Le Huçul ( ; ; ) est une race de chevaux très rustique, originaire des Carpates où il est originellement élevé par les Houtsoules, auxquels il doit son nom. Il est souvent décrit comme un descendant du Tarpan mais ce n'est qu'une supposition. Le Huçul résulte de très nombreux croisements entre des chevaux d'Europe centrale et orientale. Il est sélectionné dans des haras sous l'empire d'Autriche. Une première union d'éleveurs et un registre généalogique sont créés en 1925 en Ukraine. Plutôt petit à l'origine, le Huçul est sélectionné sur une taille plus élevée. C'est un cheval de montagne typique doté d'un tour de poitrine important. Sa robe arbore souvent des marques primitives. Le Huçul présente de très bonnes longévité et fertilité.

Polyvalent, le Huçul a servi successivement de cheval de bât, de traction, d'équithérapie et d'équitation de loisir. Bien qu'il soit diffusé dans de nombreux pays d'Europe centrale et orientale dont la Tchéquie, la Pologne, la Slovaquie, l'Allemagne, la Hongrie, la Roumanie et l'Ukraine, il est menacé de disparition en raison de ses faibles effectifs, de leur dispersion et du manque de reconnaissance internationale.

Dénomination Le nom de cette race de chevaux a de multiples déclinaisons en fonction de la langue utilisée : en roumain, en polonais, /Houtsoul en ukrainien, en tchèque, et en allemand. La transcription retenue pour l'usage international est , prononcé « Hou-tsoul ».

Ce cheval est ainsi nommé en référence à ses éleveurs, les Houtsoules, ainsi qu'à l'Est des Carpates, le Huzulland. Le mot roumain , souvent transcrit par , signifie ou . Le nom de cette race de chevaux est peut-être dérivé du mot roumain , qui désigne un voleur, en raison de sa capacité à se mouvoir silencieusement dans les montagnes tant de nuit que de jour.

Ce cheval est également nommé , ou bien . Ce nom vient de son biotope originel, l'Est des Carpates, une chaîne de montagne transfrontière de l'Europe centrale et orientale.

Histoire Origines vignette|redresse|Femme houtsoule à cheval à Verkhovyna, date inconnue.|alt=Photo en noir et blanc montrant une vieille femme sur un petit cheval. L'origine du Huçul est revendiquée à la fois par l'Ukraine, par la Roumanie, et par la Pologne. La revendication d'une origine polonaise est commune. Plus largement, le berceau d'origine de ce petit cheval se trouve non seulement dans ces trois pays, mais aussi en Tchéquie et en Hongrie. L'équipe scientifique de L. F. Starodub et al. postule que l'origine de cette race se trouve dans les Carpates ukrainiennes, et que le Huçul a été ensuite croisé dans différents haras de l'empire d'Autriche.

L'origine génétique du Huçul n'a pas été clairement établie (en 2020). De nombreuses sources le décrivent comme un descendant du Tarpan. Cependant, cette description s'inscrit dans une mode européenne consistant à voir une ascendance Tarpan chez de nombreuses races de petits chevaux rustiques, sans pouvoir en apporter la preuve.. Le Huçul semble plutôt résulter d'un très grand nombre d'individus fondateurs, peut-être sous l'influence des traditions d'élevage hongroises. Il est également possible qu'il soit une branche orientale du poney celte. Il est génétiquement séparé de la plupart des races de chevaux et poneys primitifs.

La colonne Trajane fournit un témoignage pictural des chevaux des Daces, ancêtres des Houtsoules : ces animaux sont robustes et de petite taille. Le Huçul actuel provient sans doutes d'une souche primitive médiévale (du ) croisée avec le cheval mongol et divers autres chevaux élevés dans les plaines, amenés par les Tartares et les Cosaques. Les Mongols sont en effet crédités d'avoir amené le cheval dans cette région, en particulier par P. Cristea, qui a comparé les ressemblances morphologiques entre le Huçul et les chevaux de Transylvanie. L'ouvrage Hippica (1603) de K. Dorohostajki mentionne un cheval des montagnes dans les Carpates, en région de Bucovine.

Au vignette|Type de Huçul élevé au haras national de Radautz en 1899.|alt=Dessin au crayon d'un cheval vu de profil

Un haras d'État est créé dans le village de Drohobytch (région de Lviv) en 1822.

Le Huçul est croisé avec l'Arabe et plus largement le cheval oriental durant le , époque où l'empire d'Autriche met en place un élevage systématisé, dans un premier temps sur le territoire de l'actuelle Roumanie (au haras national de Radautz à partir de 1856 et à celui de Lucina qui sert de pâturage d'été pour les chevaux du haras précédent), puis dans un second dans l'actuelle Pologne, au haras militaire de Łuczyna à partir de 1870. Cet élevage sélectif vise à répondre à la demande militaire. La demande en chevaux par la population ruthène a alors énormément augmenté. Il existe aussi des preuves d'élevage sur le territoire de l'actuelle Ukraine, notamment à travers de vieilles photographies et cartes postales. Le gouvernement autrichien ouvre deux élevages en Galicie : à Kossiv en 1891, et à Jabié en 1895.

Le biotope montagnard préserve les individus élevés en altitude de la plupart des croisements, cependant ce type originel du Huçul a presque complètement disparu. Sa zone d'élevage traditionnelle se cantonne au nord de la Bistritz jusqu'au début du , où il est élevé en alpage.

Depuis le Le haras de Drohobytch est transféré à Soudova Vychnia, en Ukraine, en 1907. Ce haras compte trois écuries, pour .

La plupart des lignées de Huçul sont sélectionnées au début du , après l'achat d'étalons privés de grande taille. L'étalon alezan doré Goral devient un important fondateur du Huçul moderne. Selon Jasper Nissen, il naît en 1899 de filiation inconnue, puis est acheté en 1905. C. Cărstean cite une date de naissance en 1898, dans une ferme privée de Galicie, avant un achat par le haras national de Lucina le . Cependant, selon Hendricks, Goral est né au haras national de Radautz en 1915. Ses descendants, eux aussi souvent alezans, portent le même nom suivi d'un numéro. Știrbul est acquis à Izvoarele Sucevei. Miszka provient du cheval Szekely. Un autre important fondateur est l'étalon noir Hroby ou Groby, acquis à Ciocănești, en Bucovine. Ses descendants sont connus pour leur petite taille et leur rusticité. Quoi qu'il en soit, en 1910, le haras de Radautz a un seul étalon de la lignée de Goral, et toisant environ . Un bon Huçul vaut environ . La race est croisée avec l'étalon demi-arabe , mais ses descendants ne sont pas incorporés au programme d'élevage. Un registre généalogique du Huçul est créé au haras national de Lucina en 1914. Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, les chevaux du haras de Radautz sont évacués vers Waldorf. La guerre entraîne de graves dommages sur l'élevage du Huçul.

Entre-deux guerres Après la Première Guerre mondiale, le cheptel de Huçul est divisé entre la Roumanie, la Hongrie, la Pologne, l'Ukraine et la Tchécoslovaquie. La plupart des régions traditionnelles d'élevage appartiennent désormais à la Roumanie. Le cheptel ukrainien restant est particulièrement faible, mais ré-augmente grâce à des mesures étatiques et au soutien de la population.

Le gouvernement polonais est convaincu par des éleveurs de soutenir les efforts de préservation de cette race de chevaux. La base sur laquelle ils s'appuient pour relancer la population de chevaux Huçul provient de l'ancien État d'Ukraine, à Jabié et Kossiv. La Pologne récupère aussi d'Autriche.

Le haras d'État ouvert à Soudova Vychnia, en Galicie, situé à à l'ouest de Lviv, devient un important centre d'élevage de l'entre-deux guerres. Il est au service des unités militaires et des propriétaires privés de chevaux des voïvodies de Lviv, Ternopil et Staniska. En 1933, ce haras compte , dont des étalons Huçul. En 1938, ce haras compte , sont sept de lignée Goral, six de lignée Hroby, et un de lignée de Taras. Un autre élevage est créé à Kryvorivnia, bien que moins important que le précédent. En 1924, le capitaine Holländer initie un premier registre généalogique (stud-book) et une association d'éleveurs pour la race Huçul. L'année suivante, une union d'éleveurs est créée en Ukraine, grâce au soutien de la chambre d'agriculture. Il compte jusqu'à , et organise un concours de race chaque année. Certains de ces chevaux sont primés en concours internationaux. Les chambres d'agriculture polonaises et ukrainiennes achètent régulièrement des étalons primés.

L'élevage du Huçul reste populaire dans les montagnes des Carpates. Les mensurations moyennes des juments de montagne sont alors de de haut.

En 1919, le haras national de Lucina est rétabli par la Roumanie. Ce pays rachète une partie des chevaux Huçul à l'Autriche et réorganise le haras jusqu'en 1922. En 1922, de cette race sont envoyés en Tchécoslovaquie, dans le but d'y établir des haras. C'est à partir de ce troupeau que sera sélectionnée la fameuse lignée de Gurgul. La lignée de Hroby se divise alors en deux branches, celle de Lucina avec , et celle de Tchécoslovaquie avec . est acheté par la Roumanie à la Pologne en 1931, et en 1956. Les branches et sont perdues en 1936-1937, avec la mort de et . est père de nés entre 1930 et 1946, dont .

En 1926, l'école viennoise décrit le Huçul comme un cheval arabe par ses conditions de vie rudes. L'école allemande le décrit comme un descendant du cheval mongol en 1939..

Depuis la Seconde Guerre mondiale vignette|Groupe de Huçul dans un élevage de Pologne.|alt=Groupe de chevaux dans un paddock La Seconde Guerre mondiale est dévastatrice pour l'élevage du Huçul, la race ayant subi de très lourdes pertes. En 1944, le maître d'écurie hongrois Tibor v. Pettkó-Szandtner amène une centaine de chevaux de cette race en Bavière. La nouvelle frontière entre l'URSS et la Roumanie passe au milieu de la Houtsoulie. Le cheptel du haras roumain de Lucina est déplacé à Sâmbăta de Jos après la guerre, le temps de réparer les bâtiments.

Dans les années 1950, il ne reste plus qu'une douzaine de juments poulinières de la race en Pologne.. Une expérience est conduite à Muráň pour élever un cheval de traction au débardage à partir du Huçul originel en croisant la race avec le Haflinger, le Noriker et le Fjord, dans le but d'augmenter sa taille et de le rendre plus puissant. D'autres croisements sont tentés pour donner des demi-sangs, avec des résultats décevants. Ces divers croisements mettent la race originelle au bord de l'extinction.

En 1972, différents éleveurs de Tchécoslovaquie créent une association de race, le Huçul Club, pour préserver le Huçul de l'extinction, avec quatre juments âgées et un unique étalon de la lignée de Gurgul. En 1979, la race entre parmi la banque de gènes de la FAO.

En 1982, le Huçul Club est parvenu à retrouver de pure race, et créée un stud-book. En 1994 est formée la , qui tient sa première assemblée générale..

Description vignette|Huçul alezan crins lavés pangaré, vu de profil.|alt=Cheval roux et blond, tête penchée vers le sol.

Malgré sa petite taille, le Huçul est généralement décrit comme étant un cheval et non un poney. Il existe historiquement trois types de Huçuls, mais les divers croisements ont probablement rendu ces distinctions caduques. Ce sont le Przewalsky Huçul (type mongol et tatare), le Huçul de Bystrzyca (croisé avec un poney) et le Tarpan Huçul (type montagnard)..

Taille et poids

Le Huçul a fait l'objet d'une sélection récente visant à accroître sa taille, ce qui l'a rendu plutôt grand pour un cheval de montagne.. Il existe aussi des différences de taille en fonction du pays d'élevage : les Huçuls roumains sont généralement sélectionnés pour être plus grands. Une comparaison entre des chevaux tchèques et slovaques montre que les plus grands viennent de Janova Hora, et les plus petits du SR Hutzul Club et de .