Roger (1290-1380), né au manoir de Maumont, à Rosiers-d'Égletons, mort à Cornillon, est le fils aîné de Rog(i)er ou Roguier (frère de l'archevêque Nicolas Roger) et de Guillaumette de Mestre, et le frère du pape , dont la carrière ecclésiastique fit de la famille de son aîné l'une des plus en vue de la Provence et du royaume de France. Il fut, par don ou par acquisition, baron de Pertuis et Saint-Rémy, vicomte de Lamothe et de Valernes, comte de Beaufort et d'Alès. Il est le père du pape (Pierre Roger lui aussi).
Biographie Pierre Roger, futur pape , devint abbé de Fécamp en 1326, évêque d'Arras en 1328, archevêque de Rouen et président de la Chambre des Comptes en 1330. Le prélat, un des favoris de , usa de la faveur royaleJean-Marie Schio Roger de Beaufort. Son frère aîné Roger, qui avait reçu en dot de sa première femme le fief de Chambon en Combraille en 1331, fut anobli l'année suivante.
Constitution des fiefs sous le pontificat de Les revenus archiépiscopaux de Pierre Roger — l'archevêché de Rouen était le plus riche de FranceÉcole nationale des chartres, Positions des thèses soutenues par les élèves de la promotion de 1996 — furent judicieusement investis. Le , Roger put acheter à Bernard de Ventadour sa terre de Rosiers-d'Égletons. Puis le , il rendit hommage à Marie de Flandre-Termonde, veuve de Robert, comte d’Auvergne et de Boulogne, pour son château de Margerides qu'il venait d'acquérir. Le fief voisin de Saint-Exupéry-les-Roches lui fut vendu par Aymery de Châlus, en 1338Jean-Pierre Saltarelli, Les seigneurs de Cornillon au siècle.
Devenu cardinal en 1338, Pierre fut élu pape, à Avignon, le , sous le nom de . Le , Philippe de Valois accorda de rente à Roger sur les comtés du Maine et d’Anjou. Le frère du pape se vit attribuer, la même année, le fief de Beaufort. Jean duc de Normandie, comte d'Anjou et du Maine, ayant transformé ce fief en vicomté en 1344, Guillaume fit restaurer le château dès 1345. Puis la faveur royale en fit un comté en 1347, tout en exemptant de chevauchée le nouveau comte.
Le , Roger acheta au Dauphin le château de Veyre-Monton et les seigneuries auvergnates du Pont-du-Château, de Monton, d'Aubusson, d'Aurouze, de Saint-Martial, de Chanteuges et de Langeac. Ces fiefs, relevant du domaine royal, avaient été cédés à , Dauphin du Viennois, par , le , pour l'amener à composition et préparer la cession du Dauphiné au royaume de France. Leur vente fut confirmée le de la même annéeAurouze et Saint-Martial se trouvent de nos jours dans le Cantal ; Chanteuges et Langeac, dans la Haute-Loire ; Aubusson, Monton, Pont-du-Château et Veyre-Monton dans le Puy-de-Dôme. La vicomté de Lamothe fut achetée 1344 par à Armand de RoquefeuilFrancisque Micolon, Un frère de : Guillaume Roger de Beaufort, vicomte de Lamothe, Almanach de Brioude et de son arrondissement vol. 17, 1936, p. 45..
Le , Raymond de Chambarlhac de Lherm, damoiseau, rendit hommage à Roger, comte de Beaufort, dont il était le vassal dans la baronnie de FayFiche de Raymond de Chambarlhac de Lherm par Bernard Guinard.
À la mort de son frère le cardinal Hugues Roger en automne 1362, Guillaume, par héritage, se vit attribuer la baronnie de Bagnols-sur-Cèze et le comté d’Alès.
Dons de la reine Jeanne En 1348, la reine Jeanne, chassée de son royaume de Naples, dut se réfugier en Provence. Pour reconquérir ses États napolitains, elle vendit Avignon au pape pour , et obtint au passage l'absolution pontificale qui la lavait de tout soupçon dans le meurtre de son premier époux André de Hongrie. Reconnaissante, elle offrit à Guillaume le fief de Valernes, qui fut érigé en vicomté par lettres patentes en 1350. Valernes, place forte dès le , était l'un des verrous de la moyenne vallée de la Durance. La nouvelle vicomté comprenait les communautés de Bayons, Vaumeilh, la Motte, Bellaffaire, Gigors, Lauzet, les Mées, Mézel, Entrevennes et le Castellet, avec leurs juridictions et dépendancesÉdouard de Laplane, Histoire de Sisteron, tirée de ses archives, Digne, 1845, T. I, p. 126..
En 1353, la reine Jeanne, considérant , offrit contre hommage de et de façon inaliénable, Saint-Rémy, Pertuis, Meyrargues, les Pennes et SéderonProvence historique, Volume 44, 1994, p. 142..
D’emblée, la cession de Saint-Rémy posa problème. Le , par lettre, la reine Jeanne ordonnait aux Saint-Rémidois de rendre hommage à . Cinq jours plus tard, elle étendit la portée de sa donation aux droits régaliens et de justice des premières appellations sur le castrum et ses appartenances. Le , la reine écrivit au Sénéchal Foulques d'Agoult pour le presser à mettre ses lettres en application. Trois jours après, elle signait une lettre adressée aux communautés qui devenaient vassales de , ainsi qu’aux habitants d’Aix et de Tarascon, pour leur signifier et confirmer ses donations aux Roger de Beaufort.
Au cours du mois de mars 1371, fit définitivement enregistrer par la Cour des Comptes d'Aix les lettres de confirmation de la donation de Saint-Rémy par la reine Jeanne.
fait de son héritier universel L'émancipation de son fils aîné fut effective le . Il léguait à son , l'ensemble de son patrimoine limousin, avec le fief et le titre de comte de Beaufort, d'une part, ainsi que ses fiefs d'Auvergne contigus au Limousin, et la moitié de ses terres dans les comtés de Provence et Forcalquier, selon la partition faite par notre seigneur le papeLes archives départementales des Bouches-du-Rhône ont conservé la lettre d'émancipation, sous la cote B 1431, f° 37 r°. Dans une lettre datée du 24 novembre 1349, le père signifiait à son fils : .
Guerres de Roger vignette|Bataille de Poitiers (1356). Miniature du Maître de Giac tirée d'un manuscrit des Chroniques de Froissart, Morgan Library, M.804. Il participa à la bataille de Poitiers, en 1356, et fut fait prisonnier à rançon. Le résultat immédiat fut de faire sortir des ordres son cadet Nicolas Roger de Beaufort. Relever son fils de ses vœux et réunir sa rançon fut l'œuvre des cardinaux de la famille.
guerroya en Auvergne avec le duc de Berry durant tout ce dernier semestre 1369. Puis l'année suivante, le comte participa avec au blocus de Belleperche.
Molinier dans son Histoire du Languedoc signalait une lettre de 1376, dans laquelle Roger de Beaufort s'élevait contre les menées pro-anglaises de Bernard Pelet, coseigneur d'Alès, dans son comté. Il était aidé par un agent anglais, Pierre de Galard, connu en Cévennes sous le diminutif de Perrot et qualifié de gros et méchantRevue du Midi, Volume 9, Partie 2, 1895..
Nouveaux achats sous le pontificat de Pour son neveu Raymond, trouva un parti prestigieux en la personne de Marie de Boulogne, nièce par alliance du roi Jean le Bon. Le . Par contrat, Marie apportait à Raymond de Turenne sa seigneurie de Saint-Just-en-Champagne, tandis que son frère, , vendait ses seigneuries de Combrailles à Roger de Beaufort pour . Les seigneuries de Combrailles étaient celles de Chambon-sur-Voueize, Evaux-les-Bains (Evaon), Semur (Sermur ?) et StusanieM. Joullietton, Histoire de la Marche et du pays de Combrailles, T. I, Guéret, 1814..
Verfeil, dans la vallée de la Seye, fut acheté par , comte de Beaufort, le , lors de l'émancipation de son fils Raymond, vicomte de ValernesActe enregistré à Cornillon, dans le diocèse d’Uzès.
Mariages vignette|300px 1° Marié en 1325 à Marie de Chambon, elle lui donna dix enfantsDix enfants dont , né en 1326, émancipé en 1349, Pierre, futur , né en 1329, Roger, né en 1342, émancipé en 1360 (il a 18 ans), Jean et Nicolas., dont :
, le fils aîné, vicomte de Turenne par son mariage avec Aliénor de Comminges : parents de Raimond de Turenne et de quatre filles bien mariées ; Roger, qui fut longtemps captif du Captal de Buch ; Pierre, futur pape en 1370-1378 ; Nicolas (1340-1415), seigneur de Limeuil du chef de sa femme Marguerite de Galard, et souche de la deuxième branche des Roger de Beaufort-vicomtes de Turenne, après celle issue de son frère aîné ; cette branche se fondra dans les La Tour d'O(l)liergues, leur transmettant la vicomté de Turenne : voir plus bas. En effet, les vicomtes de Turenne issus de courent jusqu'à sa petite-fille Antoinette, morte en 1416, épouse de Boucicaut ; la postérité de Nicolas succède alors à la vicomté de Turenne (lui-même, d'ailleurs, semble avoir porté aussi le titre) : Le vicomte Pierre, né du mariage de Nicolas avec Ma(r)the de Montaut-Mussidan, épouse en 1432 Blanche de Gimel, dont : Catherine Roger de Beaufort, dame de Charlus (x Louis, comte de Ventadour), et la vicomtesse Anne Rog(i)er de Beaufort, qui marie en 1444 son cousin germain de La Tour d'Oliergues (ci-après) : d'où la suite des vicomtes de Turenne de la maison de La Tour d'Olliergues (qui prendra ensuite le nom de La Tour d'Auvergne à la suite du mariage en 1518 de leur petit-fils le vicomte (ou II) de La Tour d'Oliergues-Turenne : voir plus bas), dont Henri, duc de Bouillon, et son fils le fameux maréchal de Turenne ; Marguerite Roger de Beaufort, une sœur de Pierre, épouse en 1423 de La Tour d'Oliergues : parents d' ci-dessus Jean, qui fut évêque de Carpentras puis archevêque d'Auch et de Narbonne ; Delphine/Dauphine, x Hugues de La Roche : leur fille Marthe de La Roche épouse Louis, baron prince de Montboissier : grands-parents de de Montboissier ci-dessous ; Ma(r)the, x Guy de La Tour, d'où Bertrand, lui-même père de , comte d'Auvergne : ce sont des ancêtres de Catherine de Médicis, de , des Savoie et des Habsbourg-Lorraine ! ; Marie, x de Châteauneuf d'Apchier (postérité), x de Nogaret de Calvisson et Marsillargues, petit-fils du légiste Guillaume ; Marguerite, x de Ventadour ; Elise/Elips/Alix/Hélène Roger de Beaufort, x Guillaume de La Tour d'Oliergues, fils de (ou V) de La Tour et d'Isabelle de Lévis-(Mirepoix), frère aîné prédécédé de Guy de La Tour ci-dessus, mort vers 1343/1349, et de Poitiers, comte de Valentinois.
Marie de Chambon décéda en 1344.
2° Sa seconde épouse fut Guérine de Canillac, avec laquelle il convola en 1345. Le couple eut deux enfants, - Jeanne (épouse sans postérité de Louis, comte de Forez en 1358-1362), et :
Marquis/Marquès/Marc Rog(i)er qui reprit le nom de Canillac, d'où les Beaufort-Canillac fondus dans les Montboissier par le mariage en 1459 de sa petite-fille Isabelle/Isabeau Roger de Beaufort-Canillac (fille de son fils Louis Roger de Canillac) avec de Montboissier (à Brousse et Cunlhat) ci-dessus : parents de de Montboissier, père lui-même de Jacques de Montboissier. Marquès Roger de Beaufort-Canillac avait épousé Catherine d'Auvergne, puis Eléonore d'Anduze.
Ladite Isabelle/Isabeau Roger de Canillac était fille de Jeanne de Norry et Louis Roger de Canillac — lui-même fils de Marquis/Marquès Roger de Beaufort-Canillac qu'on vient de citer et d'Eléonore d'Anduze — et elle avait toute une fratrie, dont :
Anne Roger de Canillac, morte en 1511, x de La Tour d'Auvergne-Montga(s)con († 1469), fils cadet du comte d'Auvergne ci-dessus : parents de († 1497), père lui-même d'Anne d'Auvergne-Montgacon († 1530) : cette branche cadette des La Tour-comtes d'Auvergne se fond alors, par le mariage de cette deuxième Anne avec (ou II) de La Tour d'Oliergues de Turenne, dans leurs lointains cousins La Tour d'Oliergues, vicomtes de Turenne, héritiers de Nicolas Roger de Beaufort ci-dessus et désormais porteurs du nom de La Tour d'Auvergne de Turenne ; Marquis/Marquès/Marc Roger de Canillac comte d'Alès, vicomte de Lamothe et baron prince d'Anduze, x 1469 Jeanne, fille d'Antoine de Chabannes-Dammartin. Sans postérité : son frère Jacques hérite. et Jacques Roger de Canillac, mort en 1513, lui-même sans postérité de son union avec Jacqueline de Créqui, fille de et petite-fille maternelle du comte : par son testament de 1511 il légua ses biens à ses neveu et petit-neveu et Jacques de Montboissier, à charge pour eux de relever le nom et les armes des Beaufort-Canillac. Guérine de Canillac mourut en 1359.