Jean Faucher est l'un des fondateurs du tourisme social aux niveaux national et international.

Né à Asnières (Seine), le et mort à Paris le , il se marie en et est père de trois enfants. D'abord dessinateur industriel (1946-1948), il devient journaliste (carte professionnelle : , délivrée en ).

Militant communiste à partir de 1944. Il est dirigeant de l'Union de la jeunesse républicaine de France (1948-1954) et de nombreuses associations de jeunesse dans le domaine du tourisme et des loisirs. Il est aussi dirigeant de Tourisme et Travail (1954-1987), administrateur d'Air France (1983-1989), président de l'Agence nationale pour les chèques-vacances (ANCV, 1989-1992) et président d'honneur jusqu'à son décès, président du Bureau international du tourisme social (BITS, 1976-1978 puis 1986-1992) et président d'honneur jusqu'à son décès, président du Conseil européen du tourisme social (CETOS, 1986-1988).

Il est fait chevalier de la Légion d'honneur en 1983.

Jeunesse (1927-1953) Ses parents Les parents de Jean Faucher, Louis et Marguerite, originaires de Mansat dans le département de la Creuse Limousin, se sont mariés le à la mairie d'Asnières (Seine). Ils firent construire, à Asnières, un pavillon où naquit leur fils (par suite d'une modification de limite intercommunale survenue en 1931 entre les communes d'Asnières et de Gennevilliers, ce pavillon, qu'ils habitèrent jusqu'à leur retraite, s'est retrouvé sur le territoire de Gennevilliers).

Louis Faucher, qui était de la classe 16, fut mobilisé le , il avait 18 ans et demi. Il participa à la bataille de Verdun où il fut grièvement blessé. Il fut de nombreuses fois cité à l'ordre du régiment, décoré de la croix de Guerre avec trois insignes et de la Croix du Combattant. Il exerça le métier de charron, puis d'ajusteur, tourneur et fraiseur, notamment chez Chenard et Walker (à Gennevilliers) qui devint Chausson, la grande entreprise d'équipement pour l'automobile ; il travailla également aux établissements Laffly (à Asnières), il termina sa vie professionnelle comme dessinateur industriel à la société Aérazur (à Gennevilliers) spécialisée dans la construction aéronautique.

Marguerite Faucher, avant son mariage, était « petite main » dans une maison de haute couture du quartier des Champs-Élysées. Après son mariage, elle travailla à domicile pour la couture industrielle.

La famille Faucher, républicaine et laïque, participa aux mouvements populaires des années 1930. Louis Faucher militait à la CGT, Jean Faucher, âgé de 9 ans, avait des souvenirs très vivaces des défilés et manifestations auxquels il participait, juché sur les épaules de son père. Il se souviendra toujours de l'usine occupée, de la nourriture qu'il apportait avec sa mère aux grévistes, des fêtes qui avaient lieu au château de Baillet, centre de loisirs des métallos de la région parisienne. Le Front populaire influencera l'itinéraire personnel de Jean Faucher.

Il écrivit en 1982, en collaboration avec Léo Lorenzi, alors journaliste à Révolution, Vacances pour un autre temps, paru aux Éditions Sociales. La dédicace de ce livre, pour sa mère, résume cet itinéraire : « En écrivant ce livre, j'ai beaucoup repensé aux années 1934, quand papa revenait de la Mairie de Clichy où les fascistes avaient attaqué les ouvriers, puis aux moments du Front populaire en 1936, aux défilés dans les rues, à la grève chez Laffly, (…), après la victoire à ces « vacances pour un autre temps » que nous avons connues en voyant la mer pour la première fois (…). Tu vois que des souvenirs d'enfant peuvent donner naissance à un livre ».

Louis et Marguerite Faucher adhérèrent en 1945 au Parti communiste français. Ces adhésions furent le cadeau d'anniversaire que leur fils leur avait demandé pour ses 18 ans. À partir de cette date, Louis Faucher devint un militant très actif : trésorier de la section du PCF de Gennevilliers. Il fut conseiller municipal de la ville durant deux mandats, de 1953 à 1965.

Une jeunesse militante Jean Faucher fréquenta l'école primaire à Asnières, rue de Prony, deux enseignants y eurent pour lui une très grande importance : Louis Mu, son instituteur, militant communiste, le conforta dans les valeurs républicaines et les perspectives de « lendemains qui chantent ». Louis Martini, son professeur de musique qui avait été le fondateur de la chorale des Jeunesses musicales de France, l'encouragea à poursuivre l'étude de la musique pour laquelle il montrait de réelles dispositions. Jean Faucher, adolescent, souhaitait devenir chef d'orchestre, mais il y eut un veto parental absolu à ce sujet. Il a conservé durant toute sa vie une passion pour la musique, le chant et la danse classique, ce qui orienta en partie son activité militante dans les organisations de jeunesse.

De 1942 (il avait 15 ans) à 1944, il fut secouriste au comité d'Asnières de la Croix-Rouge française ; et participa, à ce titre, aux événements qui marquèrent la Libération en région parisienne. Il entra en 1944 au lycée Condorcet, où il adhéra à la Jeunesse communiste, devenue l'année suivante l'Union de la jeunesse républicaine de France (UJRF). Il adhéra au Parti communiste français en 1945. Bachelier, il entra comme dessinateur industriel à la société Aérazur, où il fut salarié du au , date de son départ au service militaire. Avant ce départ, Jean Faucher avait assumé des responsabilités au sein de l'UJRF : locales (à Asnières), départementales (département de la Seine), responsable des activités culturelles.

Durant son service militaire effectué en zone d'occupation française en Allemagne, il déclencha un mouvement de protestation de soldats français contre l'insuffisance et la mauvaise qualité de la nourriture qui leur était donnée. À son retour, il réintégra la société Aérazur, du au , car à la suite de l'événement relaté ci-dessus et publié dans le journal de l'UJRF, l'Avant-Garde, il devint permanent de cette organisation, à la demande de Raymond Guyot et de François Billoux, dirigeants du PCF, et cela du au . Il en fut le secrétaire administratif alors que Léo Figuères (1948-1950), Guy Ducoloné (1950-1955) et Paul Laurent (1955-1956) en étaient les secrétaires généraux.

À la fin des années quarante, début des années cinquante, les membres de la JC espagnole en exil se réunirent à quelques reprises dans le pavillon de ses parents à Gennevilliers. Assistaient entre autres à ces réunions la fille de Dolores Ibarruri "La Pasionaria", présidente du PCE durant la guerre menée contre les putschistes par les républicains espagnols ; Santiago Carrillo, secrétaire de la JCE et futur secrétaire général du PCE après le retour de la démocratie en Espagne.

Ces organisations étaient interdites en France comme en Espagne et c'est une grande fierté pour la famille de Jean Faucher qu'il ait milité auprès des communistes espagnols en lutte contre le dictateur fasciste Franco, qui fit fusiller des opposants à sa dictature jusqu'en 1975. Un membre de sa famille par alliance, Juan Pinos, fut d'ailleurs fusillé en 1945.

Il fut le secrétaire du Comité Français de la Fédération Mondiale de la Jeunesse démocratique (FMJD), chargé de la préparation du Festival Mondial de la Jeunesse à Budapest en 1949. Responsable du programme culturel de la délégation française au Festival mondial de la jeunesse à Berlin en 1951.

Ces responsabilités firent qu'il fréquenta des artistes très connus : Yves Montand, Simone Signoret, Joseph Kosma, Michel Legrand. Responsable du bateau qui emmenait la délégation française au Festival de Moscou en , il gardait un souvenir ébloui des soirées au cours desquelles Michel Legrand, en présence de Joseph Kosma, interprétait au piano Les Feuilles mortes, entre autres.

De la Jeunesse et les Loisirs vers le Tourisme social (1953-1956) Jean Faucher fut membre du bureau national de l'UJRF en 1953 et 1955, responsable des activités culturelles, de loisirs et de plein air.

Sensibilisé à l'animation culturelle, aux loisirs, au chant choral, Jean Faucher était tout désigné pour représenter l'UJRF au sein des nouvelles structures de jeunes ou d'adultes créées au niveau national et international, c'est ainsi qu'il devint membre des organes dirigeants de diverses associations de jeunesse :

Entre 1949 et 1956, au nom de l'UJRF : Il créa l'Union des camps et relais de la jeunesse. Il fut le président fondateur de Loisirs et Vacances de la Jeunesse (LVJ), qui existe toujours en 2010, mais aussi : – président de l'Union française des auberges de la jeunesse (UFAJ) ; – secrétaire général de la Fédération française des auberges de jeunesse (FFAJ) ; – fondateur de la Fédération unie des auberges de jeunesse (FUAJ) ; – avec Maurice Cayron, secrétaire général de l'OCCAJ ; – président de la Fédération nationale des auberges de jeunesse (FNAJ) ; – membre du comité directeur de l'Union nationale des centres de montagne (UNCM) et de l'Union nautique française (UNF) ; – l'un des fondateurs de l'Union des centres de plein air (UCPA).

Jean Faucher est devenu très vite une personnalité incontournable des activités de jeunesse et de loisirs aux côtés de Pierre Mauroy de l'Association Léo Lagrange et de Maurice Cayron de l'OCCAJ (Organisation centrale des camps et auberges de la jeunesse, puis Organisation centrale des camps et activités de la jeunesse), chacun étant représentatif des courants de pensées dominants dans ce domaine à la Libération : les communistes, les socialistes et le mouvement confessionnelAlain Malherbe, L'Association Tourisme et Travail, 1944-1954, maîtrise d'histoire, université de Paris-VIII Vincennes à Saint-Denis, 1984. Il a conservé depuis cette époque et durant toute sa vie des amitiés solides, que les péripéties diverses ayant marqué les décennies suivantes n'effaceront pas.

De son mariage le à Asnières avec Jeannette Mirande, sa compagne des bons et mauvais moments, naîtront trois enfants, Michel, Sylvie et Martine. Jean Faucher attachait beaucoup d'importance à la vie de famille. Comme le dit, dans le discours prononcé lors de ses obsèques, Guy Matteudi, qui lui avait succédé à la présidence de l'Agence nationale pour les chèques vacances : « Jean Faucher était un homme épanoui par son couple, sa famille. Il aimait en parler, c'était son bonheur, sa fierté et son trésor personnel. »

Il vouait une grande admiration à sa belle-mère, Renée Mirande, avocate à la Cour, résistante communiste, cofondatrice du Front national des juristes dès 1941, déportée à Ravensbrück en 1943, qui présida l'Amicale nationale et internationale des anciennes déportées de Ravensbrück de 1945 jusqu'à son décès en 1979.

C'est au titre de l'UJRF que Jean Faucher devint, en , membre du comité de direction de Tourisme et Travail et ce, jusqu'en 1956. À partir de cette période, il se détacha progressivement des organisations de jeunesse pour se tourner vers les organisations de tourisme familial et social. Il resta cependant membre du Groupe d'étude et de rencontre des organisations de jeunesse et d'éducation populaire, (GEROJEP) de 1958 à 1968 et du Comité national des associations de jeunesse et d'éducation populaire (CNAJEP) de 1968 à 1971, où il continua d'y côtoyer, entre autres, Pierre Mauroy et Maurice Cayron.

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