thumb|right|upright=0.8|Ferdinand VII, peint par Vicente López Portaña Les écoles de tauromachie espagnole ou écoles taurines sont des écoles destinées à former des matadors (tueurs en espagnol). La plus ancienne a été fondée à Séville, à l'initiative du roi Ferdinand VII d'Espagne en 1830 à la fin de son règne, elle est toujours active de nos joursécole de Séville. En France, les écoles de tauromachie, inspirées du fonctionnement des écoles espagnoles, ont été fondées en 1984 sous l'appellation « établissements d’enseignement tauromachique ». Elles consistent en l'apprentissage du maniement d'armes blanches dans le but de mettre à mort des taureaux pour le divertissement. Les apprentis peuvent se faire la main sur de très jeunes veaux appropriés aux amateurs lors de classes pratiques.

Il existe encore d'autres tauromachies françaises sans blessures ni mises à mort : la course landaise et la course camarguaise qui ont aussi leurs écoles taurines spécialisées.

Lieux géographiques thumb|left|l'école taurine de Madrid Il y a des écoles taurines un peu partout en Espagne : en Catalogne à L'Hospitalet de Llobregat, à Madrid, Valence, Albacete, Salamanque, Alicanteécoles taurines espagnoles. L'Andalousie en comptait vingt en 2013. Parmi les plus récentes en Espagne se trouve Escuela Taurina de Arganda del Rey « Fundación El Juli », une école taurine internationale fondée en 2007 par le matador El Juli pour aider les jeunes talentsfondation El Juli.

Le Portugal possède une école taurine à Vila Franca de Xira.

En Amérique latine, le Mexique a une école taurine à Aguascalientes, une autre à Santiago de Querétaroécoles taurines au Mexique. En Colombie, l'école taurine se trouve à Cali, au Venezuela à San Cristóbalécole taurine de Cali. Au Pérou, les principales écoles taurines sont à la Plaza de Acho à Limaécole d'Acho et à Guadalajaraécole de Guadalajara. L'Équateur en possède une à Quitoécole de Quito

Il existe aussi des écoles taurines aux États-Unis, dans les états limitrophes du Mexique, notamment en Californie où la plus célèbre est la « California Academy of Tauromaquia » de San Diegoécole taurine en Californie.

En France, les écoles taurines sont réparties dans le Sud et le Sud-Est : à Nîmesécole de Nîmes, à Arlesécole d'Arles, à Tarascon et Béziers, le Centre Tauromachique Saint-Remois à Saint-Rémy-de-Provence, et il existe une école de tauromachie à cheval à Cardetécoles taurines n France.

La seule école taurine de tauromachie espagnole dans les Landes est Adour Aficion du maestro Richard Milian. Cette école se trouve à Cauna, petit village situé a de Mont-de-Marsan. Elle est la seule à ne pas recevoir de subventions publiques.

Dans le Sud-Ouest de la Francel'école taurine, de la Fédération Française de la Course Landaise enseigne la course landaise, alternativement dans les arènes des Landes et du Gers Il y a encore l'école taurine du Grand Sud Ouest à Campet, et une à Samadet

Dans le Sud-Est, les écoles taurines de course camarguaise sont principalement réparties en Basse-Provence, en Camargue et en Petite Camargue, des portes d'Avignon jusqu'à Montpellier, réunissant autour du delta du Rhône une partie du Languedoc.

Historique

Soucieux de raviver une tradition populaire qui avait souffert de la guerre avec la France, le roi Ferdinand VII d'Espagne fonde l'école taurine de Séville par décret. Il en confie, en 1830, la direction au matador Jerónimo José Candido, beau-frère d'un autre matador, Pedro Romero qui avait alors soixante-treize ans et qui finit par obtenir la direction tandis que Jeronimo devenait son adjoint. L'école est fermée quatre ans plus tard par décret le . Elle n'aura pas le temps de former des matadors puisqu'il faut environ sept ans pour y parvenir, mais des figuras sont passées par cette école éphémère : « Paquiro » et « Cúchares » entre autres.

Ainsi, pendant une longue période, les apprentis toreros ont commencé leur carrière dans de dangereuses capeas de village où il tentaient de se faire remarquer. Les plus chanceux faisaient ensuite leurs classes comme subalternes dans des cuadrillas. D'autres cherchaient une occasion en se jetant dans l'arène en amateur, et en prenant tous les risques. C'était les espontáneos dont les plus connus au sont « El Cordobés » et Simon Casas. Cette dernière activité, bien que dangereuse et réprimée par la police, n'arrêtait pas les passionnés du ruedo. Ce n'est qu'avec l'ouverture des écoles de tauromachie, en 1977 à Madrid, en 1984 à Nîmes que les espontáneos sont devenus plus rares, puis ont pratiquement disparu. Selon Claude Popelin et Yves Harté, l'école de Madrid aurait été ouverte en 1975.

C'est sur l'initiative de Enrique Martín Arranz, ancien novillero, que l'école est fondée au centre du parc de la Casa del Campo, dans les arènes désertées par le Syndicat des toreros. Accueillie avec scepticisme, l'idée s'est implantée peu à peu. L'école de Albacete a suivi son exemple quelques années plus tard, puis Salamanque, Valence, Cadix, Murcie, Badajoz, Alicante, Navarre, Huelva, Valladolid, Cáceres.

En France, il faut attendre 1984, date de la fondation du Centre français de tauromachie de Nîmes pour que les matadors français reçoivent une formation.

La course landaise est une pratique tauromachique ancienne (1830)données de Chalosse, mais on ne peut donner avec certitude la date d'établissement des premières écoles taurines dans les Landes. L'École taurine de Pomarez ou celle de Samadet sont les uniques centres de formation à la tauromachie landaise et qui dépendent de Fédération française de la course landaiseFédération de la course landaise école de Samadet créée en 19531953 fédération de la course landaise

Les écoles taurines de course camarguaise sont d'une tradition beaucoup plus ancienne. Sans que la date exacte soit donnée de façon certaine, leur création non officielle remonte environ aux années 1920, plus officiellement en 1966 date de la création de la Fédération française de la course camarguaise. La course camarguaise a une fiche d'inventaire au patrimoine culturel immatériel de la Francefiche de la course camarguaise patrimoine immatériel.

Tauromachie espagnole : fonctionnement en France et en Espagne Financements En France comme en Espagne, les conditions de financement des écoles taurines varient selon les cas. Mais les objectifs et la pratique restent les mêmes, les écoles françaises étant d'abord inspirées des écoles espagnoles qui ont été les premières à ouvrir leurs portes en 1830, puis 1977.

En France, les écoles taurines reçoivent des subventions diverses de la part de régions, municipalités, mécènes, entreprises privées, gérants d'arènes, de donateurs individuels. Le centre français de tauromachie de Nîmes cumule tout type de subventionsvoir la liste des donateurs. Parfois les écoles n'en reçoivent aucune et dépendent uniquement de dons privés comme c'est le cas de l'école Richard Milian « Adour aficion »adour aficion pas de loi 1901. L'école taurine d'Arles reçoit des subventions de la communauté de communes Arles Crau Camargue Montagnette.

En Espagne, beaucoup d'écoles dépendent uniquement de la municipalité, par exemple la Escuela Municipal de Jerez (Cádiz)' escula Jerez sur la liste d'écoles reconnues en andalousieescuela Jerez écoles reconnues par l'Andalousie Jerez. C'était aussi le cas de l'école de Madrid qui avait reçu ses installations de la ville, dans les arènes de Venta del Batan. La ville ayant retiré son soutien, l'école a reçu une aide privée des arènes de Las Ventas où elle est désormais situéenueva escuela taurina école taurine en activité en 2016. L'école de Salamanque est aussi subventionnée par ville région Salamanque ., tout comme celle d'Albacete subventions municipales SalamanqueDans les deux pays, les cours ont lieu soit dans une arène, soit dans une finca, soit dans une ganadería.

Il existe des écoles taurines dans les régions où la corrida est interdite légalement. Leur financement est toujours privé, leurs cours sont payants. Par exemple aux États-Unis, la California Academy of Tauromaquia de San Diego donne des cours à ses élèves amateurs qu'elle emmène aussi en stage EspagneCalifornia Academy en Espagne. Cette école s'annonce comme la annonce de la California Academy La Santa Maria Bullfighting School, à La Gloria, TexasLa Gloria n'est pas un village mais un territoire qui ne fait partie d'aucune municipalité. Ce type d'emplacement porte le nom de Uncorporated area. Le territoire est situé à la frontière mexicaine , a été créé par David Renk El Texano, enfant handicapé devenu torero grâce aux encouragements de son père qui était lui-même Tous deux ont créé cette école bloodless, (sans sang), mais les élèves n'ont qu'à passer la frontière mexicaine pour participer à une corrida, comme l'avait fait David. El Texano avait obtenu sa confirmation d'alternative en 1983 dans les arènes de Mexico. Aux États-Unis encore en Californie la California Academy of tauromaquia offre des cours pour ceux qui veulent affronter des taureaux et qui vont se présenter à Monterey comme ce fut le cas de Honey Anne Haskins, torera sous le nom de Ana de Los Angeles au Mexique puis en Espagne.

Certains écoles taurines se sont maintenues malgré la suppression de la corrida. La Escola taurina de Catalunya ou Escuela taurina de Catalunya, située à L'Hospitalet de Llobregat, ne reçoit que des aides privées. En particulier du centre français de tauromachie de Nîmes avec lequel elle a fusionné en 2015 et qui lui apporte son soutienfusion avec l'école de Nîmes. Le matador José Tomás s'est engagé lui aussi dans le soutien de cette école à laquelle il apporte son aideJosé toma apporte son aide à l'école taurine de Catalogne.

Méthodes et objectifs

Les matadors sont impliqués dans les écoles de tauromachie espagnole : ils en créent, et/ou les dirigent. Certains y donnent des cours, le plus souvent ils font partie de l'équipe. Le professeur qui dirige l'école est le chef de lidia (jefe de lidia en Espagne). La définition de l'école taurine lors de sa création en France est « établissement d’enseignement tauromachique », en Espagne : « escuela de tauromaquia », le mot escuela désignant également la manière d'interpréter les suertes et la conception de la lidia.

En France, Richard Milian, Mehdi Savalli sont à la fois professeurs, créateurs d'école, et enseignants. Mais toutes le écoles n'ont pas un matador comme directeur. C'est le cas des écoles de tauromachie de Nîmes bien que des toreros interviennent dans l'organigrammevoir l'équipe de Nîmes équipe de Nîmes, tandis que le directeur d'Arles Tino Lopes25 ans d'alternative pour le bayonnais Tino Lopes fêtait récemment ses 25 ans d'alternative qui est le diplôme le plus élevé dans l'échelle de la tauromachie. Un récapitulatif des matadors français a été fait par La Dépêche du midi en 2000Il y a jamais eu autant de matadors français

En Espagne, beaucoup d'écoles de tauromachie ont comme directeur un matador. L'école d'Albacete est dirigée par le matador Sebastián CortésSebastián Cortés directeur de l'école d Albacete. L'école de Salamanque est aussi dirigée par un matador : José Ignacio Sánchez Santiago, ancien élève de cette même écoleélève de Salamanque, qui enseigne avec José Ramón Martín, toreroJosé Ramón Martín, et le torero José Javier Martín CorralJosé Javier Martín. Les écoles présentent souvent la liste de leurs élèves qui ont pris l'alternative, ce qui dans le monde de la tauromachie, constitue le diplôme le plus élevé. Albacete se flatte d'avoir formé notamment les maestros Rafael de la Viña et Antón Cortés, fils de Sebastián Cortésmaestos sortis de l'école d'Albacete.