Claude Julien, né le à Saint-Rome-de-Cernon (Aveyron) et mort le à Villeneuve-sur-LotRelevé des fichiers de l'Insee, a été une des grandes figures du service étranger du quotidien Le Monde et rédacteur en chef, puis directeur, du Monde diplomatique.

Biographie Claude Julien naît dans une famille nombreuse modeste à Saint-Rome-de-Cernon. Son père est chef de gare et il est le neuvième de treize enfants. Il obtient le Certificat d'études en juin 1937 puis le Brevet d'Études Primaires Supérieures en juin 1940.

Militant à la Jeunesse Étudiante Chrétienne (JEC) dès 1937 puis à la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC), il est recruté par la JEC comme permanent« Lettre aux responsables », supplément à « Messages », numéro 2, , BNF JO-64685. en 1942 à Lyon où est basé le secrétariat général de la zone Sud, et s'engage très vite dans la Résistance. À 19 ans, lors de la Libération, avec le soutien du commandant Pierre Dunoyer de Segonzac, il crée à Castres en un journal intitulé « Debout »« Décès - Claude Julien », Ignacio Ramonet, Le Monde diplomatique, .Premier numéro le , dernier numéro quotidien le , BNF 4-JO-4243., du même nom que la devise de la ville.

En , la JEC l'envoie pour vingt mois aux États-Unis afin d'aider les Young Christian Students à développer leur mouvement. Il suit simultanément des études en sciences politiques à l'Université Notre-Dame, dans l'Indiana. Claude Julien (1925-2005), La réussite de la rigueur par Patrick Eveno..

De retour en France, il devient journaliste à La Vie catholique illustrée (1949-1950) et à Présence africaine, puis rédacteur en chef de La Dépêche marocaine de Tanger ( - ). Il rejoint le service Étranger du Monde en 1951..

Il publie en le premier tome de son livre Le nouveau Nouveau Monde « " Le nouveau Nouveau Monde " de Claude Julien » par Henri Bonnet, ancien ambassadeur de France à Washington, Le Monde, ..

En parait le deuxième tome de son livre Le nouveau Nouveau Monde« Le nouveau Nouveau Monde II » le et « Le nouveau Monde » par André Fontaine, Le Monde, ..

Il écrit en 1961 La Révolution cubaine, le premier livre publié en France sur cet événement géopolitique majeur dans l'histoire contemporaine de l’Amérique latine.

En réaction à une idée reçue, il publie en 1968 un livre remarqué L'Empire américain qui recevra le Prix Aujourd'huiLe prix " Aujourd'hui " à Claude Julien pour " L'Empire Américain ", Le Monde, le .. Ce n'est pas, écrit-il, parce que les États-Unis ne possèdent pas de colonies, qu'ils ne constituent pas un "L'Empire Américain" par Georges Balandier, Le Monde, le .. . Le livre sera mis à jour en 1973 pour être réédité en livre de poche. Le livre, très documenté, restera longtemps .

Il prend la direction du service Étranger du Monde en 1969.

En , il succède à François Honti à la direction du Monde diplomatique, dont il développera considérablement la diffusion et l'audience. . Sous sa direction, jusqu'en 1990, la diffusion du journal passera de à « La mort de Claude Julien » dans L'Obs, le ..

Pour le bicentenaire de la révolution américaine, il publie Le Rêve et l'Histoire qui lui permet de participer à l’émission de télévision Apostrophes du « Fascination de l'Amérique et des Américains » émission animée par Bernard Pivot, avec Yves Berger, Jean Chalon, Élise Marienstras et Claude Julien..

En , pour la succession de Jacques Fauvet à la direction du Monde, il est élu candidat de la société des rédacteurs avec des suffrages, dans un contexte difficile où également sont candidats Jacques Amalric (qui atteint le deuxième tour), Jacques Decornoy, et André FontaineÉlection : direction du monde, reportage de Jacques Merlino dans le journal télévisé de d'Antenne 2 le (17:04 - 18:29) ; sur le site de l'INA.. C'est la première et dernière élection de ce type au Monde. Il est ensuite élu gérant du journal par l'assemblée générale de la SARL Le Monde en . Les tensions s'accumulent avec une partie de la rédaction, autour de désaccords politiques et rédactionnels. Amalric et Fontaine signent, avec vingt autres rédacteurs du Monde, deux courriers critiques de Claude Julien et adressés à François Simon, alors président de la société des rédacteurs, avant de les communiquer au Quotidien de Paris. Devant les difficultés économiques que traverse alors le journal, Claude Julien appelle à pour relever la qualité du journal, tout en prévoyant une restructuration de la rédaction du quotidien dans le but de favoriser le décloisonnement et le travail collectif. L'historien Patrick Eveno estime que . C'est dans ce contexte que plusieurs documents internes fuitent dans la presse, notamment dans La Lettre des Échos. Accusant alors sans fondements tangibles le journaliste Pierre Georges d'être responsable de ces fuites, dont le beau-frère travaille à La Lettre des Échos, Claude Julien est vivement critiqué par une partie de la rédaction. Devant le climat de tensions, le conseil d'administration de la société des rédacteurs du Monde demande finalement à Claude Julien de se soumettre à un vote de confiance. À l'issue de ce vote, qui a lieu le , la société des rédacteurs lui retire sa confiance à . Claude Julien démissionne aussitôt de son poste de directeur administratif, puis de la gérance en , dès la nomination du nouveau candidat André Laurens. Il se réinvestit alors totalement dans le Monde diplomatique. Certains voient dans cet épisode la fin, au Monde, d'une ligne éditoriale alors non-alignée et en soutien de la gauche française, laissant place à une vision plus atlantiste et économiquement libérale.

Il participe à la fondation des Cercles Condorcet en 1986 et préside le Cercle Condorcet de Paris de 1986 à 1992Cercle Condorcet de Paris, Archives nationales.. Il est élu président de la Ligue française de l'enseignement et de l'éducation permanente où il effectue deux mandats de 1990 à 1998Claude Julien est élu président de la Ligue de l'enseignement, Le Monde, . Il fut membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence. Il est président du Festival des Francophonies à Limoges de 1990 à 1994Les Présidents de l’Association depuis 1984.

Ouvrages publiés Spécialiste de l'Amérique du Nord, Claude Julien a publié les ouvrages suivants : Puissance et faiblesses des syndicats américains, monographie du Monde, 1955. L'Amérique en révolution, en collaboration avec Jacqueline Julien, Bibliothèque de l'homme d'action, 1956. Cuba ou la ferveur contagieuse, monographie du Monde, 1960. Le nouveau Nouveau Monde, Julliard, 1960. Sermons noirs, traduction de God's Trombones par James Weldon Johnson, Le club du livre chrétien, 1960. La Révolution cubaine, Julliard, 1961. Le Canada, dernière chance de l'Europe, Grasset, 1965. L'Empire américain, Grasset, 1968, qui lui vaut le Prix Aujourd'hui. Le Suicide des démocraties, Grasset, Paris, 1972. L'Empire américain, deuxième édition revue et corrigée, le Livre de Poche, 1973. Le Rêve et l'Histoire. Deux siècles d'Amérique, Grasset, 1976. Le devoir d'irrespect, Moreau, 1979. 1959, Castro prend le pouvoir, Seuil, Les événements dans Le Monde, présentation de Marcel Niedergang, 1999 Le devoir d'irrespect, deuxième édition, HB, 2007.

Il a aussi écrit la préface des livres suivants : Fidel Castro parle, la révolution cubaine par les textes, traduction par Jacques Grignon-Dumoulin, Maspero, 1961. L'Ère de Trujillo ["la Era de Trujillo"], anatomie d'une dictature latino-américaine, traduit de l'espagnol par Jean Grignon Dumoulin,Gallimard, 1962. Le Pouvoir noir ["Malcolm X speaks"], textes politiques réunis et présentés par George Breitman, traduit de l'américain par Guillaume Carle, Maspero, 1966. Les causes de la troisième guerre mondiale, (Nouvelle édition) Charles Wright Mills, traduit par Dominique Guillet, Calmann-Lévy, 1970. Le Nouvel ordre intérieur, Université de Vincennes, 1979, sous la responsabilité de Pierre Dommergues, Moreau, 1980. Iran : la révolution inachevée et l'ordre américain, Chapour Haghighat, Anthropos, 1980. Le Mirage nucléaire : les relations américano-soviétiques à l'âge de l'atome, George F. Kennan, traduit de l'américain par Antoine Berman, La Découverte, 1984. URSS : une société en mouvement, Jean-Marie Chauvier, L'Aube, 1989. La Paix des grands, l'espoir des pauvres : désarmement, développement et survie de l'humanité, La Découverte, 1989. La Communication victime des marchands : affairisme, information et culture de masse, La Découverte, 1989. Les échos de la mémoire : tabous et enseignement de la Seconde guerre , textes réunis et présentés par Georges Kantin et Gilles Manceron, Le Monde, 1991.

Ses livres ont été traduits dans les pays suivants : Le nouveau Nouveau Monde : Espagne : El nuevo Nuevo Mundo, Cid Madrid, traduit par E. Jarnes Bergua, 1960.

La Révolution cubaine : Uruguay : La Revolución cubana, Ediciones Marcha, traduit par Mario Trajtenberg, 1961.

Le Canada, dernière chance de l'Europe : Canada : Canada : Europe's last chance, Macmillan, traduit par Penny William, 1968.

L'Empire américain : Allemagne : Das amerikanische imperium, Ullstein, traduit par Edwin Ortmann, 1969. Brésil : O Império americano, Civilização brasileira, traduit par Fernando de Castro Ferro, 1970. Canada : L'Empire américain, Institut Nazareth et Louis-Braille, édition en braille, 1970. Chine : L’Empire américain, Wenton, traduit par Yun Noiannian, 1971. Cuba : El Impero norte americano, Ciencias Sociales del Instituto del libro, traduit par Francisco Masvidal, 1970. Danemark : Det amerikanske imperium, Gyldendals Logboger, traduit par Jens Juhl Jensen, 1971 . Espagne : El imperio americano, Grijalbo, traduit par Esteban Riambau, 1969. États-Unis : America’s Empire, deux éditions : Pantheon Books, traduit par Renaud Bruce, 1971 . Vintage Books, traduit par Renaud Bruce, 1973. Finlande : Imperium Kasvot, Otava, traduit par Kalle Salo, 1970. Italie : L’impero americano, Il Saggiatore di Alberto Mondadori, traduit par Furio Belfiore et Rosalba Buccianti, 1969. Liban : L'Empire américain, Dar Al Hakika, traduit par Naji Abou Khalil et Docteur Fouad Chahin, 1970. Japon : Amerika towa nani ka : kokkyō naki teikoku no jisshōteki kenkyū, Saimaru Shuppankai, traduit par Takashi Oi et Akiyoshi Hoshino, 1970. Pays-Bas : Het Amerikaanse imperialisme, Wolters-Noordhoff, traduit par B.V.A. Röling, 1969. Pologne : Imperium amerykanskie, Ksiazka i wiedza, traduit par Stefan Meller, 1971. Slovénie : Ameriski imperij, Drzavna Zalozba Slovenije, traduit par Marjan Poljanec, 1974. Suède : Det amerikanska imperiet, Bonniers, traduit par Katarina Beskow, 1969. Turquie : Amerikan imparatorlugu, Hitit Yayinlari, traduit par Tahsin Saraç et Aysel Gülercan, 1969.

Le suicide des démocraties : Argentine : El suicido de las democracias, Extemporaneos, traduit par Hugo Martinez Moctezuma, 1975. Brésil : O suicidio das democracias, Artenova, traduit par Marina Colasanti, 1975. Espagne : El suicidio de las democracias, deux éditions : Nova terra, traduit par Ana Gonzalez et Miguel Elena Rosello, 1974 . Hogar del libro, traduit par Ana Gonzalez et Miguel Elena, 1985 . Grande-Bretagne : Suicide of the democracies, Calder & Boyars, traduit par J. A. Underwood, 1975 . Grèce : αυτοκτονία των δημοκρατιών, Aakaio, traduit par A. I. Aibeph, 1974. Italie : Il suicidio delle democrazie, Il Saggiatore, traduit par Marisa Calimodio, 1973. Japon : Démocratie en ruine, Simul, traduit par Tsuneo Amano, 1975. Pologne : Samobojstwo demokracji, Ksiazka i wiedza, traduit par Janina Perlin, 1974. Portugal : O suicidio das democracias, Arcadia, traduit par Manuel Martins Costa, 1974. Turquie : Demokrasilerin intihari, Milliyet Yayinlari, traduit par Mehmet A. Kayabal, 1974.

Le Rêve et l’Histoire : Iran : آمرىکا در دو قرن : رؤيا و تارىخ, Intishārāt-i Agāh, Traduit par Murtaz̤á Kalāntarīyān, 1988. Portugal : O Sonho e a Historia, Arcadia, traduit par Rafael Gomes Filipe et Francisco Agarez, 1976.