Le gouvernement Delacroix II est un gouvernement catholique-libéral-socialiste qui gouverna la Belgique du jusqu'au .
Les élections législatives de 1919, les premières à avoir lieu après l'introduction du suffrage universel masculin, bouleversent la donne politique : les catholiques perdent leur majorité absolue, les socialistes deviennent la seconde force du pays et les libéraux sont relégués à la troisième place.
Le gouvernement, dirigé par le catholique Léon Delacroix, est paradoxalement peu soutenu par le Parti catholique : Delacroix est jugé comme trop indulgent vis-à-vis des socialistes, s'accordant notamment avec ces derniers à ne pas accorder le droit de vote aux femmes alors que son parti y est favorable. Les catholiques sont cependant divisés, poussant Delacroix à soutenir certaines revendications flamingantes afin d'avoir le soutien d'une partie de la droite : une loi instaurant l'usage du néerlandais dans les administrations communales et provinciales flamandes est ainsi votée à la Chambre le mais reste bloquée au Sénat.
En , à la suite de l'envoi, contraire au traité de Versailles, de troupes allemandes dans la région démilitarisée de la Ruhr, la France envoie des soldats à Francfort. La Belgique, souhaitant faire respecter le traité, participe aux manœuvres françaises. Le gouvernement négocie dans la foulée un accord militaire avec la France, suscitant l'indignation des socialistes et des catholiques flamands, d'autant plus que le contenu de l'accord n'est pas rendu public.
Le refus d'accepter le transit d'armes françaises à destination de la Pologne (alors en guerre contre l'Union soviétique) provoque la colère des libéraux et la démission de Paul Hymans le .
La division des catholiques, l'opposition aux revendications flamingantes et la volonté d'avoir une défense plus forte des libéraux, la revendication du service de six mois et du droit de grève des socialistes, et l’impopularité de Delacroix au sein de son propre parti va conduire à la démission du gouvernement.
Composition MinistèreNomPartiPremier et ministre des financesLéon DelacroixParti catholiqueMinistre des affaires étrangèresPaul HymansParti libéralMinistre de l'intérieurJules RenkinParti catholiqueMinistre des arts et des sciencesJules DestréePOBMinistre de la justiceÉmile VanderveldePOBMinistre de l'agricultureAlbéric RuzetteParti catholiqueMinistre de l'industrie, du travail et du ravitaillementJoseph WautersPOBMinistre des travaux publicsÉdouard AnseelePOBMinistre des chemins de fer, des postes et télégrapheProsper PoulletParti catholiqueMinistre de la défense nationaleFulgence MassonParti libéralMinistre des coloniesLouis FranckParti libéralMinistre des affaires économiquesHenri JasparParti catholique
Remaniements
Fulgence Masson (libéraux) démissionne comme ministre de la défense nationale et est remplacé par Paul-Emile Janson (libéraux)
Jules Renkin (Parti catholique) démissionne comme ministre de l'intérieur et est remplacé par Henri Jaspar (Parti catholique) Henri Jaspar (Parti catholique) démissionne comme ministre des affaires économiques et est remplacé par Fernand de Wouters d'Oplinter (Parti catholique)
Paul Hymans (libéraux) démissionne comme ministre des affaires étrangères et est remplacé ad interim par Léon Delacroix, premier ministre.
Bibliographie
Delacroix