Un assistant sexuel ou assistants sexuels thérapeutiques (pour éviter l'ambiguïté avec la prostitution) est une personne, formée, qui accompagne le plaisir sensuel, érotique ou sexuel des personnes en situation de handicap en ayant fait la demande.. L'accompagnement à la vie affective et sexuelle est apparu aux États-Unis durant les années 1970.. Cette pratique est par la suite apparue sous diverses formes aux Pays-Bas, en Belgique, en Allemagne, au Danemark et en SuisseZoom : le métier d'assistant sexuel, Marie Maurisse, blog.lefigaro.fr/suisse, consulté le 6 janvier 2011..

Origines et histoire de l'activité d'assistant sexuel L'assistance sexuelle trouve son origine dans les « sex surrogates » ou « surrogates partners qui étaient, dans le cadre de la surrogate partner therapy une fonction de partenaire sexuels de remplacement ou de substitutions, inventés par le gynécologue américain William Masters et de la sexologue Virginia Johnson, formés pour aider des personnes valides ou handicapées pour les aider à surmonter des difficultés d'intimité et de sexualité les maintenant dans une misère sexuelle. Ce modèle triadique combine des exercices expérientiels et un accompagnement psychothérapeutique afin de traiter de l'apprentissage du corps, du consentement, de problèmes tels que les dysfonctions sexuelles, le manque d'expériences intimes ou des traumatismes, que la thérapie traditionnelle n'arrivait pas à résoudre (« c'est en gros une relation bac à sable » expliquait Mark Shattuck, partenaire de substitution certifiée vivant à San Francisco). Le processus se déroule généralement en un nombre limité de séance, où le surrogate partner joue le rôle d'un partenaire sexuel, pendant un certain temps, et toujours avec l'intervention d'un thérapeute. Masters et Johnson ont détaillé ce nouveau type de thérapie dans un livre de 1970, Human Sexual Inadequacy, mais après un pic d'utilisation de la méthode dans les années 1980, elle a fortement décliné aux États-Unis avec un nombre de praticiens très faible en 2014. En outre, elle était majoritairement exercée par des femmes et surtout destinées à des hommes.

Puis, au tournant des années 1980, émerge en Europe du Nord une autre forme d'assistance sexuelle, clairement destinée aux personnes en situation de handicap. Cette fois-ci, elle est inventée par les personnes handicapées elles-mêmes, désireuses de pouvoir accéder à ce service, pouvant un sens être considérée comme une prostitution spécialiséeAssistant sexuel pour Handicapés, encore un tabou…, Assistant sexuel pour Handicapés, encore un tabou… , trucdenana.com, consulté le 6 janvier 2011..

Il faut attendre le début des années 2000 pour voir apparaître en Suisse alémanique, puis en Suisse romande, les premiers débats sur une véritable assistance sexuelle autonome — une sorte de troisième voie entre l'assistance sexuelle généralisée et la prostitution spécialisée — envisagée par ses partisans comme autre chose que de la prostitution.

Le métier d'assistant sexuel Les « services sexuels » ont fait débat en France.. Au prétendu droit à la sexualité pour tous, ont été opposés une crainte ou un refus de la marchandisation des rapports sexuels et l'idée qu'il pourrait s'agir d'une légalisation d'une forme de prostitution, alors que les assistants sexuels insistent sur le fait qu'il s'agit d'une relation de soin et de santé (la santé sexuelle faisant intégralement partie de la santé selon l'OMS).

L'accompagnement sexuel est assuré par des hommes et des femmes, quelle que soit leur orientation sexuelle, pratiquant la prostitution ou exerçant dans les milieux paramédicaux, sociaux et médico-sociaux. Cela peut aller de la caresse et du simple câlin « corps à corps » à la pénétration, en incluant la masturbationL'assistant sexuel : pour un droit à la sensualité, tdg.ch, consulté le 6 janvier 2011..

Pour instaurer un climat apaisant et de confiance, l'assistant sexuel peut utiliser de la musique d'ambiance, des bougies ou encore des huiles. En Suisse, ce service est rémunéré de 100 à , quelle que soit la nature de la prestation fournie.. Les « assistants sexuels » sont sélectionnésEnviron 90 % des candidatures ont été écartées lors de la formation qui a eu lieu en Suisse romande en 2008/2009. et sont censés recevoir une formation. Cependant, le titre « assistant sexuel » n'est pas protégé et peut recouvrir de nombreuses réalités..

En Belgique francophone, les assistants sexuels ainsi que les structures proposant ces services parlent plutôt d'accompagnants sexuels et d'accompagnement sexuel

Contestation En 2016, le Collectif lutte et handicaps pour l'égalité et l'émancipation considère que l'assistance sexuelle constitue une solution simpliste n'allant pas dans le sens de l'autonomisation des personnes en situation de handicap, s'inscrivant dans une logique économique libérale qui fait de la sexualité un service commercial, d'après une vision judéo-chrétienne qui place la personne handicapée en objet de charité. Il estime que la sexualité devrait être libre et non marchande, impliquer de la réciprocité dans le désir et un échange égalitaire, ne pouvant exister ni dans le rapport marchand ni dans le rapport caritatif.. Selon ce collectif, l'assistance sexuelle conforterait également l'idée que la personne handicapée est "in-désirable", et une vision dégradée des rapports entre la personne handicapée et sa propre sexualité, la conduisant à se définir comme asexué et impuissant, ou indigne d'être aimé au-delà du handicap, ainsi que la vie en milieu fermé limitant la possibilité d'interactions et de rencontres, ainsi qu'une vision de l'assistant sexuel « à mi-chemin entre le prostitué et le bienfaiteur ».

Le CLHEE dénonce le risque que l'assistance sexuelle devienne l'unique solution proposée au problème de la sexualité des personnes handicapées et propose d'autres solutions, comme « abolir la ségrégation sociale et spatiale que subissent les personnes handicapées », en s'engageant dans la désinstitutionnalisation, et favoriser l'éducation sexuelle dès le plus jeune âge, notamment pour les personnes handicapées elles-mêmes.

Les statuts de l'assistant sexuel Dans une majorité de pays, le statut d'assistant sexuel n'est pas reconnu en tant que tel. Cependant, il existe dans quasiment tous les pays des personnes à qui l'on attribue la fonction sociale d'assister la sexualité des personnes handicapées.

Allemagne Le terme allemand pour assistant sexuel est Sexualbegleiter.

Autriche En Autriche une formation pour devenir assistant sexuel (Sexualassistenz) existe à Kalsdorf Hand in hand into sexual sensation, myhandicap.com, consulté le 6 janvier 2011..

Belgique Le statut d'assistant sexuel n'est pas officiellement reconnu en Belgique. Il y a des organisations comme Aditi vzw (Flandre) et Aditi wb. (Wallonie et Bruxelles) qui encadrent cette pratique.

Concernant le handicap mental, Michel Mercier (professeur de psychologie) écrit en 2005 qu'« Il convient de développer dans ce domaine une éthique adaptée aux spécificités et aux limites des personnes concernées, éthique qui oblige à les accompagner dans certaines circonstances, parfois à décider à leur place. »

Le Comité consultatif de Bioéthique de Belgique a émis un avis en 2017 à ce sujet.

Espagne L'Espagne est assez critique sur cette question mais c'est la Catalogne qui va la démocratiser.. Parmi les organisations on peut citer : Aspasia Canarias., Sex Asistent Europa., Tandem Team Barcelona. ou encore Tus manos, mis manos (asistencia sexual.org) qui regroupe des assistants sexuels des pays hispanophones..

États-Unis Les thérapeutes réalisent une Surrogate Partner Therapy. C'est un programme qui s'inspire des travaux des deux sexologues Master et Johnson. L'organisation formera alors des professionnels..

France Sur le plan légal, l'assistance sexuelle est en France assimilée à la prostitution.. Un tiers qui organiserait une rencontre sexuelle pour une personne handicapée en institution ou à domicile risquerait d'être accusé de proxénétismeLe proxénétisme apparait dans le Code Pénal au chapitre « Atteinte à la dignité humaine », dans l'article 225-5 et 6 : « aider, protéger ou assister la prostitution d'autrui » et « servir d'intermédiaire entre deux personnes. » Il est puni de cinq ans d'emprisonnement et de d'amende. Dans certaines circonstances, dites aggravantes, la peine peut atteindre dix ans d'emprisonnement, lorsqu'il s'agit d'une « personne particulièrement vulnérable en raison de son âge, d'une maladie, infirmité, déficience physique ou psychique. ».

Un véritable engagement en faveur de l'accompagnement sexuel a cependant émergé à partir de 2007, année de l'organisation du colloque « Dépendance physique : intimité et sexualité » au Parlement européen à Strasbourg en 2007 Le colloque « Dépendance physique : intimité et sexualité » s'est déroulé les 26 et 27 avril 2007, au Parlement européen à Strasbourg. Dans ce contexte est né le Collectif Handicaps et Sexualités [CHS] lancé au Sénat le 7 mars 2007, renommé CH(s)OSE, qui s'est donné pour mission de promouvoir et mettre en œuvre des actions favorisant l'épanouissement et le respect de la vie intime, affective et sexuelle des personnes en situation de handicap, en dépassant les préjugés moraux et les interdits sexuels, sous l'angle des droits humains, en partenariat avec le Comité parentalité des personnes en situation de handicap créé début et l'association Corps Solidaires., suivi en d'un colloque à Paris sur « Handicap et sexualité ».. Le député UMP Jean-François Chossy, qui a été missionné par le Premier ministre François Fillon pour réfléchir à « l'évolution des mentalités et le changement du regard de la société sur les personnes handicapées », a travaillé sur un projet de loi pour légaliser les assistants sexuels, puis a abandonné l'idée Moi, Pascal, , assistant sexuel, Leparisien.fr, consulté le 6 janvier 2011.. De nombreuses associations, dont l'APF (Association des paralysés de France) et le CNCPH (Conseil national consultatif des personnes handicapées) ont également travaillé sur le sujet Assistants sexuels pour handicapés : Bachelot est contre, elle.fr, consulté le 6 janvier 2011.. Les différentes ministres chargées du handicap depuis l'apparition de cette nouvelle, se sont déclarées en défaveur d'une législation sur l'assistance sexuelle.. Par exemple, la ministre de la Solidarité et de la Cohésion sociale Roselyne Bachelot s'était déclarée le « rigoureusement opposée » au recours à des assistants sexuels pour les personnes handicapées Des assistants sexuels pour les handicapés ? Bachelot dit non, lci.tf1.fr, consulté le 6 janvier 2011..

Concernant l'opposition de Roselyne Bachelot, Jean-François Chossy assurait le qu'« elle est susceptible d'évoluer pour avoir une approche humaine de ces difficultés » et que la clairvoyance progressive de la ministre s'inscrirait dans « l'évolution des mentalités et le changement de regard qu'on porte sur le handicap »..

En , dans Clara Magazine, le docteur et féministe abolitionniste Muriel Salmona (médecin psychiatre) estime qu'

À cette condamnation anticipée, les concepteurs d'une assistance sexuelle structurée opposent l'expérience suisse initiée depuis par Ahia Zemp, psychothérapeute et féministe. Cette dernière, elle-même en situation de handicap, fut la créatrice de « l'Institut Handicap et sexualité-contre la violence sexualisée » qui luttait contre les violences faites aux femmes handicapées tout en formant des assistants sexuels : ces deux activités étant complémentaires à ses yeux 2002;51:610-25..

En , le conseil départemental de l'Essonne relance le débat de la légalisation du statut d'assistant sexuel..

Le Michel Berson, sénateur de l'Essonne, oppose une fin de non-recevoir à l'assistance sexuelle qu'il estime être avec AFP. « L'Essonne n'évoque plus le concept d'“assistant sexuel” pour handicapés » next.liberation.fr le 25 mars 2013..