Aiguebelle est une ancienne commune française située dans le département de la Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Le janvier 2019, elle fusionne avec la commune de Randens pour former la commune nouvelle de Val-d'Arc.

Géographie Situation vignette|gauche|Les villages d'Aiguebelle et de Randens depuis le Char de la Turche. Positionné entre la chaîne de Belledonne et le grand Arc au fond d'une vallée encaissée, Aiguebelle se situe à l'entrée de la vallée de la Maurienne.

Le Lac de Charbonnière, qui est une ancienne tourbière, se situant au pied des ruines du fort de même nom, est une propriété privée.

Climat

Transports Gare d'Aiguebelle.

Toponymie Aiguebelle est un toponyme se composant du préfixe aigue- et du français belle.. Il provient du latin Carbonaria, puis Aqua Bella, l'« eau belle » ou « la belle eau ».

D'après une charte de 1082, il semble que ce nom soit l'hydronyme d'un , affluent de la rivière de l'Arc, provenant du côté de Montgilbert. Il aurait dans un premier temps désigné le vallon avant d'être associé à la paroisse voisine. On a aussi pensé à l'eau de la fontaine de Chaventon qui possède une certaine réputation dans les alentours.

Le nom a dérivé au cours des siècles. Une première mention est faite en 1044 avec Castrum qui Carboneria dicitur, d'après Cipolla Carlo et son Monumenta Novaliciensia vetustiora (1901), puis un Burgus qui dicitur Aquabella (avant 1070), puis Aqua pulcra dans une charte de 1082 provenant du Cartulaire de Cluny. Au , la paroisse est désignée par une église d'Aigabella (1129), ou encore Aquabella (en 1153), pour évoluer en église de Aque Pulchre en 1234. Les seigneurs des lieux sont mentionnés pour la même période avec un Willelmis de Aquabella (selon une charte du dans le cartulaire de Domène ) ou un Jordanus de Aquabella en 1199. Des formes romanes apparaissent dans les siècles suivants avec Akebelle (), Ecquebelle (1518) ou encore Aygabelle ().

À noter que ce toponyme contraste avec celui de sa voisine Épierre.

En francoprovençal, le nom de la commune s'écrit Égbla, selon la graphie de Conflans..

Histoire Période antique À la fin de l’année 218 av. J.-C., Hannibal Barca, en marche vers l’Italie, serait passé par le col du Cucheron, les Hurtières, Aiguebelle et Charbonnières lors du passage des Alpeshttp://www.123savoie.com/article-7703-1-aiguebelle.html Aiguebelle, Porte de la Maurienne Histoire d’Aiguebelle.

Période médiévale Aiguebelle est la première résidence, avec son château, du comte Humbert, dit plus tard aux blanches mains, vers la fin du .. Toutefois, l'historiographie ne sait pas à ce jour dans quelle condition les Humbertiens s'installent à Charbonnières. Le château de Charbonnières construit au milieu du dominait la cité. Il est cité dès 1023.. Ce castel féodal reste jusque vers le milieu du la résidence ordinaire des premiers comtes de Savoie. Aiguebelle se situe pour cette période dans le comté de Savoie, mais est rattaché du point de vue spirituel dans le diocèse de Maurienne.. Un prieuré dédié à saint Étienne est fondé vers 1060-1082 (date certaine de son existence en 1139)., par Andric ou Agendric, seigneur des lieux..

Lors de la guerre franco-savoyarde de 1600-1601, après avoir pris Chambéry et mis le siège devant Montmélian les troupes du roi de France pénétrèrent en Maurienne et se dirigèrent sur Aiguebelle. Il ne restait plus comme défense que la tour de Charbonnières, défense clé de la Maurienne, située dans les gorges étroites qui s'étendent au pied des montagnes jusqu'au Mont-Cenis. . Créquy et Abel de Bérenger de Morges Généalogie des seigneurs drome des collines furent détachés avec leurs troupes pour investir le fort d'Aiguebelle. Leur rapidité d'action faillit surprendre la garnison du fort qui songeait à brûler le poste, de peur que les troupes françaises y logent. Le marquis de Rosny fit mettre en batterie 10 gros canons et 2 plus petits, sur les sommets dominant le château, qui tirèrent 637 coups avant que la garnison, sans espérance d'être secourue, demanda à capituler Histoire universelle, Volume 9 par Jacques-Auguste de Thou. Le 2 septembre, la capitulation du fort de Charbonnières fut signée, mais

Période contemporaine La commune d'Aiguebelle s'est divisée en 1738 avec la création de la commune de Randens. Cependant, les deux communes sont regroupées le , pour former la commune nouvelle de Val-d'Arc dont la création est actée par un arrêté préfectoral du .

Politique et administration Tendances politiques et résultats

Liste des maires vignette|Mairie d'Aiguebelle.

Liste des maires délégués

Économie

Industrie

Le temps de la houille blanche a commencé assez tardivement à Aiguebelle avec l'implantation en 1931 de la Société française de fonderies et aciéries électriques. Celle-ci pouvait alors se satisfaire de l'énergie des modestes centrales hydroélectriques sur l'Arc (La Christine) et ses affluents des deux versants. Lors du rachat en 1951, la Société d’électrochimie, d'électrométallurgie et des aciéries électriques d'Ugine (SECEMAEU) était avant tout motivée par la disponibilité de terrains plats dans la large plaine alluviale proche de la confluence de l'Arc et de l'Isère. Décidée à développer ses fabrications d'abrasifs, elle ne pouvait agrandir son usine d'Arbine sur la commune de La Bâthie, en Tarentaise, dont le site était contraint en sommet de cône de déjection et bloqué en contrebas par l'urbanisation. Or La Pouille n'était qu'à . En revanche, pour son approvisionnement en énergie électrique, depuis la nationalisation, la facture restait très lourde : à la tonne pour le département de carborundum transféré depuis Arbine qui conservait la fabrication trois fois moins gourmande de corindon ! La totalité des matières premières de ce carbure de silicium devait être acheminée : le coke de pétrole d'Allemagne ou des États-Unis via le port d'Anvers ; le quartzite depuis les carrières de Nemours en Seine-et-Marne par train ou de la Drôme par camion..

Ces handicaps n'ont pas empêché l'entreprise de prospérer dans d'euphorie des Trente Glorieuses après son absorption dans le groupe PUK (Pechiney-Ugine-Kuhlmann) en 1972.. De nouveaux halls avaient été construits à partir de 1964. L'effectif employé se montait à 332 personnes en 1974. Il n'était pas question cependant de valoriser la production par une première transformation qui restait localisée près des grands foyers de consommation pour des usages très délicats comme le polissage du cuir des chaussures, l'ébarbage des plastiques, l'alésage des moteurs en fonte. Les handicaps ont pesé de tout leur poids dans les temps de déprime économique. Même la nationalisation intervenue en 1983 a été impuissante à enrayer le déclin. L'effectif n'était plus que de 120 personnes en 1985. et était devenu squelettique bien avant la fermeture définitive en 1995.

Tourisme En 2014, la capacité d'accueil de la commune, estimée par l'organisme Savoie Mont Blanc, est de répartis dans . Les hébergements se répartissent comme suit : et un hôtel.

Population et société Démographie

Vie associative La commune d'Aiguebelle compte de nombreuses associations : Le Foyer Rural Culturel et Sportif du Canton d'Aiguebelle (judo, peinture sur soie, patchwork, yoga, gymnastique volontaire, volley, bibliothèque) Union Commerciale et Artisanale Aiguebelle en fête Le Sou des Écoles L'Union Sportive du Canton d'Aiguebelle (football) L'Association d'Animation du Canton d'Aiguebelle Fitness Sensation Aiguebelle Aix Maurienne Savoie Basket L’Écho de Charbonnière (Harmonie de l'école de musique) La Roul'hotte Club Alpin Français section d'Aiguebelle L'Accorderie Porte de Maurienne Mots pour Maux

Culture locale et patrimoine Lieux et monuments vignette|Église Saint-Christophe d'Aiguebelle. vignette|Le monument aux morts Château de Charbonnières

Le château de Charbonnières, anciennement castrum carboneriaUne charte de l'an 1040, 1045, indique . Site des Archives départementales de la Savoie et de la Haute-Savoie - Sabaudia.org., est un ancien château fort, du , remanié au , dont les vestiges se dressent sur un rocher qui domine l'Arc et le bourg de près de , verrou glaciaire fermant l'accès à la vallée de MaurienneRaoul Blanchard, Les Alpes occidentales, 1943, .. Il commandait la route vers l'Italie, par le col du Mont-Cenis. Le château de Charbonnières fut la résidence ancestrale des comtes de Savoie, avec Humbert , comte de Maurienne, avant que ceux-ci ne transfèrent leur résidence comtale à Montmélian, puis en 1295 à Chambéry. La forteresse est ruinée au .

Église paroissiale dédiée à saint Christophe, mentionnée dès 1139. L'édifice est reconstruit au , son ancien chevet possède un style gothique remontant au et un clocher du .. L'ancien prieuré était dédié à saint Étienne. Monument aux morts de la guerre de 1914-1918 par le statuaire Philippe Besnard. Tunnel d'Aiguebelle emprunté par l'Autoroute A43. Un monument rend hommage à Albert Bernard (1909-1935), administrateur des colonies. Le monument a été déplacé et se situe actuellement à côté du foyer rural d'Aiguebelle.

Personnalités liées à la commune Sébastien Antoine Brunier, chanoine de la collégiale d'AiguebelleAbbé Rechu, « Le chanoine Sébastien Brunier », pp.181-195, paru dans les actes du Congrès des sociétés savantes savoisiennes (les 06, 07 et 08 août 1894 à Aiguebelle), imprimerie savoisienne, Chambéry, 1895. ; Léon Brunier (1811-1875), député au Parlement de Turin pour le collège d'Aiguebelle (de 1848 à 1857), neveu du précédent ; Humbert Grange, né le à Aiguebelle (Savoie) et mort le à Aiguebelle, député savoyard, membre du parti de l'Union des droites. Lucien Combatz, né le 5 ou le à Aiguebelle, garibaldien, communard (chef de la 6e légion de la garde fédérée).. Albert Bernard (1909-1935), administrateur des colonies tombé héroïquement en Abyssinie sur la Côte des Somalis à l'âge de 25 ans.. Natif du village, fils d'un notaire ; Nino Farina, champion du monde de Formule 1 en 1950, est mort à Aiguebelle dans un accident de la route ; Louis Germain, peintre de montagne, est né à Aiguebelle (1897-1952).

Héraldique

Voir aussi

Bibliographie ( lire en ligne)

Articles connexes Liste des communes de la Savoie

Liens externes

Notes et références Notes

Références

Catégorie:Commune déléguée en Savoie Catégorie:Commune en Maurienne