Les Écologistes (LE), dénommé Europe Écologie Les Verts (EELV) jusqu'en 2023, est un parti politique écologiste et eurofédéraliste français. Issu en 2010 du changement de nom du parti Les Verts (fondé en 1984), il vise alors à rassembler les militants venus des listes Europe Écologie aux élections européennes de 2009 et régionales de 2010.
Après deux candidatures indépendantes à l'élection présidentielle (en 2012 avec Eva Joly et en 2022 avec Yannick Jadot), entre lesquelles le parti vert voit son nombre de députés européens passer de six à treize en 2019 et plusieurs de ses cadres être investis maires après les élections municipales de 2020 , EELV, qui se renomme Les Écologistes, participe aux deux principales coalitions parlementaires de gauche, la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (NUPES) de 2022 à 2024 puis le Nouveau Front populaire (NFP) à partir de 2024.
Essuyant une perte d'importance aux élections européennes de 2024 et aux municipales de 2026, le parti met en avant sa secrétaire nationale Marine Tondelier en vue du scrutin présidentiel de 2027, où Emmanuel Macron ne pourra pas se représenter.
Histoire - : fondation vignette|180x180px|Daniel Cohn-Bendit en 2009. Après les élections municipales de 2008, qualifiées de par Cécile Duflot, s'est engagée une réflexion au sein des Verts pour accroître l’influence politique des écologistes. En écho, Daniel Cohn-Bendit a proposé la constitution de listes ouvertes pour les élections européennes de 2009. Aussi en le Conseil national inter-régional (CNIR), organe législatif et décisionnel du mouvement des Verts, a décidé de permettre au Collège exécutif d'explorer cette possibilité, et lors des universités d’été du parti à Toulouse des débats ont eu lieu sur une stratégie de rassemblement de l'écologie politique. Celle-ci a été lancée à l'automne de la même année en vue du scrutin européen, sous l’appellation Europe Écologie. L'Assemblée générale de Lille de a résolument lancé le parti dans la politique de rassemblement de la mouvance écologiste, autour de figures de l'écologie politique telles que Sandrine Bélier, Jean-Paul Besset, José Bové, Yannick Jadot, Eva Joly ou encore Michèle Rivasi. Au soir des élections, le score obtenu a dépassé toutes les attentes, et avec 16,3 % des voix, soit ., les listes écologistes se sont placées en troisième position, à quelques dixièmes des listes socialistes.
Le parti Vert et les militants venus avec les listes d'Europe Écologie qui ne souhaitaient pas adhérer aux Verts ont alors entamé un travail permettant la réunion de tous dans un mouvement politique renouvelé, plus élargi, notamment à l'approche des élections présidentielle et législatives de 2012. En , à l'occasion des Assises territoriales, les participants au processus d'Europe Écologie ont été appelés à se prononcer sur les statuts et le manifeste qu'ils souhaitaient pour leur parti, et qu'ils ont approuvé à respectivement 84 % et 90 %. Début , les militants Verts ont adopté à 85,1 % des voix (10 % opposés) leurs nouveaux statuts et le manifeste votés précédemment.
gauche|vignette|Logo 2010-2023. Le lancement officiel de la nouvelle forme du parti, présenté comme une force politique nouvelle, s'est fait lors des Assises Constituantes de Lyon, le . Après un discours remarqué de Nicolas Hulot et de personnalités écologistes, le nouveau nom du parti (EELV), a été adopté par 53,19 % des militants. Toutefois, des tensions ont subsisté, comme l'illustre le renoncement de Jean-Paul Besset à prétendre à toute responsabilité au sein d'Europe Écologie Les Verts quelques semaines plus tard, celui-ci faisant état d'un entre d'un côté les anciens Verts et de l'autre , la annoncée au congrès de Lyon n'ayant selon lui ..
Un mois plus tard, le , le Conseil fédéral, nouvelle dénomination du CNIR dans les nouveaux statuts, a nommé à sa tête le pédagogue Philippe Meirieu, tête de liste aux élections régionales en Rhône-Alpes la même année, et qui est donc devenu le premier président du conseil fédéral d'Europe Écologie – Les Verts, fonction nouvelle créée dans les nouveaux statuts du parti.
- : élections intermédiaires
Avant même la fondation officielle du parti, les écologistes se sont présentés aux élections régionales de 2010 sous la même dénomination qu'au scrutin européen de l'année précédente. Au terme du premier tour, les écologistes enregistrent une moyenne nationale de 12,2 % des suffrages exprimés.. Pour le second tour, les listes écologistes fusionnent avec les autres listes de gauche dans toutes les régions à l'exception de la région Bretagne, où la liste Europe Écologie–Union démocratique bretonne emmenée par Guy Hascoët s'est maintenue au second tour, passant alors de 12,2 % à 17,4 % des suffrages.
vignette|gauche|Noël Mamère et Cécile Duflot au rassemblement final de la campagne pour les régionales de .
Europe Écologie Les Verts a pris part aux élections cantonales de 2011. Alors que seuls 24 départements faisaient l'objet d'un accord total ou partiel entre le Parti socialiste (PS) et Europe Écologie Les Verts, le parti a rassemblé 8,22 % des suffrages exprimés (des candidats étaient présents dans des renouvelables) et s'est maintenu comme la troisième force de gauche, derrière le PS et le Front de gauche (FG). EELV a finalement obtenu 27 élus, soit 16 de plus que les Verts en sur la même série de cantons, faisant passer son nombre total de conseillers généraux à 49.
À l'approche des élections sénatoriales de 2011, les discussions ont commencé avec le PS et le Front de gauche, les socialistes proposant , contre la totalité des quatre sénateurs sortants dont disposait le parti. Cependant le parti souhaitait atteindre les afin de constituer un groupe indépendant à la chambre haute. Le nombre de sénateurs écologistes est alors passé de 4 à 10, grâce aux résultats des listes communes avec le PS, le PCF et le PRG. Le bureau exécutif et le conseil fédéral ont alors annoncé l'intention d'Europe Écologie Les Verts de fonder un groupe autonome au Sénat, à la suite d'un accord sur la réforme du règlement en vigueur au Sénat avec les groupes socialiste, communiste, et radicaux. C'est ainsi que pour la première fois, les écologistes sont parvenus à obtenir un groupe parlementaire indépendant. Jean-Vincent Placé a été élu à la tête de ce groupe. De plus, Marie-Christine Blandin a été nommée présidente de la Commission .
: élections présidentielles et législatives
vignette|164x164px|Eva Joly en 2012. Une primaire a été organisée en et pour désigner le candidat écologiste pour l'élection présidentielle de 2012. Le périmètre des électrices et électeurs a comporté, conformément aux statuts d'Europe Écologie Les Verts, tous les membres de la « coopérative », membres ou non du parti, et les membres des organisations partenaires. Cette élection primaire était de type ouvert, autrement dit il existait des adhésions dites low cost pour les sympathisants dans le but de prendre part au vote. C'est Eva Joly qui a remporté ce scrutin, au second tour, avec 58,16 % des voix (contre 41,34 % pour Nicolas Hulot)..
Eva Joly a obtenu 2,31 % des voix () au premier tour de l'élection présidentielle. Bien que supérieur au score de Dominique Voynet en 2007, ce résultat a marqué un sérieux repli par rapport aux scores obtenus aux élections intermédiaires. Eva Joly a appelé à voter pour François Hollande au second tour, dès le soir du premier tour. Lors du Conseil fédéral du , les cadres d'Europe Écologie Les Verts ont voté à une très large majorité (83,80 % des présents) en faveur d'une éventuelle participation au futur gouvernement de gauche..
Lors des élections législatives, Europe Écologie Les Verts a présenté des candidats dans pratiquement toutes les circonscriptions. Grâce à un accord électoral signé avec le Parti socialiste, Europe Écologie Les Verts a obtenu le soutien du Parti socialiste dans une soixantaine de circonscriptions en France, dont une vingtaine considérées comme . Les candidats ont été choisis en respectant la parité hommes-femmes, notamment en étudiant les critères de gagnabilité des circonscriptions afin d'obtenir autant d'élues que d'élus.
Un accord a également été passé avec le Mouvement écologiste indépendant, qui a affirmé avoir obtenu le soutien d'Europe Écologie Les Verts dans une vingtaine de circonscriptions dont celle de son président, Antoine Waechter, qui a en outre bénéficié du soutien du Parti socialiste à sa propre candidature dans le Haut-Rhin.. À la suite de la saisie en référé du tribunal de grande instance de Paris par des militants mécontents, Europe Écologie Les Verts a dû procéder à une nouvelle désignation de ses candidats aux législatives dans 63 circonscriptions, car la répartition des circonscriptions entre les courants d'Europe Écologie Les Verts n'était pas conforme aux statuts du mouvement..
ont été élus (grâce aux alliances avec le Parti socialiste) et ont pu former, pour la première fois de l'histoire du parti, un groupe parlementaire à l'Assemblée nationale.
- : partenaires du quinquennat Hollande vignette|180x180px|Cécile Duflot en 2012. vignette|170x170px|Pascal Canfin en 2012. François Hollande (Parti socialiste) élu à la présidence de la République, Cécile Duflot a été nommée dans le premier gouvernement de Jean-Marc Ayrault au poste de ministre du Logement ; Pascal Canfin l'a rejointe dans le second gouvernement, au poste de ministre délégué au Développement auprès du ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius.
Le Pacte budgétaire européen divise le parti, avec d'un côté Daniel Cohn-Bendit et Yannick Jadot partisans de sa ratification, et de l'autre François de Rugy ou Sandrine Bélier qui s'y opposent. Le parti se prononce contre la ratification à travers une décision de son Conseil fédéral, dénonçant le « carcan de l’austérité » que représente le traité. Au sein du groupe écologiste, 12 des 17 députés votent contre, 2 s’abstiennent et 3 soutiennent la position du gouvernement pour la ratification..
Élu secrétaire national en , Pascal Durand annonce le qu'il va quitter la direction d'Europe Écologie Les Verts, soit quelques jours après l' lancé par celui-ci au gouvernement s'il ne proposait pas plusieurs mesures écologiques, propos qui ont déclenché de vives critiques dans son propre camp.. Durant la même semaine, Noël Mamère, figure historique des Verts, a annoncé son départ du parti, alors qu'en de l'année précédente, Daniel Cohn-Bendit, l'un des « architectes » du bon score du parti écologiste aux élections européennes de 2009, choisissait également de s'en éloigner.
Depuis , les écologistes se sont plusieurs fois distingués de la position du gouvernement issu de la majorité Parti socialiste, notamment au sujet de la taxe sur le diesel, au moment de l'éviction de la ministre de l'Écologie Delphine Batho et lors de l'affaire Leonarda, quand certains cadres ont appelé les lycéens à manifester contre l'action du ministre de l'Intérieur Manuel Valls. Jean-Vincent Placé, président du groupe Europe Écologie Les Verts au Sénat, a pour sa part un temps envisagé une sortie du gouvernement.....