Jobourg est une ancienne commune française du département de la Manche et de la région Normandie, peuplée de habitants.
Depuis le , elle fait partie de la nouvelle commune de La Hague et a le statut de commune déléguée.
Géographie Localisation Jobourg se situe à l'extrême nord-ouest de la péninsule du Cotentin. Le nez de Jobourg est un cap qui s'avance dans la mer de la Manche.
Géologie et relief Les gneiss icartiens y affleurent. Les grottes dans les falaises ont souvent donné naissance à des légendes, comme celui du Trou-aux-Sorciers.
Milieux naturels et biodiversité vignette|Les chèvres sauvages. Nez de Jobourg, nez de Voidries, falaises de Jobourg de de haut, parmi les plus grandes d'Europe, rocher dit le Culleron, formé de grès et de granit, anse de Culeron. Baie d'Écalgrain, partagée avec Auderville.
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Jorborch au , Jorborc en 1180, Jorbourg en 1218, Jorborc en 1221, Jorburch en 1239, Jobourt en 1323..
Les formes anciennes indiquent que le [r] s'est amuï vers le devant la consonne suivante, phénomène récurrent dans la toponymie normande et ailleurs. En tout état de cause, il n'y a pas lieu de voir un Jovis burgum, forme latinisée que l'on rencontre parfois dans les textes médiévaux. Il s'agit d'une fantaisie de scribe, telle qu'on en trouve de manière récurrente en toponymie (cf. Louviers, Fécamp, etc.)
François de Beaurepaire rapproche le type toponymique Jorborc du composé toponymique vieil anglais eorðburg signifiant « mur ou rempart de terre étayé par une structure de pieux en bois » et la situation de Jobourg près du Hague-Dick renforcerait cette hypothèse linguistique. Le toponyme normand de l'île voisine de Guernesey, Jerbourg (castrum de Gierebourc 1364) serait de même nature, ainsi que les noms de lieux anglais Yarborough Camp et Arbury.
René Lepelley privilégie l'hypothèse d'un composé issu de l'ancien scandinave basé sur les termes jǫrð « terre » et borg « forteresse ».. En réalité, borg pouvait avoir le sens primitif de « mur, rempart ». *Jǫrðborg devait avoir le sens global de « mur de terre, rempart de terre » tout comme le vieil anglais eorðburg. Phonétiquement une étymologie scandinave s'accorde mieux avec les formes anciennes.
Histoire Protohistoire et antiquité Entre l'église et le clos Callet, il fut trouvé plusieurs tumuli ainsi que des briques romaines. On trouve également le camp romain du Vaux du Catel.
Moyen Âge l'église, avec le titre de prieuré, placée sous le vocable de Notre-Dame, est donnée, en 1165, à l'abbaye du Vœu par Richard du Ham et Guillaume Carbonnel.. En 1172, Guillaume de kercagny, devant le roi d'Angleterre , confirme la donation. Au début du , Robert de Sydeville était vicaire de l'église.
En 1316, des contestations s'élèvent au sujet des dîmes de Jobourg, entre le prieur de Jobourg, nommé par l'abbé du Vœu, et le prieur de Saint-Germain-des-Vaux, dépendant de l'abbaye de Cormery.
Parmi les personnes notables habitants Jobourg, on peut citer la famille de Lefort qui avait pour armes : d'argent au croissant de gueules accompagné de trois merlettes de sable (par francs-fiefs en 1471).
Temps modernes En 1567, Robert de Mary, écuyer, sieur de Jobourg, est taxé pour ce fief de dans le rôle des nobles et roturiers, au titre du ban et de l'arrière ban de la vicomté de Coutances, réalisé par Gilles Dancel, seigneur d'Audouville, lieutenant général du bailli de Cotentin, tenu à Coutances les -. Le fief de Jobourg, qui valait un sixième de fief de haubert, était tenu du fief de Vauville..
Dans la première moitié du , la paroisse a pour seigneur la famille Lucas de Bonval, et ensuite celle des Jallot. En 1692, l'église a pour curé Guillaume Leblond, religieux du Vœu de Cherbourg.
Le , les dîmes des paroisses de Jobourg, Beaumont et Urville-Hague sont affermées par bail, passé devant Roger, notaire à Paris, à Nicolas Simon au prix de ..
Au , Dom François Fleury (1724-1781), est prieur-curé de Jobourg et guetteur des mouvements des navires anglais pour le gouverneur de Cherbourg.
Époque contemporaine En 1907, fermeture de la brigade de douanes du village de Merquetot.
La commune est libérée le par le d'infanterie.
Politique et administration Liste des maires
Liste des maires délégués
Population et société Les habitants de la commune sont appelés les Jobourgeois.
Démographie
Activité manifestations
Économie vignette|Les gratte-dos de Jobourg. vignette|Le CROSS-ma.
L'activité agricole demeure importante dans l'économie locale et dans la tradition, comme en témoigne la foire aux moutons, valorisant le roussin de la Hague à la mi-août.
Jobourg est une des quatre communes d'implantation de l'usine de retraitement des combustibles irradiés d'Areva NC.
Depuis 1977 (et 1984 dans ses locaux actuels), le CROSS-ma de Jobourg est chargé de surveiller le Rail des Casquets et de coordonner le sauvetage en mer entre le cap d'Antifer et le mont Saint-Michel.
Le tourisme est important sur la commune, notamment du fait du nez de Jobourg, site qui contribue à la notoriété de la localité et qui . Jobourg accueille trois restaurants et de nombreux gîtes.
Culture locale et patrimoine vignette|L'église Notre Dame. Lieux et monuments Le tumulus de Calais situé sur la commune de Jobourg en face de l'usine de retraitement des déchets nucléaires, est l'un des trente-trois tumulus de l'âge du bronze référencés lors d'une récente étude sur le territoire de la Hague. Le tertre, relativement bien conservé sur les deux tiers, le dernier tiers étant parti sur le trajet d'un chemin, et n'ayant pas été bouleversé par les antiquaires du , a fait l'objet d'une fouille moderne. Traces d'un camp romain du Bas-Empire au Vaux du Câtel. L'église Notre-Dame de Jobourg romane des , inscrite aux monuments historiques en 1972., qui servit de poste d'observation. Elle abrite un calice et sa patène classés au titre objet aux monuments historiques., une clef de voûte du , un bénitier et cadran solaire du . Croix de chemin du , dite Croix Ricard ou de Bel Air, au nord, à l'embranchement de la et de la route d'Omonville. Elle est composée de deux épées, et aurait été élevée, selon une légende inventée au par Digard de Lousta, par le seigneur d'Auderville qui tua en duel, , seigneur de Jobourg. Sur une maison du village de la Buhotellerie, un bloc calcaire armorié figure les armes de la famille de Mary : d'argent au chef de gueules chargé de trois roses d'or mises de rang.. Jardin les Cuillers de Merquetot.
Monument disparu Ancien moulin à vent mentionné vers 1550 et dont il ne subsiste aucun vestige. Il se situait entre le CROSS-ma et l'église.
Patrimoine culturel Au cinéma, Jobourg apparaît comme décor dans Une vie d'Alexandre Astruc, et est cité comme lieu de l'un des deux meurtres du film Garde à vue de Claude Miller avec Michel Serrault, Lino Ventura et Romy Schneider. Plusieurs plans et de nombreuses indications topographiques de la ville y sont donnés.
La côte et la lande de Jobourg donnent l'inspiration à de nombreux peintres, de même que l'église romane représentée par Jean-François Millet et Félix Buhot notamment.
Personnalités liées à la commune Simon Segal (1898-1969), peintre de l´École de Paris, a vécu au hameau Thiébot entre 1946 et 1953. Il a peint de nombreux enfants de la commune, ainsi que des paysages de la Manche. Une exposition lui a été consacrée au musée Thomas-Henry de Cherbourg en 1999.
Héraldique
Voir aussi
Bibliographie . .
Articles connexes
Liste des anciennes communes de la Manche
Liens externes
Jobourg sur le site de La Hague Résumé statistique de Jobourg sur le site de l'Insee Icartien à Jobourg, sur Université de Caen-Normandie Notes et références Notes
Références Altitudes, coordonnées, superficie'' : répertoire géographique des communes 2013 (site de l'IGN, téléchargement du 19 mars 2014)
Catégorie:Ancienne commune dans la Manche Catégorie:Commune déléguée dans la Manche