La violence scolaire en France désigne les actes violents, les violences sexistes et sexuelles, les agressions sexuelles réalisés dans les établissements scolaires français et dirigés contre les élèves, les enseignants ou les établissements eux-mêmes (dégradations, incendies).
Violences sexistes et sexuelles En , les ministères de l'Éducation nationale et de l'Égalité entre les femmes et les hommes donnent les conclusions d'un enquête sur les violences sexistes et sexuelles en milieu scolaire. En école élémentaire les filles et les garçons sont exposés aux violences sexuelles dans des proportions similaires. Ainsi en CM1-CM2, 15 % des élèves indiquent avoir été victimes de voyeurisme dans les sanitaires et 8 % avoir été embrassés de force au moins une fois dans l'année. Au collège, 12 % des garçons et 15 % des filles affirment avoir subi au moins une forme de violence sexuelle..
Violence envers les enseignants
La représentation la plus usuelle de la violence scolaire retient essentiellement les violences envers les professeurs. Il s'agit d'une violence liée au processus d’apprentissage, à la relation maître-élèves.
Sur les signalés sur l'année scolaire 2004-2005, ont pour victime un enseignant, soit 15,7 %. Sur ces 12 586 incidents, 13% menent à une plainte.
Le taux de plainte est de 40 % lorsqu'il s'agit d'une violence physique avec armes ou « arme par destination » (par exemple, une chaise). Concernant les « insultes ou menaces graves », seuls 8% des 10 039 incidents débouchent sur une plainte.
Même si on retient l'hypothèse possible d'une préférence des enseignants pour un règlement en interne des situations graves, le taux de plainte reste très bas car le nombre d'incidents graves susceptibles de susciter la plainte est réduit. On note seulement 129 violences physiques avec arme ou arme par destination liées à la scolarité de plus de d'élèves en 2004. Telle qu'elle est appréhendée par la statistique ministérielle, la violence strictement scolaire, celle des élèves à l'égard de leurs professeurs, est très faible.
Ce constat est rassurant et pose problème. Il est contraire à la perception de la violence par une part des enseignants. À la rentrée 1993, sur 776 professeurs du second degré nouvellement recrutés, 8 % d'entre eux jugeaient avoir été personnellement confrontés « très souvent » ou « assez souvent » à des problèmes graves de violence (Note d'information, nº 42, 1996). Or, dans les données recueillies par le ministère, seuls 3 % des enseignants sont concernés par les actes de violence. Il existe un hiatus entre l'expérience des acteurs et les catégories statistiques utilisées pour en rendre compte.
Il est toujours nécessaire de tenter la mesure d'un phénomène social. La mesure de la violence est sans aucun doute intéressant par ce qu'elle ne dit pas explicitement : l'extrême diversité du phénomène, la place limitée occupée par les enseignants comme victime des violences. Une dernière dimension particulièrement instructive de la statistique est apportée par la répartition des actes de violence. Elle permet de mieux saisir le hiatus entre la statistique de la violence l'expérience malheureuse des professeurs.
Selon les établissements Il peut exister un intérêt stratégique de l'établissement à sur-déclarer des insultes ou violences pour bénéficier par exemple du bénéfice d'un « plan de prévention violence » ou éventuellement à sous-déclarer des incidents pour préserver l'image de marque du collège ou du lycée. Encore que les données par établissement ne soient pas accessibles au public. Ces biais d'enregistrement existent. À eux seuls, ils ne peuvent expliquer qu'une part infime des différences inter-établissements constatées.
Un certain nombre d'établissements, 8 % exactement, probablement les moins concernés objectivement et subjectivement par les violences scolaires, n'ont jamais recours au logiciel SIGNA. En 2018, 32 % des chefs d'établissement déclarent une absence d'incidents graves.. Il existe donc une grande disparité des situations. Les actes de violence recensés sont directement en rapport avec le type d'établissement. Sur l'année scolaire 2018-2019, pour 1000 élèves, 13,2 incidents graves sont recensés dans les collèges, 4,5 dans les lycées d'enseignement général et technologique, et 22,7 dans les lycées professionnels.
Une dernière façon de contrôler la relation entre le public d'origine populaire et le nombre d'actes de violence recensés est de focaliser l'attention sur la situation des établissements en Zone d'éducation prioritaire (ZEP) ou réseau d'éducation prioritaire (REP). Si on s'intéresse aux 5 % des établissements qui signalent le plus d'actes de violence, 41 % sont en ZEP ou REP alors qu'ils ne représentent qu’un établissement sur six. Il existe donc une forte concentration des actes de violence dans certains établissements où la proportion d'enfants d'origine populaire est la plus élevée.
Un phénomène médiatique La violence à l'école a accédé au statut de marronnier (une actualité périodique : dans le cas de l'éducation, il s'agit par exemple de la rentrée scolaire, des élections des parents d'élèves, du bac (le plus jeune et le plus âgé des candidats etc.).
Une étude consacrée à la couverture par la télévision des incidents de montre que les collèges de banlieue sont surreprésentés et que la médiatisation d'un fait divers dépend également de la mobilisation des équipes pédagogiques à la suite de l'événementLes violences à l'école vues par la télévision - Médias, violence et éducation, Actes de l'université d'été (Caen 5-8 juillet 1999), Clemi/Cndp, collection « Documents, Actes et Rapport pour l'Éducation », 2001 ..
Ainsi en cas de faits divers, , obligeant les journalistes à se rabattre sur les micro-trottoirs, les enseignants pour leur part s'offusquent de ce que les journalistes n'aient retenu de leurs déclarations que ce qui concerne la violence.
oublie que les médias doivent faire face à des contraintes matérielles très fortes dans un marché hyperconcurrentiel. De ce point de vue, une actualité dont le traitement favorise un préformatage et une scénarisation comme la violence à l'école, répond aux exigences de rapidité et d'efficacité et réduit le niveau de parasitage chez l'auditeur ou le téléspectateur. Ce dernier intégrant le fait divers dans une problématique plus large : celle de l'augmentation de l'insécurité ou de la délinquance des mineurs.
2018 : Libération de la parole : #Pasdevague En , un lycéen de 15 ans du lycée Édouard-Branly de Créteil (Val-de-Marne) pointe une arme factice à quelques centimètres du visage de sa professeure et lui intime l'ordre de l'inscrire comme présent. La scène filmée par un autre élève est diffusé sur les réseaux sociaux et relayé par Le Parisien. Une plainte de la professeur, entraîne la condamnation des faits par le rectorat, le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer et par le ministre de l'Intérieur Christophe Castanerhttps://www.lepoint.fr/societe/creteil-il-braque-sa-professeure-pour-qu-elle-le-note-present-20-10-2018-2264476_23.php.https://www.lemonde.fr/education/article/2018/11/21/creteil-un-lyceen-place-en-garde-a-vue-apres-l-agression-d-un-professeur_5386554_1473685.html.
À la suite du fait divers, de nombreux témoignages d'enseignants émergent sur Twitter avec le hashtag #Pasdevague. Ceux-ci partagent l'omerta qui subsiste dans les établissements sur les violences dont ils sont victimes. Plusieurs mettent en cause la hiérarchie de l’éducation nationale, accusée « d’étouffer » les faits de violence. partageant les incivilités qu'ils rencontrent. .
Cette tendance à ne pas vouloir faire de bruit aurait eu pour conséquence d'installer des pratiques d'autocensure et potentiellement une incomplétude des statistiques.
Mesures Alors que les affaires de violences sexuelles se multiplient tant dans l'enseignement privé que dans le public, voir l'affaire du périscolaire à Paris, le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, nomme le , Cristelle Gillard au poste de défenseure des droits de l'enfant. Par ailleurs, il est favorable à la création d'une « liste noire » pour écarter des personnes qui ont eu un « comportement inadmissible » avec des enfants mais qui n'ont pas été condamnés pénalement...
Notes et références
Annexes Articles connexes Violence en France Conseil de discipline Harcèlement fondé sur le genre Mouvement des stylos rouges
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