Henry de Buttet, né le à Amiens, Somme, France, et mort le à Saint-Denis, France, est un officier des services de renseignement français. Il s'est distingué comme résistant pendant la Seconde Guerre mondiale dans le cadre de l'Organisation de résistance de l'armée (O.R.A.). Il est connu comme historien.

Biographie

Origines

Henry de Buttet est le descendant d'une ancienne famille noble savoyarde originaire d'Ugine.. Il est né le , à Amiens (Somme) et mort le à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), à l'âge de 97 ansAuthier et Galbrun, État de la noblesse française subsistante, ,

Son père, Xavier de Buttet (1875-1954), officier de carrière, originaire de Belmont-Tramonet, en Savoie, est grièvement blessé en 1914, dans les Vosges. Sa mère est Marguerite Leroux de Puisieux.

Le lieutenant Henry de Buttet, officier de carrière, épouse à Vebret, Cantal, le , Monique Viénot de Vaublanc (1912-1979), fille du baron Pierre Viénot de Vaublanc et de Marguerite Dupont de Saint-OuenÉtat d'Authier et Galbrun, ibid.

Carrière Titulaire d'une licence de droit, il effectue son service militaire en 1929 au BCA, comme officier de réserve. Puis, fidèle aux traditions de sa famille, il embrasse la carrière des armes en suivant le cursus de l'École militaire des officiers d'active de Saint-Maixent. Il est muté en 1932 au BCP à Gérardmer, en qualité de lieutenant, comme chef de peloton d'éclaireurs skieurs dans une unité de chasseurs alpinsLe sera dissous en 1929 et en partie reversé dans le ..

Après une courte période dans l'armée de forteresse de la Ligne Maginot, maîtrisant parfaitement la langue allemande, il est admis en 1937 dans les services de Renseignement de l'Armée comme chef d'antenne à Thionville. Le poste de Thionville relève du BREM de Metz. Il anime un réseau en Luxembourg, contre les Nazis infiltrés dans ce pays allié.C'est ce poste de Metz qui fournit le compte-rendu d'activité le plus détaillé. Il entretenait un réseau de dix-neuf agents réguliers (Français) et de cinq agents doubles (Franco-Luxembourgeois). Les historiens militaires soulignent Lieutenant-colonel Archen, Missions spéciales au Luxembourg, éditions France-Empire, 1969, .. Le poste de Metz avait mené de nombreuses missions et entretenait à cet effet des agents luxembourgeois (Lt-colonel Archen, Missions spéciales en Luxembourg, SHAT, ARR 503, tiroir 236, (activité du poste Brem), ibid.. De nombreux honorables correspondants luxembourgeois des services secrets français seront victimes des nazis :ils seront arrêtés par la Gestapo après l'invasion allemandeHenry de Buttet obtient en 1947 l'attribution à titre posthume de la Légion d'Honneur en faveur de Victor Unden, résistant luxembourgeois, dont il était l'ancien chef et ami. Victor Unden, arrêté par la Gestapo en 1943, est mort à la suite des traitements que le médecin nazi lui a fait subir à la prison de la Villa Pauly. La villa Pauly, située 57 Bd de la Pétrusse à Luxembourg, siège de la Gestapo, fut la première étape du calvaire des résistants tombés dans les griffes de la Gestapo. Cet ancien centre de torture est désormais nationalisé par le Grand-Duché de Luxembourg pour devenir la Maison de la Résistance. Sur la façade, une plaque rappelle: Villa Pauly/siège de la Gestapo/1940-1944/Passant souviens-toi/des résistants torturés/en ces lieux/Sous l'occupation nazie.. (Remise de décoration en faveur de Victor Unden : Document de la Légation de France à Luxembourg. B/AMV du ). Lily Unden, (1908-1989), figure emblématique de la Résistance luxembourgeoise, sera déportée au camp de Ravensbrück dont elle reviendra miraculeusement. Elle restera liée d'amitié avec Henry de Buttet jusqu'à la fin de sa vie. Le capitaine de Buttet, lui-même, avait réussi à échapper avant l'invasion allemande, à une embuscade tendue à la frontière luxembourgeoise par des agents de la Gestapo, dans une affaire connue sous le nom de 1/ KRIEGSSCHAUPLATZ LUXEMBURG.August 1914-Mai 1940 , par E.T. MELCHERS-Éditions 1963 et 1979. Sankt-Paulus-Druckerei, A.G., Luxemburg. /(Page 171 : Service de Renseignements und Bureau. Page 213 : Chez Caroline avec le lieutenant de Buttet. Page 216: Die Umtriebe Frender Spionageringe in Luxemburg). 2/ La Guerre secrète des Services spéciaux Français (1935-1945), par Michel Garder, chez Plon. Pages 67 et Suivantes : "Dans la lutte globale qui oppose les services de renseignements et de contre-espionnage français et allemands, la bataille aux frontières prend à partir de 1937 un caractère de guerilla et d'embuscades de plus en plus marqué".-3/ Le Service de Renseignements. 1871-1944, par Henri Navarre Plon, 1978. : Page 110 : "Dans la nuit du 9 au , les réseaux d'alerte (composés de postes radio confiés à des sympathisants et à des gendarmes luxembourgeois), mis en place par le SR à la frontière Germano-Luxembourgeoise, se manifestèrent à partir de 23 heures 45.".

Après l'Armistice du 22 juin 1940, le capitaine de Buttet est muté en Zone Libre. Il rend une courte visite à sa famille réfugiée en Auvergne, dans le département du CantalSon épouse, Monique Viénot de Vaublanc est réfugiée à Couzan, avec ses six enfants, chez sa mère, la baronne Vienot de Vaublanc, en compagnie de Françoise Magon de La Giclais, épouse du lieutenant-colonel Jean Touzet du Vigier, (cousin germain de la baronne), réfugiée avec ses trois enfants. Il y rencontre le lieutenant-colonel Jean Touzet du Vigier, oncle de son épouse, tout droit sorti de la Bataille de Belgique et de la Défense de la Loire, à la tête d'une Brigade de blindés, contre les troupes allemandes. Les deux officiers se concertent et décident de s'orienter vers une action souterraine de résistance contre l'ennemi, chacun dans son domaine de compétence.

Il participe à Pau, Pyrénées-Atlantiques, au combat contre les nazis, dans le cadre de l'Organisation de résistance de l'Armée (O.R.A)Le Service de Renseignement, (par Henri Navarre (déjà cité) page 170), comptait de plus le capitaine de Buttet, ancien du Brem et du Bene, qui commandait une antenne à Pau… (En 1973, Joseph La Picirella, auteur de Témoignages sur le Vercors, adresse une dédicace manuscrite à Henry de Buttet : ). Outre sa mission sur l'Espagne, il avait la mission de contrôler la zone côtière atlantique d'Hendaye à Arcachon et d'y suivre l'Ordre de Bataille (OdB) et les activités des troupes d'occupation. Dans le réseau Kléber-Vénus, l'antenne de Pau étendit son action sur les régions de Bordeaux et de Dax. Il disposait notamment d'un agent de premier ordre en la personne d'un gros négociant de Biarritz relevant de l'antenne de Pau. Par lui furent recueillis des renseignements de valeur sur la collaboration politique et économique de l'Espagne avec le Reich, ainsi que sur les bases navales de la Kriegsmarine.

Le capitaine de Buttet, père de famille nombreuse, est chef de groupe chez les scouts du collège L'immaculée Conception à Pau, où deux de ses enfants sont scolarisés. Certains routiers du groupe de scouts participent aux liaisons. Il exerce le métier de garagiste à Pau, spécialisé dans le montage des systèmes d'équipement de gazogène des véhicules automobiles alimentés par les bouteilles de gaz de Saint-Marcet : cet excellent camouflage professionnel autorise les déplacements en voiture ou en dépanneuse. Il est en contact à Saint-Gaudens avec Marcel Loubens, agent de liaison de la Résistance, passeur de frontière entre la France et l'Espagne des résistants en partance pour rejoindre le général de Gaulle à Londres, via Gibraltar. Il rencontre à Pau Marie-Madeleine Fourcade, responsable du Réseau Alliance, mais préserve soigneusement le cloisonnement indispensable à la sécurité de ses propres agents.

Il échappe aux arrestations massives opérées par la GestapoLe Mémorial national de Ramatuelle porte, gravés dans la pierre, le nom des membres du Service de renseignement qui, dans le réseau Kleber, œuvraient depuis l'automne 1940 dans la clandestinité pour préparer les opérations qui ont amené à la libération du pays. Les héros qui ont été pris par les services de l'occupant sont morts fusillés, décapités, martyrisés, ou dans les camps de concentration (Marie Gatard, La pierre qui parle 1940-1945), éd. L'Esprit Libre.. Le général Frère, fondateur de l'Organisation de résistance de l'Armée, arrêté à Royat par l'Abwehr, le , est mort au Camp de concentration de Natzweiler-StruthofLe cousin d'Henry de Buttet, Jacques de Buttet (1906-1975), capitaine de chasseurs alpins, entré dans la clandestinité, réussit à échapper à une embuscade tendue par la Gestapo. Il rejoint l'armée secrète de Tarentaise et participe à la lutte contre les troupes alpines autrichiennes qui occupaient le pays. Son successeur, le général Verneau, arrêté à son tour, est mort à Buchenwald. Le dernier chef de l'O.R.A, le général Georges Revers, échappe aux arrestations massives de la Gestapo et vient à Pau en inspection pour appuyer la réorganisation du réseau de résistance animé par le capitaine de Buttet : (Geneviève Poullot : Souvenirs d'une Boîte aux Lettres de la Résistance.Édition François-Xavier de Guibert. Paris. 1995). Henry de Buttet rallie les agents du réseau Vénus-Kleber et transmet à Alger des messages sur les mouvements des troupes allemandes, qui serviront aux alliés pour l'organisation des débarquements de 1944 en Normandie et en Provence. Les messages sont transmis par un poste radio clandestin, sous la protection des cyclistes, membres du réseau Vénus-Kléber, très attentifs aux mouvements de la radiogoniométrie allemandeCe poste, de type 3 MK, a été confié au Musée de l'armée pour figurer dans la première exposition 39-45. Dans son étude sur l' ARMEMENT CLANDESTIN de 1941 à 1944 publiée en 1972, Pierre Lorain publie à la page 175 un fac-similé du brouillon de chiffrage du capitaine de Buttet. Le télégramme chiffré , daté du , valeur A, mentionne: Regroupement à Bordeaux du Reserve Korps 64, General SACHSE (dont la Division, General BADINSKI, et la Reserve Division, General Nacke), doit être terminé ce jour. Demain commence une marche pour traverser …Le texte complet a été tronqué de façon à réduire la durée de transmission. La suite constituait le télégramme transmis au cours d'une autre vacation. Pierre Lorain précise dans son étude : Si on fait la proportion des radios capturées par rapport au nombre de stations en service, on peut estimer au total dix prises provenant uniquement de l'action de la gonio ennemie pour un total d'une centaine de réseaux.La moitié de ces captures est due au non-respect des règles de sécurité.Certaines auraient sans doute pu être évitées si les émissions n'avaient pas eu lieu dans la ville même où se trouvait l'une des bases régionales du repérage allemand..

À la Libération, le commandant de Buttet est affecté à la DGER comme chef de bureau des missions parachutées sur l'Allemagne. Il participe en 1946 aux recherches du Haut Commissariat Français en Autriche, sous les ordres du général Béthouart, au service de la DRA à SeefeldAu sein de la DGSS (qui devint la DGER, puis le SDECE), les commandants Lochard et de Buttet sont affectés au Bureau de contre-espionnage, dans la Branche Recherches, chargée d'identifier en Autriche les membres des services nazis réfugiés en zone française d'occupation et d'achever la liquidation des services secrets allemands". (Henri Navarre. Le Service de Renseignements, Page 324). En 1948, il est muté dans la demi-brigade de chasseurs de Vincennes. En 1949, il commande le du au camp de Frileuse. Après son affectation en 1951 comme chef du à l'État-major de la subdivision de Versailles, il est muté en 1957 au Maroc, puis en Algérie, et sert, comme chef d'état-major, à la d'Infanterie, stationnée dans les monts de l'Ouarsenis. Il est rapatrié en Métropole en 1959 et obtient son affectation au Service Historique de l'Armée de VincennesDossier du Service Historique de l'Armée..

L'historien