thumb|upright=1.2|Scènes de l'histoire du football. L'histoire du football rend compte de la naissance et de l'évolution du football, un sport collectif né au milieu du en Grande-Bretagne qui est devenu au siècle suivant le plus populaire au monde.

Les racines que ce sport partage avec d'autres jeux de « » remontent à l'Antiquité. Il est l'héritier de la soule médiévale, pratiqué notamment en France et dans les îles Britanniques, et du Calcio florentin, des jeux caractérisés par leur violence et leur peu de règles.

Au début du , les écoles anglaises intègrent progressivement le sport à leur cursus et impulsent sa formalisation. Les règles de Cambridge sont en octobre 1848 une première tentative d'unification des règles du football. Les premiers clubs indépendants apparaissent à la fin des années 1800 ; en 1863, onze d'entre eux fondent the Football Association, chargée d'organiser la pratique du football en Angleterre. Elle publie peu après les premières « Lois du jeu » (), largement inspirées par celles de Cambridge.

Dès lors, le football connait une progression continue dans sa pratique. En 1885, le professionnalisme est autorisé en Grande-Bretagne, tandis que les premiers clubs sont créés à travers le monde, particulièrement en Europe et en Amérique du Sud. La Fédération internationale de football association (FIFA) est fondée en 1904 à Paris par des représentants de sept pays européens. Encouragée par le succès populaire rencontré par les tournois de football aux Jeux olympiques, la FIFA organise en 1930 la première édition de la Coupe du monde, qui devient un des principaux événements sportifs planétaires.

Genèse du jeu

Jeux de balle thumb|Représentation de Kemari au Japon.

Les jeux de balle existent depuis l'Antiquité. Les Grecs connaissent plusieurs jeux de balle, se pratiquant avec les pieds ou les mains : aporrhaxis et phéninde à Athènes et épiscyre (Episkyros), notamment à SparteJacques Thibert et Jean-Philippe Rethacker, La fabuleuse histoire du football (vol. 1), Paris, ODIL 1974, réed. 1993, . Chez les Romains on pratique la pila paganica, la pila trigonalis, la follis et lharpastum. Ce dernier jeu oppose deux équipes sur un terrain rectangulaire, dans le but d'amener une petite balle au-delà des limites du camp opposé.

Les Chinois accomplissent également des exercices avec un ballon qu'ils utilisent pour jongler et effectuer des passes ; cette activité pratiquée sans but et en dehors de toute compétition sert à l'entretien physique des militaires (Cuju). Les premiers textes concernant le Cuju datent de la fin du et sont considérés comme les textes les plus anciens liés au sport chinoisWojciech Liponski (s.d.), L'encyclopédie des sports, Poznań, Atena, 2003 (éd. fra., Paris, Grund et UNESCO, 2005), .

Au Japon, on pratique un peu plus tard (vers le ) le Kemari, jeu consistant à se passer une balle entre joueurs disposés en cercle, sans qu'elle ne touche terre.

Moyen Âge thumb|Terrain de calcio florentin, en 1688. À la fin du , le calcio florentin apparaît en Italie. Lointain cousin de l'''Harpastum des Romains, ses règles sont formalisées en 1580 par Giovanni Bardi : deux équipes de 17 joueurs s'affrontent sur un terrain rectangulaire, avec l'objectif de marquer plus de buts que leur adversaire pendant les 50 minutes que durent chaque rencontre, sous la surveillance d'un arbitre. Les joueurs sont pour la plupart des nobles, âgés de dix-huit à quarante-cinq ans. Dans la pratique, ce sport est un mélange de football, rugby et lutte modernes. Il est pratiqué activement au avant de disparaître progressivement. La dernière partie officielle connue a lieu en 1739Horst Bredekamp, La naissance du football. Une histoire du Calcio (Florentiner Fussball : Die Renaissance der Spiele), Paris, Diderot Éditeur, 1998 (trad. de l’allemand, 1995), .

thumb|left|Soule en Basse-Normandie en 1852. Le football actuel trouve plutôt ses racines dans la soule (ou choule) médiévale. Ce jeu sportif est pratiqué de longue date dans les villages des deux côtés de la Manche. Il a pu arriver en Angleterre lors de la conquête normande. La première mention écrite de la soule en France remonte à 1147Jean Jules Jusserand, Les sports et jeux d'exercices dans l'ancienne France, Paris, 1901 (rééd., Paris-Genève, Champion-Slatkine, 1986), et son équivalent anglais date de 1174Jean-Michel Mehl, Les jeux au royaume de France du au début du siècle, Paris, Fayard, 1990, . Dès le , le ballon de cuir gonflé est courant en France.

Bien que longtemps interdite pour des raisons militaires en AngleterreLes interdits anglais mentionnent toujours que seule la pratique du tir à l'arc est recommandée. Les arcs longs anglais (long bow) étaient alors le principal point fort de l'armée anglaise mais pour manier ce type d'arc, il faut pratiquer quotidiennement. L'armée anglaise adopte le mousquet et abandonne l'arc en 1595. Les loisirs des Anglais peuvent alors se diversifier. ou de productivité économique en FranceAvec cinq Français pour un Anglais au Moyen Âge, la France n'a pas les mêmes soucis militaires que ses voisins anglais. En revanche, nombre d'interdits s'accompagnent de motifs économiques comme ceux du , où le prévôt de Paris indique « que plusieurs gens de métier et autres du petit peuple quittaient leur ouvrage »., la soule, malgré sa brutalité, reste populaire jusqu'au début du dans les îles Britanniques et dans un grand quart nord-ouest de la FranceLouis Gougaud, La soule en Bretagne, jeu interdit, Stéphane Batigne Éditeur, 2023 . Le jeu est également pratiqué par les colons d'Amérique du Nord et il est notamment interdit par les autorités de la ville de Boston en 1657.. vignette|Gravure présentant le "mob football" ou "football de masse", un sous-genre du football médiéval. Ce jeu primitif pratiqué par les Britanniques, héritier de la soule médiévale, est caractérisé par son peu d'organisation et son degré de violence. Contrairement au calcio florentin, le nombre de joueurs n'est pas défini (il est dans certains cas illimité) et les limites du jeu ne sont pas bien établies. Parmi ces footballs populaires, de masse (mob-football), le football de Shrovetide, du nom des Jours gras, est notoire. Il ne compte pas d'autres règles qu'un but (amener le ballon à destination) et une interdiction (pas d'homicide).

Une pratique codifiée de ce type de jeu a semble-t-il existé dans la cour du roi d'Écosse vers la fin du , mais n'a cependant pas perduré« Et l'Écosse inventa le foot », lequipe.fr, 18 octobre 2011..

Écoles britanniques

Nommée football en anglais, la soule est rebaptisée folk football () par les historiens anglophones du sport afin de la distinguer du football moderne.. Cette activité est en effet principalement pratiquée par le petit peuple comme le signale un ancien élève d'Eton dans ses Reminiscences of Eton (1831) : "I cannot consider the game of football as being gentlemanly; after all, the Yorkshire common people play it".. (« Je ne peux pas considérer le football comme un sport de gentlemen ; après tout, le petit peuple du Yorkshire y joue. »)

Si la soule se joue traditionnellement sur des terrains ouverts, l'introduction de l'éducation sportive dans les écoles anglaises nécessite d'adapter ce jeu à des terrains clos. C'est ainsi que des footballs vont émerger dans les écoles d'Eton, Harrow, Charterhouse, Rugby, Shrewsbury, Westminster et Winchester notamment. Le britannique de 1835 interdisant la pratique du folk football sur les routes accélère cette évolution des pratiques.

Unification du jeu en Grande-Bretagne

Les premiers codes de jeu de football écrits datent du milieu du , à Cambridge notamment.. Chaque école définit cependant ses propres règles, ce qui rend les rencontres inter-scolaires problématiques.

En codifiant le football, les Britanniques s'inspirent de l'exemple du cricket, un sport collectif structuré de longue date, et imitent l'émergence du baseball aux États-Unis. Des ligues professionnelles aux championnats et autres coupes, le football n'innove pas.

En 1848, les Cambridge rules

En octobre 1848, après plus de sept heures de débats entre les représentants de plusieurs établissements scolaires de Cambridge, les Règles de Cambridge (Cambridge rules) sont édictées. C'est la première tentative de combinaison de différents codes existants dans un but d'unification. Il faudra cependant attendre plus d'un quart-de-siècle pour voir une réelle unification s'imposer autour du football-association.

En 1855, les Sheffield rules

En 1855, des joueurs du Sheffield Cricket Club soucieux de pratiquer du sport pendant l'hiver imaginent leurs propres règles de football. En 1857, la ville voit naître le premier club de football non scolaire : le Sheffield Football Club, qui publie ses règles de jeu à l'issue de sa première assemblée générale le 21 octobre 1858. Ces règles se diffusent alors vite dans les régions du Nord et des Midlands.

Le Sheffield FC dispute le premier match interclubs face au Hallam FC (fondé en 1860) le 26 décembre 1860, à seize contre seize.. Ces deux clubs pionniers se retrouvent en décembre 1862 pour le premier match de charité.

Fondation de la Fédération anglaise de football et établissement des règles de football-association

La Fédération anglaise de football (The Football Association) est créée le 26 octobre 1863. Son premier objectif est de fédérer, en définissant un règlement qui s'imposerait à tous, par la sélection et l'association des meilleures règles locales appliquées ici et là. Les règles les plus marquantes qu'elle propose sont celles qui interdisent notamment de donner des coups de pied aux joueurs et de porter le ballon avec les mains. Le match opposant Londres à Sheffield en 1866 marque un tournant, c'est la première où la durée est fixée préalablement à 90 minutes.

La Youdan Cup est la première compétition. Elle se tient en 1867 à Sheffield et Hallam FC remporte le trophée le 5 mars « England - Tommy Youdan Cup 1867 » sur le site de RSSSF. Consulté le 2 mai 2008.. La première épreuve à caractère national est la FA Challenge Cup 1872. Neuf ans après la mise en place de règles officielles, en 1863, la taille et le poids du ballon sont normalisés. Jusqu'alors, ces détails faisaient l'objet d'un accord entre les parties concernées lors de la préparation de la rencontre.

Concernant le jeu, le passage du dribbling game au passing game est une évolution importante. À l'origine, le football est très individualiste : les joueurs, tous attaquants, se ruent vers le but balle au pied, c’est-à-dire en enchaînant les dribbles. C'est le dribbling. Comme Michel Platini aime à le rappeler, « le ballon ira toujours plus vite que le joueur ». C'est sur ce principe simple qu'est construit le passing game. Cette innovation apparaît à la fin des années 1860 et s'impose dans les années 1880. Dès la fin des années 1860, des matches entre Londres et Sheffield auraient introduit le passing au Nord Geoffrey Green, The Official History of the F.A. Cup, Londres, The sportmans book club, 1960, p.17. C'est la version de Charles Alcock, qui situe en 1883 la première vraie démonstration de passing à Londres par le Blackburn Olympic. Entre ces deux dates, la nouvelle façon de jouer trouve refuge en Écosse « Early Scottish Football » sur le site de The Association of Football Statisticians. Consulté le 27 mars 2008..

Apparition du professionnalisme right|thumb|La finale de la FA Cup en 1905.