thumb|Symbole standard APP-6A de l'OTAN pour une division d'infanterie alliée.
D'une manière générale, sur le plan international, on nomme division une unité militaire interarmes importante, composée d'un nombre de soldats généralement compris entre .
Dans la plupart des armées, un corps d'armée est composé de plusieurs divisions et chaque division est composée de plusieurs régiments ou brigades.
Toutefois, selon les pays, les armes et les époques, le mot « division » est parfois utilisé dans un sens différent, comme, en France, les « divisions militaires territoriales », subdivisions des régions militaires.
Histoire
Dans le monde occidental, il semble que ce soit le maréchal français Maurice de Saxe (1696-1750) qui envisagea le premier, dans son livre Mes Rêveries, d'organiser une armée en unités interarmes plus petites. Il décéda à l'âge de 54 ans sans avoir pu la réaliser.
France
Armée
Le système divisionnaire trouve son origine dans la réforme des armes engagée en France à la fin de l'Ancien Régime. Son principe est de lier dans un même ensemble une part d'infanterie, une autre de cavalerie et une dernière d'artillerie et ce afin d'autoriser la combinaison de ces forces sous la forme d'une petite armée indépendante.
Exploitée pendant les guerres révolutionnaires, cette organisation des armées sera habilement utilisée par Napoléon Bonaparte dès la première campagne d'Italie (1796-1797). Il usera alors du système divisionnaire pour disperser son armée dans la plaine du Pô, pour y réduire ses temps de déplacement et alléger les problèmes logistiques, tout en gardant la faculté de la regrouper à l'occasion des batailles.
Par la suite, des divisions sont devenues spécifiques en fonction des régiments qui les composent.
Aussi, par exemple, de simples divisions d'infanterie sont devenues : « blindées » en ajoutant des régiments de chars ; « motorisées » en embarquant l'infanterie dans des camions de transport ; « mécanisées » en l'embarquant dans des véhicules de type VAB ; ou « parachutistes » en larguant les hommes en parachute.
En dehors de cet « aspect combattant », une division militaire territoriale (DMT) fut, à partir des années 1960, l'une des subdivisions administratives de régions militaires en un certain nombre (variable) desquelles était « découpé » le territoire national.
Le , l'Armée de terre française se réorganise, dans le cadre de la professionnalisation des armées. En raison de la réduction des effectifs, les divisions sont redimensionnées et deviennent des brigades.
En cas de besoin, quatre « états-majors de force opérationnelle » (EMF) permettent de constituer des divisions pour des interventions militaires lourdes.
Le , le plan de réorganisation de l'Armée de terre, nommé Au contact, marque le retour du niveau divisionnaire. Les et divisions sont recréées, elles encadrent chacune trois brigades (deux brigades lourdes, deux brigades médianes et deux brigades légères) ainsi que les unités françaises de la brigade franco-allemande. Ces deux grandes divisions interarmes sont intégrées au programme de modernisation Scorpion. Chaque division compte environ .
Onze commandements spécialisés, de niveau divisionnaire, sont également créés.
Dans l'Armée de terre, l'expression division militaire peut donc désigner : soit une unité militaire, qui est depuis le milieu du une unité interarmes, c'est-à-dire composée d'éléments appartenant à plusieurs armes (infanterie et artillerie en général ou cavalerie et artillerie) ; soit une unité territoriale, autrement dénommée « région militaire » correspondant à une organisation militaire du pays, indépendamment des forces qui y sont stationnées. Il est donc indispensable d'indiquer à quelle période l'on se réfère et s'il s'agit d'une division des forces ou d'une division territoriale.
Division d'infanterie
Durant la seconde guerre mondiale, une DI se composait organiquement de : 3 régiments d'infanterie (RI) ; 1 régiment de reconnaissance blindé ; une artillerie divisionnaire à 3 groupes de 105 et un groupe de 155 ; 1 bataillon du génie ; 1 groupe d'artillerie antiaérienne et de services.
Division Scorpion 2027
En , dans le cadre d'une transformation de l’Armée de terre pour améliorer sa réactivité, on prévoit pour 2027 la composition suivante, pour une division de et projetables en 30 jours, dont une brigade en 10 joursDivision 2027 ... . : éléments divisionnaires : 7 000 hommes, dont : commandement et intégration ; renseignements (drones de reconnaissance…) ; frappe dans la profondeur : 9 lance-roquettes multiple ; 16 hélicoptères de manœuvres et 16 de reconnaissance et d'attaque ; défense antiaérienne ; génie, sapeur et moyens de franchissements ; cyberdéfense ; défense NRBC ; logistique, santé ; brigade de décision : 6 000 hommes pour combattre, prendre l'ascendant, conquérir, dont : jusqu’à 5 groupements tactiques interarmes ; un bataillon du génie militaire ; un bataillon d'artillerie, dont : 6 escadrons de chars, 3 escadrons de reconnaissance (102 chars Leclerc, 218 véhicules blindés légers) ; 12 compagnies d'infanterie (200 VBCI) ; 4 compagnies de génie ; 9 sections d'artillerie (36 pièces de 155 mm et de mortiers de 120 mm) ; 2 unités de commandement, de soutien et de transmissions ; brigade médiane : 6 000 hommes pour combattre, appuyer, contrôler le terrain : jusqu’à 5 groupements tactiques interarmes ; un bataillon du génie ; un bataillon d'artillerie, dont : 6 escadrons de chars, 3 escadrons de reconnaissance (96 chars Leclerc, 218 véhicules blindés légers) ; 12 compagnies d'infanterie (200 VBMR Griffon et VBMR-L Serval ; 4 compagnies de génie ; 9 sections d'artillerie (36 pièces de 155 mm et de mortiers de 120 mm) ; 2 unités de commandement, de soutien et de transmissions.
Marine
Dans un contexte naval, une division est une subdivision de l'escadre. Elle se compose généralement de quatre à six grands navires de guerre. L'unité est généralement commandée par le contre-amiral ou le vice-amiral.
Unités interarmes
Groupe d'armées. Armée. Corps d'armée. Division (depuis 1914). Brigade (depuis 1945).
Chaque grande unité interarmée est commandée par un officier général qui dispose d'un état-major, d'éléments organiques (de division, de corps d'armée, d'armée) et d'un nombre variable de grandes unités qui lui sont subordonnées.
C'est seulement entre 1864 et 1940 que les grandes unités françaises et allemandes ont eu une organisation fixe jusqu'au niveau corps d'armée. Depuis 1955, la grande unité qu'est la division est modulable selon son type (division d'infanterie ou blindée), l'état-major pouvant être amené à « casser » les unités pour les réorganiser en groupements temporaires (voir l'histoire de la Division Blindée ou de la Division d'infanterie coloniale en 1944-1945).
Unités propres à chaque arme
Corps de troupe (régiment, bataillon, groupe). Unité élémentaire (compagnie, escadron, batterie). Section ou peloton. Groupe. Équipe, escouade ou pièce.
Le corps de troupe est placé sous le commandement d'un officier supérieur qui est responsable de l'administration, de l'instruction et de la conduite opérationnelle de son unité. Pour cela il dispose de ses commandants d'unités et d'un état-major regroupant les différents services dont le corps a besoin pour fonctionner (services administratifs, services techniques, service médical, base arrière, bureau opération-instruction).
La compagnie est la plus petite unité administrative ; elle est placée sous les ordres d'un capitaine qui est responsable de l'administration, de l'instruction et de la capacité opérationnelle de son unité. Il dispose de trois à quatre sections de combat (infanterie, génie) ou pelotons de chars (cavalerie), de ses pièces, d'un lieutenant de tir et d'officiers d'observation (artillerie), de sections de combats ou spécialisées dans le franchissement ou les travaux (génie), de liaison filaire, hertziennes, et autres (transmissions), etc. Selon son type et son arme d'appartenance, l'effectif de chaque compagnie comprend entre 150 et 200 hommes.
En 2005, l'Armée de terre possède cinq grandes zones de défense : Île-de-France ; Nord-est ; Nord-ouest ; Sud-ouest ; Sud-est.
Hiérarchie des unités en France
Armée de Terre Région / théâtre d'opérations (XXXXXX) Groupe d'armées / front (XXXXX : symbole utilisé sur cartes -d'états-majors etc.- ou dans listes d'ordres de bataille pour les lignes de front(s)) Armée / détachement d'armée (XXXX) Corps d'armée (XXX)
Infanterie
Division (XX) commandée par un général de division *** Brigade (X) commandée par un général de brigade ** Régiment (III) commandé par un colonel COL ou lieutenant-colonel Bataillon (II) commandé par un commandant CDT (2 compagnies soit 240 hommes) Compagnie (I) commandée par un capitaine CNE (3 sections soit 120 hommes) Section (…) commandée par un lieutenant LTN ou un major ou un adjudant-chef (environ 40 hommes) Groupe (..) commandé par un sergent SGT ou maréchal des logis MDL (environ 10 hommes) Équipe (.) ou binôme commandé(e) par un brigadier BRG ou brigadier-chef BCH ou caporal (chef) Fantassin
Ces chiffres sont susceptibles de variations selon les unités militaires.
Cavalerie
Division Brigade Régiment Groupe d'Escadrons Escadron Peloton Cavalier
Artillerie
Division Brigade Régiment Escadron Batterie Troupe Section Bombardier, canonnier
Marine
Flotte Escadre Division Flottille Unité (navire) Compagnie ou Service : SIC (Service Information Communication) ; LSM (Lutte Sous la Mer) ; LAM (Lutte Au-dessus de la Mer) ; Pont ; Armes ; Mobilité ; Commissariat et Santé ; Flotteur ; Aéronavale Secteur (en général PONT est divisé en 3 : TIM /DAG / Vie courante) Matelot ou quartier-maître, fusilier
Armée de l'air
Flotte Escadre Groupe, deux escadrilles, commandé(e)(s) par un commandant Escadrille, de douze à seize appareils, commandée par un capitaine Patrouille, de deux à quatre appareils
Gendarmerie nationale direction générale commandée par un général d'armée Zone de défense commandée par un général de division Légion commandée par un général de brigade ou un général de division Groupement ou groupements de gendarmerie mobile dirigé(s) par un colonel Compagnie ou escadron dirigé(e) par un capitaine (France) ou un chef d'escadron Brigade territoriale ou peloton dirigé(e) par un adjudant, un adjudant-chef, un major ou un lieutenant
Commandement Quartier général État-major
Union soviétique
Si toute action offensive implique de fortes concentrations de troupes, la menace des armes de destruction massives durant la guerre froide exige en contrepartie la plus large dispersion des hommes après l’occupation du terrain. C’est la raison essentielle pour laquelle, d’une part, la taille de la division a grossi ( au lieu de ), alors que la densité d’occupation est passée de 500 à 8 hommes seulement au kilomètre carré.
Année 1945 1965 1975 1985 Surface occupée Densité au km²500 h/km²10 h/km²20 h/km²8 h/km² Taille de la division5 000 h8 500 h12 500 h15 000 h Objectif de la journée20 km35-4035-4060-70
Allemagne durant la Seconde Guerre mondiale
Les divisions d'infanterie de la Heer (armée de terre) durant la Seconde Guerre mondiale sont en général du type triangulaire avec répartis en 3 régiments de 3 bataillons.
Japon durant la Seconde Guerre mondiale
Les divisions d'infanterie de l'armée impériale japonaise durant la Seconde Guerre mondiale sont en général du type triangulaire, avec en trois régiments de trois bataillons. Le commandant de division est nommé lieutenant-général.
Chaque régiment a une batterie de quatre canons antichar 37 mm et une de quatre canons de montagne de 75 mm. Chaque bataillon a 2 obusiers légers de 70 mm. Le régiment d’artillerie possède cinq canons antichar de 37 mm, 24 canons de 75 mm et 12 canons de 100 mm.