Constant Duclos, né à Fougères le , décédé à Romorantin-LanthenayArchives départementales d'Ille-et-Vilaine, commune de Fougères, année 1885, acte de naissance le à l'âge de , est un marin français qui a effectué les premiers sauts en parachute de l'Armée française.
Biographie Jeunesse et famille Constant, Joseph, Alexandre Duclos naît le à Fougères, Ille-et-Vilaine. Sa famille est peu aisée, son père Constant, Alexandre, Marie Duclos (1860-1887) ainsi que sa mère Joséphine, Thérèse Gavard (1858-1901) sont chaussonniers. Constant Duclos n'a pas encore deux ans quand il perd son père. Il est élevé seul par sa mère qui décède à l'âge de , il a alors tout juste . Attiré par la mer, c'est tout naturellement qu'il entre dans la Marine marchande. Constant Duclos est inscrit provisoire sous le , avec le consentement de son tuteur, le devant le Maire de La Chapelle-Janson, Ille-et-Vilaine. Il y effectue et de service : du au à bord du brick-goélette «Saint-Michel» puis sur la goélette «Courlis» de l'armement Thomazeau de Saint-Malo. Le , il embarque à Dunkerque sur le quatre-mâts barque «Antoinette» de l'armement Bordes jusqu'au . Ce jour-là, il embarque sur le trois-mâts carré «Duquesne» de la Compagnie Maritime Française. Il en débarque clandestinement à Philadelphie aux États-Unis, le . À quai, se trouve le «Carradale», un quatre-mâts barque battant pavillon britannique, sur lequel Constant Duclos embarque jusqu'à son retour en France en .
Service militaire Le , le service militaire l'appelle (classe 1905 - recrutement en 1906, canton de Fougères nord (Ille-et-Vilaine) à la suite d'une révision sous le matricule ). Constant Duclos s'engage alors pour dans la Marine nationale. Inscrit maritime définitif quartier de Saint-Malo sous le , il est levé comme matelot de classe au dépôt de Brest le . Il y restera jusqu'au , date à laquelle, il embarque sur le transport aviso «Saône» école des gabiers de Brest.
Constant Duclos, nommé matelot de classe breveté Gabier le , quitte le transport aviso «Saône» pour embarquer sur le cuirassé d'escadre Henri IV jusqu'au .
Du au , Constant Duclos est à terre au dépôt de Cherbourg.
De mi- jusqu'au , il embarque sur le croiseur de classe «Friant». Sur ce navire, entre 1908 et 1910, Constant Duclos participe à trois campagnes de guerre au Maroc. À ce titre, la Médaille commémorative du Maroc «agrafe Maroc» lui est décernée. Un certificat de bonne conduite et de capacité lui est attribué le par le commandant de ce navire, le capitaine de frégate M. Bernard.
Du au , Constant Duclos se retrouve sur le croiseur de classe «Cosmao».
Enfin, du au , il est affecté au dépôt de Brest, avant d'être placé en congé illimité de fin de service comme «soutien de famille».
Établissements Godard «de la Marine aux ballons captifs» Fin , Constant Duclos entre aux établissements de constructions aéronautiques de Paris «Établissements Godard» à Saint-Ouen (Seine). Rapidement ses qualités de gabier sont remarquées. De mai à , il est envoyé en mission en Belgique, à Bruxelles, auprès de Robert Goldschmidt, pour participer à la construction et à la mise au point du dirigeable le «Belgique III».
Le , Constant Duclos se marie à Saint-Ouen (Seine) avec une fille de son pays natal Marie, Thérèse, Constance Nouveau (1888-1955) et reconnaît sa fille Marie, Constance, née hors mariage le à Paris . Deux autres enfants naîtront de cette union, Marcel, Victor né à Paris le et Maurice, Marcel né le à Paris également.
Toujours employé aux Établissements Godard à Saint-Ouen (Seine), du au , Constant Duclos effectue une deuxième période d'exercices au dépôt des équipages de la flotte à Brest (dispensé de la première période en tant que soutien de famille).
2 août 1914, «mobilisation générale» La guerre éclate, Constant Duclos est mobilisé au régiment de fusiliers marinsdu au . D'août à la fin de l'année 1914, il participe avec la brigade de l'amiral Ronarc'h à la bataille de l'Yser et à la bataille de Dixmude. Constant Duclos fera partie des rares survivants de son unité. Il se voit décerner la médaille de l'Yser et la croix flamande des 3 cités "agrafe Dixmude".
Fabrication d'un parachute Le , Constant Duclos est versé à l'Établissement central du matériel aéronautique militaire «Génie» de Chalais-Meudon. Du fait de sa grande expérience en matière de toiles, voilures et cordages, il travaille aux côtés du lieutenant Jumesch et du capitaine Letourneur qui cherchent à mettre au point un parachute pour endiguer les nombreuses pertes d'aérostier, les ballons étant la cible des Allemands. Grâce au concours de Constant Duclos, un parachute expérimental est fabriqué et les essais peuvent commencer avec un sac de sable et cela fonctionne. L'engin est plié dans une enveloppe de toile fixée à l'extérieur de la et reliée par un solide «bout» de trois mètres de long au harnais ceinturant le sac de sable, lequel en tombant, extrait le parachute; une chambre à air gonflée aide le parachute à se déployer dès sa sortie du sac. Plusieurs essais sont réussis devant un groupe d'aérostiers mais, malgré la peur de périr brûlés, ceux-ci ne sont pas convaincus de confier leur vie à cet appareil inconnu d'eux et d'aspect si fragile
Constant Duclos, sûr du matériel qu'il a construit, se porte volontaire auprès du lieutenant Jumesch pour se substituer au sac de sable. Le lieutenant Jumesch accepte, Constant Duclos va donc sauter.
Sauts en parachute Le prototype est testé par Constant Duclos, un fusilier marin affecté à Chalais-Meudon. Ce dernier effectue ainsi à Courtellemont (ville disparue sous les bombardements), le à à d'altitude, l'un des tout premiers sauts en parachute de l'histoire militaire française, Il lui faudra minutes pour atteindre le solChemin de mémoire..
Entre le et le , Constant Duclos effectue une tournée de démonstration qui le conduit dans toutes les compagnies d'aérostiers du front. En un mois, il saute vingt fois. Certains sauts sont réalisés à d'altitude..
Fraîchement nommé quartier-maître de classe de manœuvre, le , Constant Duclos exécute deux sauts d'homologation devant la sous-commission de l'aéronautique (aréopage d'officiers et de techniciens). Le premier saut est plus que concluant mais ces militaires, appelés à prendre une décision capitale, sont indécis. Pour être sûr de leur décision, il effectue une deuxième descente en fumant le gros cigare qu'un des officiers lui avait offert à l'issue de son premier saut.
Sa désinvolture et la sûreté de ses deux descentes l'emportent, le parachute est homologué. Sa construction en série peut être entamée.
Constant Duclos a effectué en tout vingt-trois sauts en parachute, établissant ainsi le record du plus grand nombre de sauts en parachute de la Première Guerre mondiale.
Pour cet exploit, Constant Duclos est cité à l'ordre du Grand Quartier Général par le chef du service aéronautique sous le n° 10.448 pour « le bel exemple de courage qu'il a donné à ses camarades en se jetant en parachute de la nacelle d'un ballon captif d'une hauteur de ».Il se voit également décerner :- La Médaille militaire par arrêté ministériel du pour prendre rang au avec la citation suivante : « a fait preuve, depuis le début des hostilités, d'un esprit admirable de bravoure et d'un grand mépris du danger, en exécutant des expériences périlleuses de descente en parachute ».- La Croix de guerre 1914-1918 avec palme également à la date du .
Le , c'en est fini pour les ballons ainsi que pour les sauts en parachute, Constant Duclos se consacre à l'aviation.
L'aviation maritime
Le , Constant Duclos entre au groupe d'aviation à Dijon comme élève pilote d'aéroplane, puis à l'école d'aviation de Chartres le . Il obtient le brevet d'Aviateur Militaire (brevet de pilote ) division MF «Maurice Farman» le .
Constant Duclos effectue un stage de perfectionnement à l'école de Châteauroux du au . Le , il obtient le brevet de pilote-aviateur de la Fédération Aéronautique Internationale (brevet FAI .762).
Constant Duclos est ensuite affecté au Centre d'Aviation Maritime de Saint-Raphaël du au . Il y obtient le brevet de pilote d'hydravion en (brevet ).
Du au , Constant Duclos est muté au CAM de Dunkerque en tant que pilote d'hydravion de reconnaissance. Il est nommé Second-maître le . Constant Duclos obtient un certificat de bonne conduite et de capacité «comme pilote d'hydravion de reconnaissance» délivré le par le commandant par intérim du CAM de Dunkerque, l'enseigne de vaisseau de classe Léon Ramade. Du à fin , Constant Duclos est muté au CAM du Havre . Enfin du au , il est envoyé au Groupement d'Aviation Captif de Cherbourg.
Le , Constant Duclos est placé en congé illimité «fin de mobilisation» et est versé au Régiment d'Aviation d'Observation de Tours. Il se retire au 106 avenue des Batignolles à Saint-Ouen (Seine) où se trouve sa famille et reprend ses activités aux Établissements Godard à Saint-Ouen (Seine).
L'Après Guerre Entre 1922 et 1924, Constant Duclos effectue plusieurs périodes d'entraînement volontaire de pilote à l'entrepôt spécial d'aviation n°1 de Villacoublay. En 1925, Constant Duclos quitte la Région Parisienne pour s'installer, avec toute sa famille, impasse Saint-Barthélémy à Romorantin (Loir-et-Cher) et entre à l'entrepôt spécial de l'Armée de l'air de Pruniers-en-Sologne (Loir-et-Cher) en qualité d'agent de maîtrise. D' à , il effectue de nombreuses périodes d'entraînement volontaire au Magasin Général d'Aviation annexe d'Orly, mais également au Régiment d'Aviation de Tours. Le , Constant Duclos est nommé sergent-chef de réserve «Pilote d'aviation». Le , il est affecté dans la réserve au Groupe d'Ouvriers Aéronautiques. Enfin, le , Constant Duclos est rayé des contrôles des personnels navigants des forces aériennes et est placé sans affectation. Constant Duclos totalise 565 heures de vol dont 472 dans l'aviation maritime et militaire ainsi que 93 heures effectuées en neuf périodes de volontaire de 1922 à 1930. Le , un rapport motivé des titres de M.Constant Duclos est rédigé par le Lieutenant-colonel Morel, Directeur de l'entrepôt spécial de l'Armée de l'air de Pruniers-en-Sologne (Loir-et-Cher). Le , Constant Duclos est nommé, sur proposition de Ministre de l'Air, dans l'ordre national de la Légion d'honneur (contingent normal), au grade de chevalier de la Légion d'honneur, publié au Journal Officiel du , .. Constant Duclos totalise à cette date, , , de services civils et militaires. Retraité en qualité de technicien d'étude et de fabrication au titre de l'aéronautique, Constant Duclos fonde le , l'Amicale des anciens cols bleus de Romorantin (Loir-et-Cher). Quelque temps plus tard, il est nommé président d'honneur à vie de cette association qui regroupe, à cette date, environ .
Hommages posthumes
Constant Duclos décède le à l'âge de . Il repose au cimetière Saint-Roch de Romorantin-Lanthenay (Loir-et-Cher) allée K79.Constant Duclos est promu officier de la Légion d'honneur (à titre posthume) le par décret du président de la République publié au journal officiel du , en tant que second maître pilote de l'Aéronautique navale (équipage de la flotte), sur proposition du ministre de la Défense. Depuis 1988, il existe un square Constant-Duclos à Fougères, Ille-et-Vilaine et, à la suite d'une décision du Conseil Municipal de Romorantin-Lanthenay (Loir-et-Cher) en date du , une rue Constant-Duclos est créée à Romorantin-Lanthenay.
thumb|Tombe de Constant Duclos
Références
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Liens externes
Musée de tradition des fusiliers marins Ministère de la Défense Le parachutisme
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