Les Afro-Équatoriens sont les habitants d'origine africaine de l'Équateur. Ils sont pour la plupart descendants des survivants des bateaux négriers qui se sont échoués aux sur les côtes de l'Équateur et de la Colombie, ou des esclaves des haciendas de la Costa et de la Sierra libérés à partir des années 1860. Tandis que les premiers se trouvaient essentiellement dans la province d'Esmeraldas, les seconds étaient dispersés dans tout le paysHistoire des peuples afroéquatoriens sur afros.wordpress.com.
Répartition D'après le recensement de 2010, la population afroéquatorienne représente 7,2 % de la population du pays. La province ayant le taux le plus élevé d'afro-équatoriens est celle d'Esmeraldas, avec 43,9 %.
+ Population afro-équatorienne par province, recensement de 2010. Province Populationtotale Populationafro-équatorienne Pourcentageprovince Pourcentagepays
Histoire
La première arrivée d'hommes africains sur la côte équatorienne se serait produite avec le naufrage d'un navire négrier en 1533. Se métissant avec la population indigène locale, cette population de zambos parvient (selon l'historien Julio Estupiñan Tello) à vivre en marge du pouvoir central colonial puis républicain pendant plus de trois siècles, et ce malgré son incorporation officielle à l'Audience de Quito dès le début du . Pendant toute cette période, l'influence africaine sur la culture de la région s'intensifie à mesure que la République des zambos accueille des esclaves fuyant d'autres zones, en particulier les mines du sud-ouest de l'actuelle ColombieRitter, J., Articulating Blackness in Afro-Ecuadorian Marimba Performance, contribution à la conférence Musical Cultures of the World: Global Effects, Past and Present, UCLA, 28-30 mai 1999..
Culture La culture musicale afroéquatorienne a été marquée historiquement par le rôle central du currulao, une danse qui se pratique au son des marimbas. Cette danse met en scène les relations de séduction, la compétition entre les hommes de la communauté via des solos chantés tandis que les femmes chantent en chœur. Cette danse réalise ainsi une catharsis pour des relations homme-femmes. Bien que réprimés voire interdite pendant une bonne partie de la première moitié du , le currulao continue d'occuper une place symbolique importante, et jusqu'au milieu des années 1960, chaque village avait un lieu consacré à cette forme d'expression musicale, qui était pratiquée chaque fin de semaine, parfois pendant 48 heures d'affilée. Sous la pression des autorités et des nouvelles élites descendues de la Sierra, ce rituel disparaît sous sa forme traditionnelle au début des années 1970. En 2015, la marimba afroéquatorienne et afrocolombienne rentre au Patrimoine culturel immatériel de l'UNESCOLa historia de la marimba, el nuevo patrimonio cultural inmaterial, El Comercio, Quito, 2 décembre 2015.. Parmi les grands joueurs contemporains de marimba, on peut citer Guillermo Ayoví Erazo (Papa Roncón), lauréat du Prix Eugenio Espejo en 2001. Parmi les représentants importants de la culture afroéquatorienne, on peut également citer les écrivains Nelson Estupiñán Bass (1912-2002) et Adalberto Ortiz (1914-2003)Nelson Estupiñán Bass, los cien años del escritor de la negritud, El Comercio, Quito, 23 septembre 2012., ainsi que Antonio Preciado Bedoya (1944), poète, ministre, et ambassadeur de l'Équateur au Nicaragua.
La culture afroéquatorienne est toutefois très peu représentée dans les principaux musées, symbolisant son exclusion de la mémoire officielle du paysSánchez, J. A., Museos, memoria e identidad afroecuatoriana. Íconos, 29, 123-131, sept. 2007 .
Sport Les habitants de la , une enclave de population afro-équatorienne dans les Andes équatoriennes, sont une source très importante de joueurs internationaux de football : sept des de l'équipe d'Équateur à la coupe du monde 2002 étaient issus de cette zone peuplée de seulement , ainsi que quatre des joueurs de l'équipe de la Liga Deportiva Universitaria de Quito qui remporta la Copa Libertadores en 2008. Parmi les footballeurs choteños les plus célèbres Parmi eux, on peut citer Ulises de la Cruz ou Agustín Delgado. Ce dernier a créé en 2001 avec la fondation qui porte son nom une école de football où près de de la vallée s'entrainaient en 2009Valle del Chota, cuna de futbolistas, El Espectador (Colombie), 15 juin 2009..
Situation socio-économique Paramètres démographiques Selon les données issues du recensement national de 2001, la population afroéquatorienne est essentiellement urbaine (68,7 %), a un taux de fécondité de par femme légèrement supérieur à celui de l'ensemble de la population ( par femme), mais plus faible que celui des femmes indigènes ( par femme). Les afroéquatoriennes sont, en Équateur, le groupe présentant le plus important taux de grossesses précoces (entre 15 et 19 ans), en particulier pour celles qui vivent en secteur rural (le taux de grossesses précoces dépasse alors les 150 pour 1000, contre environ 120 pour mille pour le reste de la population). Cette différence peut être due à la fois à des différences culturelles et à une inégalité concernant l'exercice du droit à la santé sexuelle et reproductive par les femmes afroéquatoriennes. La mortalité infantile de la population afro-équatorienne (32,6 pour mille) est relativement proche de celle de la population non indigène et non afroéquatorienne (25,8 pour mille), et beaucoup plus faible que celui de la population indigène (59,3 pour mille)Fernando Guerrero, Población indígena y afroecuatoriana en Ecuador: Diagnóstico sociodemográfico a partir del censo del 2001. Commission Économique pour l'Amérique Latine et les Caraïbes (CEPAL), Santiago du Chili, avril 2005.
Paramètres socio-économiques Le taux d'analphabétisme de la population afroéquatorienne était de 10,3 % en 2001, légèrement supérieur à la moyenne nationale (9 %), mais très inférieur à celui de la population indigène (28,1 %). En moyenne, les afroéquatoriens étudient moins longtemps que le reste de la population ( contre 6,6 en moyenne). Les afroéquatoriens ont également moins accès aux études supérieures que le reste de la population (17,3 % des afroéquatoriens étudient au moins , contre seulement 5,3 % des indigènes, mais 26,3 % pour l'ensemble de la population).
Personnalités afroéquatoriennes Artistes et personnalités du monde de la culture vignette|droite|alt=Une jeune-femme est debout, avec une robe bleu clair, entre deux personnes plus âgées, un homme à gauche assis, vêtu de tissu coloré et portant un couvre-chef bleu à motifs géométriques, et une femme à droite debout, portant de façon visible une décoration aux couleurs du drapeau de l'Équateur|Karla Kanora (centre), Guillermo Ayoví Erazo (gauche) et Petita Palma (droite) le 7 juillet 2011 Nelson Estupiñán Bass (1912-2002), écrivain (1914-2003), écrivain Petita Palma (1927), musicienne, représentante des musiques traditionnelles d'Esmeraldas Guillermo Ayoví Erazo (1930-2022), musicien joueur de marimba Zoila Espinoza (? - 2017), danseuse spécialiste de la Carmen Angulo (1970), comédienne et actrice de telenovelas Karla Kanora (1976), chanteuse et ambassadrice de bonne volonté de l'UNICEF en Équateur
Sportifs
Alberto Spencer (1937-2006), footballeur, meilleur buteur de l'histoire de la Copa Libertadores Hólger Quiñónez (1962), footballeur Marlon Ayoví (1971), footballeur Cléber Chalá (1971), footballeur Iván Hurtado (1974), footballeur, recordman des sélections en Équipe d'Équateur de football (167 sélections entre 1992 et 2010) Agustín Delgado (1974), footballeur Giovanny Espinoza (1977), footballeur Alexandra Escobar (1980), haltérophile Antonio Valencia (1985), footballeur Diego Ferrín (1988), athlète spécialiste du Saut en hauteur Álex Quiñónez (1989-2021), sprinteur, finaliste du 200 mètres aux Jeux olympiques de Londres de 2012, médaillé de bronze aux championnats du monde 2019 à Doha Ángela Tenorio (1996), sprinteuse, championne d'Amérique du Sud du en 2017 Maribel Caicedo (1998), hurdleuse, championne du monde U18 du haies en 2015Maribel Caicedo puso nombre de Ecuador en letras de oro, El Tiempo, 18 juillet 2015. William Pacho (2001), footballeur
Reines de beauté Mónica Chalá, Miss Équateur 1996 Mayra Rentería, Miss Équateur 2003 , Miss Équateur 2010
Personnalités politiques et militaires
Jaime Hurtado (1937-1999), fondateur du Mouvement populaire démocratique et deux fois député, mort assassiné. Juan Otamendí Anangonó (1798-1845), combattant de l'indépendance puis général sous le commandement de Juan José Flores Alexandra Ocles, l'une des 8 parlementaires afro-équatoriens siégeant en 2015 en ÉquateurAlexandra Ocle: Derechos de pueblo afroecuatoriano están más vigentes que nunca, La Nación, 18 mai 2015. Paola Cabezas, gouverneuse de la province d'Esmeraldas de 2013 à 2016, députée à partir de 2021
Notes et références
Voir aussi Liens internes Diaspora africaine
Liens externes Corporación de desarrollo afroecuatoriano POBLACIÓN AFROECUATORIANA, POR PROVINCIAS, INEC Desafíos y legados de 106 personajes afros y afrodescendientes del Ecuador desde el siglo XVI hasta el siglo XXI, y el turismo cultural como estrategia de visibilisación,
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