Charles Gottlieb Huber, né à Lahr (grand-duché de Bade) le , et mort à Hyères le . (à 88 ans), est un horticulteur hyérois, fils d'un relieur Charles Gottlieb Huber et d'Élisabeth Meurer. Il est le fondateur en 1856 de la société Charles Huber frères et Compagnie.. Il est au un des principaux animateurs de l’acclimatation de palmiers (notamment le genre Phoenix) et de plantes exotiques (notamment les Eucalyptus) sur la Côte d’AzurUn ouvrage d'Émile Sauvaigo mentionne les diverses plantes acclimatées par Charles Huber : .. Sa pépinière, fondée sur l'ancien jardin de Barthélémy Victor Rantonnet, acquiert une renommée internationale et demeure active jusqu'en 1925.

Charles Huber s'adjoint les services d'un jeune jardinier et paysagiste prussien, Ludovic Winter, qui, après avoir travaillé en qualité d'hybrideur et de peintre de fleur pour orner les catalogues de l'horticulteur hyérois, restructure ensuite chez Thomas et Daniel Hanbury le parc de la Mortola. Winter crée par la suite une palmeraie ainsi qu’une pépinière à vocation commerciale européenne les Jardins Winter à Bordighera sur la Riviera ligure, à l’embouchure du vallon du Sasso.

Une collaboration scientifique et commerciale ainsi qu’un réseau s’organisent entre les frères Huber à Hyères, Alphonse Denis, les frères Hanbury à la Mortola et Charles Naudin, devenu directeur de la Villa Thuret à Antibes en 1878. Huber travaille aussi avec le botaniste tchèque Benedikt Roezl. Dès la fin du , les palmiers de Bordighera vont pouvoir fournir les plantations des grandes villes de la côte d’Azur. Toute une économie de l’acclimatation, dont Huber et est un acteur majeur, se construit autour des collectionneurs : production, vente, exportation, entretien, transplantation.

Charles Huber définit notamment le taxon de la courge du Mexique, en 1867. Son catalogue horticole propose enfin des variétés de tomates rares et disparues aujourd'hui ainsi que des conifères ou des fleurs, anémones et primevères.

Biographie thumb|upright=0.8|alt=Registre d'état civil ancien avec écriture à la plume et à l'encre.|Acte de mariage de Charles Huber, 1847. thumb|upright=0.8|alt=Registre d'état civil ancien avec écriture à la plume et à l'encre.|État civil de Catherine Huber à sa mort, 1897. thumb|upright=0.8|alt=Registre d'état civil ancien avec écriture à la plume et à l'encre.|État civil de Charles Huber à sa mort, 1907. Les parents de Charles Huber sont installés à Lahr, bourgade du grand-duché de Bade. Le père, relieur d'Art à Lahr, est né en 1798 dans cette ville et se marie le avec Marie Élisabeth Meurer, née aussi à Lahr le et morte le . Le couple donne naissance à deux fils, Christian Friedrich Huber, né le Christian Friedrich Huber se marie le 8 janvier 1852 avec Wilhelmine Hockenjos à Lahr., qui semble suivre la voie de son père dans la reliure. et Charles Huber, né le . Installation à Hyères

Prussien et protestant naturalisé français en 1870

Charles Huber fait des études à Heidelberg et travaille ensuite pour le compte du maire d’Hyères, Alphonse Denis, qui lui demande de créer le parc botanique de son château ; il devient même chef-jardinier de l'édile hyérois.. Charles Huber épouse Catherine HertensteinOriginaire d'Heiligenzell, l'épouse de Charles Huber, née le 15 août 1822, est la fille de Friedrich Hertenstein, agriculteur, et de Catharina Schoenherr. Catherine Huber meurt le 30 juin 1897 à Hyères, avenue des Îles d'Or. à Hyères le , en présence d'Alphonse Denis. Charles Huber est protestant . et participe activement aux activités de la paroisse réformée d'Hyères. puisqu'il est à ce titre membre du Conseil de l'Église d'Hyères.

Le pasteur Philippe Mook désire en effet donner à l’Église réformée un aspect officiel. Pour cela, il adresse en une convocation à toutes les familles se rattachant notoirement au point de vue du culte, aux principes des Églises Réformées de France.

Origine des établissements Huber thumb|upright=1|left|alt=Ancienne carte topographique d'une ville avec cachet administratif rouge et mentions à la plume.|Emplacement précis des jardins Farnous, Beauregard et de la pépinière (vers 1850). L'établissement horticole de Charles Huber est situé sur l'emplacement de jardins fameux à Hyères dont la généalogie commence par une création royale en 1564 avec le séjour à Hyères de Catherine de Médicis et de son fils Charles IX, roi de France. Éblouie par la luxuriance de la végétation hyéroise et appréciant la douceur du climat, Catherine de Médicis obtient la construction d'une maison royale entourée de jardins pour y planter des orangers, des arbres exotiques et des cannes à sucre.. Quelque temps après les Guerres de Religion, la maison demeurée inachevée et le domaine sont revendus à l'évêque de Digne, Raphaël Capissuchy de Bologne, qui en fait dotation à Louis XIV. De passage à Hyères, en 1660, le jeune roi ordonne d'établir des pépinières d'orangers destinées à fournir les Tuileries et le château de Versailles. Sous la Révolution française, vendu comme bien national, le domaine riche de orangers est morcelé..

Jean-Baptiste Filhe., ancien officier de Cavalerie de Louis XVI, agronome et maire d'Hyères durant des Cent-Jours en acquiert une grande partie, probablement 8 hectares., qu'il joint à la propriété Farnous.Farnous semble être le successeur d'une partie du jardin Filhe : .. Le jardin Filhe, lui-même planté sur l'ancien jardin royal., est également mitoyen du jardin de Ferdinand de David - Beauregard : Les Hyérois l'appellent alors « le jardin de Flore ». Filhe engage un chef de cultures d'origine lyonnaise, Barthélémy Victor Rantonnet., cultivateur botaniste hyérois d'adoption et pionnier de l'acclimatation sur la Côte d'Azur, qui après avoir travaillé quelques années sous les ordres de Jean-Baptiste Filhe, prend sa suite à la direction de ce jardin historique.. Rantonnet, qui se qualifie lui-même de « marchand de graines », nomme sa pépinière « Le Grand Jardin ».. À sa mort en 1871., le jardin est racheté par Charles Huber. ; ce dernier conserve au centre de la pépinière qui se développe, le jardin relique planté par Rantonnet.. thumb|center|upright=2.5|alt=Gravure panoramique ancienne représentant un village avec palmiers.|Agrandissez l'image pour distinguer les jardins Filhe / Rantonnet sur la droite de la gravure

Premières acclimatations de plantes exotiques

Description de la pépinière Huber

Le comte Léonce de Lambertye, dans des notes recueillies lors d'un voyage dans le Midi de la France en juin- , décrit minutieusement le jardin de Charles Huber, d'une superficie de plusieurs hectares :

Léonce de Lambertye, accompagné du chef d'établissement de Huber, Gustave Knoderer (qui est par ailleurs délégué laïque du consistoire d'Hyères), remarque notamment lors de sa visite de la pépinière, Erythrina crista-galli ayant de circonférence et Sequoia gigantea, âgé de 15 années environ.

Adolphe Smith nous apprend qu'un partenaire de la société de Charles Huber n'est autre qu'Hippolyte Dellor, le pépiniériste hyérois voisin de l'hybridateur Jean-Baptiste A. Deleuil ().., et qui a créé le jardin voisin de La Blocarde.. Dellor est dans un premier temps attaché à la maison Huber en qualité de chef de cultures puis il crée sa propre affaire.. François-Marius Nardy, un autre grand nom de la profession à Hyères, prend la suite de Charles Huber. au tournant du , après avoir été son chef de cultures pendant de nombreuses années.. François-Marius Nardy est nommé chevalier dans l'ordre du Mérite agricole en 1899 pour ses 25 années de pratique horticole.. Nardy, auteur d'un Guide pratique du jardinier méridional en 1906. a dirigé vers 1878 les cultures exotiques du domaine de San Salvadour. Il semble enfin avoir été directeur des cultures de l'Union Agricole Portugaise à Poceirao (Alentejo) et délégué à l'Exposition Universelle de PhiladelphieVoir le catalogue collectif du Système universitaire de documentation : SUDOC..

Acclimatation dans les propriétés hyéroises

Charles Huber devient un acclimateur de palmiers et de plantes exotiques reconnu dans la région hyéroise. et contribue à développer, entre autres, les collections de plantes exotiques du Plantier de Costebelle que l'acclimateur lorrain, Nicolas Husson, baron de Prailly, lui commande. Ainsi en 1860, Charles Huber . fait un semis avec les graines des Yucca filifera de la maison Vilmorin-Andrieux et vend un lot de dix pieds de cette plante mexicaine, en 1866 et 1867 au baron de Prailly.. Il en est de même pour les Cocotiers du Chili que Charles Huber propose à plusieurs acclimateurs hyérois.. Hyères est à cette époque un centre important pour l'acclimatation des palmiers et plusieurs propriétaires créent des jardins exotiques : le docteur Ernest Germain de Saint-Pierre (château Saint-Pierre des Horts) qui acclimate grâce aux semences des frères Huber., Alphonse Denis (château Denis)., Gustave Bonnet (villa Marguerite) ou Gustave Charles Ferdinand de Bonstetten (villa Mathilde).

Comme le maire hyérois Alphonse Denis, Charles Huber fait visiter son jardin en 1882. Il participe à des études sur l'hybridation des palmiers avec Charles Naudin et Alphonse Denis., ainsi que le rapportent les procès-verbaux de la Société impériale d'acclimatation en 1867..

Cultures phares chez Charles Huber et Compagnie et catalogue thumb|upright=0.8|alt=Une facture ancienne manuscrite datant de 1868.|Facture des établissements Huber, 1868. thumb|upright=0.8|alt=Une facture ancienne avec tapons et mentions commerciales.|Facture des établissements Huber dans les années 1930. Eucalyptus, Phoenix dactylifera, Phoenix canariensis et conifères thumb|upright=0.8|left|alt=Maison ancienne avec briques rouges en façade, sur trois niveaux, mur de clôture, portail et haie.|Le 11, rue Jules Massel, ancienne pépinière Huber.. En 1860, le jardin des frères Huber, avenue Victoria et rue Jules Massel, à HyèresSur la localisation exacte de la pépinière des frères Huber dans la ville d'Hyères au 11, rue Jules Massel, voir : ., possède les premiers pieds dEucalyptus importés en Provence.Selon le docteur Gimbert, établi à Cannes, Eucalyptus globulus est importé en France, en 1860, par le botaniste Ramel, dans les jardins de la ville de Paris puis par Gustave Thuret à Antibes. Cependant, Gimbert note qu'un sujet énorme, cultivé dans le jardin des frères Huber, aurait été planté en 1857 : . La date de 1857 est aussi mentionnée dans : . :

L'introduction de cette espèce australienne dans la pépinière Huber fait des émules et certains acclimateurs tentent alors de l'introduire en forêt pour prévenir de façon plus efficace les feux de forêts qui détruisent déjà au les espaces boisés provençaux du massif des Maures..

La pépinière des frères Huber acquiert rapidement une renommée nationale. aux côtés de John Taylor, du docteur hygiéniste James Henry Bennett, d'Alphonse Karr ou encore d'Augustin Gastaud. Charles Huber est le seul professionnel en France, à proposer Phoenix dactylifera et Chamaerops humilis, vers 1864 - 1865.

Dès 1863 - 1864, Charles Huber est en contact avec , botaniste responsable du jardin d'acclimatation de La Orotava qui lui envoie des graines du palmier de Tenerife, semences qui sont la base de l'introduction de ce palmier en Europe.. En 1870, Huber commence la culture du palmier des Canaries (). Les premières plantations ont eu lieu en 1873 dans le jardin d’acclimatation d'Hyères (actuel parc Olbius-Riquier)..