Helen Beatrix Potter, simplement appelée Beatrix Potter, née à Londres le et morte à Sawrey, dans le comté de Cumbria dans le Lake District le , est une écrivaine, illustratrice et naturaliste britannique. Elle est principalement connue pour ses livres destinés à la jeunesse mettant en scène des contes animaliers avec des illustrations emblématiques.

Elle a écrit et illustré , dont ses qui se sont vendus à plus de d'exemplaires dans le monde ; le plus connu est The Tale of Peter Rabbit (Pierre Lapin), traduit en plus de et vendu à d'exemplaires.

Vers la fin de sa vie, elle se voue à l'agriculture et l'élevage de moutons et contribue à la protection de milliers d'hectares de terres dans le Lake District.

Biographie Jeunesse et formation Ascendance Beatrix Potter est née le au 2, Bolton Gardens, dans une maison cossue du quartier sud de Kensington à Londres en Angleterre..

Elle est la fille de Rupert Potter et Helen Leech et l'aînée de son frère Walter Bertram né en 1872.

Ses parents sont tous deux issus de familles de la bourgeoisie enrichie par l'industrie cotonnière du Lancashire.. Son grand-père paternel, Edmund, est un député libéral de Carlisle. Il a fait fortune dans l'imprimerie mécanisée de calicot à Dinting Vale, à Glossop dans le Derbyshire. Il est le cofondateur de l'.

Son grand-père maternel, John Leech, un marchand, est héritier d'une filature de coton à Stalybridge, dans le Cheshire. Sa grand-mère, Jane Leech, est une excellente brodeuse dont Beatrix hérite du carnet de broderie.

Son père, Rupert est un riche avocat féru d'art. Il tient dans sa jeunesse un carnet de croquis d'études de la nature, de paysages, de caricatures et de reproductions d'illustrations. Photographe amateur, un art nouveau pour lequel il se passionne, il est élu membre de la Société photographique de Londres en 1869. Il réalise de nombreux clichés de la famille et de Beatrix, qu'il initie à son art et qui hérite de son matériel photographique.

Sa mère, Helen, aime peindre à l'aquarelle.

Éducation Beatrix est éduquée à domicile jusqu'à l'âge de 19 ans par des gouvernantes, dans la demeure familiale élégante de South Kensington à Londres. La maison familiale, au 2 Bolton Gardens, à Kensington, est un immeuble neuf cossu de quatre étages. Les Potter y emploient un majordome, une cuisinière, une gouvernante, un cocher et un palefrenier.

Beatrix y vit dans la chambre d'enfant au troisième étage avec sa nourrice. Durant les premières années de sa vie, elle voit peu ses parents et ses contacts avec d'autres enfants sont limités. À Londres, elle ne connaît guère le monde extérieur en-dehors de sa promenade quotidienne dans les jardins de Kensington avec sa nourrice. La famille rend cependant fréquemment visite à sa grand-mère à Hatfield, dans le Hertfordshire, dans une maison entourée d'un vaste jardin et d'un grand domaine de 120 hectares et passe chaque année deux semaines au printemps au bord de la mer et près de trois mois en été en location dans un domaine en Écosse ou en Cumbria. Elle grandit isolée jusqu'à l'âge de six ans, à la naissance de son unique frère, Bertram, avec qui elle partagera l'amour de la nature et de l'art..

Elle partage de nombreuses activités avec Bertram dès que celui-ci est en âge de jouer. Ils passent tous les deux des heures à observer une petite ménagerie installée dans leur salle de classe et constituée de grenouilles, de salamandres, d'une tortue, de chauves-souris, de souris et de lapins. Ils possédent également une collection d'insectes, de coquillages, d'œufs d'oiseaux, de pierres et de fossiles conservés dans une vitrine de leur chambre.

Leurs parents leurs transmettent l’amour de l’art et des activités artistiques et les emmènent aux expositions de la Royal Academy. Ses grands-parents paternels possèdent une maison près de Hyde Park qui lui donnent l'occasion d'aller nager dans l'étang de Kensington Gardens et de visiter le zoo de Regent's Park.

Elle est encouragée dès son plus jeune âge à dessiner d'après nature ou en copiant des illustrations, et tient des carnets de croquis dès l'âge de huit ans. La famille se rend chaque année jusqu'en 1881 dans le Perthshire en Écosse, où elle réalise des dessins naturalistes des chenilles et d'oeufs d'oiseaux. thumb|left|Une illustration d'oiseaux par Jemima Blackburn - 1862 Pour son dixième anniversaire, lors de vacances en Écosse en 1876, Beatrix reçoit un exemplaire d’un livre d'aquarelles de Jemima Blackburn publié en 1868, « Birds Drawn From Nature ». L'écossaise, une des artistes ornithologiques les plus respectées de son époque et présentée à la reine Victoria, est l'amie et l'élève de John Ruskin et de Sir Edwin Landseer qui encouragent son talent. Ce recueil d’oiseaux dessinés d’après nature contribue à nourrir la passion naissante de Potter pour le dessin animalier. Les deux femmes se rencontrent en 1891 et 1894 et Potter est aussi impressionnée par la personnalité de Blackburn que par sa peinture, écrivant plus tard dans son journal : « Cela faisait longtemps que personne ne m'avait autant marquée ». Bien qu'elle la considère comme une « une observatrice perspicace et intelligente, dotée d'un œil aiguisé pour la beauté de la nature », Potter considère cependant que les oiseaux de Jamima Blackburn « ne se tiennent pas aussi bien sur leurs pattes » que ceux de l'ornithologue Thomas Bewick, dont elle estime cependant qu'il est son seul véritable rival. Elle créera en 1908 le personnage de « Jemima Puddle-Duck » en hommage à l'artiste écossaise qui a joué un rôle déterminant dans ses débuts comme écrivaine et illustratrice. Jemima Blackburn décède l'année suivante à l'âge de 86 ans.

Le peintre préraphaélite John Millais est un ami du père de Beatrix. Son atelier est situé près de la maison de la famille Potter. et Rupert l'aide en lui fournissant des photographies de ses modèles et ses paysages comme images de référence pour ses peintures.

Millais encourage Beatrix à poursuivre ses activités de dessinatrice... Beatrix est littéralement en adoration devant son tableau Ophelia.. qui est à ses yeux ..

En 1887, son frère Bertram entre en pensionnat. Beatrix a 21 ans, elle poursuivit seule sa scolarité à la maison et étudie la géométrie, la géographie, le français, l'allemand et la poésie latine. De à , elles suit des cours de dessin et de peinture à la National Art Training School, une école d'art alors rattachée au South Kensington Museum, futur Victoria and Albert Museum. Elle émet des réserves sur l'enseignement artistique qu'elle y reçoit et écrit dans son journal le : « La peinture est difficile à enseigner, hormis les détails techniques. Si vous et votre professeur êtes déterminés à aborder la nature et l'art sous deux angles différents, vous êtes sûrs de vous enliser. ». Elle continue sa formation artistique de manière informelle en copiant des œuvres de grands maîtres. Elle fréquente régulièrement le musée de South Kensington où elle copie des œuvres de Constable et des estampes qu'elle consulte à la bibliothèque, visite l'exposition d'hiver de la Royal Academy en 1883 où elle est émerveillée par les tableaux de Van Dyck, fréquente des galeries d'art et consigne ses observations critiques dans son journal.

Lieux de villégiature thumb|left|Keswick - Lake District Après des séjours réguliers à Dalguise House dans le Perthshire en Écosse pendant son enfance, la famille installe ses quartiers d'été à partir de 1882 dans le Lake District, au nord de l'Angleterre.

D'abord à Wray Castle, près d'Ambleside, où Beatrix y poursuit l'étude de la nature qu'elle avait commencé en Écosse : herbier, collection de fossiles ou d'insectes, approfondissant ses connaissances scientifiques... C'est à Wray Castle en 1883 que Beatrix, à l'âge de , fait la rencontre déterminante du pasteur anglican Hardwicke Rawnsley avec qui elle entretient des relations amicales toute sa vie.. Connu pour son action sociale dans ses différents ministères à Londres et Bristol, il œuvre pendant comme vicaire dans le Lake District où il milite pour la protection de l'environnement et le bien-être de la population locale. Surnommé le « Défenseur des Lacs », ami de Ruskin, sa conviction de préserver le paysage naturel afin que tous puissent en profiter l'amènera à cofonder en 1895 le . Il encourage Beatrix Potter à poursuivre son travail de dessin naturaliste. et ses recherches sur les animaux et les plantes. et lui conseille de fréquenter le British Museum. Grand voyageur et auteur, il l'aidera à publier son premier livre, L'Histoire de Pierre Lapin. thumb|Demeure de Lingholm - Architecte Alfred Waterhouse À partir de 1885 et jusqu'en 1907, c'est à Lingholm, une immense demeure bâtie par l'architecte Alfred Waterhouse située à Portinscale près de Keswick dans le comté de Cumbria, dans le Lake District, que Beatrix Potter passera une dizaine d'étés. Arrivée pour la première fois dans cet endroit à l'âge de , elle est fascinée par la nature qui borde le lac Derwentwater. Elle y trouvera l'inspiration pour plusieurs de ses contes les plus célèbres. Le potager de Lingholm est la source d'inspiration du jardin de M. McGregor dans L'Histoire de Pierre Lapin. L'Histoire de Benjamin Lapin est, elle, inspirée de Fawe Park, un endroit proche de Lingholm où elle a également séjourné.

Les carnets codés De l'âge de 14 à 32 ans, Beatrix Potter tient des journaux intimes rédigés dans un langage codé utilisant un système de chiffrement qu'elle avait elle-même inventé. Un mois avant sa mort, dans une lettre du à sa cousine Caroline Clark, Beatrix révèle qu'elle avait utilisé « une sorte de sténographie chiffrée que je suis désormais incapable de déchiffrer, même avec une loupe ».

En 1952, la cousine de Beatrix Potter, Stephanie Duke, découvre à Castle Cottage, la maison de Beatrix près de Sawrey, dans le Lake District, un paquet de feuilles volantes et de cahiers d'exercices écrits en code. Cette douzaine de cahiers et autres fragments s'avèrent être son journal intime secret, écrit en code entre l'âge de 14 et 32 ans. Le , Stephanie Duke rend visite à sa maison de Buckhurst Hill, dans l'Essex, au collectionneur Leslie Linder et l'invite à venir voir ce qu'il peut déchiffrer dans ces manuscrits. Il va consacrer six ans de recherches sans arriver à percer le code. Au printemps 1958, sur le point d'abandonner, il remarque dans une phrase les chiffres romains « XVI » et le nombre « 1793 ». Partant de l'idée qu'il s'agit là d'une date, Linder recherche un fait historique qui s'y rattache et réalise qu'il s'agit de l'exécution de Louis XVI. Un long mot contenant le caractère « x » encadré par deux caractères identiques lui semble pouvoir représenter le mot « exécution ». À partir de là, il ne lui faut que quelques heures pour comprendre le sens de la phrase et déchiffrer ensuite une grande partie de l'alphabet. Le code employé est un alphabet de substitution utilisant des caractères issus de plusieurs alphabets, dont le grec et le cyrillique, ainsi que des chiffres. Certains mots sont abrégés et peuvent désigner plusieurs éléments comme « gr » pour grand-mère ou grand-père. Des chiffres peuvent représenter des mots courants comme le chiffre « 3 » pour « le », ou des syllabes ou mots homonymes comme « 2 » à la place de « two », « to », « too » et « 4 » pour « for » ou « four » donnant par exemple « 4get » au lieu de « forget » et « 2gether » pour « together ».

Des années plus tard, en 1966, pour le centenaire de la naissance de Beatrix Potter, Linder est enfin en mesure de publier le contenu des carnets cryptés. The journal of Beatrix Potter : 1881-1897 (Le Journal de Beatrix Potter 1881-1897) dévoile quinze ans de réflexions de la jeune femme sur l'art, la science et la vie. Il semble qu'elle ait commencé à tenir son journal dès l'âge de 14 ans, vers 1880, et la dernière entrée complète date de 1897, au moment où elle achève son article scientifique sur les champignons, un manuscrit aujourd'hui perdu.