Les élections au Parlement de Catalogne de (, , ) se tiennent le dimanche , afin d'élire les de la du Parlement de Catalogne pour un mandat de quatre ans.

Le scrutin est organisé après quatre ans de pouvoir d'une coalition de gauche et quelques mois après que le Tribunal constitutionnel espagnol a partiellement censuré le statut d'autonomie de 2006, provoquant à l'époque la plus grande manifestation de l'histoire démocratique du territoire. La législature sortante est marquée par l'émergence d'une grave crise économique qui voit l'économie du territoire entrer en récession en raison de l'effondrement de ses secteurs-clés, ce qui conduit à une forte hausse du chômage et amène l'exécutif à adopter deux plans d'austérité budgétaire.

La victoire revient à Convergence et Union d'Artur Mas, qui rate de six sièges la majorité absolue mais dont le nombre de députés surpasse celui des trois partis alors au pouvoir. Le Parti des socialistes de Catalogne du président José Montilla réalise à ce moment-là son plus mauvais résultat historique, tandis que le Parti populaire devient, pour la première fois, le troisième groupe parlementaire catalan.

Un mois après les élections, Artur Mas se présente à l'investiture des députés mais échoue au premier tour, faute d'une majorité suffisante. Il l'emporte finalement au second tour grâce à l'abstention négociée des socialistes.

Contexte Maintien de la gauche au pouvoir Au cours des élections parlementaires anticipées du 2006, la fédération de partis catalanistes de centre droit Convergence et Union (CiU), conduite par le chef de l'opposition Artur Mas, remporte la majorité relative avec . Elle devance ainsi le Parti des socialistes de Catalogne (PSC), emmené par l'ancien ministre de l'Industrie José Montilla et dont est issu le président de la Généralité sortant Pasqual Maragall, qui totalise et perd son statut de première force en suffrages recueillis. Encore en troisième position avec , la Gauche républicaine de Catalogne (ERC) de Josep-Lluís Carod-Rovira peut donc décider si elle permet la formation d'un gouvernement nationaliste de CiU ou d'un exécutif de gauche avec le PSC et Initiative pour la Catalogne Verts - Gauche unie et alternative (ICV-EUiA) du conseiller aux Relations institutionnelles du conseil exécutif sortant, Joan Saura, qui obtient . Enfin, si le Parti populaire (PP) de l'ancien ministre Josep Piqué stagne avec ses , le petit parti libéral et anti-nationaliste Ciutadans (Cs) d'Albert Rivera crée la surprise en franchissant le seuil de représentativité dans la circonscription de Barcelone et remporte ainsi trois mandats au Parlement..

Ayant rapidement écarté l'option, évoquée notamment parmi les dirigeants nationaux du Parti socialiste, de la qui réunirait CiU et le PSC., José Montilla s'accorde quatre jours après le scrutin pour rééditer l'alliance tripartite () entre sa formation, ERC et ICV-EUiA, qui a gouverné le territoire entre et .. L'accord de coalition est conclu le suivant. et permet au chef de file socialiste d'être investi président de la Généralité par favorables huit jours plus tard..

Crise économique de 2008 Lors d'une séance de questions d'actualité au gouvernement célébrée en au Parlement, José Montilla devient le premier dirigeant socialiste à reconnaître officiellement l'existence d'une crise économique en Espagne.. L'économie catalane étant dépendante à la fois du secteur de l'industrie et du bâtiment et travaux publics, l'impact de la crise y est plus fort puisque l'effondrement du secteur bancaire a un fort impact sur la construction, limitant la capacité de consommation, ce qui affecte l'activité industrielle..

Si le chômage est quasi stagnant à la fin de l'année avec seulement d'emplois de plus., il progresse très fortement au cours de l'année suivante dans la mesure où de plus perdent leur emploi en , les secteurs des services, de l'industrie et de la construction étant les plus touchés.. Après que sont tombés en chômage en , ce sont qui se trouvent inscrites en recherche d'emploi au début de l'année .. Au total, la Catalogne a perdu sur les années et , soit 20 % du total espagnol dans ce domaine.

La croissance économique de la communauté autonome est elle aussi mise à mal, puisqu'elle passe de 3,6 % du produit intérieur brut à la fin de l'année à 0,9 % un an après, l'économie régionale étant techniquement déjà entrée en récession à ce moment-là avoir trois trimestres consécutifs de recul.. En , les chiffres empirent encore puisque l'économie catalane se contracte de 4 %.. Ainsi, l'indice de production industrielle s'effondre, chutant de 8 % en puis de 15 % en , tandis que les exportations refluent de l'ordre de 18 % en après avoir stagné au cours de l'année précédente..

Le gouvernement de José Montilla réagit par l'adoption de deux plans d'austérité. D'abord en en adoptant une série d'économies de d'euros afin de contenir le déficit public, qui se répartissent en d'euros d'annulation de crédit pour les infrastructures et d'annulation de dépenses de personnels, l'exécutif catalan renonçant à remplacer tout poste de fonctionnaire vacant d'ici la fin de l'année civile.. Le président de la Généralité indique un an plus tard qu'il souscrit au plan d'économies budgétaires annoncées par le président du gouvernement espagnol José Luis Rodríguez Zapatero, prévoyant notamment une baisse de 5 % des traitements dans la fonction publique, décide également d'augmenter la partie décentralisée des hautes tranches de l'impôt sur le revenu des personnes physiques et de réduire de plus de d'euros les investissements dans les projets de construction..

Censure partielle du statut d'autonomie Le , après quatre années de discussions, le Tribunal constitutionnel espagnol rend sa décision de conformité à la Constitution au sujet du statut d'autonomie de 2006. Si la haute juridiction valide en grande partie le texte, elle insiste sur l'absence d'effet juridique de la reconnaissance de la Catalogne comme dans le préambule, annule la reconnaissance du catalan comme de la communauté autonome, vide de son contenu le conseil de la magistrature, supprime le caractère de la supervision des administrations publiques territoriales par le et la compétence du Parlement pour établir les règles de l'autonomie financière des collectivités locales... En réaction, le président de la Généralité appelle à , tandis que l'association Òmnium Cultural convoque une grande manifestation pour le , à laquelle souscrivent CiU, le PSC, ERC et ICV-EUiA, seuls le PP et Cs s'y opposant.. Le président du Parlement Ernest Benach évoque pour sa part puisque la sentence entre l'Espagne et la Catalogne et suppose des régions espagnoles..

Sous le thème (), des centaines de milliers de personnes marchent dans les rues de Barcelone, surpassant en participation la du qui revendiquait alors l'accession du territoire et considérée comme le plus grand rassemblement populaire de l'histoire démocratique du territoire. Bien que l'objectif officiel soit la défense du statut d'autonomie, plusieurs participants évoquent ouvertement la question de l'indépendance, notamment la Jeunesse nationaliste de Catalogne, organisation de jeunesse de la Convergence démocratique de Catalogne qui déploie une banderole en anglais proclamant . Le président de la Généralité est pour sa part contraint de quitter le cortège de manière anticipée, en raison de l'attitude hostile d'une partie de la foule..

Mode de scrutin Le Parlement de Catalogne () est une assemblée parlementaire monocamérale constituée de () élu pour une législature de quatre ans au suffrage universel direct selon les règles du scrutin proportionnel d'Hondt par l'ensemble des personnes résidant dans la communauté autonome où résidant momentanément à l'extérieur de celle-ci, si elles en font la demande.

La communauté autonome de Catalogne ne s'étant pas dotée d'une loi électorale propre, la deuxième disposition transitoire du statut d'autonomie de 2006 maintient en vigueur la quatrième disposition transitoire du statut d'autonomie de 1979, qui dispose que le Parlement est élu dans les mêmes conditions que le Congrès des députés. Elle précise par ailleurs que .

Les bulletins blancs sont considérés comme des suffrages valides, entrant ainsi en ligne de compte dans la détermination des listes ayant franchi le seuil électoral. En revanche, ils ne sont pas considérés comme des suffrages exprimés et ne sont donc pas pris en compte pour la répartition des sièges.

Présentation des candidatures Peuvent présenter des candidatures les partis ou fédérations politiques enregistrées auprès du registre des partis politiques du ministère de l'Intérieur ; les coalitions électorales de ces mêmes partis ou fédérations dûment constituées et inscrites auprès de la commission électorale au plus tard après la convocation du scrutin ; et les regroupements d'électeurs bénéficiant du parrainage d'au moins 1 % des inscrits de la circonscription.

Répartition des sièges Seules les listes ayant recueilli au moins 3 % des suffrages valides peuvent participer à la répartition des sièges à pourvoir dans une circonscription, qui s'organise en suivant différentes étapes : les listes sont classées en une colonne par ordre décroissant du nombre de suffrages obtenus ; les suffrages de chaque liste sont divisés par 1, 2, 3... jusqu'au nombre de députés à élire afin de former un tableau ; les mandats sont attribués selon l'ordre décroissant des quotients ainsi obtenus.

Lorsque deux listes obtiennent un même quotient, le siège est attribué à celle qui a le plus grand nombre total de voix ; lorsque deux candidatures ont exactement le même nombre total de voix, l'égalité est résolue par tirage au sort et les suivantes de manière alternative.

Campagne Principales forces politiques Force politiqueChef de fileIdéologieConvergence et UnionCiUArtur MasCentre droitLibéralisme, démocratie chrétienne, catalanisme31,5 % des voixParti des socialistes de CatalognePSCJosé Montilla(Président de la Généralité)Centre gaucheSocial-démocratie, progressisme, catalanisme26,8 % des voixGauche républicaine de CatalogneERCGauche14,0 % des voixParti populairePPCentre droit à droiteLibéral-conservatisme, démocratie chrétienne, unionisme10,7 % des voixInitiative pour la Catalogne Verts - Gauche unie et alternativeJoan HerreraGaucheÉcosocialisme, républicanisme, catalanisme9,5 % des voixCiutadansCsAlbert RiveraCentreSocial-libéralisme, réformisme, unionisme3,0 % des voixSolidarité catalane pour l'indépendanceSIJoan LaportaCentreIndépendantismeInexistant

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Résultats Participation +Taux de participation aux élections auParlement de Catalogne.Taux de participationEn 2006En 2010Différenceà 13 heures25,49 %24,79 %à 18 heures45,30 %48,39 %à 20 heures57,21 %60,28 %final56,04 %58,78 %

Total régional +Résultats des élections au Parlement de Catalogne de 2010.Représentation en hémicycle sur un axe gauche-droite du résultat.PartisVoix%+/-Sièges+/-Convergence et Union (CiU)38,43 6,9162 14Parti des socialistes de Catalogne (PSC)18,38 8,4428 9Parti populaire (PP)12,37 1,7218 4Initiative pour la Catalogne Verts - Gauche unie et alternative (ICV-EUiA)7,37 2,1510 2Gauche républicaine de Catalogne (ERC)7,00 7,0310 11Ciutadans (Cs)3,39 0,363Solidarité catalane pour l'indépendance (SI)3,294 4Plateforme pour la Catalogne (PxC)2,400Regroupement indépendantiste (RI)1,270- (EB-CenB)0,60 0,5800,50 0,100Autres listes2,08 –0Blanc2,93 0,90Votes valides99,29Votes nuls0,71Total100 –135Abstentions41,22Inscrits / Participation58,78

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