de Souabe né Philippe de Hohenstaufen (février/ † à Bamberg) est roi de Germanie de 1198 à 1208, élu peu de temps avant , dans le cadre de la rivalité durable qui opposer les Hohenstaufen aux Guelfes à la mort de l'empereur . Il est aussi margrave de Toscane (1195-1208) et duc de Souabe (1196-1208).

Biographie

Philippe naît autour de 1177, l'année où son père, l'empereur Frédéric Barberousse, est couronné roi d'Arles, dont il détient les droits du chef de sa deuxième femme, la comtesse , fille unique et héritière de , comte de Haute-Bourgogne, et d'Agathe de Lorraine. Philippe est par conséquent le frère cadet de l'empereur et le plus jeune des fils de Frédéric et Béatrice.

Dès sa plus tendre enfance, il est voué à l'Église et devient prévôt d'Aix-la-Chapelle. En 1190 ou 1191, il est nommé évêque de Wurzbourg. Après avoir accompagné dans son voyage en Italie en 1191, Philippe abandonne la carrière ecclésiastique et, en 1195, il retourne en Italie, où il est fait duc de Toscane, avec en dotation les "biens de Mathilde" (c'est-à-dire les territoires ayant autrefois appartenu à Mathilde de Canossa). À la mort de son frère aîné Conrad en 1196, il devient duc de Souabe.

À la mort d', qui laisse comme successeur au trône impérial son fils, le très jeune Frédéric (le futur ), des désordres importants éclatent entre la famille Hohenstaufen et ceux qui refusent l'idée d'un empereur mineur. Pour défendre les intérêts de son neveu, Philippe accepte la couronne et il est élu roi des Romains au mois de , au cours de la diète tenue à Mühlhausen. Il est couronné le , devenant ainsi la nouvelle référence des Gibelins en Italie. Cela déplait au pape , qui prend le parti d', second fils du duc de Saxe Henri le Lion. Ce dernier accepte des sacrifices immenses : il renonce à l'intervention impériale dans les élections épiscopales en Germanie, abandonne toute idée de suzeraineté sur la ville de Rome ou de souveraineté sur la Sicile, qui redeviendrait vassale du Saint-Siège, etc. Le pape fait élire Othon roi des Romains à Cologne le , avant de le couronner le . Dans le conflit qui s'ensuit, Philippe de Souabe est soutenu par le roi de France, tandis que la monarchie anglaise défend Othon, auquel le lient des liens familiaux. Les Welf sont définitivement battus le lors de la bataille de Wassenberg.

En 1201-1202, Philippe, toujours à la tête du Saint-Empire mais non sacré par le pape, héberge un temps , prétendant au trône de Constantinople chassé par son oncle, ce qui sera à l'origine du détournement de la quatrième croisade vers Constantinople.

L'archevêque de Cologne (Adolphe), qui soutenait jusqu'alors la cause guelfe, rejoint finalement le parti de Philippe, celui-ci est de nouveau couronné et en 1208, le pape lui-même finit par le reconnaître comme empereur.

Mort Le , il meurt poignardé à l'âge de 32 ans à Bamberg (250 km au nord de Munich en Bavière) par son allié Otton de Wittelsbach (exécuté le ), comte palatin de Bavière, qu'il aurait mortellement offensé en lui refusant la main de sa fille. Le clan des Andechs fut accusé de lui avoir prêté main-forte, ce qui leur valut d'être privés de leurs biens et contraints de fuir en Hongrie.

Son épouse Irène, qui s'était enfuie après son assassinat, meurt le de la même année des suites de l'accouchement d'un enfant, mort-né.

Réélu à Francfort le , peut alors recevoir la couronne impériale du pape le .

Parmi les actes octroyés par Philippe, on peut noter la confirmation de la charte d'Albert de Cuyck aux bourgeois de Liège datée du . Jamais couronné empereur, il se faisait appeler, dans les actes de sa propre chancellerie, en référence à l'empereur romain Philippe du Page 104 dans Les grands courants de l'histoire universelle (1947) de Jacques Pirenne..

Mariage et descendance Il avait épousé en Irène Ange de Constantinople (1172-1208), fille de l'empereur byzantin , et veuve de , décrite par Walther von der Vogelweide comme "une rose sans épines, une colombe sans tromperie".

Elle lui donna sept enfants dont trois meurent en bas âge :

Béatrice (1198 † Nordhausen, le ), qui épouse en 1212 le futur empereur germanique , et meurt quelques jours après la cérémonie ; Marie (1200 † Louvain, 1235), qui épouse en le duc (1207 † 1248) ; Reginald (vers 1201 † jeune), enterré à l'abbaye de Lorsch ; Cunégonde (1202 † ), qui épouse en 1224 le roi (1205 † 1253) ; Élisabeth, aussi appelée Béatrice après la mort de sa sœur aînée (1203 † Toro, ), qui épouse en 1219 , roi de Castille et de León (v.1200 † 1252) ; Frédéric (vers 1205 † jeune), enterré à l'abbaye de Lorsch ; Béatrice (), posthume, qui ne vit que quelques heures, enterrée à l'abbaye de Lorsch.

Ascendance

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Anthony Stokvis, Manuel d'histoire, de généalogie et de chronologie de tous les États du globe, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, préf. H. F. Wijnman, Israël, 1966, et tableau généalogique « Généalogie des ducs de Souabe, : Les Hohenstaufen » 219.

Liens externes

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