L'Union des Juifs pour la résistance et l'entraide (UJRE) est une organisation juive française née dans la Résistance, liée à la Main-d'œuvre immigrée (MOI) créée par le Parti communiste françaisVoir la série de documents sur la résistance de l'UJRE : .

Dans la Résistance La Résistance juive organisée a traduit et exprimé des engagements individuels comme des choix collectifs, prenant appui sur l’expérience de diverses organisations et courants de pensée existant parmi les Juifs de France, citoyens français ou étrangers, mais tous « Français de préférence ». Parmi ces organisations, un rôle particulier revient à la MOI (sigle désignant les groupes de la « Main d’œuvre immigrée » créés par le Parti communiste français en 1926 - successeur de la MOE (Main d’œuvre étrangère) créée en 1923 par la CGTU - pour permettre le déploiement d’une activité politique et sociale des travailleurs immigrés réunis en fonction de leur langue ; ainsi en a-t-il été pour la branche juive de langue yiddish de la MOI).

Lors de l’interdiction en 1939 du Parti communiste français, les dirigeants de la branche juive de la MOI constituèrent un mouvement semi-clandestin, puis clandestin, qu’ils nommèrent « Solidarité ». À l’origine, il s’agissait d’apporter la solidarité matérielle aux familles juives en difficulté, en particulier, à celles qui fuyaient le nazisme. Poursuivant et élargissant ses activités, la direction de la branche juive (Solidarité) décida, vers la fin de l’année 1942, de la création de plusieurs mouvements de Résistance qui virent le jour début 1943. Tous ont contribué à organiser la solidarité et à intensifier la lutte contre l’occupant et ses complices.

Ainsi furent constitués l’Union des Juifs pour la résistance et l'entraide (UJRE), la Commission centrale de l'enfance (CCE) auprès de l'UJRE, l’Union de la jeunesse juive (UJJ), l’Union des femmes juives, le Mouvement national contre le racisme (MNCR).

Dans la même période fut prise la décision de constituer des groupes de combat menant la lutte armée : ce furent les FTP-MOI, constitués de combattants juifs à l’origine, puis rapidement élargis aux travailleurs immigrés de nombreux pays d’Europe orientale mais aussi d’Allemagne, d’Italie, d’Espagne et d’autres pays.

À l’initiative de Jacques Rawine, responsable de la zone Sud, l'UJRE est donc née en de cette réorganisation de la section juive de la MOI, après les premières arrestations qui l'ont affectée, dans l'atmosphère de l'après Rafle du Vél' d'Hiv, au moment où les informations sur l'extermination arrivent de l'Est. Charles LedermanFiche de Charles Lederman sur le site du Sénat, l’un de ses fondateurs, fut responsable des groupes de combat de l'U.J.R.E. et aussi l’un des créateurs du Mouvement national contre le racisme (M.N.C.R). Elle ne regroupe plus seulement les Juifs étrangers mais aussi ceux qui sont Français. Ainsi, la spécificité juive du combat contre l'occupant nazi s'affiche pour la première fois : , énonce sa déclaration de principe ; et aussi . Cet élargissement s'accompagne d'un abandon du yiddish dans la presse clandestine juive au profit du françaisSur la naissance de l'UJRE, voir Stéphane Courtois, Denis Peschanski, Adam Rayski, Le sang de l'étranger : les immigrés de la M.O.I. dans la Résistance, Fayard, 1989, p. 273-278..

Avec le Mouvement national contre le racisme, l'UJRE publie un journal clandestin, Droit et Liberté et participe aux combats de la Libération de Paris.

L'UJRE joua un rôle décisif dans le sauvetage des enfants juifs, notamment lors d'une intervention à Vénissieux faite par des militantes de l’Union des femmes juives clandestine Max Weinstein, ancien résistant de l’Union de la jeunesse juive et ses groupes de combat (zone Sud) (UJJ), Des oublis à réparer : .

Après la guerre Son président d'honneur, en 2003, est Adam Rayski.

L'UJRE exerce une vigilance sur toutes les montées de l'antisémitisme et participe à des actions de mémoire. C'est ainsi qu'avec l' Site des Amis de la CCE, l'UJRE cofonde en 2005 l'association « Mémoire des Résistants juifs de la MOI » dont l'objet est de créer un Espace de Mémoire dédié aux résistants juifs de la MOI.

L'UJRE poursuit son activité éditoriale. Après le quotidien de langue yiddish le plus lu d'Europe, la Naïe Presse, publié de 1934 à 1993, auquel s'ajouta, de 1965 à 1982, l'hebdomadaire en français la Presse Nouvelle Hebdo (PNH), l'UJRE publie toujours une revue mensuelle, la Presse Nouvelle Magazine (PNM), qui

Proches des positions d'Une autre voix juive, l'UJRE combat les orientations du gouvernement actuel de l'État d'Israël sur l'occupation des territoires palestiniensDéclaration solennelle de l'UJRE 8 janvier 2009 (à propos de Gaza).. L'UJRE déclare en 2009 qu'elle Communiqué du bureau de l'UJRE, 23 juin 2009.

En 2009, l'UJRE, née dans la Résistance et cofondatrice du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), décide de suspendre sa participation au CRIF. Dans une lettre ouverte à Richard Prasquier, président du CRIF, l'UJRE déclare s'inquiéter , considère que la direction du CRIF s'en prend au caractère en n'invitant plus ni les Verts, ni le PCF au dîner annuel et déclare que le CRIF doit Communiqué de l'UJRE, 20 mars 2009... Notes et références

Annexes Articles connexes Main-d'œuvre immigrée Simon Cukier Cécile Cerf Bibliographie David Diamant, Les juifs dans la Résistance française 1940-1944 (Avec armes ou sans armes), Le Pavillon, Roger Maria éditeur, 1971. .

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