La Horaine est une vedette servant aux relèves, pour l'entretien et le ravitaillementJean-Christophe Fichou, Il était une flotte pour les phares, « Les vedettes d'entretien et de ravitaillement », Marines éditions, Rennes, 2009, du Service des phares et balises des Côtes-d'Armor lancée en 1957 et construite par les Ateliers et Chantiers Auroux d'Arcachon. Basée à Lézardrieux, cette vedette était affectée aux relèves des gardiens de phares, à leur ravitaillement ainsi qu'à l'entretien des signaux maritimes jusqu'en 2006.
Elle a remplacé en 1958 l'ancienne vedette du même nom construite en 1938, dont elle était un sister-ship, pour le service principal des phares des Roches-Douvres et du Grand Léjon.
L'ancienne vedette, renommée La Triagoz, fut rattachée au port de Perros-Guirec pour terminer sa carrière. La Triagoz a effectué des relèves des phares des Sept-Îles et des Triagoz jusqu'en 1979.
La première vedette du nom La Horaine a servi à l'évasion de plusieurs résistants français vers Dartmouth en .
Vendue par les Domaines à un particulier en 2008, la vedette a depuis cette date, comme port d'attache Paimpol et est classée « Bateau d'intérêt patrimonial » par la Fondation du patrimoine maritime et fluvial.
thumb|Intérieur de la timonerie de La Horaine, quittant le port de Paimpol, en route pour le passage de la Route du Rhum 2010 au N-E de Bréhat, au large du plateau de la Horaine, dont elle a repris le nom.
Caractéristiques de la vedette Les éléments qui suivent figurent dans le dossier du bâtiment, que la subdivision des Phares et balises de Lézardrieux, a remis à son acquéreur privé en 2008.
Coque
La Horaine a été construite en 1957 à Arcachon par les Ateliers et Chantiers Auroux. Longue de et large de , sa longueur de flottaison est de . Son tonnage est de . Elle déplace environ .
Sa coque est une construction en bois bordée à franc-bord, entièrement pontée, munie d'une timonerie légèrement sur l'arrière, au moteur central.
Son pont à teugue comprend un pont avant et un pont arrière situé à un niveau inférieur. Le pont avant est prolongé au même niveau par une superstructure permettant la ventilation et l'éclairage de la chambre des machines. Cette superstructure se termine par la cabine, qui est le poste de pilotage, ou la timonerie. Celle-ci était complétée par un auvent toilé recouvrant partiellement la baignoire sur l'arrière.
Cette baignoire d'origine, a été supprimée pour des raisons de sécurité, la cabine contenant la timonerie ayant été rallongée vers l'arrière sur son emplacement.
Une ancienne voilure d'appoint, constituée d'un foc et d'une misaine à corne équipait la vedette à ses débuts.
Un canot servant aux relèves des gardiens de phare fait partie de son armement.
Échantillonnage
Suivant le plan d'échantillonnage des "Chantiers Auroux" du , la charpente - quille, varangues, carlingue et carlingots, bauquière, barrots et barrottins, bourlingue et longerons de moteur - fut construite en chêne.
Les ponts et hiloires sont en iroko, le bordé en acajou est posé sur les membrures en acacia cintrées à la vapeur.
Propulsion thumb|Lubrification à la burette des culbuteurs du moteur Baudouin DK6 avant son démarrage.
Le moteur Diesel Baudouin DK6 à 6 cylindres en ligne, de à entraîne une hélice à 3 pales de diamètre au pas de par l'intermédiaire d'un réducteur- inverseur aux 3/4, d'origine.
En 1962 des problèmes d'usure par cavitation de l'hélice et de sa remplaçante, conduisent à remplacer l'hélice de diamètre par une hélice de diamètre , en réduisant sa vitesse de rotation par l'adoption d'un réducteur de 1/2 au lieu de 3/4 et la reculer de par rapport à l'étambot.
Le démarrage du moteur s'effectue à l'air comprimé. Deux bouteilles d'air, permettant de 3 à 6 démarrages sont rechargées par le même cylindre moteur qui permet son lancement. Ce cylindre est ensuite remis en mode de fonctionnement normal, c'est-à-dire isolé du circuit d'air comprimé et alimenté en gazole. Les premières explosions sont réalisées, pour des démarrages à froid, à l'aide de cigarettes d'allumage servant de bougies de préchauffage, et installées manuellement.
La lubrification du moteur est réalisée par barbotage du vilebrequin, la partie supérieure étant lubrifiée manuellement à l'aide d'une burette au niveau des rainures supérieures des culbuteurs avant le démarrage. Toutes les quatre heures de marche, le mécanicien appuie ensuite sur une pédale actionnant une pompe à huile.
Aménagements thumb|center|upright=2|La Horaine suivant les plans de 1957 des Ateliers et Chantiers Auroux. De l'avant à l'arrière : puits à chaînes, poste d'équipage, toilettes, compartiment moteur, timonerie, plage arrière, coqueron arrière.
La timonerie a été allongée sur l'arrière, la plage arrière est au même niveau que le plancher de la timonerie, la baignoire arrière supprimée.
La coque comporte 4 cloisons étanches. Voir le schéma.
Les évadés de La Horaine
thumb|La vedette La Horaine, la première du nom, celle qui servit à l'évasion de 1943, renommée La Triagoz, photographiée en 1977 à Lézardrieux par François Jouas-Poutrel, gardien du phare des Roches-Douvres pendant 21 ans. Le Le bureau de l'association La Horaine, Cap sur le monde libre, La Presse d'Armor, 26 septembre 1992, à la faveur d'une relève du gardien du phare des Roches-Douvres, la vedette La Horaine prend le chemin de Dartmouth, au lieu de revenir à Lézardrieux, avec à son bord Charles Jézéquel, le gardien de phare descendantLe gardien de phare descendant est celui qui est relevé, celui qui descend pour se faire remplacer., Jean Le Meur, un autre gardien de phare, le mécanicien de La Horaine Pierre Richard, son pilote Louis Thomas, Yvon Jézéquel, membre de l'équipage, et Karl, un militaire allemand fait prisonnier lors de l'évasionRémy, La Maison d'Alphonse, .
L'opération, d'abord prévue pour le , est repoussée au d'abord pour cause de tempête, puis pour un mitraillage malencontreux de La Horaine par la Royal Air ForceRémy, La Maison d'Alphonse, , la RAF l'ayant confondue avec une vedette rapide allemande stationnée également à Lézardrieux.
Cette opération a un double objectif : permettre à l'équipage enrôlé et à deux des gardiens de phares basés à Lézardrieux de rejoindre le monde libre, ainsi qu'à deux douzaines d'hommes en attente à Plougrescant, dont des pilotes alliés dont les avions avaient été abattus.
L'opération La Horaine est organisée par le lieutenant André Cann et l'ingénieur des ponts et chaussées André Le BrasAndré Le Bras a dirigé, après la guerre, la reconstruction du phare des Roches-Douvres., alors responsable local du Service des phares et balises et membre du réseau Cohors-AsturiesRémy, La Maison d'Alphonse, .
À la suite du report de la date, la marée étant défavorable à l'approche de Plougrescant, la seconde phase de l'opération échoue, et seulement les cinq personnes précitées gagnent l'Angleterre après avoir neutralisé Karl, le soldat allemand, sur la route des Roches-Douvres à Plougrescant. Elles arrivent en Angleterre le . Les évadés ont eu des destins diversLe bureau de l'association La Horaine, Les Hommes de « La Horaine » : des destins divers, La Presse d'Armor, 3 octobre 1992, , en particulier Yvon Jézéquel, qui revient en Bretagne en monter une mission Blavet, en liaison avec le réseau TurquoiseRémy, La Maison d'Alphonse, .
Yvon Jézéquel (1924-1945), né à Lézardrieux, est inscrit en 1942 dans une classe préparatoire et désire intégrer l'École navale. Après la fermeture des classes préparatoires à cette école par le Gouvernement de Vichy, qui suivait le sabordage de la flotte française à Toulon, Yvon Jézequel envisage de s'engager dans les Forces navales françaises libres en utilisant La Horaine. André Le Bras lui conseille de participer à cette évasion groupée de , qui se concrétise pour lui par une formation d'agent secret intensive en Angleterre, et un retour le à l'Île d'Er comme chef du réseau TurquoiseLe bureau de l'association La Horaine, L'Évasion de « La Horaine », La Presse d'Armor, 3 octobre 1992, . Ce réseau Turquoise, chargé du renseignement sur la baie du Mont Saint-Michel, est démantelé par la Gestapo en . Des trente trois membres du réseau, quatorze sont déportés, et sept mourront dans les camps, dont Yvon Jézéquel et sa sœur SimoneLe bureau de l'association La Horaine, Réseau Turquoise - Mission « Blavet » : de l'organisation aux arrestations, La Presse d'Armor, 10 octobre 1992, .
Classement au Patrimoine maritime et fluvial
La Horaine, deuxième du nom, a été labellisée BIP (Bateau d'intérêt patrimonial) par la Fondation du patrimoine maritime et fluvial en 2008 sous le comme bateau de serviceNavires du Patrimoine.
Notes et références
La Maison d'Alphonse, « Le radiophare et la vedette » :
La Presse d'Armor :
Patrimoine maritime et fluvial :
Notes :
Annexes
Bibliographie
Articles connexes Autres bateaux utilisés par les services des phares et balises : Velléda, vedette des Phares et balises du Finistère Blodwen, vedette des Phares et balises du Finistère Somme II, baliseur de la Somme, classé monument historique
Liens externes Descriptif de La Horaine Galerie du site États des lieux
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