Le secteur de l'énergie en Colombie est dominé par les combustibles fossiles : le charbon (39,1 % de la production d'énergie primaire du pays en 2021), dont la production est presque entièrement exportée, le pétrole (40,5 % de la production et 45,5 % de la consommation d'énergie primaire), et le gaz naturel (9,7 % de la production et 22,4 % de la consommation d'énergie primaire) ; la Colombie était en 2023 le et le exportateur mondial de charbon avec 4,5 % des exportations mondiales. Les combustibles fossiles (pétrole et charbon) représentaient 49 % du montant des exportations colombiennes en 2016.

L'électricité représentait 19,2 % de la consommation finale d'énergie en 2021 ; elle est produite en 2023 à 68,5 % par les énergies renouvelables (75 % en 2022), en particulier par les centrales hydroélectriques (63,7 %) ; les 25 % tirés des combustibles fossiles en 2022 se répartissent en 16,3 % de gaz naturel, 5,4 % de charbon et 3,3 % de pétrole.

La consommation d'énergie primaire par habitant en Colombie en 2022 se situe à 56 % au-dessous de la moyenne mondiale et 38 % au-dessous de celle de l'Amérique latine. Ses émissions de dues à la combustion par habitant étaient en 2023 inférieures de 66 % à la moyenne mondiale et de 77 % à celle des Amériques.

Vue d'ensemble Principaux indicateurs de l'énergie en Colombie Population Consom.énergieprimaire Production Exportationnette Consom.élect.* ÉmissionsGHG**tab.GHG-FC Année Million PJ PJ PJ TWh Mt éq 1990 34,3 910 28,9 49,3 2000 39,21 33,5 56,6 2010 44,82 50,7 59,6 2015 47,12 71,1 77,7 2016 47,63 70,1 80,3 2017 48,35 73,8 72,3 2018 49,28 71,9 76,0 2019 50,19 75,0 75,2 2020 50,93 74,4 73,5 2021 51,52 79,6 79,8 variation1990-2021 +50 % +74 % +100 % +195 % +175 % +62 % * consommation brute d'électricité = production+importations-exportations-pertes en ligne** émissions de gaz à effet de serre par combustion.

Historique

Le premier tournant historique dans l'établissement du système électrique fut la loi 113 de 1928, qui déclara d'intérêt public l'exploitation de l'énergie hydroélectrique. Le système fonctionnait de manière décentralisée, les compagnies d'État verticalement intégrées maintenant un monopole dans leurs régions respectives. Seule une compagnie publique, ISA (Interconexión Eléctrica S.A.) assurait les échanges d'électricité entre les différents systèmes régionaux.

Durant la décennie 1980, le secteur électrique colombien, comme dans les autres pays latino-américains, traversa une crise causée par les tarifs subventionnés, l'influence politique dans les compagnies d'État et les retards et dépassements de devis des grands projets de production.

Au début de la décennie 1990, le gouvernement entreprit la modernisation du secteur électrique, l'ouvrant à la participation du privé. La restructuration fut menée à bien par les lois 142 (Loi des Services Publics) et 143 (Loi de l'Électricité) de 1994, qui définirent le cadre réglementaire du développement d'un marché concurrentiel. Le nouveau système, conçu par la CREG (Commission de Réglementation du Gaz et de l'Énergie), fut mis en place à partir de : ouverture du marché de gros de l'énergie et de la Bourse de l'énergieISA - Historia, site d'ISA consulté le 12 novembre 2013..

La Colombie s'est fixé un agenda ambitieux de réforme du secteur énergétique : promouvoir les investissements étrangers, en particulier dans les hydrocarbures et le développement de la capacité de production énergétique ; simplifier les formalités pour les projets énergétiques de petite taille ; renouveler l'intérêt pour les technologies d'énergies renouvelables non traditionnelles avec un cadre réglementaire qui facilite un changement graduel du bilan énergétiqueESMAP 2007.

En 2001 fut promulguée la Loi 697 promouvant l'usage efficient et rationnel de l'énergie et les énergies alternatives, complétée par le Décret 3683 publié en 2003. La loi et le décret traitent d'aspects importants comme la stimulation de l'éducation et de la recherche sur les sources d'énergies renouvelables. Cependant, cette loi laisse de côté des points fondamentaux pour obtenir un développement significatif des EnR, tels qu'un système de soutien réglementaire pour favoriser l'investissement, la définition de politiques de promotion des EnR, ou l'établissement d'objectifs quantifiés de pourcentage d'EnR Ruiz & Rodríguez-Padilla 2005, site ScienceDirect consulté le 12 novembre 2013..

Production d'énergie primaire La Colombie a produit (Pétajoules) d'énergies primaires en 2021, soit 231 % de ses besoins ; 72 % de la production est exportée. Cette production, en progression de 100 % par rapport à 1990, se répartit en 89,3 % de combustibles fossiles (pétrole : 40,5 %, charbon : 39,1 %, gaz naturel : 9,7 %) et 10,7 % d'énergies renouvelables (5,4 % de biomasse, 5,3 % d'hydroélectricité et 0,03 % d'éolien et solaire). Depuis 1990, la production de combustibles fossiles a progressé de 113 % (pétrole : +72 %, charbon : +161 %, gaz naturel : +181 %) et celle des énergies renouvelables de 34 % (biomasse : -4 %, hydroélectricité : +121 %).

Pétrole

Réserves de pétrole Les réserves prouvées de pétrole de la Colombie étaient estimées par l'Agence fédérale allemande pour les sciences de la terre et les matières premières (BGR) à (millions de tonnes) fin 2022, soit 0,1 % des réserves mondiales. Elles représentent sept années de production au rythme de 2022 (). BGR estime les ressources ultimes supplémentaires à , soit 0,4 % du total mondial77.

La Colombie avait, selon le Oil and Gas Journal, environ de réserves prouvées de pétrole en 2012, contre 1,9 en 2011 ; cette augmentation résultait de l'exploration de plusieurs blocs attribués lors du précédent appel d'offres en 2010. La production pétrolière colombienne est surtout localisée sur les contreforts des Andes et dans la jungle amazonienne ; le département de Meta au centre du pays est aussi une zone de production importante de pétrole lourd ; son bassin de Llanos contient le champ de Rubiales, le plus productif du pays1.

Le Ministère des Mines et de l'Énergie est responsable de l'élaboration des politiques et de la supervision ; les réserves d'hydrocarbures appartiennent à l'État, qui exerce son contrôle à travers les compagnies nationales Ecopetrol et Ecogas ; Ecopetrol produit 60 % du pétrole colombien. Le gouvernement colombien a pris des mesures visant à améliorer l'attractivité du pays pour les compagnies pétrolières étrangères : elles peuvent posséder jusqu'à 100 % dans les projets pétroliers et concurrencer Ecopetrol ; les taux des royalties ont été abaissés et rendus dégressifs, et les durées des licences d'exploration ont été allongées ; le gouvernement envisage de vendre des parts d'Ecopetrol à des investisseurs privés, réduisant sa part à 80 % ; ces réformes ont suscité un regain d'intérêt pour l'exploration pétrolière en Colombie ; selon la Banque centrale colombienne, le secteur pétrolier a reçu 2,86 Mds $ d'investissements étrangers directs en 2010. L'Agence Nationale des Hydrocarbures a lancé un appel d'offres en , attribuant 76 licences ; un deuxième appel d'offres a été ouvert en , centré sur les ressources en gaz non conventionnel, dont 1/3 en gaz de schiste et en gaz de houille, ainsi que sur 13 blocs en offshore profond ; le gouvernement a décrété fin 2011 un abattement de 40 % sur les royalties pour le gaz non conventionnel2.

Production de pétrole En 2023, la Colombie a produit (milliers de barils par jour) de pétrole brut21, soit (millions de tonnes), en hausse de 3,0 % en 2023, mais en net déclin depuis dix ans : -23 % par rapport à 2013 après une progression de 89 % entre 2007 et 2013. Elle ne représente plus que 0,9 % de la production mondiale22.

La production de pétrole atteignait en 2021, dont (75,9 %) exportés ; les importations de produits pétroliers sont légèrement supérieures aux exportations : contre .

La Colombie a produit de pétrole brut en 2011, en progression de 35 % par rapport aux de 2008 ; le Ministère des Mines et de l'Énergie prévoit fin 2012 et en 2020. Le pays ne consomme que en 2011 et exporte donc les 2/3 de sa production. Avant 2008, la production plafonnait, après une période de déclin initiée en 1999, année où elle avait atteint un pic de ; ce déclin provenait de l'épuisement des gisements existants et du manque de succès de l'exploration, mais depuis 2008, les réformes et l'amélioration de la sécurité ont amené des investissements étrangers ; le nombre et la gravité des attaques de guérillas contre les pipelines et autres infrastructures ont décliné, bien que 84 attaques aient été dénombrées en 2011 contre 31 en 2010, mais sans effet sur les exportations ; au début des années 2000, c'est par centaines que se comptaient ces attaques.

La Colombie fut brièvement perçue comme un eldorado pétrolier. L'exploration commença tardivement (années 1960) du fait des difficiles conditions d'accès. Les découvertes furent massives dans les années 1980, en particulier le complexe Cupiagua/Cusiana dans le département de Casanare, ainsi que le champ pétrolifère de Caño Limón, dans le département d'Arauca près de la frontière avec le Venezuela, permettant au cours de la décennie suivante une envolée de la production, qui atteignit un pic à en 1999. De plus, il s'agit de pétrole de haute qualité, contrairement à celui de la plupart des pays d'Amérique latine.

Cependant, la situation s'est vite dégradée. La production de Cupiagua/Cusiana n'a jamais atteint l'objectif fixé de , elle a atteint son pic à en 1999 et n'est plus que en 2011. Les réserves ultimes de ces gisements avaient été fortement surévaluées.

De plus, les nouvelles découvertes dans le reste du pays se sont avérées incapables de remplacer la baisse de production des grands gisements. La production est tombée à , et les réserves prouvées à , avant le redémarrage de 2008.

Les principaux gisements sont : le champ pétrolifère de Rubiales dans le département de Meta, exploité par Pacific Rubiales et Ecopetrol, est le plus productif : en 2010 contre en 20083. le Champ pétrolifère de Cupiagua, découvert en 1992, situé dans le département de Casanare ; avec le champ voisin de Cusiana, il constitue la plus importante réserve d'hydrocarbures de Colombie ; propriété conjointe de la compagnie colombienne Ecopetrol et des compagnies anglaise BP et française Total. le Champ pétrolifère de Cusiana, découvert en 1988 par Total ; la production du complexe Cusiana/Cupiagua a connu un comeback à après des années de déclin à moins de . le Champ pétrolifère de Caño Limón dans le département d'Arauca, découvert en par la compagnie pétrolière américaine Occidental Petroleum ; il est propriété conjointe de la compagnie colombienne Ecopetrol et de la compagnie américaine Occidental Petroleum. le Champ pétrolifère des Capachos, découvert en 2002, exploité par Repsol YPF, Total et Ecopetrol. Champ pétrolifère d'Apiay, découvert en 1981 par la compagnie pétrolière colombienne Ecopetrol. le Champ pétrolifère de La Hocha, découvert en 2002 dans le département d'Huila, dans le bassin supérieur du río Magdalena ; il est exploité par Hocol, un consortium colombo-saoudien. le Champ pétrolifère de Niscota, dans le département d'Huila, dans le bassin supérieur du río Magdalena, propriété à parts égales d'Ecopetrol et BP.

Consommation de pétrole En 2023, la Colombie a consommé (milliers de barils par jour) de pétrole26, soit (exajoules), en hausse de 1,6 % en 2023 et de 44 % depuis 2013. Elle représente 0,5 % de la consommation mondiale. Sa consommation représente 62 % de sa production27.

Raffinage