Le siège de Dunkerque est le blocus de la poche de résistance littorale allemande autour de Dunkerque, pendant la Seconde Guerre mondiale, entre septembre 1944 et la capitulation du Troisième Reich en mai 1945.
Dans la perspective d'un débarquement allié dans le nord-ouest de l'Europe, dans une directive du 14 janvier 1944, Hitler avait demandé que les plus grands ports du littoral de la mer du Nord, de la Manche et de l'Atlantique, soient transformés en (forteresse en allemand) afin de faire échouer ce débarquement en empêchant les Alliés de s'emparer d'un port pour approvisionner leurs troupes débarquées. Dunkerque était l'un de ces ports.
Après la fin de la bataille de Normandie et la progression rapide des Alliés dans l'ouest et le nord de la France, conformément aux instruction d'Hitler des troupes allemandes se replient dans ces forteresses. La poche de Dunkerque est encerclée par des unités de la d'infanterie canadienne qui se voit opposer une forte résistance allemande à ses premières attaques. Comme pour les autres poches de l'Atlantique et en raison de la durée et des pertes lors de la prise de la de Brest, le Haut commandement allié décide début septembre de ne pas prendre la poche de Dunkerque et d'en faire juste le blocus. La priorité est de libérer les accès maritimes du port d'Anvers pris le . En octobre, les troupes canadiennes encerclant la poche sont remplacées par la blindée tchécoslovaque commandée par le général de brigade Alois Liška.
La « forteresse », commandée par l'amiral Friedrich Frisius, capitule sans conditions le , lendemain de la capitulation du Troisième Reich.
Contexte
Dunkerque est détruite à 90% depuis les bombardements de 1940 (bataille de Dunkerque). La position allemande représente un quadrilatère d'une vingtaine de kilomètres de long sur huit de largeChristian Larivière, cité dans la bibliographie, ..
La Armée canadienne fut positionnée à la gauche de la ligne d'avance du Groupe d'armées britannique, et le maréchal Montgomery ordonna de libérer les ports de la Manche avant de continuer vers les Pays-Bas. Cependant, la majorité de ces ports étaient fortement défendus et, malgré la faible qualité des garnisons allemandes, leur libération nécessitait un assaut à grande échelle. Les Allemands considéraient que les poches de résistance à l'Ouest avaient une importance psychologique de premier ordre pour le symbole (Poches de résistance allemandes sur le littoral ouest-européen) et les consignes sont donc de résister jusqu'au bout.
Les ports étaient nécessaires au ravitaillement des armées alliées progressant sur le territoire français, alors que le manque d'infrastructures ralentissait voire stoppait leurs grandes offensives. Montgomery estima que les ports de la Manche répondraient à ces besoins, point de vue qui fut maintenu jusqu'à la mi-septembre. Mais sous la pression du général Eisenhower, Montgomery modifia ses instructions pour le commandant canadien, Harry Crerar, le : « L'utilisation d'Anvers est si urgente que je suis prêt à renoncer aux opérations à Calais et à Dunkerque » et le lendemain : « Dunkerque sera laissée pour être traitée plus tard, pour le moment elle sera simplement délaissée ».
Les actions à Calais continuèrent en grande partie en raison du besoin de réduire au silence la lourde artillerie proche de la ville. Les forces qui auraient pu être utilisées pour reprendre Dunkerque furent déplacées pour aider les Alliés lors de la bataille de l'Escaut et ainsi ouvrir l'accès au port presque intact d'Anvers. Au lieu de cela, des forces alliées plus restreintes furent mobilisées pour maintenir un périmètre autour de la ville, ce qui permit aux Allemands de résister.
Forces en présence Dans les premières semaines du siège, alors que les forces alliées furent déployées sur l'Escaut, plusieurs unités firent des courtes missions. La canadienne fut relevée par la de services spéciaux. Elle-même fut relevée par la d'infanterie britannique. La majorité du siège fut assurée par la blindée tchécoslovaque du début jusqu'à la reddition finale.
La garnison était composée d'unités très variées, comprenant du personnel de la marine et de l'aviation, ainsi que des unités de l'armée et des fortifications. Il y avait aussi un fort détachement de deux mille Waffen-SS. L'effectif total dépassait les . Beaucoup d'entre eux provenaient de cinq divisions écrasées pendant la bataille de Normandie qui avaient reculé jusqu'à Dunkerque. La ville elle-même était bien fortifiée, et équipée pour soutenir un long siège.
Forces alliées Contrairement aux autres poches de l'Atlantique où le blocus était principalement assuré par des forces françaises, surtout des ex-FFI, endivisionnés pour l'occasion dans l'armée française de la Libération et quelques troupes coloniales (il n'y avait en plus qu'une division d'infanterie américaine, partagée entre les poches de Lorient et de Saint-Nazaire), les forces françaises étaient minoritaires dans le blocus de la poche de Dunkerque. Le contingent français passera de en à en (contre par exemple pour la poche de Lorient). Les troupes étaient principalement canadiennes, remplacées par des troupes tchécoslovaques à partir d', et britanniques. Elles étaient aussi plus lourdement armées. Cela s'explique par la plus grande proximité du front et des flux logistiques vers celui-ci donc une plus grande capacité de nuisance des forces allemandes retranchées dans la poche de Dunkerque..
Les forces se répartissaient ainsi : d'infanterie canadienne détachée de la division d'infanterie canadienne (jusqu'au ) ; Le Black Watch (Royal Highland Regiment) of Canada ; Le Régiment de Maisonneuve ; Les Calgary Highlanders ; brigade de services Spéciaux (jusqu'au ) ; brigade d'infanterie britannique (jusqu'au ) ; Le des Highlanders d'Argyll et de Sutherland ; Le et le des Black Watch ; brigade blindée tchécoslovaque (du jusqu'au ) ; Les et de chars tchécoslovaque ; Deux compagnies du d'infanterie motorisée tchécoslovaque ; Deux bataillons d'un régiment d'artillerie ; Un escadron de reconnaissance blindé ; Une compagnie d'ingénieurs ; Le royal de chars de l'armée de terre britannique ; Le canadien d'artillerie lourde anti-aérienne ; Le britannique d'artillerie lourde anti-aérienne ; Le britannique d'artillerie légère anti-aérienne ; État-major de la zone territoriale de Dunkerque (créé le ) ; Détachement de la mixte de transmission (à partir de ); Bataillons Dewulf et Bienassis de l'Armée française de la Libération formés par les Forces françaises de l'intérieur, rejoint par un venu de Lille, ils deviendront le régiment d'infanterie à partir d', puis le régiment d'infanterie en . bataillon du régiment d'infanterie (à partir de ) et bataillons du régiment d'infanterie (à partir d') Corps franc, puis bataillon, de fusiliers marins de Dunkerque (à partir de ) Groupe d'artillerie du secteur de Dunkerque (une batterie de canons de 155 GPF à partir de , puis une seconde en )
Forces allemandes La de forteresse ; La d'infanterie ; La d'infanterie ; La d'infanterie ; La d'infanterie ; La d'infanterie ; La 1046 division de forteresse ; Le groupe Reinecke de la Waffen-SS.
Déroulement Premières offensives Les Canadiens approchèrent de Dunkerque par le sud-ouest. Hondschoote est libérée le . Le , la Brigade d'infanterie canadienne libéra Bourbourg, située à 13 kilomètres de la place forte. Le périmètre allemand, variant entre , englobait les villes de Mardyck, Loon-Plage, Spycker, Bergues et Bray-Dunes.
Le , les Calgary Highlanders, en attaquant Loon-Plage, se heurtèrent à une vive résistance et subirent de lourdes pertes, trente soldats. Le village fut pris le lorsque les Allemands se retirèrent. Peu à peu, les unités canadiennes réduisirent le périmètre allemand en prenant Craywick le 9 et Mardyck le 17, à l'ouest de Dunkerque. Le , les Alliés reprirent Bergues ainsi que les villes belges de Furnes, Nieuport et La Panne, aidés par la Résistance intérieure belge. Le même jour, Bray-Dunes et Ghyvelde, à l'est de Dunkerque, tombèrent grâce à l'aviation qui apporta un soutien à l'infanterie après une première tentative infructueuse.
Mais il devint clair que la garnison allemande ne se rendrait pas sans un assaut majeur. En raison de la nécessité de reprendre l'Escaut et Anvers, et compte tenu de la forte probabilité que le port serait inutilisable à la suite de sa démolition, la plupart des unités canadiennes furent redéployées. À proximité de Dunkerque, la ville d'Ostende fut reprise facilement à la suite de la retraite des unités allemandes et, dès le , son port fut utilisé comme port de ravitaillement. Dunkerque ne valait plus l'effort de sa capture, d'autant moins qu'elle s'était déjà largement vidée de sa population.
Siège de la ville Les forces alliées autour de Dunkerque étaient destinées à contenir les soldats allemands et minimiser leur volonté de se battre en effectuant des reconnaissances agressives, des bombardements aériens, des tirs d'artilleries et en diffusant de la propagande. Les voies de ravitaillement par vedettes rapides ("Schnellboot") ou par avion devaient également être coupées.
De toutes les forteresses allemandes le long de la Manche, Dunkerque fut celle qui offrit le plus de résistance. La garnison avait repoussé les premiers assauts canadiens avec assez de hargne pour dissuader le commandement de réaliser un assaut à grande échelle pour prendre la ville. Grâce au report de l'assaut de la ville, les soldats allemands réussirent à conserver leur périmètre au prix de contre-attaques agressives. L'amiral Frisius dirige les opérations depuis son PC bétonné du casino de Malo-les-BainsChristian Larivière, , ..
Durant la nuit du 26 au , les Allemands tentèrent de tirer avantage de la méconnaissance des lieux de la Brigade d'infanterie britannique. Deux importantes attaques furent portées, l'une contre le Black Watch à Ghyvelde, et l'autre sur la plage de Bray-Dunes contre le Argyll. Les deux attaques furent contenues, non sans que le quartier-général des Argylls n'ait été partiellement occupé et des maisons de Ghyvelde détruites.
Le , à l'initiative de la Croix-Rouge, une trêve de 36 heures fut instaurée afin de permettre l'évacuation de français, que les autorités allemandes avaient maintenus dans l 'agglomération après l'évacuation des " Bouches Inutiles" de février-. Il n'y eut aucun incident durant celle-ci, et la trêve fut même prolongée afin de permettre aux Allemands de reformer leurs défenses qui avaient été retirées pour permettre l'évacuation. Les civils évacués rechignaient pour beaucoup à le faire, persuadés que la libération était proche, mais la rumeur de bombardements violents à venir les décida. Pour les Allemands, l'évacuation signifiait davantage de vivres pour les soldats même s'il restait des civils irréductibles ayant refusé de partir.
Les Canadiens sont envoyés sur un autre front et sont remplacés par des Tchèques dont les ordres sont de ne pas attaquer la poche de front mais de la maintenir isolée.