vignette|Compte de l'Hôtel du Dauphin Charles, futur Charles VII (1421-1423). La Chambre aux deniers (en latin camera denariorum) était sous l'Ancien Régime une chambre financière de l'Hôtel du roi agissant comme trésorerie pour les différents services de l'Hôtel. Elle apparaît dès le règne du roi de France Louis IX et disparaît par réforme en 1780.
Héritage de la Camera regis. La Chambre du Roi (camera regis) était l'espace privé du roi dans son palais. Au début du , commence à se mettre en place une séparation entre les services liés à la personne du roi et les services de l'État placés sous l'autorité du roi.
La Chambre du Roi prend place au coeur de l'Hôtel du roi (hospitium regis) au milieu du quand on constate les premières ordonnances de l'HôtelTelma Cnrs : Ordonnances de l'hôtel du roi qui fixent la liste des personnes faisant partie de l'Hôtel, leur temps de service, leurs gages ou les prélèvements en nature qu'ils reçoivent.
La Chambre du roi proprement dit accueille les grands officiers de la Couronne avec des fonctions domestiques. Certains de ces grands offices sont les héritiers de ceux créés par les premiers rois mérovingiens puis carolingiens qui eux-mêmes reprenaient des offices existant à la cour impériale pendant l'Antiquité tardive : sénéchal, chancelier, connétable...
Avec le développement de la monarchie, le nombre de ces grands offices a augmenté. Sous Charles VI, ils comprennent : le chambrier de France, le grand chambellan, le connétable, le bouteiller, le grand panetier, le grand échanson, le grand queux, le grand maître de l'hôtel, deux maréchaux de France, le grand maître des arbalétriers, le porte-oriflamme, l'amiral de France. Au selon Paul Lehugeur, l'Hôtel du roi comprend six métiers nécessaires à la personne du roi et au « commun », c'est-à-dire au personnel de l'hôtel — Paneterie, Échansonnerie, Cuisine, Fruiterie, Écurie et Fourrière — et six chambres — la chancellerie, le confesseur, l'aumônier, la chapelle, les maîtres de l'Hôtel et la Chambre aux deniers.
L'Hôtel du roi est réorganisé en profondeur au pour devenir la Maison civile du roi.
Histoire Quoiqu'aux premiers temps de la monarchie, le grand chambrier de France avec les chambellans eurent en charge la gestion du Trésor royal et de la chambre du roi, la chambre aux deniers a été créée pour assurer la régularité de la comptabilité et des paiements aux bénéfices des différents services de l'Hôtel puis de la Maison du Roi suite à l'augmentation du nombre d'offices.
La Chambre aux deniers de l'Hôtel, même si elle redistribue les ressources financières entre les métiers et chambres de l'Hôtel, ne dispose pas de ressources propres. Elle était financée directement sur le Trésor royal puis sur les aides. Elle était soumise au contrôle de la Chambre des comptes, comme toutes les institutions à caractère financier dépendant de la Couronne, qui veillait aussi à l'application des ordonnances.
Au se met en place le bureau de la Maison du Roi qui s'occupe de la comptabilité de la Maison du roiLa cour du roi à Versailles : Bureau de la Maison du Roi
Maîtres de la chambre aux deniers À partir des premiers Valois, le ou les maîtres de la Chambre aux Deniers réglaient toute la recette et la dépense de l'Hôtel du Roi (fourrage pour les chevaux, nourriture du roi et du commun, boisson, provision de chandelles, draps et draperies...). Il rendait ses comptes aux deux termes de Noël et de la Saint-Jean, assisté pour cela d'un contrôleur. Ils ont été par la suite rendus par procureur. Les comptes étaient divisés en deux parties, la recette et la dépense. Certains de ces comptes parmi les plus anciens sur tablettes de cire sont aujourd'hui conservés à la Bibliothèque nationale de France sous la cote Latin 9023.
Suppression vignette|Jeton de compte de la Chambre sous Louis XV (Verdun, Musée de la Princerie). vignette|Extrait du compte des dépenses de la Chambre aux Deniers de Marie-Antoinette, reine de France, en 1783 (BnF Ms. 10417). Quoique le Régent fit réformer le personnel de la chambre par un édit de juin 1717 (enregistré au Parlement le ) et rétablit deux offices de maîtres en 1718Paris, Archives Nationales, Fonds Fraguier, 322AP/8. à la fin du , la nécessité de réaliser des économies va amener Louis XVI à diminuer le nombre de ses officiers. NeckerGoogle Livres : Jacques Necker, Collection complette de tous les ouvrages pour et contre M. Necker: avec des notes critiques et politiques secrettes, Tome second, Utrecht, 1782 proposa de rationaliser les grands offices et de remplacer tous les trésoriers particuliers par un seul trésorier généralRoland Mousnier, Les institutions de la France sous la monarchie absolue 1598-1789, pp. 701-703, Presses Universitaires de France, Paris, 1974 .
Cette réorganisation est entreprise à la suite de la publication de plusieurs édits entre et .
L'édit de janvier 1780 a créé un "Bureau général des dépenses de la Maison du Roi" qui comprenait : 5 commissaires généraux nommés et révoqués par le tout puissant secrétaire d'État à la Maison du Roi et chargés : de la Maison-bouche, des Menus-Plaisirs, des affaires de la Chambre, du garde-meuble de la Couronne, des écuries et de la vénerie 2 maîtres des comptes, 1 premier commis de la Maison du Roi, 1 premier commis des Finances, 1 trésorier général créé par l'édit de , 1 secrétaire, 1 intendant du Trésor royal.
Dans le budget pour l'année 1788 que présente Jacques Necker à Louis XVI, signé par les contrôleurs du domaine royal, il est précisé que la Chambre aux deniers Google Livres : Jacques Necker, Compte rendu au roi au mois de Mars 1788 et publié par ses ordres, pp. 97, Imprimerie royale, Paris, 1788 et que pour le budget présenté, .
Assez rapidement, le secrétaire d'État à la Maison du Roi va décider seul pour son travail particulier, et avec chaque commissaire général pour son office particulier. Le Bureau n'était plus qu'une formalité en 1789. Bien que les lettres-patentes du rappellent que les comptes doivent être signés par le grand maître et le grand écuyer de France, c'est, finalement, le secrétaire d'État à la Maison du Roi qui va demeurer seul maître des finances de la Maison du Roi.
Notes et références
Annexes Bibliographie Élisabeth Lalou, Les comptes sur tablettes de cire de la chambre aux deniers, de Philippe III le Hardi et de Philippe IV le Bel (1282-1309), Paris, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1994 (Recueil des historiens de la France. Documents financiers, 8). Chambre aux deniers, , Encyclopédie ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers par une société des gens de lettres, mis en ordre & publié par M. Diderot ; & quant à la partie mathématique, par M. d'Alembert, tome 7, Chez Pellet imprimeur-libraire, Genève, 1778 (lire en ligne)
Liens externes
data BnF : France. Chambre aux deniers
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