vignette|La cathédrale mariamite de Damas. vignette|La cathédrale grecque-orthodoxe Saint-Georges de Beyrouth. thumb|Le monastère Notre-Dame de Seidnaya. vignette|La cathédrale métropolitaine orthodoxe de São Paulo. vignette|La cathédrale orthodoxe Saint-Georges de Buenos Aires. vignette|Liséré rouge: juridiction du Patriarcat orthodoxe d'Antioche et de tout l'Orient (territoire primaire).
Le patriarcat grec-orthodoxe d'Antioche et de tout l'Orient (en / Baṭriyarkiyyat ʾAnṭākiya wa-Sāʾir al-Mašriq li-r-Rūm al-ʾUrṯūḏuks) est une juridiction autocéphale de l'Église orthodoxe appelée aussi Église orthodoxe d'Antioche. Le patriarche, chef de cette Église, administre directement l'archidiocèse grec-orthodoxe d'Antioche et de Damas, résidant depuis le à Damas (aujourd'hui capitale de la Syrie). L'actuel patriarche est Jean X d'Antioche, élu le .
Le titre de patriarche d'Antioche est également porté par quatre autres chefs d'Église : le patriarche syriaque orthodoxe d'Antioche, le patriarche d'Antioche des maronites, le patriarche grec-catholique melchite d'Antioche et le patriarche syriaque catholique d'Antioche.
Dénominations L'Église grecque-orthodoxe d'Antioche est également connue sous d'autres noms : Église orthodoxe d'Antioche Église orthodoxe romaine d'Antioche Église orthodoxe melkite d'Antioche Église orthodoxe antiochienne Église orthodoxe melkite (mais ce dernier mot tend à être réservé aux grecs-catholiques) Église orthodoxe grecque melkite Église orthodoxe grecque d'Antioche Église antiochienne romaine
Les membres de cette Église se nomment encore (ar-rūm) qui désigne « les orthodoxes » en arabe (à ne pas confondre avec / ar-rūmān, qui signifie « les Romains » dans cette même langue : cf. Hans Wehr et vocabulaire des croisades et de la Reconquista).
Au début du , le patriarche portait le titre de béatissime et sanctissime patriarche de la Grande Théoupolis Antioche, de la Cilicie, de l'Ibérie, de la Syrie, de l'Arabie et de tout l'Orient..
Histoire Antiquité et antiquité tardive L'Église d'Antioche fut une des premières Églises chrétiennes et une des composantes de la Pentarchie. En 424, l'Église de l'Orient (catholicosat de Séleucie-Ctésiphon) proclama son indépendance du patriarcat de l'Église d'Antioche, formant ainsi le patriarcat de l'Église de l'Orient (dont descend celui de l'Église apostolique assyrienne de l'Orient). En 451, dans l'Église d'Antioche, le concile de Chalcédoine convoqué par l'empereur byzantin Marcien aboutit à une querelle sur le monophysisme. Le patriarcat d'Antioche resta encore uni pendant près d'un siècle, mais en 557 Jacques Baradée, n'approuvant pas les textes du concile, nomma Serge de Tella patriarche d'Antioche. Cela aboutit à la scission du patriarcat en deux patriarcats : le chalcédonien (aussi appelé « melkite »), de tradition grecque et en pleine communion avec le reste de la Pentarchie, et l'autre de tradition syriaque et sorti de cette communion, qui est actuellement le patriarcat de l'Église syriaque orthodoxe.
Moyen Âge Pendant le , après la conquête arabo-musulmane, le patriarche chalcédonien résida à Constantinople. En 686, certains fidèles du patriarcat, étant néanmoins restés de tradition syriaque et devenus des disciples d'un ermite nommé Maron, se séparèrent de lui, formant l'Église maronite (Église antiochienne syriaque maronite).
En 742, le calife omeyyade Hicham autorisa la réinstallation du patriarche de tradition grecque à Antioche.
Au milieu du (époque des croisades), le patriarche avait sous sa juridiction, selon Nil Doxapatrès (Nilos Doxapatrios) « toute l'Asie et l'Orient, y compris l'Inde » et envoyait un catholicos à Romagyris et un autre à Irenoupolis.. En 637, Séleucie-Ctésiphon avait en effet été capturée par les Arabes.. Située non loin, la Meilleure-Antioche, ayant continué d'être appelée (ar-rūmiyya, « la ville des Byzantins ») par les Arabes, avait été abandonnée au milieu du avec la construction de la nouvelle capitale abbasside de Bagdad et le calife al-Mansour () avait transféré en 762 toute la communauté chrétienne vers la province de Chach (à l'est du Syr-Daria) en Transoxiane, avec son catholicos, constituant le catholicossat de Romagyris (appelé « catholicossat du Khorassan » à partir du ). L'émergence, à côté de ce catholicossat, du catholicossat d'Irenoupolis (« ville de paix », équivalent en grec de l'épithète arabe de Bagdad) évoqué par le patriarche Pierre III () comme ayant existé après la reconquête byzantine d'Antioche, est vraisemblablement due à une dispute entre les melkites de Chach et ceux qui peuplèrent Bagdad après sa construction et qui soutinrent que Bagdad était le véritable siège du catholicossat au motif que le catholicos qui était parti avec la communauté chrétienne vers la province de Chach avait auparavant résidé à Séleucie-Ctésiphon..
En 1185, le patriarche dut s'exiler à nouveau à Constantinople. Le retour du patriarche à Antioche ne fut possible qu'en 1269, après la prise de la ville par les Mamelouks égyptiens en 1268. En 1342, le patriarche s'installa à Damas.
Époque moderne À la suite de la mort du patriarche Athanase IV en 1724, le nouveau patriarche élu Cyrille VI Tanas entre en communion avec le Pape. Soucieux de préserver la foi orthodoxe et l’unité de l’Eglise d’Antioche, le Saint Synode de Constantinople, qui prend une décision hors de sa portée juridictionnelle, dépose Cyrille VI et élit Sylvestre le Chypriote comme seul patriarche légitime d’Antioche.. Constantinople reçoit le soutien des Ottomans, craignant une influence occidentale sur ses possessions en Syrie et au Levant. Les melkites, favorables à Rome, se sont officiellement rattachés au Pape, et forment aujourd’hui l'Église grecque-catholique melchite; les autres restés fidèles au Patriarcat orthodoxe d'Antioche, en communion avec le Patriarcat de Constantinople, forment l'Église orthodoxe d'Antioche.
L'intermède français, la campagne d'Égypte (1798-1801) du général français Bonaparte, bouscule le monde ottoman, en Égypte, mais aussi en Syrie en 1799 : siège de Jaffa, siège de Saint-Jean-d'Acre (1799), bataille du Mont-Thabor.
À l'époque du déclin ottoman, le patriarcat d'Antioche entreprit de se rendre indépendant de celui de Constantinople en jouant sur le nationalisme arabe. En 1899, avec l'appui de l'Empire russe, les orthodoxes arabes obtinrent la nomination d'un patriarche arabe et non plus grec. Lors de la révolution de 1908, ils cherchèrent l'alliance du « Comité Union et Progrès » des Jeunes-Turcs et du journal arabe Falastin pour faire prévaloir leurs droits contre le haut clergé grec qu'ils comparaient au despotisme du sultan Abdülhamid IINoha Tadros Khalaf, Les Mémoires de 'Issa al-'Issa: Journaliste et intellectuel palestinien (1878-1950), Karthala, 2009, p. 61-63 .
Organisation Au début du , les possessions de l'Église formaient 13 éparchies. : Éparchie Résidence du prélat (patriarcale) Damas Alep Diyarbakır Akkar Homs Hama Lattaquié Zahlé Mersin Erzurum Tripoli Sidon
L'Église a aujourd'hui sous sa juridiction 22 archidiocèses ou « métropoles », dont l'ordre de préséance, hormis pour celui du primat, est déterminé par l'ancienneté du sacre épiscopal (comme dans l'Église orthodoxe de Grèce) :
Archidiocèse Siège Titulaire actuel Territoire primaire (patriarcal) Damas Jean X d'AntiocheTerritoire primaire Cheikh Taba Basilios MansourTerritoire primaire Alep Paul YazigiExtension territoriale Cologne Isaac BarakatExtension territoriale Englewood (New Jersey) vacant depuis le 17 septembre 2022Patriarch John X Receives Retirement Letter from Metropolitan JosephExtension territoriale Sydney Basilios KodseieTerritoire primaire Bagdad Ghattas HazimTerritoire primaire Beyrouth Elias AudiTerritoire primaire Soueïda Saba EsperExtension territoriale Buenos Aires Jacques El KhouryTerritoire primaire Broummana Silouane MoussiExtension territoriale Paris Ignace AlhochiTerritoire primaire Hama Nicolas BaalbakiTerritoire primaire Homs Georges Abou ZakhemExtension territoriale Londres Silouane OnerTerritoire primaire Lattaquié Athanasios FahedExtension territoriale Mexico Ignace SamaanExtension territoriale Santiago Sergios AbadExtension territoriale São Paulo Damaskinos MansourTerritoire primaire Tripoli Ephrem KyriakosTerritoire primaire Marjayoun Elias KfouryTerritoire primaire Zahlé Antonios El Soury
Relations avec les autres Églises L'Église est membre du Conseil œcuménique des Églises ainsi que du Conseil des Églises du Moyen-Orient.
Le patriarcat grec-orthodoxe d’Antioche organisa un « congrès antiochienSource » à Balamand du 25 au sur le thème : « l'unité antiochienne : portées et exigences ». Pour l’occasion le patriarche Jean X avait invité les quatre autres patriarches qui portent le titre d’Antioche ainsi que le patriarche arménien catholique, Nersès Bédros XIX Tarmouni.
En 2015, le patriarcat orthodoxe d'Antioche rompit la communion avec celui de Jérusalem en raison du conflit de juridiction .La paroisse orthodoxe de Doha au Qatar est théoriquement rattachée au Patriarcat d'Antioche, mais le patriarche Théophile III de Jérusalem qui commença sa carrière au Qatar, en fit une métoque de celui de Jérusalem : St. Isaac and St. George Greek Orthodox Church of Qatar..
Notes et références Notes
Références
Annexes Bibliographie . . . . . .
Articles connexes
Liens externes
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