Le Maghreb Association Sportive (en , plus couramment abrégé en MAS, est un club sportif marocain omnisports fondé le à l'ancienne médina de Fès en Empire chérifien pendant le protectorat français.

Champion du Maroc en cinq reprises et détenteur de la coupe du trône quatre fois aussi, vainqueur du doublée de la CAF (Coupe de la confédération et Supercoupe) lors de la saison 2011/2012, le MAS possède avec ses 8 titres nationaux et 2 sacres continentaux le meilleur palmarès footballistique au Maroc.

Histoire du club Fondation et Début (1946-1955) En Empire chérifien et pour la plupart des clubs marocains, le football rimait avec résistance, dont le Wydad AC fut le club fondé par des Marocains. À Fès, plusieurs équipes de quartier s’étaient constituées pour militer ensemble contre le protectorat dont notamment Najah, en jouant officiellement au football. La multiplicité de ces clubs de quartier commençait à agacer les Français, et c’est ainsi que la décision de les regrouper en un seul club phare de la ville avait été prise par plusieurs nationalistes .

Le Maghreb Association Sportive était enfin né en 1946 par l'élite autochtone pour donner la réplique à l'US Fès, club des franco-fassis. Son premier match officiel fut joué en 1948. Le choix du nom « Maghreb », ainsi que les premières couleurs du club qui étaient le Vert & Rouge, était dicté par la dimension nationale que les fondateurs (dont parmi eux le nationaliste Haj Driss Benzakour, aux côtés notamment de Moulay Omar Alaoui, Haj Thami Zerouali Ouariti, Hamid Amor, Mohamed Benslimane, Mohamed Tazi Saoûd) voulaient donner à ce club. Le premier joueur à avoir signé sa licence au MAS n’est autre que Driss Jamaii (ou récemment Driss Hajhouj), décédé en 2013 à l'âge de 86 ans. vignette|left|Équipe du MAS en 1948, sous la direction d'entraîneur Mokhtar Chentouf : Mokhtar Chentouf - Nini - Elhadi Benallal - Benali "Couscous" - Alaoui - Bouchaib - Alami - My Omar Alaoui Houmane "Bassla" - Driss Kharbouch - Boubker Manjra - Driss Jamai - Abdellatif Amrani Le parcours et l'histoire de l'équipe ont commencé donc avec la signature d'un entraîneur venant de l'Algérie française, qui n'est que Mokhtar Chentouf et sous sa direction, où, grâce au style distinctif qu'il a adopté : le WM, a commencé à établir un concept d'identité spécifique à l'équipe, qui ferait elle gravit progressivement les échelons malgré toutes les difficultés et obstacles auxquels elle est confrontée.

En parallèle des matchs, les responsables du MAS profitent de ces déplacements pour prendre contact et correspondre avec les nationalistes des autres villes, en faveur c'eux du WAC.

C'est en 1953 que le MAS réalise sa meilleure performance de l'époque, en remportant le championnat du Maroc (Pré-Honneur), et atteignant une place parmi les 12 équipes de l'élite, mais malheureusement l'équipe n'arrivera pas a garder sa place et ne passera qu'une saison avant de revenir en deuxième série. vignette|left|Équipe du MAS de Fès à Bône en Algérie française en 1953

Le MAS est la première équipe nord-africaine à atteindre les Trente-deuxièmes de finale de la Coupe de France lors de l'édition 1954/1955, contre le club Red Star à Paris. Il devait jouer à Saint-Ouen dans la banlieue nord parisienne contre le Red Star. C’est ainsi qu’en , les Ouadghiri, Benomar, Jamaii, Debagh, Benzakour, Lahbabi, Benchekroun ont pris l’avion pour aller défendre l'Afrique du Nord. Ce match était ainsi une mission et une opération dans un objectif de dimension nationale. Dans ce déplacement historique, des tracts ont été cachés dans les ficelles et dés l'arrivée à Paris, les joueurs et les poulains de Omar Boucetta (Président) prennent un bus et arpentent les rues de la capitale où ils distribuent leurs imprimés revendiquant l'indépendance du Maroc et le retour sur le trône du sultan Mohammed ben Youssef, envoyé en exil un an et demi auparavant.

Un terrain gelé, et des chaussures pas du tout appropriées, ont eu raison de la bonne volonté des canaris. Le Red Star se qualifia aisément, laminant le MAS par un large score, 9-0. Un résultat important peu à une équipe amateur. vignette|Équipe du MAS de Fès en 1955 avec l'entraîneur Abdelhak Kadmiri

Période glorieuse (1955-1965) En 1956, le Maghreb de Fès est revenu parmi les 16 équipes d’élite étant vice-champion de la dernière saison jouée complétement (saison 1954/1955) en accompagnant le TAS de Casablanca. C’est l’époque où le club adopte le maillot bleu. Jusque-là, l’équipe avait joué en vert et rouge, puis en jaune et noir plus tard. Pendant cette saison (1956/1957), l’équipe réalise des bons résultats et termine en position et garde sa place parmi les 16 meilleurs équipes du Maroc. En coupe du Trône, elle se fait éliminer en quarts de finale.

En 1958, le MAS échappe de justesse à la relégation après avoir terminé à la place, sachant que cette année-là, quatre équipes sont reléguées en deuxième division. C’est d’ailleurs la fin de la première génération des joueurs du club. Des noms tels que Bachir Oudghiri, Allal Chergui, Hamid El Harcha et Driss Kharbouch vont bientôt laisser la place à une nouvelle génération.

thumb|left|MAS de Fès, saison 1956/1957, joueurs de gauche à droite : Abbes, Benallal, Benseddik, Allal, Kharbouch, Benomar, Labied président My. Ali Khamlichi, Debbagh, Lahbabi, Sarraute, Benchekroun, entraîneur : Mokhtar Chentouf

En 1965, le club remporte son premier titre de la Botola D1.

Les premières saisons du MAS en D1 étaient quelconques : son classement oscillait entre la et la place. Mais déjà, il peut s’enorgueillir d’avoir donné l’un des deux seuls internationaux locaux à l’équipe du Maroc pour son match contre l’Espagne. Ahmed Labied gardait de ce fait les buts du Maroc, et était accompagné du seul Larbi du WAC, tandis que tout le reste venait du monde professionnel. La même année, en 1961, le MAS termine du championnat à une longueur des rats militaires.

En 1962, et après son retour de France où il est devenu pharmacien, Mohamed Benzakour devenait président, et appelait aux commandes techniques Abdellah Settati. Depuis, le MAS est devenu une équipe de haut de tableau ( en 1962, en 1963 et en 1964).

Settati n’ayant pas la chance des titres, avait cédé sa place au milieu de la saison de titre à Abdelhak Kadmiri. Des années après, le Mas va perdre la coupe en 3 occasions 1966, 1971 et 1974 ainsi que 4 titres perdus pour diverses raisons.

Malchance (1965-1978) Période sans titres malgré de bons résultats.

Apogée et âge d'or (1978-1985) Le MAS atteint son apogée de 1978 à 1985. Il est vice-champion du Maroc (Botola D1) 1978 puis trois fois champion 1979, 1983 et 1985. Le MAS va aussi remporter sa première coupe du Trône en 1980.

Grève (1985-1994) Une stabilité toujours acquise en première division.

Catastrophe (1994-2005) Deux descentes en une décennie, période de la crise. Réalisant la montée en élite en fin lors dela saison 1996/1997. saison 1997/98 : saison 1998/99 : saison 1999/00 : saison 2000/01 : (qualifié pour jouer en coupe arabe "Tournoi du Prince Fayçal ben Fahad") saison 2001/02 : (qualifié pour jouer en CAF C2) saison 2002/03 : (invité pour jouer en UAFA CL) saison 2003/04 : saison 2004/05 : (relégué en Botola D2)

Renouveau (2005-2013) De 2005 à 2013, le MAS a dû bien passer des saisons un peu stables, tout d'abord en revenant vite en élite lors de la saison 2005/2006. saison 2006/07 : saison 2007/08 : (qualifié pour jouer en CAF C3 étant finaliste de la CdT) saison 2008/09 : saison 2009/10 : (qualifié pour jouer en CAF C3 étant finaliste de la CdT) saison 2010/11 : (vice-champion du Maroc, détenteur de la CAF C3)

Il s’agit de la Coupe de la confédération de la CAF, premier titre international de l’histoire footballistique du club, arraché le à Fès, devant le Club Africain de Tunis. Vainqueurs à la finale aller à Radès (1-0), les Tunisiens avaient une avance sur le MAS, qui se devait de remporter la manche retour et c’est ce que les poulains de Rachid Taoussi ont fait. D’abord .

Le , le MAS de Fès arrache sa qualification pour la finale de la Coupe de la confédération 2011 à l’endurance et au bout d’une attente interminable puisqu’il aura fallu la minute du temps additionnel de la deuxième période pour voir le stade plein à craquer se lever en signe de délivrance. Chem-Eddine Chtibi, arrivé au club juste avant le coup d’envoi de la phase de poules de la Coupe de la confédération (édition 2011), marqua le but de la victoire et de la qualification d’une frappe de en pleine lucarne. Ce but marqué à la minute propulse le MAS pour sa première finale d'une compétition internationale où il affronte encore une fois le Club Africain de Tunis en deux matchs. Le match aller au Stade olympique d'El Menzah et le Retour au Complexe sportif de Fès. Le MAS a déjà rencontré le CA lors des huitièmes de finale de CAF C2 (1990). Il s'était imposé 1-0 au match aller à domicile mais avait perdu 4-0 au match retour à l'extérieur.

C’est . Dès le coup d’envoi de la rencontre, les Jaune et Noir, emmenés par Chem-Eddine Chtibi et Hamza Bourezzouk, contre-attaquent. Une minute plus tard, Hamza Hajji obligeait le portier tunisien à repousser des poings, une belle balle enroulée ().

Le MAS impose sa tactique de jeu et domine le Club africain sur tous les compartiments de jeu. Les multiples assauts des Fassis vont finir par payer dans les arrêts de jeu de la première période. En deux temps, le MAS a fait trembler la défense adverse, d’abord sur un coup de tête de Moussa Tigana repoussé par le portier tunisien et dégagé par le Camerounais du Club africain Alexis Enam (); ensuite sur une infiltration d’Ayate qui voit son tir repoussé par Aymen Ben Ayoub mais Moussa Tigana était là pour reprendre la balle et, d’un tir puissant, ouvrir la marque pour le MAS (1-0, 45+3).

Réduit à dix dès la minute, après l’expulsion de son attaquant tchadien Ezzechiel, le Club Africain ne s’est pas laissé démonter et a continué d’attaquer, à l’instar de cette accélération de Mechergui () suivie d’un tir qui n’inquiète guère Anas Zniti. À la dernière minute des arrêts de jeu, les Clubistes ont d’ailleurs failli égaliser sur un corner enroulé au second poteau, qui voit Anas Zniti aller au charbon. Heureusement pour le MAS, Lamrani était là pour enrayer le danger.

Aux tirs au but, Anas Zniti se montre impérial et repousse d’une belle parade le premier tir tunisien. Hajji trouve la barre transversale et remet les compteurs à zéro. À 5 tirs au but pour chacune des deux formations, le joueur tunisien Zaidi rate son tir et Anas Zniti, qui avait tout le destin du MAS, non plus dans ses mains mais dans ses pieds, trompe son homologue du Club Africain et offre la Coupe de la CAF aux Fassis (6-5).

Le Complexe Sportif de Fès, en liesse, peut alors fêter le premier titre continental de maghrib de Fès. Un sacre qui vient récompenser un parcours sans faute du MAS ponctué de 4 victoires et de deux matchs nuls en phases de poules, face notamment à de grandes équipes africaines comme interclubs d’Angola battu en demi-finale (2-1 à l’aller pour les Angolais et 1-0 pour le MAS à Fès), sous la houlette de son entraîneur Rachid Taoussi.

redresse|thumb|right|Le MAS en 2011 face au Raja de Casablanca Au cours d’un match au scénario complètement fou, le Maghreb Fès, déjà vainqueur de la coupe de la CAF, a remporté pour la première fois de son histoire la Supercoupe d’Afrique en s’imposant face à l’Espérance sportive de Tunis, vainqueur de la Ligue des champions de la CAF. Les Canaris ont mis un quart d’heure pour entrer dans le match, l’ES Tunis ayant essayé de surprendre dès les premières minutes la défense « massaoui ». Yannick Niang a failli ouvrir le score pour les locaux ( min), mais il a trop croisé son tir. Laissant passer l’orage, la bande à Rachid Taoussi (entraîneur du MAS) se réveillait au bout de 15 minutes de jeu.