Les révélations de télégrammes de la diplomatie américaine par WikiLeaks ( ou en anglais) sont la diffusion de mémos confidentiels de la diplomatie des États-Unis par le site Internet lanceur d'alerte WikiLeaks.
Ce sont dépêches diplomatiques envoyées au siège du département d'État des États-Unis à Washington, et envoyées aux missions diplomatiques américaines de par le monde, soit un total de , comprenant , qui commencent à être diffusés à partir du , puis en intégralité le .
Jusqu'à leur publication intégrale du ces documents étaient préfiltrés par WikiLeaks puis filtrés et mis sous une forme journalistique par les médias partenaires (cf. infra), afin de préserver la sécurité des personnes impliquées et de rendre les informations plus compréhensibles par le grand public. Ils étaient ensuite diffusés quasi simultanément sur le site de WikiLeaks et dans les médias partenaires, selon une chronologie et une logique thématique entretenant la curiosité des lecteurs.
Classification et données clés Les principales caractéristiques de ces télégrammes sont synthétisées sur la page Cable Viewer du site WikiLeaks.
Classification officielle des documents La classification de ces documents, selon les règles de confidentialité du département d'État des États-Unis, est la suivante Cable Viewer : Secret US Embassy Cables. : classés « secret » ; classés « confidentiel » ; « non classés ».
Chiffres clés L'Irak est le pays le plus commenté avec télégrammes dévoilés, dont venant de ce pays. Ankara (Turquie) a émis le plus de télégrammes dévoilés, avec un total de . Le ministère de l'Intérieur américain () est à l'origine de télégrammes dévoilés.
Sujets les plus fréquents Selon le département d'État américain, les sujets les plus fréquemment discutés sont : Politique extérieure : Politique intérieure : Droits de l'Homme : Économie : Terrorisme : Nations unies :
Médias relayant et analysant un contenu sélectif des télégrammes
Liste et chronologie des media partenaires Cinq premiers organes de presse ont participé depuis l'origine à l'édition des documents bruts transmis par WikiLeaks : The New York Times (États-Unis), The Guardian (Royaume-Uni), Der Spiegel (Allemagne), Le Monde (France), El País (Espagne).
WikiLeaks avait négocié pendant plusieurs mois la coopération avec ces cinq organes de presse. Cent vingt journalistes de ces médias ont alors lu les télégrammes et décidé ceux qui seraient finalement publiés.
Sylvie Kauffmann, directrice de la rédaction du Monde, indique, le , dans les colonnes du quotidien, que, . Elle poursuit en précisant que, , puisque, selon ses vues, et que Sylvie Kauffmann, « Pourquoi et comment publier ces documents ? », 30 novembre 2010, Le Monde , ..
Une semaine plus tard, Sylvie Kauffmann, à la lumière des premières réactions, apporte de nouvelles précisions et s'inscrit en faux contre, selon son point de vue, diverses idées reçues ou contre-vérités. Elle précise par ailleurs que, à son sens, , ce qui lui permet en outre, en conclusion, de mettre l'accent sur sa vision du journalisme, dont la mission pourrait consister, selon elle, à Sylvie Kauffmann, « Fuites d'État : questions et réponses », 7 décembre 2010, Le Monde , ..
Fin , un média supplémentaire, le quotidien norvégien Aftenposten, se serait procuré la totalité des en vue de les exploiter en dehors de toute contrainte partenariale avec WikiLeaks. De même, le , le journal russe Novaïa Gazeta s'est vu accorder l'accès aux documents détenus par WikiLeaks dans le but de publier des informations sur la corruption en Russie..
Après ces deux cas précurseurs isolés, une deuxième vague de media a alors eu accès aux fuites du Cablegate, à partir de début 2011, afin notamment d'accélérer la diffusion des documents ( infra) : Journaux : 20 Minutes en France, Die Welt en Allemagne, Svenska Dagbladet en Suède, Politiken au Danemark De Standaard en Belgique, Le Temps et Neue Zürcher Zeitung en Suisse … Sites Internet : Mediapart …
Rythme et logique de diffusion
La diffusion des télégrammes diplomatiques a commencé le , avec un communiqué précisant : .
Les télégrammes comportant des informations mettant en danger des personnes font l'objet de décision de non-diffusion, ou parfois de retrait a posteriori.
À partir de , WikiLeaks a souhaité diffuser davantage de documents, plus rapidement. Pour cela, il a élargi son partenariat avec de nouveaux medias en Allemagne, Belgique, Danemark, France, Norvègewww.24heures.ch : Wikileaks souhaite diffuser plus de documents, plus vite., Pays-Bas, Suède, Suissewww.24heures.ch : Les secrets de WikiLeaks sur la Suisse en mains du « Temps ». ( supra).
vignette|upright=0.8|Julian Assange, principal porte-parole de WikiLeaks depuis 2007.
+ Extrait de chronologie de diffusion du Cablegate sur le site de WikiLeaks. Télégrammes diffusés Date Nombre de jours Moyenne quotidienne Observations ? 1 ? début de publication 243 2 121 par jour non significatif 33 59 par jour 65 44 par jour 91 55 par jour 112 53 par jour intégralité des télégrammes
Au , WikiLeaks avait publié sur son site télégrammes, soit une moyenne de 53 documents par jour environ, depuis le début de la diffusion, 112 jours auparavant.
Le , WikiLeaks publie l'intégralité des télégrammes en sa possession tels quels.
Contenu des télégrammes
Les télégrammes du Cablegate, traitent dans un style diplomatique, de nombreux sujets relatifs à des personnalités et à des situations nationales ou internationales.
Leaders mondiaux Des diplomates, principalement américains, ont émis des critiques acerbes, des révélations compromettantes et des accusations contre plusieurs leaders et décideurs étrangers.www.lematin.ch : Wikileaks expose les leaders sous une lumière crue, 29 novembre 2010..
Leaders africains Zine el-Abidine Ben Ali, alors président tunisien en exercice, est décrit comme un dictateur corrompu, avide de pouvoir, laissant son pays sous la coupe de sa famille et de sa belle-famille Trabelsi encore plus avide. Omar Bongo, ex-président gabonais, aurait détourné 28 millions d'euros de la Banque des États de l’Afrique centrale ; cet argent aurait profité à des partis politiques français, et plus précisément à Nicolas Sarkozy. L'ambassadeur américain à qui un fonctionnaire aurait donné cette information n'a pas été en mesure de vérifier sa véracité. Omar el-Béchir, président soudanais, est accusé d'avoir détourné neuf milliards de dollars, qui seraient en partie chez Lloyds Banking Group, selon Luis Moreno Ocampo. Mouammar Khadafi, ex-président libyen, « dépend de manière excessive d'un petit noyau dur d'hommes de confiance » ; il est « bizarre » ; mais il a conservé son pouvoir depuis plus de quatre décennies en ne cessant de manipuler et de contrôler les tribus libyennes et leurs chefs. Par ailleurs, les enfants de Kadhafi sont décrits comme des voyous : « personne ne peut contrarier ou refuser quelque chose à de telles personnes sans en subir les conséquences, notamment sur les questions liées à l'argent ». Enfin, Mariah Carey, Beyonce et Usher ont joué pour Kadhafi et sa famille en 2008 et 2009, contre d'importants cachets. Mohammed Hosni Moubarak, président égyptien est « un réaliste véritable et expérimenté, un conservateur inné et prudent qui n'a que peu de temps à consacrer à des objectifs idéalistes » ; il est « profondément sceptique à l'égard du rôle des États-Unis dans la promotion de la démocratie ». Robert Mugabe, président zimbabwéen, a refusé en 2000 une proposition de Kofi Annan, alors secrétaire général des Nations unies, visant à se retirer du pouvoir en contrepartie d'un asile politique et de compensations financières..
Leaders américains Barack Obama, président des États-Unis, « regarde vers l’Est [l'Asie] plutôt que l’Ouest » et « n’a pas de sentiments pour l’Europe », selon ses propres diplomates. Sebastián Piñera, président du Chili, est qualifié par l'ex-ambassadeur américain Paul Simons de « déterminé et compétiteur, [poussant] ses affaires comme en politique jusqu'aux limites de la loi et de l'éthique »..
Leaders asiatiques Kim Jong-il, alors leader nord-coréen encore en exercice, serait un « vieillard infirme marqué physiquement et psychologiquement par une attaque cérébrale ».
Leaders du Moyen-Orient Mahmoud Ahmadinejad, ancien président iranien, est comparé à Adolf Hitler. Hamid Karzai, président afghan, est « conduit par la paranoïa » ; il serait « extrêmement faible », « enclin à se laisser convaincre par des théories du complot ».
Leaders du Proche-Orient Recep Tayyip Erdoğan, premier ministre turc, « se méfie de tout le monde, craint de perdre le pouvoir » et « s'est entouré d'un cercle de conseillers qui le flattent mais le méprisent ».. Benyamin Netanyahou, premier ministre israélien, est « élégant et charmant », selon un télégramme écrit par l'ambassade d'Égypte, « mais ne tient jamais ses promesses » ; ou Sarkozy à Obama : "Netanyahou est un menteur", "Je ne peux plus le voir, c'est un menteur", a lancé le président français. "Tu en as marre de lui, mais moi, je dois traiter avec lui tous les jours !", a rétorqué Barack Obama (03/11/2011). Ali Abdullah Saleh, président yéménite, est jugé « dédaigneux » et « impatient ».
Leaders européens Le prince Andrew, prince du Royaume-Uni, est accusé d'être « impoli ». Silvio Berlusconi, président du Conseil italien, est décrit comme « incapable » et « inefficace », « ayant un goût prononcé pour la fête ». Dmitri Medvedev, ex-président russe, est qualifié d'« hésitant », alors que son premier ministre Vladimir Poutine serait un « mâle dominant ». Angela Merkel, chancelière allemande, « craint le risque et fait rarement preuve d'imagination ».. Slobodan Milošević, ex président de Serbie puis de la République fédérale de Yougoslavie, alors en incarcération et peu avant qu'il ne meure d'une crise cardiaque pendant son procès, « pouvait manipuler toute une nation », a indiqué le chef de l'unité de détention du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie, Tim McFadden, « mais avait du mal à gérer sa femme, qui, par contre, semblait exercer une forte influence sur lui ». Nicolas Sarkozy, président français, est , mais est aussi un , selon les Américains, qui critiquent sévèrement le manque de diplomatie du président français. Parallèlement, les diplomates louent largement sa vision politique, disant de lui qu'il est « le président le plus pro-américain depuis la Seconde Guerre mondiale ».
Leaders océaniens Kevin Rudd, ancien Premier ministre australien, est décrit comme « control freak enclin à l'erreur ».
Politiques extérieures Politique extérieure américaine Le , WikiLeaks a rendu publique une liste secrète de sites industriels et d'infrastructures sensibles, à travers le monde, que les États-Unis veulent protéger d'attaques terroristes, car leur perte « affecterait de manière significative » la sécurité américaine. Cette liste datait de . Les États-Unis ont tenté de renvoyer des prisonniers du camp de Guantánamo dans d'autres pays notamment en échange d'une rencontre d'officiels slovènes avec Barack Obama ou encore en échange d'argent. La secrétaire d'État des États-Unis Hillary Clinton a émis une directive demandant aux diplomates de recueillir de l'information biométrique sur le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, et sur d'autres dirigeants de l'ONU, incluant des mots de passe, des numéros de cartes de crédit et des numéros de téléphone personnels..
Politique extérieure britannique Des officiers de police britanniques ont entraîné des hommes du Rapid Action Battalion, une force militaire bangladaise anti-criminalité controversée responsable de son propre aveu de plusieurs centaines d'exécutions extrajudiciaires..