politique dans un sens plus favorable aux intérêts français.. Son ascension est favorisée par Madame de Maintenon qui contrecarre son opposant, le ministre Louvois. Dans les années précédant la guerre de Succession d'Espagne, il est envoyé extraordinaire à Vienne où son action est appréciée par .
Il se démet de son régiment le , est fait brigadier de cavalerie le , puis Commissaire général de la cavalerie le .
En septembre 1691 il se distingue sous le commandement de Luxembourg à la bataille de Leuze, ou il met en déroute la cavelerie du prince de Waldeck lors du déplacement de l'armée de la ligue entre Leuze et Gramont pour l'hiver..
Nommé lieutenant général des armées du roi le , il est employé à l'armée d'Allemagne où il obtient le commandement de la cavalerie le . En , il est employé à l'armée d'Italie où il commande la cavalerie par commission du . Il commande encore la cavalerie à l'armée du Rhin en .
Maréchal de France vignette|gauche|Entrevue de Jean Cavalier, chef camisard et de Claude Louis Hector de Villars, maréchal de France, à Nîmes le , musée des Beaux-Arts de Nîmes.
Villars sert à l'armée d'Allemagne sous le maréchal de Catinat le , et prend le commandement d'un corps détaché de cette armée le , devant faire la jonction avec les troupes de l'Électeur. Il se rend à Huningue le où il se retranche, puis prend Neubourg, sur la droite du Rhin, avec mille hommes le à la faveur d'un renseignement ; cette prise ouvrait le Brisgau et menaçait les communications du prince de Bade avec Fribourg.
Après sa victoire sur le prince de Bade à la bataille de Friedlingen le , il devient maréchal de France par état du . L'année suivante, il bat les Impériaux à Höchstädt. En , déçu du manque de succès militaires significatifs depuis le début de la guerre et de l'échec des tentatives de désarmement des Cercles de Souabe et de Franconie, il propose à Louis XIV de revenir à la politique de la terre brûlée des décennies précédentes et d'ordonner de « dévaster » le pays« Il faudrait commencer les exécutions, desquelles je dois attendre d'autant plus d'effet que nos soldats n'ont rien brûlé jusqu'à présent, et que les ennemis verront que c'est par ordre, quant ils ressentiront les rigueurs de la guerre et qu'il dépend d'eux de les faire cesser. Enfin, Sire, il faut leur donner la loi. Je sais comme l'on mène les Allemands. » Lettre du 16 mai 1703 dans .. En juin, il estime que l'armée franco-bavaroise, forte de presque doit marcher sur Vienne, mais Max Emmanuel à d'autres ambitions, et Louis XIV soutient ce dernier. Il met Marsin à sa place, et ramène Villars en France pour s'occuper de la révolte dans les Cévennes.
En , il part remplacer le maréchal de Montrevel dans la guerre contre les camisards afin de négocier la fin des combatsMusée virtuel du protestantisme.. Il est fait duc de Villars en .
En , il fait construire, en basse Alsace la ligne de défense de la Lauter.
Le « vainqueur de Denain » vignette|redresse=1.2|Villars à la bataille de Denain, peinture de Jean Alaux (1788–1858).
En , il est blessé à la bataille de Malplaquet, où les alliés victorieux subissent plus de pertes que les Français vaincus. À la suite de cette action, il est fait pair de France. Suite à sa blessure, à la tête d'une contre-attaque audacieuse pendant la bataille, il refuse de quitter le champ, mais son aide-de-camp et son chirurgien lui trouve une chaise depuis laquelle il essaie de continuer de diriger la bataille. Cependant, son agonie est telle qu'il perd conscience, et on lui retire à l'hôpital de Quesnoy.. vignette|redresse=1.2|Villars (à g.) et Eugène de Savoie (à dr.) parmi les plénipotentiaires réunis au congrès de Baden en 1714, toile de Johann Rudolf Huber (extrait). Entre 1710 et 1712, il est nommé gouverneur de la ville de Metz. Ceci lui permet de continuer la perception de revenus, mais surtout de lui assurer sa convalescence..
En , par sa victoire de Denain, il sauve les armées de Louis XIV de la défaite. La même année, il devient gouverneur de Provence, fonction qu'il conservera jusqu'à sa mort, et à laquelle son fils lui succède. En 1713, par la reprise de Landau, il met en échec son vieil adversaire Eugène de Savoie. Les deux généraux se retrouvent l'année suivante comme négociateurs du traité de Rastatt en mars et du traité de Baden en septembre. Les deux hommes s'estimaient mutuellement et Villars aurait dit à Eugène : .
Président du Conseil de la guerre Il est élu au de l'Académie française en .
De à , sous la Régence, il préside le Conseil de la guerre. Il s'investit consciencieusement dans sa présidence et sa collaboration avec le duc de Guiche, vice-président de ce Conseil de la guerre, se passe dans des conditions acceptables. Mais en , le Conseil de la guerre devient, selon le mot de Saint-Simon, "une pétaudière". Villars est déstabilisé à la fois par les querelles de préséance avec le duc de Bourbon et par la concurrence de Claude Le Blanc, qui travaille directement avec le Régent. Ce dernier décide de se rendre régulièrement au Conseil de la guerre pour apaiser les tensions. Au cours de l'année , l'activité du Conseil de la guerre, comme celle des autres conseils de la Polysynodie, décline considérablement, que ce soit en termes de fréquence des réunions ou de volume des affaires traitées. Finalement, le , le Régent met fin à la polysynodie, qui se grippe et est l'objet de critiques de plus en plus fortes. Le Conseil de la guerre est supprimé par une simple lettre du Régent à Villars..
Maréchal général de En , un an avant sa mort, il reçoit de la dignité de maréchal général des camps et armées du roi, portée avant lui par Henri de La Tour d'Auvergne, vicomte de Turenne. En , Villars, à quatre-vingt-un ans prenait, en Italie, le commandement de , de et de pour conquérir en trois mois le Milanais lors de la guerre de Succession de Pologne. Mais, après être tombé malade, il demanda son rappel en France. Il mourut dans son lit à Turin le avant son retour.
Parmi les mots qu'on lui doit, quand il apprend que Berwick avait eu la tête emportée par un boulet lors du siège de Philippsburg (cinq jours avant sa propre mort), Villars dit : « Cet homme a toujours eu plus de chance que moiD'après . ! »
Dans son testament, Villars a constitué près de tournois de pension aux plus anciens soldats des régiments où il a servi ou qu'il a commandé. Ainsi, même proche de la mort, il se comporte en chef de guerre..
Mariage et descendance Il épouse le Jeanne Angélique Roque de Varengeville, fille de Jacques Roque, chevalier, seigneur de Varengeville, ambassadeur à Venise, secrétaire des commandements du duc d'Orléans, et de Charlotte Angélique Courtin des Mesnuls. Beaucoup plus jeune que lui, elle meurt le . Elle lui apporte l'hôtel de Varengeville, construit par sa mère à Paris, dans le Faubourg Saint-Germain, qu'elle vendra en , le comté des Mesnuls, provenant de sa famille maternelle, qu'elle vend en 1739, et la seigneurie de Galleville, provenant de sa famille paternelle, que leur fils vendra en . Dont :
Armand Honoré de Villars, second et dernier duc de Villars, pair de France, brigadier des armées du Roi, gouverneur de Provence, grand d'Espagne, chevalier de la Toison d'or, membre de l'Académie Française ( - ), marié en avec Gabrielle Amable de Noailles.. Louis de Villars ( - ).
Patrimoine Le maréchal de Villars a fait construire le château de Larochemillay. Il acquiert également la vicomté de Melun en partie et le château de Vaux-le-Vicomte (siège de son duché de Villars, ). En , il devient également propriétaire de l'hôtel de Navailles, dans le faubourg Saint-Germain, qu'il fait agrandir. Séparé en deux au , la partie Est, dite « grand hôtel de Villars », est devenue la mairie du de Paris tandis que la partie Ouest, dite « petit hôtel de Villars », accueille aujourd'hui les élèves de collège de l'établissement scolaire Paul Claudel-d'Hulst.
Sculptures et peinture Le buste du maréchal de Villars, par Antoine Coysevox, daté 1718, appartient depuis 1825 aux collections de la famille royale britannique, au château de Windsor.. Une autre statue, par Nicolas Coustou, à l'hôtel de ville d'Aix en Provence, le représente en pied.
Hyacinthe Rigaud exécuta de lui en 1705 un grand portrait d'apparat, dont il existe plusieurs répliques..
Jugement de ses contemporains vignette|droite|Le maréchal de Villars à la bataille de Denain (peinture de Raymond Monvoisin).