Josué Yoroba Guébo ou Josué Guébo né le à Abidjan, en Côte d'Ivoire, est un homme de lettres et universitaire ivoirien. Figure contemporaine de la poésie africaine, il est également nouvelliste, dramaturge, essayiste et auteur de livres de jeunesse. Sixième président de l'Association des écrivains de Côte d’Ivoire (AECI), il est récipiendaire du Grand prix Bernard Dadié, du Prix Tchicaya U Tam'si pour la poésie africaine et du Prix Jeanne de Cavally pour la Littérature enfantine.
Josué Guébo est initiateur et président de la Société ivoirienne de transhumanisme (Sivot).
Biographie vignette|Josué Guébo à la Wikiconvention Francophone d'Abidjan, septembre 2023 Josué Guébo nait à Abidjan le . Il effectue l’essentiel de ses études secondaires et universitaires à Abidjan, sanctionnées par un doctorat en histoire et philosophie des sciences. Enseignant-chercheur à l’université Félix-Houphouët-Boigny d’Abidjan., il est membre de la Société ivoirienne de bioéthique, d’épistémologie et de logique (SIBEL).. Guébo a dirigé l’Association des écrivains de Côte d'Ivoire (AECI) de 2011 à 2016.
Les lettres
Premiers pas en littérature Très tôt, Josué Guébo commence à écrire des poèmes. Le premier semble avoir été composé à l’âge de douze ou treize ansGuy Constant Neza, Josué Guebo (poète) : « D’un mâle quelconque… une expression de révolte contre la tyrannie mâle », Le Nouveau Courrier, 12 février 2011 lorsqu’il est au collège à Grand-Bassam. Son intérêt pour la lecture le porte vers les œuvres d’Aimé Césaire, ou celles de Paul Verlaine. Il cultive aussi les grands africains en particulier Bernard Dadié, Léopold Sédar Senghor et Tchicaya U Tam'si qu’il découvre durant son parcours scolaire et universitaire.
Un concours littéraire organisé par l’Association des écrivains de Côte d'Ivoire (AECI), le fait connaître en 2000, pour son texte Noël, un fusil nous est né. Cependant, La Paix par l’écriture. est le recueil collectif au sein duquel Josué Guébo révèle ses premiers textes, après avoir été sacré double lauréat au concours national de littérature Les manuscrits d’or dans les catégories poésie et nouvelle.
Style et itinéraire
Josué Guébo est une figure remarquable de l’espace littéraire ivoirien, voire africain. La publication de ses premières œuvres poétiques (L’Or n’a jamais été un métal) ( 2009) « D’un mal quelconque » (2011) , « Carnet de doute » (2011) et « Mon pays, ce soir (My Country, Tonight) » (2011), constitue le point de départ d’une production littéraire soutenue, variée et marquée notamment par le Prix Tchicaya U Tam'si pour la poésie africaine, en 2014 avec Songe à Lampedusa.
De la dénonciation de l’assujettissement de la femme en proie à la tyrannie du mâle (D’un mâle quelconque) à la plaidoirie pour un monde plus ouvert et plus juste où, par exemple, le sort des migrants africains ne se jouerait plus à « dos d’un radeau » dans les profondeurs de la méditerranée (Songe à Lampedusa), l’écrivain milite pour un monde harmonieux et plus tolérant dans lequel les différences engendrent le progrès (Le blues des oranges).
Son écriture est marquée par la revendication de la liberté du continent africain vis-à-vis de l’ancienne puissance colonisatrice. Les œuvres les plus emblématiques d’une telle vision sont L’or n’a jamais été un métal, Carnet de doute et Mon pays, ce soir.
S’il refuse l’idée d’une littérature-monde dans laquelle toutes les différences culturelles sont effacées au profit d’un universalisme douteux, Josué Guébo opte pour une écriture de l’interculturalité, par laquelle il revisite les mythes et genres du terroir ivoirien.
Cela lui permet de mettre à hauteur de regard sa vision du monde, comme l’illustrent Aux chemins de Babo Naki et Ô divin Zibody.
L’un des lieux stratégiques de cette écriture de l’interculturalité chez Guébo semble le livre de littérature de jeunesse (Le Père Noël aime l’Attiéké) où la culture occidentale et la culture africaine se côtoient dans une perspective du donner et du recevoir.
Riche d’une multitude de procédés stylistiques, l’écriture de Josué Guébo mêle une esthétique de la brièveté et de l’allusion à un jeu de symbolisation et du sens figuré assez dense. Sans céder à un formalisme qui se dissocierait de la dynamique militante qui engage toute son écriture, l’écrivain opte pour une rhétorique militante. Sa fameuse formule « Un mot n’est jamais aussi explosif que comprimé » illustre bien cette idée.
Les 26, 27 et , à la Bibliothèque nationale de Côte d'Ivoire, à Abidjan, l’Observatoire national de la vie et du discours politiques (ONVDP) et le Centre de recherche et d’études en littérature et sciences du langage (Crelis) ont tenu, en une quarantaine de communications, un colloque international et interdisciplinaire sur les fondements sociaux, politiques, culturels et esthétiques de l’écriture de Josué Guébo.
Thématiques L’écriture de Guébo se tourne vers la défense de l’idéal égalitaire. Certains de ses textes sont marqués par cette revendication. Elle prend des accents de dénonciation, non pas seulement en direction de l’ordre économique international, mais aussi à l’endroit de ses supposés relais locaux. Guébo semble trouver dans l’appel à une Afrique unie, la solution aux écueils par lesquels s’affaisse le continent noir. L’idéal panafricaniste se révèle par endroits et pose l’unité africaine comme condition de liberté, de succès économique et politique des micro-États africains. Une telle approche semble aller de pair avec une réflexion sur la réalité identitaire.
Celle-ci fait précisément surface dans Le blues des oranges, création dramaturgique, où transparaît le regard de l’auteur sur les crises identitaires agitant son pays et plus généralement la scène du monde. Pour Guébo « S’il faut à tout prix avoir une couleur, porter vaille que vaille les couleurs et les douleurs d’une équipe » l’on doit soustraire les concepts de « Noir » et de « Blanc » de la chaîne de la compétition ». Guébo semble ainsi militer pour un monde accordé et intégré, où la concorde et le métissage se révèlent voie de salut.
La philosophie et le transhumanisme Auteur d’une thèse de doctorat en philosophie en 2010 sur l’objectivité et le progrès des sciences, dans la perspective poppérienne, Josué Guébo s’intéresse aussi au discours théorique sur les technologies. Pour lui, le débat initié par Popper autour de la question de l’objectivité des sciences – la connaissance sans sujet connaissant – trouve son actualité dans la question de l'intelligence artificielle.
Josué Guébo considère que l’histoire de l’objectivité est surtout celle d’un long effort de construction des standards des sciences cognitives. Il parie ainsi sur l’idée d’une mise en connexion de l’objectivisme idéalisé et des standards de l’intelligence artificielle ; ce qui implique au final de postuler la question de l’objectivité comme lame de fond structurant, de tout temps, le discours sur les sciences. Ses réflexions en lien avec l'objectivité comme lieu d'une « connaissance sans sujet connaissant » mènent ainsi à une réflexion autour de l'intelligence artificielle et de l'homme augmenté.
Dans un ouvrage intitulé « Réflexions sur le transhumanisme » publié en 2020, Josué Guébo analyse la portée de l’augment bionique en notant que « L'hybridation de l'humain à la machine, les troubles identitaires liés à la probable cohabitation entre sujets naturels et hommes augmentés, l'idée d'une mort réversible par procédé de cryogénisation et les alertes écologiques nées de la passion consumériste du sujet postmoderne, sont autant de questions auxquelles la réflexion, au XXIe siècle, ne peut se soustraire». Il en déduit que de tels « thèmes imposent une réévaluation de l'éthique, de la métaphysique et de la connaissance en général, tout en exigeant un nouveau regard sur la notion d'identité ».
En 2023, initiateur et président de la Société ivoirienne de transhumanisme, il poursuit une réflexion, déjà abordée dans ses précédents travaux. Elle est relative à la portée de l’innovation technologique en général et à celle du transhumanisme en particulier. Guébo penche pour une égalité des chances d’accès aux retombées de la science.
Œuvres
Préfaces
Distinctions Distinctions littéraires 1998 : Prix du concours d’écriture RFI « 3 heures pour écrire » 2000 : Premier Prix national de poésie AECI pour « Noël, un fusil nous est né » 2007 : Premier Prix de Poésie « Les Manuscrits d'or » pour « C’était hier » 2007 : Premier Prix de nouvelle « Les Manuscrits d'or » pour « Confidences d’une pièce de 25 Francs ».. 2014 : Prix Tchicaya U Tam'si pour la poésie africaine.. 2017 : Grand prix national Bernard Dadié de la littérature .. 2023 : Prix Jeanne de Cavally pour la littérature enfantine .
Autres distinctions 2012 : Chevalier du Mérite culturel ivoirien.
Citation
Références
Liens externes
Todd Fredson, « Think of Lampedusa, Translated from French », Boston Revue, October 6, 2016 John Venegas , « My country, tonight », Angel city revue, Los Angeles, May 9, 2017 Dexter L. Booth, « A Review of My country, tonight, Waxwing, Issue XIII, Fall 23017 Honorée Fanonne Jeffers, « Josué Guébo. My Country, Tonight », The Kenyon Review, april 2017 Todd Fredson « The Most Dangerous Crossing : Reconstituting Nationality in Josué Guébo’s Songe à Lampedusa, blackbird online journal, Fall 2016 Vol. 15 No. 2 Todd Fredson, « Josué Guébo: from My country, tonight », The Offendind Adam, review 202 Todd Fredson, « Til Death Do Us Part: Approaching Josué Guébo’s My country, tonight », Matter, Issue Fourteen, November 2015 Virginia Konchan, The Order Is Bullet Arturo Desimone, Between the Naked Water and the Flower of the Iroko Imane Terhmina, Black Odysseus: Mediterranean ‘Blues’ and Clandestine Migration in Josué Guébo’s Songe à Lampedusa
Bibliographie
Catégorie:Poète ivoirien du XXIe siècle Catégorie:Nouvelliste ivoirien Catégorie:Dramaturge ivoirien Catégorie:Auteur ivoirien de littérature d'enfance et de jeunesse Catégorie:Naissance le 21 juillet 1972 Catégorie:Kumusha