Ayaan Hirsi Ali (), née le à Mogadiscio (Somalie), est une femme politique et écrivaine néerlando-américaine d'origine somalienneElle n'a administrativement pas perdu sa nationalité somalienne, qui ne peut pas être abandonnée ; voir : ..

Fuyant la Somalie, elle obtient l'asile aux Pays-Bas où elle s'installe et étudie, puis travaille pour les services d'immigration néerlandais en tant que traductrice. Elle est élue à la Seconde Chambre des États généraux, de 2003 à 2006, sous l'étiquette du Parti populaire libéral et démocrate, après avoir brièvement adhéré au Parti travailliste de 2001 à 2002. Elle est connue pour son militantisme contre l'excision et ses prises de position sur l'islam, sa religion de naissance qu'elle rejette aujourd'hui. Elle est menacée de mort par Mohammed Bouyeri, assassin du cinéaste Theo van Gogh, notamment pour sa participation au court-métrage dans lequel ce dernier dénonce les violences faites aux femmes dans les pays musulmans. Elle reçoit le premier prix Simone de Beauvoir pour la liberté des femmes en 2008 et obtient la citoyenneté américaine en 2013.

Biographie Enfance en exil Ayaan Hirsi Magan est la fille d', intellectuel et homme politique somalien qui a étudié en Italie et aux États-Unis dans les et s'est opposé au régime du dictateur Siad Barre.. À l'âge de cinq ans, alors que son père était en prison, sa grand-mère a fait exciser Ayaan et sa sœur à l'insu de leur mère Ayaan Hirsi Ali, , , Simon & Schuster, Londres, 2008, .

Alors qu'elle est âgée de six ans, la famille d'Ayaan quitte la Somalie pour suivre Hirsi Magan Isse dans un long exil politique, d'abord en Arabie saoudite, en Éthiopie puis au Kenya. Le père voyage beaucoup mais sa famille reste dix ans à Nairobi, où Ayaan Hirsi Magan est scolarisée dans une école coranique (médersa) pour jeunes filles.

Arrivée aux Pays-Bas Le , après avoir été mariée de force par son père à un Somalien vivant au Canada, et alors qu'elle est en transit en Allemagne, hébergée par un lointain cousin et en attente d'un visa pour rejoindre son mari, elle s'enfuit aux Pays-Bas où elle obtient l'asile. Elle fait des études de philosophie politique à l'université de Leyde et obtient la nationalité néerlandaise en 1997. De 1995 à 2001, elle travaille en tant que traductrice et interprète pour la le système judiciaire et les services d'immigration néerlandais.

À partir de 2001, elle est chercheuse dans un groupe de réflexion du Parti du travail des Pays-Bas et se spécialise dans l'intégration des femmes étrangères et plus particulièrement musulmanes. Elle constate à cette occasion la permissivité de la société néerlandaise envers les discriminations faites aux femmes musulmanes au nom du communautarisme..

Se disant , elle est néanmoins en désaccord avec ce dernier sur les relations que la société doit entretenir avec les communautés étrangères.

Rupture avec le Parti travailliste Ayaan Hirsi Ali quitte le Parti travailliste et adhère en au parti libéral, où elle pense pouvoir davantage faire valoir ses idées. Élue a la seconde Chambre des États généraux en 2003, elle réussit à faire adopter une proposition de loi réprimant sévèrement la pratique de l'excision. Durant cette période, elle écrit de nombreux articles sur les dangers du communautarisme, qu'elle considère comme un obstacle à l'intégration ; elle considère qu'il n'y a

Ayaan Hirsi Ali entame une collaboration en 2004 avec le cinéaste Theo van Gogh. Ils écrivent ensemble le scénario d'un court-métrage militant sur la condition féminine dans le monde musulman axé sur les violences faites aux femmes. L'inscription de calligraphies du Coran, livre sacré des musulmans, sur la peau des actrices dénudées, provoque l'indignation de certains musulmans..

Menaces de mort et tentative d'exil aux États-Unis Après l'assassinat de Theo van Gogh par Mohammed Bouyeri, en , Ayaan Hirsi Ali est menacée de mort. : l'assassin avait laissé sur le corps de la victime une liste des futures cibles transpercée par le poignard où son nom figure en tête ; elle fuit aux États-Unis, pays dans lequel elle reçoit notamment le soutien officiel de l'., dans la précipitation. Mais, aux États-Unis, certains membres du camp républicain, d'abord favorables à sa cause, la désavouent et elle n'obtient pas la nationalité américaine.

De retour aux Pays-Bas, elle fait, sous haute protection policière, publier son livre , traduit en français sous le titre Insoumise. Après cette publication, Ayaan Hirsi Ali reçoit des menaces de mort. pour les critiques des relations homme/femme dans la religion musulmane qu'elle a formulées.

Controverse sur sa demande d'asile Dans un documentaire diffusé le à la télévision néerlandaise, Ayaan Hirsi reconnaît avoir menti pour obtenir le droit d'asile en 1992. Elle prétend alors venir directement de Somalie, alors qu'elle vit depuis dix ans au Kenya, et falsifie son identité et son âge. Elle soutient que son père la promet en mariage à un cousin résidant au Canada, et que sa famille doit se charger des formalités durant son escale en Allemagne.

Si selon des membres de sa famille, elle n'est jamais forcée au mariage., sa sœur l'aurait avertie du contraire après sa fuite en Hollande...

En , la controversée ministre de l'Intégration, Rita Verdonk, pourtant également membre du VVD, annonce que Ayaan Hirsi sera déchue de la nationalité néerlandaise. Une motion des représentants votée à la majorité le , la désapprobation de figures du VVD comme Gerrit Zalm et Neelie Kroes, ainsi que le désaveu du Premier ministre Jan Peter Balkenende, permettent à Ayaan Hirsi Ali de conserver la nationalité néerlandaise..

Retour aux Pays-Bas En , le gouvernement interrompt le paiement pour la protection rapprochée qu'il accorde à Ayaan Hirsi Ali, en raison de son absence du territoire national. En effet, elle réside depuis l'affaire aux États-Unis, où le gouvernement américain ne peut lui accorder protection, Ali n'étant pas de nationalité américaine. Ayaan Hirsi Ali revient aux Pays-Bas le même mois d'.. Le , la seconde Chambre des États généraux rejette une proposition du groupe demandant une extension du financement par les Pays-Bas de la protection aux États-Unis d'Ayaan Hirsi Ali..

Le , déclarant que son objectif est d'obtenir de quoi assurer sa sécurité aux États-Unis, elle décline une proposition d'asile faite par le ministre de la Culture du Danemark Brian Mikkelsen et parrainée par l', un réseau international de villes fournissant de l'aide aux écrivains persécutés..

Le , dix-neuf intellectuels français signent une lettre de soutien dans laquelle ils dénoncent dans l'attitude des Pays-Bas la , et demandent que la France assure la protection de Ayaan Hirsi Ali et lui accorde une Antoine Audouard, Nicole Bacharan, Antoine Basbous, Pascal Bruckner, André Comte-Sponville, Chahdortt Djavann, Luc Ferry, Alain Finkielkraut, Michèle Fitoussi, Caroline Fourest, André Glucksmann, Bernard-Henri Lévy, Abdelwahab Meddeb, Olivier Rubinstein, Mohamed Sifaoui, Dominique Simonnet, Michel Taubmann, Philippe Val et Marc Weitzmann, « Pour Hirsi Ali », Libération, ..

Voyage à Paris et à Bruxelles Le Ayaan Hirsi Ali se rend à Paris pour y recevoir le premier prix Simone de Beauvoir pour la liberté des femmes. De nombreuses personnalités du monde intellectuel et du monde politique, parmi lesquelles Ségolène Royal, sont présentes à la cérémonie.. La secrétaire d'État chargée des affaires étrangères et des droits de l'homme Rama Yade déclare à cette occasion que l'octroi à Ayaan Hirsi Ali de la nationalité française . et lit un message du président Sarkozy préconisant une prise en charge de la protection par l'Union européenne pour toutes les personnalités menacées, au-delà du seul cas d'Ayaan Hirsi Ali..

Le , Ayaan Hirsi Ali se rend à Bruxelles au parlement européen., pour demander aux députés européens de signer la déclaration écrite déposée le par les députés Benoît Hamon, Ana Maria Gomes, Véronique De Keyser et Harlem Désir, demandant que l'Union européenne assure sa protection « quel que soit le pays où celle-ci a choisi de résider ».. Cette déclaration avait à cette date reçu le soutien d'une centaine de députés européens.. Le , l'objectif de réunir une majorité, soit de députés échouait, la déclaration n'ayant obtenu que à l'issue des trois mois réglementaires..

Le , à la suite d'une réunion des ministres de l'Intérieur de l'UE, Franco Frattini annonce l'intention des États membres de l'Union d'assurer la protection de toute personne menacée pour ses opinions lors de déplacements en Europe..

Avis dans la presse

À la suite du refus du gouvernement des Pays-Bas d'assurer la protection d'Ayaan Hirsi Ali et sur le fait que la France pourrait assurer cette protection ; pour le quotidien néerlandais :

L'hebdomadaire Le Nouvel Observateur rapporte les propos du député Yves Jégo :

Dans un article intitulé « Sauvons-la ! »., Libération rapporte les propos du sociologue :

À la suite de son arrivée en France, l'hebdomadaire Politis qualifie la forte médiatisation de sa demande de naturalisation française ainsi que les soutiens qu'elle reçoit de « manipulations antilaïques » considérant notamment que la laïcité devrait s'accompagner d'une certaine discrétion. L'hebdomadaire lui reproche également son rapprochement avec Theo Van Gogh, la droite néerlandaise et le néo-conservatisme américain, qui serait, toujours selon ce magazine, contradictoire avec la défense de la laïcité à la française, mise en avant par certains de ses soutiens français. Enfin, il qualifie l'affaire de motivée par la « haine de l'islam » plus que par la défense de la laïcité.

Avis de personnalité L'écrivaine Chahdortt Djavann, considérant que le droit de critiquer les religions et leurs dogmes est un droit essentiel, indispensable à l'existence de la démocratie, a publié, une contribution au débat dans Le Figaro du , dans lequel elle demande que l'Union européenne reconnaisse les fatwas incitant au meurtre comme un acte criminel et engage des poursuites internationales contre ceux qui décrètent de telles fatwas..

Résidence aux États-Unis Invitée au à Washington, D.C., elle s'installe aux États-Unis dès 2007. Devenue citoyenne américaine en 2013, elle est membre associé de la à l'université Harvard..

Engagement politique Au cours de la conférence « » (la chute de l'Europe) à l'université Pepperdine, Ayaan Hirsi Ali demanda « des réformes économiques, ce qui signifie, réduire l'État, là où l'État n'est pas nécessaire, en particulier l'État-providence » , Ayaan Hirsi Ali, , conférence « » à l'université Pepperdine avec americanfreedomalliance.org, cité par bigpicweblog.com ; voir aussi Bruce Bawer prétendant que la social démocratie européenne (« ») est une « sorte de fondamentalisme » (« ») dans , , ..

L'islam Ayaan Hirsi Ali estime que l'Occident devrait régler le problème de la séparation de l'Église et de l'État comme l'a fait la France, et réclame aux Pays-Bas un changement de constitution afin d'y parvenir.

Ayaan Hirsi Ali soutient que Mais, selon elle, ces deux dernières religions ont dû se réformer, ce qui n'a pas été le cas de l'islam, considéré par elle comme un groupe homogène, ce qui lui a été reproché.. La venue de plusieurs millions de musulmans en Europe à partir de la deuxième moitié du constitue, selon elle, un fait majeur et durable. Elle réclame pour l'islam d'Europe une période de Lumières. Ce point de vue trouve un certain écho chez des penseurs comme Alain Finkielkraut ou Bernard-Henri Lévy, qui ont un avis sur la question assez proche du sien. , et affirment qu'ils ne se prononcent pas contre l'extrémismeVoir l'échange réaction de envoyée à l',