Marcel Noguès, né à Paris () le et mort à Paris () le , est un as de l'aviation français pendant la Première Guerre mondiale, crédité de treize victoires avec, comme spécialité, les ballons d'observation allemands Drachen.
Biographie Origines familiales Marcel Joseph Maurice Noguès est né à Paris () le ; il est le second fils de Auguste Richard Louis Noguès (1843-1939), professeur de Mathématiques spéciales, et de Joséphine Marie Marchand (1860-1947)..
Formation À l'âge de six ans et demi, Marcel Noguès commence sa scolarité au Petit Lycée Janson-de-Sailly dans le de Paris et y connaît ses premiers succès. Il entre ensuite au Lycée où il parcourt toutes les classes jusqu'à la quatrième puis passe, en 1908, au Grand Lycée où son père est professeur de Mathématiques spéciales.
Après l'obtention avec mention du baccalauréat ès-sciences (mathématiques élémentaires), Marcel Noguès y poursuit ses classes préparatoires comme son frère aîné avant lui. Élève de Mathématiques spéciales préparatoires (Mathématiques supérieures) , il termine second de sa classe lors de l'année scolaire 1912-1913
Brillant élève, Noguès est aussi un sportif sociétaire du Racing club de France où il pratique l'athlétisme (in "Le Figaro" du ). Cette même année scolaire 1912-1913, il est sacré le champion inter-scolaire de saut en hauteur avec un saut de – il mesure . – au stade de La Faisanderie dans le Parc de Saint-Cloud ; une semaine plus tard, il remporte le haies du challenge Duvignau de Lanneau à la Croix-Catelan. Il est plus tard champion de Paris de saut en hauteur ex-æquo avec Géo Andréin .
L'année scolaire suivante 1913-1914, élève de Mathématiques spéciales, Noguès se présente sans succès aux concours des Grandes écoles, dont celui de l'École polytechnique. Il s'apprête à redoubler quand éclate la Première Guerre mondiale : le l’Allemagne mobilise et déclare la guerre à la Russie ; en France, le gouvernement décrète la mobilisation générale le même jour, à .
Marcel Noguès se trouve avec ses parents en vacances à Juan-les-Pins (Alpes-Maritimes) quand la guerre éclate. Les engagements ne sont reçus qu'à partir du ; Noguès s'engage dans l'artillerie pour la durée de la guerre et choisit la garnison la plus voisine, Valence (Drôme), qu'il rejoint le .
Service pendant la Première Guerre mondiale
Noguès est incorporé au Régiment d'artillerie le .. Le , il est nommé brigadier mais n'est mobilisable que le ; il se fait inscrire à la du où l'on forme un groupe de 105. Le son groupe gagne la Champagne aux environs du Mesnil-les-Hurlus. De Champagne, Noguès passe aux Éparges, puis en Artois. Il revient ensuite en Champagne et assiste à l'offensive du . Le , il est nommé maréchal des logis ; le son régiment devient le Régiment d’artillerie lourde auquel il ne cesse d'appartenir.
Après s'être porté volontaire pour suivre un entrainement de pilote, il est détaché de l'artillerie à l'aviation, le Mémoire des hommes, base des Personnels de l'aéronautique militaire, Marcel Maurice Noguès . Il obtient le brevet de pilote le NOGUÈS Marcel Joseph Maurice sur le site Ciel De Gloire.com ; il suit alors un entrainement plus poussé à DijonÉcoles de Dijon - Longvic, AmbérieuÉcole d'Ambérieu, AvordÉcole d'Avord, CazauxÉcoles de tir aérien de Cazaux, PauÉcoles de Pau. Noguès passe ensuite deux mois et demi au GDE (Groupe des divisions d'entraînement) du Plessis-Belleville (Oise), près de Senlis, et le , il rejoint l'Escadrille Escadrille N 12 – MS 12 – N 12 – SPA 12 – 'N' comme Nieuport – installée à Vadelaincourt (Meuse), au sud de Verdun. Le , il partage une victoire avec Xavier de Sevin Joseph de Sevin sur le site The Aerodrome, en abattant un avion ennemi au-dessus d'Hautecourt (Meuse), et obtient sa première citation. Il remporte une seconde victoire le , au sud du bois des Forges.
Le , Nogues qui pilote un SPAD engage le combat avec deux Albatros D.III allemands, au voisinage de Condé-sur-Suippe (Aisne), à trois kilomètres au moins à l'intérieur des lignes allemandes. Il est abattu à Sapigneul, peut-être par le lieutenant , As allemand aux 15 victoires Albert Dossenbach sur le site The Aerodrome Marcel Noguès sur le site The Aerodrome, pilote de l'escadre von Richthofen. Par miracle Noguès parvient à atterrir derrière les lignes allemandes sur un terrain creusé de tranchées et de trous d'obus ; capturé par les Allemands, il est porté disparu et fait prisonnier par le d'infanterie allemand puis conduit pour interrogatoire à la kommandantur de Marle (Aisne).
Le , il est conduit à Hirson (Aisne) en compagnie d'un sous-officier français prisonnier comme lui. Le les deux hommes font partie d'un convoi de 200 prisonniers pour Dülmen (Westphalie). Le , on le prévient que lui et son compagnon vont être transférés à Benaho (Bavière). Le lendemain, en chemin vers la gare d'Haltern, distante de , l'un après l'autre, les deux hommes faussent compagnie à leur gardien, finissent par se retrouver et suivent la voie ferrée jusqu'à la frontière germano-hollandaise qu'ils franchissent dans la nuit du 21 au .
Noguès embarque le à La Haye pour la France ; après une escale en Angleterre le 7, il arrive à Paris le 11 et, deux jours plus tard, rejoint son escadrille montée dans le Nord à Coudekerque, près de Dunkerque, prêt à reprendre le combat. Il reçoit pour son évasion la Médaille militaire le avec une troisième citation et est promu de maréchal-des-logis au grade d'adjudant le . Le , il est blessé par un shrapnel au-dessus de Dixmude (Belgique) et, pour se rapprocher de son escadrille, se fait transporter à l'hôpital de Rosendaël. Il est nommé ensuite le sous-lieutenant à titre temporaire, nomination entérinée par le Journal officiel du Nomination au grade de sous-lieutenant, JO du .
Il rejoint à Cramaille, près de Château-Thierry, son escadrille qui s'appelle désormais SPA 12 au lieu de N 12 ; il reprend les combats le , puis est affecté le sur sa demande à l'Escadrille Escadrille MS 57 – N 57 – SPA 57 commandée par Jean Chaput, un condisciple du lycée Janson-de-Sailly. Il y pilote désormais des SPAD. Noguès remporte une victoire sur un Albatros au-dessus de Mailly-Raineval, le . Il remporte six nouvelles victoires homologuées en mai et juin, dont quatre remportées seul et deux autres en collaboration avec des équipiers, dont l'as Jean Fraissinet Jean Fraissinet sur le site The Aerodrome. Le , pour sa neuvième victoire, il abat un ballon d'observation Drachen, avec André Petit-Delchet sur le site The Aerodrome.
Le lors d'un déjeuner d'escadrille où avec son franc-parler, il juge sévèrement les aviateurs obtenant des victoires faciles, un convive semble lui dire . Très pâle, Noguès se lève aussitôt de table sans mot dire, fait armer son avion et s'envole. Dans la soirée, on apprend qu'il a incendié deux Drachen et qu'il a atterri l'appareil fortement endommagé.
Ses sixième et septième victoires lui valent d'être nommé le Chevalier de la Légion d'honneur pour prendre rang du . Nogues abat le son cinquième ballon et remporte du même coup sa treizième et dernière victoire et se voit décerner une onzième citation ; une étoile vient s'ajouter aux dix palmes sur sa Croix de Guerre et il reçoit le la Military Cross.
La SPA 57 se dédouble pour donner naissance à la SPA 172 dont le commandement est confié à son camarade Jean Fraissinet. Marcel Noguès est alors affecté le à cette nouvelle escadrille qui fait mouvement sur Toul, mais lui-même part à Paris chercher un nouvel appareil. Il s’y trouve surpris par la déclaration d’armistice le et, avec plusieurs autres aviateurs militaires, décolle du Bourget pour fêter la victoire en survolant à basse altitude les Champs Élysées et la place de la Concorde à bord de son SPAD, un vol pourtant rigoureusement interdit par les autorités militaires de la capitale.
Après-guerre Après l'armistice, Noguès prend le commandement de l'Escadrille 172 créée en à Ars près de Metz. Le , il reçoit solennellement, avec des camarades, à l'occasion d'une revue de troupes sur l'esplanade de Metz, la croix de la Légion d'honneur des mains du général de Maud'huy, gouverneur de cette ville. Il est alors tenté de demander à être affecté à une mission militaire en perspective, en qualité d'officier aviateur, mais pour faire plaisir à ses parents, y renonce et se décide à se préparer à l'École polytechnique.
Il est appelé à Strasbourg le où le Ministère de la guerre organise ainsi qu'à Metz, Nancy et Besançon la préparation à cette école pour les militaires dont la guerre a interrompu les études. Il se présente au concours spécial de 1919 et est reçu ; il entend aussi s'entraîner sérieusement pour les prochains Jeux olympiques d'été de 1920 et, déjà, La Vie au grand air le cite dans la liste de ses leaders.
Marcel Noguès ne peut se présenter le à l'École polytechnique pour le début des cours. Le en effet, âgé de 24 ans, il est décédé à son domicile parisien de la rue Vital d'une embolie quelques heures après avoir reçu accidentellement un coup au larynx lors d'un match de rugby à Colombes contre le Paris université club comme trois-quarts aile du Racing club de FranceLes circonstances de la mort de Marcel Noguès le .
. Ses obsèques sont célébrées le en l'église Notre-Dame de Passy ; il est inhumé le même jour au cimetière de l'Ouest (, tombe 387) à Boulogne-Billancourt.
Chronologie des victoires Marcel Noguès est crédité de 13 victoires homologuées dont cinq sur les ballons d'observation allemands Drachen et de 3 victoires non homologuéesMarcel Noguès sur le site Les as français de la Grande Guerre. Victoire n° Date Escadrille Avion piloté Aéronef abattu Lieu du combat Participation 1 EAChasseur Hautecourt - Verdun (Meuse) – (in ) Cette victoire lui vaut sa citation.SGT Marcel NoguèsLTN Xavier de Sevin 2 EAAvion sud du bois des Forges (Meuse) – Quelques heures après avoir écrit cette lettre, il allait abattre son deuxième Boche !. (in ) .SGT Marcel Noguès NH SPADBiplace SLT Marcel Noguès NH SPAD Biplace Lavannes (Marne)SLT Marcel Noguès 3 SPAD Albatros D Mailly-Raineval (Somme) – (in ) .SLT Marcel Noguès NH SPAD Avion sud Montdidier (Somme)SLT Marcel NoguèsASP Jean Dubois de Gennes 4 SPAD Scout Lassigny (Oise) – (in ) Son cousin Gabriel Faure, tué à Assainvillers le . SLT Marcel Noguès 5 SPAD Albatros C Étrépilly (Aisne) – (in ) .SLT Marcel NoguèsLTN Georges MazimannSLT Jean Fraissinet 6 SPAD Scout bois de Belleau (Aisne) – (in ) Ses et lui valent sa .SLT Marcel Noguès 7 SPAD Biplace bois de Pareuil (Marne) – (in ) Ses et lui valent sa .SLT Marcel NoguèsADJ Yves Bocquentin 8 SPAD Albatros D sud de Reims (Marne) – (in ) Ses et lui valent sa .SLT Marcel Noguès 9 SPAD Drachen Coëmy (Marne) – (in ) Ses et lui valent sa .SLT Marcel NoguèsADJ André Petit-Delchet 10 SPAD Drachen nord d'Anthenay (Marne) – (in ) Ses , et lui valent sa .SLT Marcel NoguèsCPRL Gaston Rotureau NH SPAD Biplace Rosnay (Marne)SLT Marcel NoguèsSLT Jean FraissinetADJ Raymond Vanier 11 SPAD Drachen La Ville-aux-Bois-lès-Pontavert (Aisne) – ... C'est ici, sans doute, que se place un incident qui nous a été rapporté par le lieutenant Ottensooser, chevalier de la Légion d'honneur, gravement blessé au visage, son ancien camarade de classe. (in ) Ses , et lui valent sa .SLT Marcel Noguès 12 SPAD Drachen Craonne (Aisne)SLT Marcel Noguès 13 SPAD Drachen nord-est de Sommepy (Marne) – (in ) .SLT Marcel NoguèsCPRL André Beaume
Distinction et hommages Distinctions Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur le . Décoré de la médaille militaire, de la croix de guerre avec dix palmes et une étoile, il reçoit également la Military Cross.
Voir aussi Bibliographie
Jacques Mortane, La guerre des Ailes : Traqués par l'ennemi, chap. III : Un record de vitesse : Marcel Noguès, Baudinière, 1929,
Iconographie Photographie de presse, 1913, Agence Rol : saut en hauteur de Noguès, , Saint-Cloud, terrain du Stade français à la Faisanderie, championnats de France scolaires