thumb|Monument sur le Champ des Sports du Reich à Berlin. La promotion des sports sous le régime nazi fut l'occasion de mises en scène théâtrales nationalistes et triomphalistes. thumb|Porte de l'Olympiastadion de Berlin. thumb|Couverture d'un carnet de membre du DRL. L'aigle germanique est devenu l'emblème du DRL après les JO de 1936. thumb|L'idée de « race supérieure » fut propagée par le biais de la promotion de l'éducation physique et des sports, afin de préparer son corps à être un guerrier pour le peuple. thumb|Les « Gaue » de la Grande Allemagne. Au fil de l'expansion du Reich, les territoires annexés de l'Autriche et d'une partie de la Tchécoslovaquie tombèrent aussi sous le contrôle du NSRL. thumb|Propagande de guerre : « V - L'Allemagne gagne sur tous les fronts. » Illustration du triomphalisme guerrier du NSRL. thumb|De nombreux aménagements faits par le DRL/NSRL restent employés. L'idée de Carl Diem : « le feu olympique à Berlin ». thumb|Drapeau d'une Gau du NSRL

Le Nationalsozialistischer Reichsbund für Leibesübungen (NSRL), « Fédération nationale-socialiste pour l'éducation physique » (aussi connue sous l'appellation de Deutscher Reichsbund für Leibesübungen - DRL), jusqu'à 1938, était l'organe de gestion et de contrôle des activités sportives au sein du Troisième Reich.

Le NSRL était dirigé par le Reichssportführer (haut-commissaire aux Sports), qui après 1934 présida aussi le Comité national olympique allemand. À la tête du NSRL, se succédèrent Hans von Tschammer und Osten (1933–1943), Arno Breitmeyer (1943–1944) et Karl Ritter von Halt (1944–1945).

Histoire

Organisations précédentes

L'organisation des Jeux olympiques d'été de 1916 avait été confiée à l'Empire allemand, plus exactement à la ville de Berlin. Mais en raison de la Première Guerre mondiale, les JO furent annulés. Le Deutscher Reichsausschuss für Olympische Spiele (en français : « Commission impériale pour les Jeux olympiques ») était le pendant actuel du Comité national olympique allemand.

En 1917, le Deutscher Reichsausschuss für Olympische Spiele (DRA) fut renommé Deutscher Reichsausschuss für Leibesübungen (en français : « Commission impériale pour l'éducation physique »). Cet organisme était souvent désigné par son abréviation « DRL » (et plus rarement par « DRAfL »). Le changement d'appellation reflétait la protestation de l'Allemagne, exclue tout comme l'Autriche de la « famille olympique » à la suite de l'intervention des autres grandes puissances qu'étaient l'Angleterre , la France et la RussieName change.

Le Deutscher Reichsausschuss für Leibesübungen fut dirigé par Theodor Lewald alors que Carl Diem en était le Secrétaire Général. Même si cet organisme se présentait comme une organisation pangermanique du sport, elle ne regroupait pas toutes les fédérations ou activités sportives d'Allemagne. Un grand nombre de clubs, surtout ceux issus du monde ouvrier, ne rejoignirent pas le « DRA ».

Après l'arrivée au pouvoir du parti nazi et la rapide transformation de l'Allemagne en un État totalitaire, en mars 1933, toutes les associations sportives d'obédience, ou en rapport, avec les milieux sociaux-démocrates, communistes, socialistes ou même religieux furent immédiatement interdites. Cette interdiction visa surtout les clubs et associations (très nombreux) issus du monde ouvrier. Ceux-ci furent priés de se dissoudre avant la fin du premier semestre 1933. Les clubs venant des milieux conservateurs nationalistes et de la bourgeoisie furent encore autorisés à poursuivre leurs activités jusqu'à l'année suivante.

Le , Theodor Lewald démissionna de son poste de président du DRA après qu'il fut révélé qu'il avait une grand-mère juiveThe History Place — The Triumph of Hitler — The Berlin Olympics.

Le ministre nazi de l'intérieur, Wilhelm Frick, interféra dans le processus d'élection d'un nouveau président. Un triptyque d'hommes influencés prit la décision : en , Hans von Tschammer und Osten, personnage jusque-là très peu connu du sport allemand fut nommé Reichskommissar für Turnen und Sport (Haut-Commissaire du Reich pour la Gymnastique et les Sports). Von Tschammer voulut tout de même conserver son prédécesseur au sein de l'organe gérant le sport. Ainsi quelques années plus tard, il voulut placer Theodor Lewald comme président du Comité d'organisation des Jeux olympiques de Berlin.

Hans von Tschammer und Osten était un leader des Sturmabteilung (ou SA) et un des premiers partisans du nazisme. Au nom de la Gleichschaltung (uniformisation), il démantela le Deutscher Reichsausschuss für Leibesübungen, le (officiellement le 10). Von Tschammer fut ainsi élevé au rang de Reichssportführer, le . Toute la sphère sportive allemande était placée sous sa coupe.

Sports et propagande nazie : l'idéal aryen

Le Deutscher Reichsbund für Leibesübungen (DRL) fut établi le comme l’organe directeur officiel du sport et de l’éducation physique du Reich. Il devint rapidement un puissant élément d’influence et de propagande du régime nazi auprès de la population allemande.

Dès après la création du DRL, les autres organismes sportifs perdirent peu à peu leur liberté et furent englobés en tant que composants du DRL (« Fachämter »). L’une des associations les plus prestigieuses, la Fédération allemande de football (Deutsches Fussball Bund, DFB) y fut notamment intégrée sous le nom de Fachamt Fußball et en perdit son indépendanceHavemann, Nils (2006). Fußball unterm Hakenkreuz. Der DFB zwischen Sport, Politik und Kommerz Bonn: Bundeszentrale für politische Bildung1933-45 Chronik/Rückblick mit scheinbaren Analogien und ohne Anspruch auf Vollständigkeit.

Le but de H. von Tschammer avec la DRL était de construire une gigantesque structure à laquelle toutes les associations sportives devaient se soumettre. Sa vision était que l’exercice physique « améliorait le moral et la productivité des travailleurs allemands » et était une source de fierté nationale (nationaliste) pour eux. Les habiletés sportives furent transformées en critères de cotation scolaire autant que certaines qualifications pour obtenir un travail, ou être admis à l’université Bruce Campbell, The SA Generals and the Rise of Nazism. Parmi les mesures controversées du ministère nazi des sports, il y eut la mise sur pied d’événements massifs (Reichssportfest) lors du dimanche de la Trinité. Ce fait choqua les milieux catholiques conservateursKurt Josef Wecker, Themenheft Gemeinde 48: Rituale für Fernstehende Bergmoser & Höller Verlag, Aix-la-Chapelle.

En 1935, le journaliste fut nommé responsable des relations publiques du DRL. Il devint le conseiller personnel du Reichssportführer en 1936. Nazi convaincu, von Mengden devint rédacteur en chef de NS-Sport, la publication officielle du ministèreBernett, Hajo (1976), Guido von Mengden "Generalsstabschef" des deutschen Sports, Verlag Bartels & Wernitz..

D’autres publications de DRL/NSRL furent Dietwart, un magazine contenant d’excellentes illustrations et Sport und Staat (Sports et État), un imposant ouvrage en quatre volumes de pure propagande nazie concernant l’organisation sportive du Reich. Sport und Staat fut rédigé par Arno Breitmeyer et le photographe personnel de Hitler Heinrich Hoffmann. Le tout était richement illustré de photos et d’informations sur diverses organisations nazies. L’impression débuta en 1934 mais finalement seuls les volumes 1 et 2 furent édités« Sport und Staat ».

Les buts de la promotion des sports au sein du Reich inclurent le martèlement des esprits de la population pour développer ses sentiments nationalistes et la convaincre qu’elle vivait dans un grand pays. Cela faisait partie des idéaux de Friedrich Ludwig Jahn, considéré comme le père des exercices physiques : qui améliorent et connectent le corps et l’esprit tout en mettant en avant l’idéologie d’une Allemagne unifiée et forte Turnverein Riesel, History Une des manœuvres les plus controversées de la DRL fut la permanente démonstration de la prétendue supériorité de la race aryenneLiz Jewitt How successful was Nazi propaganda..

Hans von Tschammer mit sur pied d’imposantes manifestations qui non seulement proposaient des activités sportives mais étaient aussi et surtout des exhortations du nationalisme allemand. Les mises en scène soulignaient la beauté esthétique de la race nordique jumelée avec l’engagement de la race aryenne supérieure. H. von Tschammer mit en place une politique d’exclusion raciale au sein des associations sportives. Les athlètes d’origine juive furent exclus et interdits de toute participation aux événements sportifsVon Tschammer's biography.

Jeux olympiques de 1936 : le zénith du NSRL

En 1936, Hans von Tschammer und Osten, à la tête de la DRL, joua un rôle majeur dans la structure et la coordination des Jeux olympiques à Berlin. Les JO furent les premiers à faire l’objet de retransmissions télévisées en direct. Même, si la télévision n’était pas encore très répandue, ce fut une occasion magnifique de vanter les mérites de l’idéal national socialiste et de ce que Hitler préconisait.

En tant que secrétaire général du comité d’organisation des Jeux de Berlin, Carl Diem, l’ancien secrétaire du Deutscher Reichsausschuss für Leibesübungen (DRA), l’organisme qui précéda le DRL/NSRL, devint le chef de l’organisation des Jeux de 1936. Par la suite, Diem occupa des postes importants au Ministère nazi de Sports. Il fut ainsi nommé chef du département étranger du DRL en 1939. Il fut ainsi responsable de la participation d’athlètes allemands à l’étranger et des affaires internationales du DRLDer "politische Sturm" um Carl Diem als Leiter der Sporthochschule Köln.

Von Tschammer confia l’organisation des Jeux olympiques d’hiver à Garmisch-Partenkirchen à Karl Ritter von Halt, qu’il nomma président du comité d'organisation. Grâce au prestige qu’il en récupéra, Ritter von Halt fut ensuite élu membre du comité exécutif du Comité international olympique (CIO) en 1937. Une poste que convoitait von Tschammer mais qu’il n’obtint jamais.

« L’aigle allemand avec la svastika sur la poitrine » 1936 German Olympic symbols qui servit de badge aux athlètes lors des Jeux de 1936 devint ensuite l’emblème officiel du DRL.

Le salut verbal « Heil Hitler ! » fut imposé par von Tschammer le en tant que salut officiel de toutes les organisations sportives qui seront mises en place par la suite. Ce salut nazi avait déjà été introduit trois ans auparavant par Josef Klein. Le , tous les athlètes allemands furent exhortés par Hans von Tschammer und Osten à rejoindre les jeunesses hitlériennes.

En 1937, deux matches amicaux de cricket (germanisé « Kricket » par le DRL) se déroulèrent à Berlin, entre une équipe allemande et l’équipe anglaise de Worcester German Cricket league — History.

Expansion de l'Allemagne : le début du déclin

L’annexion de l’Autriche (Anschluss) par l’Allemagne, en , mit une fin prématurée à la Nationalliga, le championnat de football autrichien qui s’essayait au professionnalisme. De nombreux clubs furent dissous et beaucoup de joueurs partirent en exil. Toutes les associations sportives autrichiennes furent incorporées dans le système du DRL qui les regroupa dans la « Gau XVII », dirigée par le Gaufachwart Hans Janisch.

Le salut hitlérien fut rendu obligatoire avant et après chaque compétition sportive. La gestion des équipes d’âge passa sous le contrôle des sections locales des Jeunesses hitlériennesKarl Kastler, Fußballsport in Österreich, Von den Anfängen bis in die Gegenwart, Trauner, Linz 1972, p. 56f.

Méprisé par le régime nazi, le professionnalisme dans le sport fut interdit par la « DRL » en . , président de la DFB de 1925 à 1945, était un grand partisan de l’amateurisme sportif au sein du Troisième Reich. En 1940, la fédération de football déjà terriblement affaiblie était définitivement… hors-jeu Fischer, Gerhard & Lindner, Ulrich (1999). Stürmer für Hitler — Vom Zusammenspiel zwischen Fußball und Nationalsozialismus. Göttingen..