vignette|gauche|Groupe des chefs d’État du monde lors de la conférence Rio+20.
La Conférence des Nations unies sur le développement durable 2012, dite Rio+20, a eu lieu du au au Brésil. Elle est dans la continuité du Sommet de Rio de 1992, dont elle marquait le vingtième anniversaire. Quatre-vingt-dix chefs d’États et de gouvernements participent à la Conférence de Rio, notamment différents acteurs aux différents niveaux décisionnaires, comme les collectivités territoriales, les entreprises, et les associations. Convoquée par la soixante-quatrième Assemblée générale des Nations unies, elle devait porter sur deux thèmes, à savoir « l'économie verte dans le contexte du développement durable et de l'éradication de la pauvreté » et le « cadre institutionnel du développement durable ». Cependant, très tôt dans les négociations, des divergences apparemment insurmontables sont apparues sur les deux thèmes de la conférence, de sorte que le principal résultat de ce « Sommet de la Terre » est plutôt le lancement d'un processus devant conduire à l'établissement d’Objectifs du développement durable (ODD)Objectif Terre, compte-rendu de la Conférence des Nations unies sur le développement durable. Les ODD (Objectifs du développement durable), venant remplacer dans l’année 2015 les objectifs du millénaire, constituent un des enjeux de la conférence. Ces ODD sont constitués d’une sécurité alimentaire, des océans, de villes, d’énergie, des emplois verts, dont les contenus et objectifs seront ultérieurement discutés. La Conférence Rio +20 ne se termine pas sur des engagements classiques ou contraignants mais plutôt vers une déclaration élaborée à partir de textes négociés (« circonstances nationales particulières Le futur que nous voulons… » ) depuis plusieurs mois. Elle a réuni plus de participants issus de 188 pays. Plusieurs dirigeants mondiaux ont toutefois brillé par leur absence, dont Barack Obama (États-Unis), Angela Merkel (Allemagne) et David Cameron (Royaume-Uni). Le secrétaire général de la CNUDD était le diplomate chinois , aussi secrétaire général adjoint au Département des affaires économiques et sociales des Nations unies (DAES). Le document de résultats de Rio +20 a été adopté la veille du début officiel de Rio 20, le mardi Le Monde + AFP, Gilles van Kote (envoyé spécial à Rio) A Rio+20, la déclaration finale est adoptée... avant l'ouverture du sommet, 19.06.2012, ce qui est peu commun dans les négociations multilatérales où les délégués sont rarement en mesure de transmettre un texte sans crochets aux chefs d'État et de gouvernement.
Texte final Le document de résultats de Rio +20, intitulé , réitère les engagements des sommets antérieurs et réalise diverses avancées, bien que plusieurs décisions ait été renvoyées aux prochaines sessions de l'Assemblée générale des Nations unies. Voici les principaux résultats de Rio +20 : lancement d'un processus devant conduire à l’établissement d’Objectifs du développement durable (ODD) susceptible de remplacer les Objectifs du millénaire pour le développement ; création d'un « forum de haut niveau » chargé de veiller au suivi du développement durable ; renforcement du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) et élargissement de son mandat ; définition de l’économie verte (et surtout, de ce qu'elle n'est pas) ; adoption du Cadre décennal de programmation sur les modes de consommation et de production durables (10YFP) ; amorce d'un processus sur la soutenabilité des entreprises ; démarrage d'un processus pour mesurer la prospérité et le bien-être au-delà du PIB ; reconnaissance du rôle des autorités infra-nationales ; mise en place d'un registre des engagements volontaires.
Sur les ODD, le document convient de la nécessité d'accélérer les efforts pour mettre en œuvre les engagements antérieurs.
La gouvernance de la haute mer est mise de l'avantparagraphe (158) sur les mers et les océans, mais sans calendrier ni décision de révision du droit maritime pour la haute-mer.
La déclaration encourage les entreprises cotées en bourse et les multinationales à étudier la possibilité d’insérer des informations sur la soutenabilité de leurs activités dans leurs rapports périodiques.
L'économie verte est présentée comme un moyen de , qui ne doit cependant pas , qui doit , sans constituer ni .
Sur l'autre thème de Rio +20, qu'est le « cadre institutionnel du développement durable », les États sont convenus de créer un « Forum politique de haut niveau » en vue de remplacer la Commission du développement durable qui avait été créée en 1992 à la suite du premier Sommet de Rio pour faire le suivi de l'Agenda 21, mais dont les résultats n'ont pas été à la hauteur des attentes. Par contre, les États n'ont pas réussi à s'entendre sur la pertinence de transformer le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) en institutions spécialisée et ce, bien que les pays du Groupe africain se soit rallié à la proposition de l'Union européenne, longtemps porté par la France, de créer une « d'Organisation mondiale ou des Nations unies pour l'environnement ». Plusieurs pays, dont les États-Unis et certains pays du G77/Chine, se sont en effet opposés à la création d'une nouvelle organisation, notant que le PNUE est efficace dans sa forme actuelle. Les États ont toutefois décidé de renforcer le PNUE, notamment en établissant la composition universelle de son Conseil d’administration et en réaffirmant son rôle d', nécessitant des ressources financières sûres, stables, adéquates et accrues provenant du budget ordinaire de l’ONU et de contributions volontaires. À cet effet, la de l’AGNU (2012-2013) invite à adopter une résolution en vue de « renforcer et reclasser » le PNUEObjectif Terre, ce que le Groupe africain a interprété comme une « porte ouverte » à un éventuel changement de statut du programme.
Enfin, le projet de création d'un droit de la mer donnant un statut plus clair à la haute mer et aux aires marines protégées a été bloqué par 3 États, mais l'ONU est mandatée pour continuer les négociations.
Objectifs La Conférence de Rio +20 portait sur deux thèmes, « l’économie verte » et « le cadre institutionnel du développement durable », et de trois objectifs : susciter un engagement politique renouvelé en faveur du développement durable ! évaluer les progrès réalisés, et les lacunes restant à combler au niveau de la mise en œuvre ! relever les défis émergentsObjectif Terre, vol. 12, n. 2, p. 7! Parmi les 26 domaines thématiques et questions transversales identifiés dans le document de résultats figurent l'éradication de la pauvreté, la sécurité alimentaire, l'eau, l'énergie, le transport, la santé, l'emploi, les océans, le changement climatique, la consommation et la production durables.
Préparation Ban Ki-Moon, sécretaire général des Nations unies, a nommé Coordinateur exécutif de la Conférence des Nations unies sur le développement durable Brice Lalonde en France, ex-ambassadeur français pour les négociations climatiques, et Elizabeth Thompson, l’ex-ministre de l’Énergie et de l’environnement et ministre du Développement physique du ministère de la Santé de la Barbade. Par rapport au processus du sommet mondial de Rio en 1992, la préparation comparé à la tenue de la Conférence sur le développement durable de 2012 est plus courte. Comme toutes conferences internationales, un secrétariat est mis en place par les Nations unies, chargé de coordonner le “processus” de préparation comportant des comités préparatoires périodiques appelés “ PrepCom ”.Un premier comité préparatoire (PrepCom-1) a eu lieu à New York (États-Unis), du 17 au Objectif Terre, vol. 12, n. 2, p. 7 et un second du 7 et Objectif Terre. Le troisième et dernier Comité préparatoire a eu lieu du 13 au à Rio de Janeiro (Brésil)Site de la CNUDD mais, comme on s'y attendait, il n'a pas permis de conclure la négociation du zero draft, de sorte que les négociations se sont poursuivies de manière informelle, sous l'égide du gouvernement brésilien, pendant les quatre jours qui séparaient cette réunion de l'arrivée des chefs d'État et de gouvernement.
La deuxième session du Comité préparatoire de la CNUDD a débattu plusieurs des thèmes suivants : la sécurisation du renouvellement de l’engagement politique pour le développement durable, l’évaluation des progrès et des lacunes dans la mise en œuvre des résultats des sommets sur le développement durable, et défis nouveaux et émergents : l’économie verte dans le contexte du développement durable et de l’éradication de la pauvreté et le cadre institutionnel du développement durable. Une troisième réunion de Rio +20 fut mise en place (26 et ). Un dernier cycle de négociation informel fut ajouté (début juin). Puis la "Prepcom 3" (13 au ), juste avant la Conférence Rio + 20 qui, initialement prévu du 4 au , avait été reportée au 20 à .
La conférence internationale sur l’énergie durable, les 10- à Genève s'inscrit dans la préparation de la conférence de Rio+20. (La conférence est suivie par la assemblée de l’Agence internationale des énergies renouvelables les 14 et à Abou Dabi.) Ainsi que le Forum mondial de l’eau, du 12 au à Marseille. Une réunion de haut niveau sur le bonheur et le bien-être réunira le des experts sur la "détermination des mesures, comptes et mécanismes financiers nécessaires à la mise à disposition d’un modèle économique fondé sur le bonheur pour une intégration dans les politiques nationales”. La session de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED XIII) se tient du 21 au à Doha sur le thème « Développement axé sur la mondialisation : vers une croissance et un développement inclusifs et durables ». Sommet mondial sur l’édition 2012 du Forum de la société de l’information du 14 au à Genève par l’Union internationale des télécommunications (UIT), l’Organisation des Nations unies pour l’éducation la science et la culture (UNESCO), la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) également précèdent la conférence . Le Sommet du G20, présidé par le Mexique, aura lieu à Los Gabos au Mexique les 18 et , juste avant la Conférence de Rio, ayant comme thème principal « la croissance verte ».
Suites à donner Un des principaux résultats de Rio +20 est le lancement d'un processus visant l'élaboration d'Objectifs du développement durable (ODD), « en nombre limité, concis et tournés vers l'action », applicables à tous les pays, mais tenant compte des « circonstances nationales particulières ». Un groupe de travail de 30 personnes sera mis en place d'ici à la prochaine Assemblée générale des Nations unies, en septembre, et devra présenter ses propositions en 2013, pour une mise à place à partir de 2015. Parmi les acquis potentiels ou nouveautés, les ODD seront permis de négocier ultérieurement de façon intergouvernementale, de reconnaissance de droits économiques et sociaux (droit à l’alimentation, à la santé, à l’éducation, le doigt à l’eau potable…), le souhait de renforcement du Programme des Nations unies pour l’environnement et la création d’un « forum de haut niveau » rassemblant plusieurs ministres pouvant se réunir pour la première fois en .
Critiques et controverses vignette|Manifestation de la société civile Face au , beaucoup d'acteurs considèrent que les objectifs et moyens ont été peu ambitieux. Les organisations de la société civile, réunies parallèlement dans un Sommet des peuples, ont dénoncé une déclaration finale trop faible, sans avancées et avec des reculsSecours catholique, Rio+20 : un texte final peu ambitieux et déclaratoire ; Le collectif Rio+20 juge le texte , qui . Caritas au profit de partenariats public-privé (PPP), avec la crainte que ces derniers soient . L'ONG et toutes les organisations de la société civile présentes à Rio, contestent en outre la mention faite dans le document officiel ; .