La Zorille commune, ou le Zorille commun (Ictonyx striatus) est une espèce de mammifère carnivores de la famille des Mustélidés, originaire d'Afrique subsaharienne. Bien qu’il partage une ressemblance avec la moufette (de la famille des Méphitidés) duquel il a été confondu dans un premier temps, il est d’avantage plus proche des putois d’où son nom anglais de « striped polecat ». Il s’agit du ou de la Zorille au sens strict. Ce petit carnivore adaptable vit dans une large gamme d'habitats et à toutes altitudes, préférant les environnements ouverts et peu boisé. Cette espèce mesure entre de longueur sans la queue, les mâles devenant plus grands que les femelles. Son pelage est principalement noir, avec des bandes blanches distinctives courant le long de son dos et des taches blanches sur son visage et sa queue, bien que le motif exact soit très variable.
Les membres antérieurs de cet animal portent de longues griffes incurvées qu'il utilise pour creuser des terriers ou chercher des petits invertébrées dans le sol ou le fumier. Le Zorille fait la chasse aux petits animaux comme des rongeurs, des reptiles, des oiseaux, des amphibiens, ainsi que des insectes et d'autres invertébrés. Nocturne, il part activement en quête de nourriture toute la nuit et se retire dans une zone de repos pendant la journée, qui est généralement un terrier ou une autre crevasse. Près de son anus, le Zorille possède des glandes qui peuvent projeter un liquide nauséabond et irritant sur des prédateurs potentiels pour se défendre. Sa coloration frappante est un exemple d'aposématisme, avertissant les prédateurs de sa projection pour les dissuader d'attaquer, et il adopte une posture défensive avec le dos arqué et la queue levée avant de projeter son liquide. En raison de cela, le Zorille commun est rarement la cible des prédateurs, et les collisions avec des véhicules sont une cause de mortalité plus courante.
Le Zorille commun est un animal principalement solitaire, et les mâles adultes sont hostiles les uns envers les autres, bien que des groupes familiaux existent et que plusieurs individus puissent être gardés ensemble en captivité. Les femelles tolèrent les mâles pendant la saison de reproduction et, après une période de gestation de 36 jours, la mère donne naissance et élève sa portée de deux ou trois petits. Les nouveau-nés ont les yeux et les oreilles fermés et sont presque glabres, avec la majeure partie de leur peau rose visible. Une variété de cris différents est utilisée par les zorilles communs pour communiquer entre eux, tout comme des signaux comportementaux et probablement une communication olfactive impliquant ses fluides odorants. Le Zorille commun est répandu dans la majeure partie de son aire de répartition, malgré des déclins de population localisés, et ne semble faire face à aucune menace majeure pour sa survie globale en tant qu'espèce.
Dénominations Nom scientifique : Ictonyx striatus (Perry, 1810) Noms vulgaires : zorille communeMeyer C., ed. sc., 2009, Dictionnaire des Sciences Animales. consulter en ligne. Montpellier, France, Cirad., zorille commun Noms vernaculaires : zorille Nom vernaculaire en français d’après Termium plus, la banque de données terminologiques et linguistiques du gouvernement du Canada Murray Wrobel, 2007. Elsevier's dictionary of mammals: in Latin, English, German, French and Italian. Elsevier, 2007. . 857 pagesRechercher dans le document numérisé, zorilla, Putois du Cap ;
Le nom « zorille » est le plus souvent un substantif féminin, mais peut aussi se rencontrer au masculin. Taxonomie et nomenclature vignette|gauche|Illustration de Mustela zorilla dans Die Säugthiere in Abbildungen nach der Natur, mit Beschreibungen, 1774-1855. Le zorille était connu de la zoologie occidentale bien avant sa classification moderne, bien que souvent confondu avec d'autres espèces. Dans son Tableau élémentaire de l'histoire naturelle des animaux (1797), Georges Cuvier mentionne le zorille ou putois du Cap sous le nom de Mustela zorilla, citant le Viverra zorilla de Linné. En réalité, le taxons Viverra zorilla décrit par Schreber en 1777 et par Buffon concernait en fait une espèce de moufette tachetée américaine.
La plus ancienne description scientifique valide du zorille commun est publiée en 1810 par le naturaliste anglais George Perry dans son ouvrage Arcana. Sa description se base sur une gravure de Thomas Lord Busby représentant un individu exposé vivant dans une ménagerie itinérante à Londres, présenté à tort comme originaire d'Amérique du Sud. Perry, incertain de la parenté de l'animal, lui trouve des similitudes avec les ours ou les belettes, mais finit par le classer par erreur parmi les paresseux sous le nom de Bradypus striatus (ou « paresseux-belette »). Bien que l'origine géographique soit erronée, sa description physique détaillée, mentionnant les trois bandes longitudinales blanches sur le dos et les taches faciales, permet d'identifier sans ambiguïté l'espèce africaine.
Au cours du , plusieurs auteurs analysent de nouveaux spécimens et proposent diverses nomenclatures. En 1826, Andrew Smith décrit l'espèce comme une moufette sous le nom de Mephitis capensis. En 1829, Johann Baptist Fischer propose Mustela zorilla, reconnaissant enfin l'appartenance de l'animal aux Mustélidés. Le genre actuel, Ictonyx, est formalisé en 1835 par le naturaliste allemand Johann Jakob Kaup avec l'espèce type Ictonyx capensis. Kaup y décrit les caractéristiques morphologiques distinctives : un museau effilé, un pelage contrasté et de longues griffes adaptées à l’excavation. En 1841, Johann Andreas Wagner regroupe plusieurs de ces dénominations sous le synonyme Rhabdogale mustelina.
La classification au sein des mustélidés a également évolué. Si l'espèce évoque superficiellement la moufette, Theodore Gill propose dès 1872 de la placer dans une sous-famille dédiée, les Zorillinae, bien que ce soit Pocock qui valide la structure du groupe en 1921.
Au début du , la confusion nomenclaturale persiste : l'animal est souvent nommé Zorilla striata par Trouessart ou Sclater. En 1906, Arthur H. Howell démontre l'invalidité de ce nom, soulignant que striata se rapportait originellement à la moufette américaine et que le genre Zorilla était déjà préoccupé. Il préconise alors Ictonyx capensis. Ce n'est qu'en 1915 que Ned Hollister établit que le « paresseux-belette » (Bradypus striatus) de Perry était bien le zorille d'Afrique. En vertu du principe de priorité, l'épithète striatus (1810) l'emporte sur capensis (1826), fixant définitivement le nom binominal à Ictonyx striatus.
Sur le plan des subdivisions, alors que la troisième édition de Mammal Species of the World répertoriait une vingtaine de sous-espèces, les révisions taxonomiques récentes, notamment celles suivies par l'ITIS, considèrent désormais l'espèce comme monotypique et ne reconnaissent plus aucune sous-espèce valide.
Évolution alt=Squelette d'un animal placé sur une plateforme blanche|vignette|Squelette monté exposé au Musée de Zoologie de Cambridge. La zorille commun est l'espèce type du genre Ictonyx, et appartient à la sous-famille des Ictonychinae (à laquelle le genre donne son nom) au sein de la famille des Mustélidés. Les membres des Ictonychinae peuvent être divisés en deux tribus : les Ictonychini et les Lyncodontini. Cette espèce fait partie de la première tribu, qu'elle partage avec le Poecilogale à nuque blanche, la Zorille de Libye et le Pérouasca. Les analyses génétiques ont révélé que le plus proche parent vivant de la zorille commune est la peocilogale à nuque blanche, plusieurs études les identifiant comme des taxons frères. Une étude publiée en 2008 a proposé que les lignées de ces deux espèces ont divergé il y a entre 2,7 et 2,2 millions d'années, tandis qu'une étude ultérieure de 2012 suggère une date plus ancienne, entre 4,3 et 3,4 millions d'années.
Le cladogramme suivant montre la position du Zorille commun parmi ses plus proches parents vivants selon Gray et al. (2022) :
La Zorille de Libye est parfois placée dans le genre Ictonyx aux côtés du Zorille commun, tandis que la Poecilogale à nuque blanche est la seule espèce assignée au genre éponyme Poecilogale. Un tel placement ferait d’Ictonyx un groupement paraphylétique ; c'est pourquoi certains auteurs suggèrent de placer la Zorille de Libye dans un genre appelé Poecilictis, faisant d’Ictonyx un genre monotypique ne contenant que le Zorille commun.
Des restes fossilisés de zorilles communs ont été découverts dans plusieurs localités datant du Pléistocène en Afrique du Sud, telles que la grotte de Die Kelders, la grotte de Blombos et un remplissage de fissure à Swartklip. Certains des plus anciens spécimens proviennent du site de Sea Harvest dans la baie de Saldanha, et remontent probablement à une phase plus fraîche de l'Eémien, entre 128 000 et 74 000 ans. Une espèce éteinte découverte à Laetoli, en Tanzanie, a été nommée Ictonyx harrisoni ; elle aurait vécu il y a 3,85 à 3,63 millions d'années, durant le Pliocène inférieur. Bien que plus petit que le Zorille commun et différant par la structure de ses dents, I. harrisoni est globalement similaire à l'animal actuel et est donc placé dans le même genre. Une autre espèce fossile, nommée Ictonyx bolti en 1985, était initialement rattachée au genre car on pensait le Zorille commun comme son plus proche parent vivant. Cependant, des analyses plus poussées ont montré qu'elle était plus proche de la Poecilogale à nuque blanche, ce qui a conduit en 1987 à son déplacement vers son propre genre, Propoecilogale.
Caractéristiques physiques vignette|alt=Un animal au pelage noir avec des rayures blanches marchant sur des feuilles, vu de dessus|Vue en plongée montrant clairement les rayures courant le long du dos.|250x250px La Zorille mesure environ de long sans la queue (laquelle ajoute supplémentaires) et pèse entre . Cette espèce présente un dimorphisme sexuel de taille, les mâles étant plus grands que les femelles et pesant environ 50 % de plus qu'elles. La coloration spécifique varie selon la situation géographique. Généralement, le zorille est principalement noir, avec une large bande blanche à l'arrière de la tête qui se divise en quatre rayures blanches s'étendant le long du dos vers la queue. Le ventre et les membres sont entièrement noirs. Les couleurs noire et blanche sont toutes deux présentes sur la queue, dont la base est généralement noire, bien que la proportion de chaque couleur varie selon les individus. La tête est majoritairement noire, avec deux grandes taches blanches sur les joues s'étendant du dessous des oreilles jusqu'à l'arrière des yeux, une tache blanche sur le front et des franges blanches sur les oreilles, bien que l'étendue exacte de ces motifs faciaux soit très variable. Les taches des joues et celle du front sont habituellement bien distinctes, mais peuvent fusionner en une seule bande blanche chez certains individus d'Afrique de l'Ouest. Comme beaucoup d'autres mustélidés, le zorille possède des glandes près de l'anus qui peuvent expulser un liquide fétide lorsqu'il se sent menacé ; ses motifs distinctifs sont un exemple de coloration aposématique, servant d'avertissement aux prédateurs potentiels.
vignette|alt=Dessin de deux pattes d'animal|Illustration représentant le dessous des pattes arrière (à gauche) et avant (à droite) droites.|gauche