Le Rouen hockey élite 76, couramment appelé les Dragons de Rouen, est un club français de hockey sur glace basé à Rouen et fondé en 1970. Il évolue en Ligue Magnus, le plus haut niveau national.
Après avoir évolué dans les divisions inférieures lors de ses premières saisons, le club accède à l’élite du hockey français en 1985 et s’y maintient sans interruption depuis lors. Cette longévité en fait l’un des clubs les plus stables du championnat, aux côtés notamment d'Amiens.
Le Rouen hockey élite 76 est l’un des clubs les plus titrés du hockey sur glace français, avec dix-huit titres de champion de France. Il a également remporté la Coupe continentale à deux reprises, en 2012 et en 2016.
Le club est présidé par Gaëtan Müller et entraîné par Éric Landry. Il dispute ses rencontres à la patinoire de l'Île Lacroix, située sur l’île Lacroix à Rouen, où il évolue depuis 1992.
Historique La création du Rouen Olympic club Le , l'association du Rouen Olympic club est créée et elle a pour but alors que la ville de Rouen n'a plus de patinoire depuis un an et est en train de construire la nouvelle sur l'île Lacroix. En attendant l'achèvement de la patinoire, les joueurs de hockey du club n'hésitent pas à aller jouer à Évreux. Quelques jours après la création du club, le ROC reçoit ses couleurs : maillot jaune avec des traits noirs sur les manches, culotte noire et bas jaunes avec également des traits noirs. Bernard Le Feuvre et Félicien Reculard, deux membres du bureau du ROC, n'hésitent pas à acheter les premiers équipements de l'équipe avec leurs propres économies pour un montant de .
Une première patinoire doit être inaugurée en mais à la suite d'une erreur d'un ouvrier, elle part en fumée le ; il faut donc attendre un an de plus pour voir l'ouverture de la patinoire, le . Le ROC joue son premier match de hockey contre le club de Caen, début , et les visiteurs de Rouen s'inclinent 20-0. L'équipe de Caen des benjamins-minimes bat également celle de Rouen le sur le score de 4-3, le premier match officiel de la patinoire de Rouen.
Le ROC fait ses débuts dans un championnat officiel en 1973-1974 dans le championnat de deuxième série même si peu de trace n'existent de ce premier championnat disputé par Rouen.
Les débuts du RHC
Le club est créé le sous le nom Rouen Hockey Club (ou RHC). En 1982, il évolue alors en Nationale C sous la direction de Serge Evdokimoff et au terme de la saison 1982-1983, Rouen est devancé par la réserve de Viry (champion de Nationale C) et par Limoges. En portant réclamations contre Viry à la suite de l'utilisation de joueur de l'équipe première en équipe réserve et profitant des malheurs de Nice, pensionnaire de Nationale B dont la patinoire a brûlé, le club normand accède à l'échelon supérieur.
Pour sa première saison au deuxième niveau national, Rouen termine en milieu de tableau de sa poule au terme de la première phase. Au terme de cette première phase, les clubs de la poule Nord et de la poule Sud classés troisième, quatrième et cinquième accèdent au critérium de Nationale B. Les Dragons terminent à nouveau quatrième, ce qui leur fait conclure leur saison en huitième position sur seize clubs engagés.
La saison suivante, Rouen devient champion de Nationale B en ne comptant qu'une seule défaite à Limoges. Rouen accède ainsi à l'élite lors de la saison 1985-1986.
Pour sa première saison au sein de l'élite, Rouen conserve la plupart de l'effectif qui lui a permis d'être promu. L'équipe, entraînée par Serge Evdokimoff, remporte dès son premier match la première victoire de son histoire en Ligue Magnus contre Viry et Guy Fournier sur le score de 7-3. Avec un bilan de 17 victoires, 14 défaites et un nul en 32 matchs, le RHC effectue une saison honorable en terminant à la septième place d'un championnat comptant douze équipes.
Le maintien obtenu, l'équipe normande se tourne vers la saison 1986-1987 avec le rôle d'outsider. Elle recrute notamment le portier Antoine Mindjimba (qui restera trois saisons au club). Cependant l'équipe gagne peu. À la suite du manque de résultats et des retards de paiement des joueurs, un mauvais climat s'installe et provoque le départ de l'entraîneur Serge Evdokimoff. Ce dernier est remplacé par le duo de joueurs Luc Tardif - Jean Savard qui arrive à sauver les Rouennais de la relégation en coiffant Viry en toute fin de saison. Ainsi, le RHC termine neuvième sur dix.
La saison 1987-1988 voit l'arrivée de Franck Pajonkowski au sein de l'effectif. À cette arrivée s'additionne celle des canadiens Claude Verret et André Saint-Laurent, deux joueurs ayant une expérience dans la Ligue nationale de hockey. Désormais entraîné par Denis Methot, le RHC affronte les neuf autres équipes du championnat lors de la première phase où il termine à la quatrième position, les six premières places étant qualificatives pour la deuxième phase. Lors de cette deuxième phase où toutes les équipes se rencontrent, les normands n'arrivent pas à enchaîner les victoires : ils finissent sixièmes et derniers de la poule, ce qui les prive de play-offs. Au terme du match de classement pour la sixième place, Rouen est défait par les Français Volants de Paris. De ce fait, le RHC termine sixième du championnat, son meilleur résultat jusqu'alors.
La saison 1988-1989 voit un nouveau changement d'entraîneur avec la nomination de Larry Huras. Ce dernier est aussi une nouvelle recrue défensive, cumulant ainsi les postes de joueur et d'entraîneur. C'est aussi la saison de l'arrivée de Guy Fournier, alors double détenteur du trophée Charles-Ramsay. La formule du championnat est la même que l'année précédente avec deux phases de poules puis les play-offs. Avec ses nouvelles recrues et emmenés par leur capitaine Claude Verret, les dragons finissent la première phase à la deuxième place derrière les Français Volants. Ce classement s'inverse à la fin de la deuxième phase. Par conséquent, les Rouennais sont qualifiés pour les play-offs (les demi-finales en l'occurrence). Ils sont battus difficilement par les Écureuils d'Amiens deux matchs à un lors de la demi-finale mais réussissent à se remobiliser pour battre Briançon dans la petite finale. Ainsi, le RHC termine troisième sur dix et pour la première fois sur le podium. À la fin de la saison, le trophée Albert-Hassler, du meilleur joueur, est remis à Yves Crettenand, c'est la première fois qu'une récompense individuelle est décernée à un joueur de Rouen.
Les premiers succès (1989-1995) La saison 1989-1990 constitue une année capitale pour Rouen. Les derniers « Dragons historiques » quittent le club et des futures figures du club arrivent : Petri Ylönen, Denis Perez et Benoît Laporte entre autres. Encadrés par les Fournier, Pajonkowski et Verret, les Dragons arrivent en tête de la première et de la deuxième phase de la saison. Ils battent ensuite les Écureuils d'Amiens sur le score de deux matchs à zéro. Pour sa première finale, le RHC remporte sa première coupe Magnus en battant Grenoble deux matchs à zéro (8 buts à 5 et 5 à 1).
L'occasion est donnée aux Dragons de confirmer lors de la saison 1990-1991. L'effectif demeure stable. Les Rouennais dominent la première phase avec 13 victoires en 14 matchs ainsi que la deuxième phase avec 24 victoires en 28 matchs. Les Dragons affrontent les Français Volants de Paris en quart de finale (victoire 3 matchs à 1) puis les Girondins de Bordeaux en demi-finale (victoire 3 matchs à 0). Comme la saison précédente, le titre se joue entre Rouen et Grenoble. Grenoble gagne son match à domicile sur le score de 5-4. Lors du match retour dans la patinoire de Caen (la patinoire de l'île Lacroix étant indisponible), les deux équipes se neutralisent (5-5). Avec une défaite et un match nul, les Rouennais s'inclinent et finissent deuxièmes.
Durant l'intersaison, peu de changements surviennent dans l'effectif si ce n'est l'arrivée de Serge Poudrier. Le RHC joue ses matchs de la saison 1991-1992 à domicile au Havre, la patinoire de Rouen demeurant indisponible. Le RHC finit premier lors de la première phase. Lors de la seconde phase, Rouen peut commencer à jouir de sa nouvelle patinoire inaugurée le . Rouen termine premier de la seconde phase avec un bilan de 17 victoires pour 3 défaites en 20 matchs joués. La saison s'achève sur cette deuxième phase, la formule choisie ne comportant pas de play-offs. Les Dragons décrochent ainsi leur deuxième coupe Magnus.
À la suite d'une refonte de la formule du championnat, Rouen évolue lors de la première phase de la saison 1992-1993 dans la poule sud où toutes les autres équipes sont issues des Alpes. Une arrivée notoire est à signaler dans l'effectif des Dragons : celle d'Éric Pinard (qui restera huit saisons au club). Rouen termine à égalité de points avec Chamonix de la poule, les deux équipes ayant effectué le même parcours : treize victoires et une défaite en quatorze matchs. Mais disposant de la meilleure attaque (135 buts inscrits) et de la meilleure défense (24 buts encaissés), le RHC profite d'une meilleure différence de buts pour terminer premier de la poule (+111 pour Rouen contre +61 pour Chamonix). Lors de la deuxième phase, les adversaires de Rouen sont Amiens, Reims et à nouveau Chamonix. Les Dragons remportent douze victoires en autant de matchs et finissent premier de cette phase. La demi-finale des play-offs s'avère difficile pour les Dragons qui n'écartent les Gothiques qu'au cinquième match après avoir été menés 2 matchs à 1. En finale, Rouen affronte pour la dernière fois de la saison les Huskies qu'ils battent 3 matchs à 1 pour devenir champions une troisième fois.
Lors de la saison saison 1993-1994, les Rouennais sortent invaincus de leur poule de qualification. Lors de la deuxième phase, Rouen concède une défaite et un nul en douze matchs. Ainsi le club finit premier de la poule lors de cette phase. En demi-finale des play-offs, les Dragons battent sèchement Angers 3 matchs à 0 puis affrontent Chamonix en finale. À l'instar de la saison précédente, le RHC dispose de Huskies, cette fois-ci sur le score de 2 matchs à 0. Rouen glane alors sa quatrième coupe Magnus. Les Dragons décrochent quasiment toutes les autres récompenses : le trophée Charles-Ramsay revient à Franck Pajonkowski, les trophées Albert-Hassler et Raymond-Dewas reviennent à Franck Saunier et le trophée Jean-Ferrand revient à Petri Ylönen. Les Dragons remportent même le trophée Marcel-Claret. Seul le trophée Jean-Pierre-Graff, qui désigne le meilleur espoir, leur échappe.
À l'orée de la saison 1994-1995, deux changements non négligeables surviennent au sein de l'équipe. Au poste d'entraîneur, Larry Huras est remplacé par le désormais retraité Benoît Laporte et Claude Verret part au Lausanne Hockey Club. Rouen affronte ses sept adversaires et termine à la première place de la saison régulière avec un bilan de 22 victoires en 28 matchs. En quart-de-finale, les Dragons affrontent les derniers de la saison régulière : les Jets de Viry. Après une victoire remportée sur le score de 3 matchs à 0, le RHC poursuit sa route vers la finale en battant Reims sur le même score. Après un match nul (3-3) à Brest contre les Albatros lors du premier match de la finale, les Rouennais s'imposent à domicile sur le score de 4-3 avec trois buts de Franck Pajonkowski. Cette victoire permet à Rouen de décrocher son cinquième titre, le quatrième consécutif. En parallèle, le RHE s'impose en Ligue Atlantique et est ainsi qualifié pour la coupe des ligues européennes. Les Dragons atteignent la finale mais doivent s'incliner face au Hockey Club Bolzano de Jaromír Jágr, le joueur tchèque faisant une pige pour le club italien en raison de la grève des joueurs de NHL.
La mauvaise passe (1995-2000) Les Dragons attaquent la saison 1995-1996 avec un effectif resté stable, et avec notamment deux recrues finlandaises Ari Salo et Rami Koivisto qui viennent de remporter la Coupe d'Europe 1995 avec les Jokerit d'Helsinki.