Le parc de la Villette est un parc public situé dans le 19e arrondissement de Paris, un secteur nord-est de Paris, en région française Île-de-France. Il a été inauguré le , en présence du président François Mitterrand.

Le parc se trouve sur le site des anciens abattoirs de la Villette, construits en sur décision de et du préfet Haussmann, et détruits en . Il s'étend sur dont d'espaces verts, ce qui en fait le plus grand espace vert de la capitale, devant le jardin des Tuileries ()., le parc des Buttes-Chaumont (). et le jardin du Luxembourg ()..

Présentation Emplacement Le parc de la Villette se trouve dans le nord-est de Paris, dans le Paris (quartier du Pont-de-Flandre).

Il est traversé en son milieu par le canal de l'Ourcq, entre la porte de la Villette au nord à la porte de Pantin au sud. Deux passerelles piétonnières (passerelle de la Moselle et passerelle des écluses de la Villette) enjambent le canal, qui font la liaison entre le nord et le sud. Depuis , un pont flottant mobile est installé en été, à mi-chemin entre ces deux passerelles, pour faciliter le passage des promeneurs, des cyclistes et des personnes à mobilité réduite.

Le parc de la Villette s'étend sur , dont : de surfaces vertes sur non bâtis, de pelouses accessibles au public, de jardins.

Projet L'architecture du parc a été confiée en à Bernard Tschumi, architecte français d'origine suisse, à la suite du concours international pour la conception architecturale du parc lancé en . La particularité essentielle du parc est de ne pas rompre la perspective du nord au sud. Une promenade cinématique fait apparaître des jardins à thème qui sont autant d'aires de jeux, de théâtres où la nature est mise en scène. Une galerie rectiligne couverte d'un toit en forme d'onde fait la liaison entre le nord et le sud. Le parc est fortement ponctué par une trame systématique d'édifices rouges appelés « folies ».

Programmation vignette|La Cité de la musique, conçue par Christian de Portzamparc et inaugurée en . Situé dans le de Paris, le parc se trouve à proximité du département de la Seine-Saint-Denis avec pour communes limitrophes, Pantin et Aubervilliers. La Villette est un des premiers établissements culturels à proposer une programmation pluridisciplinaire. En effet, depuis plus de vingt ans, La Villette offre tout au long de l'année de nombreuses occasions de divertissements : concerts (jazz, musiques du monde, électroniques, classique, contemporaine, pop et rock), cirque contemporain, expositions, théâtre, danse, cinéma en plein air…

Plusieurs festivals de musique et de cinéma se tiennent au parc de la Villette : Villette sonique se tient au parc de la Villette et la grande halle depuis . Jazz à la Villette est un festival de musique co-produit par la Villette et la Philharmonie de Paris depuis . Cinéma en plein air est un festival de cinéma qui, depuis , projette des films les soirs d'été sur un écran en plein air sur la prairie du Triangle entre le Zénith et la grande halle. Le SMMMILE-Vegan Pop Festival est un événement autour de la musique et de la culture végane. La première édition eut lieu du au et réunit dans le parc.

Gouvernance L'établissement public du parc et de la grande halle de la Villette (EPPGHV) est un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) placé sous tutelle du ministère de la Culture et de la Communication. Il a été créé en à la suite de la fusion de l'Établissement public du parc de la Villette (EPPV), de l'Association de la grande halle (AGH) et de la Société d'économie mixte de la Villette (SEMVI).

L'ancienne secrétaire général du gouvernement Claire Landais en est la présidente du conseil d'administration, nommée en 2025.

Historique La Villette est à l'origine le nom d'une commune du département de la Seine, annexée à Paris en . De 1867 à 1974, le site est occupé par les abattoirs et le marché aux bestiaux de la Villette, qui alimente la capitale en viandes de bœuf, porc, mouton, ainsi qu'en suif et en triperie. vignette|gauche|La grande halle de la Villette, qui abritait le marché aux bestiaux.

Le , le gouvernement Messmer annonce la fin des activités industrielles et commerciales de la Villette et de ses abattoirs, précisant seulement l'imminence d'une ; il n'est pas encore question de parc, plutôt de logements, d'équipements sociaux et collectifs. Les abattoirs et le marché aux bestiaux sont mis hors service le .. Pendant la période de transition qui suit cette fermeture, la Société d'économie mixte d'aménagement et de gestion du marché d'intérêt national de Paris la Villette (SEMVI) veut montrer que les halles peuvent être réutilisées. Elle ouvre peu à peu l'espace au public et organise de nombreux concerts dans les anciennes halles.

La halle aux moutons, réaménagée en salle de spectacle et baptisée Pavillon de Paris, devient la plus grande salle de concerts parisienne de l'époque et accueille les artistes rock majeurs des années 1970, notamment David Bowie, les Rolling Stones, Queen, Miles Davis.

En , Jean Sérignan, directeur de la SEMVI, rédige une proposition d'aménagement du secteur de La Villette, dans laquelle il suggère que le site des abattoirs soit converti en parc urbain. Cette idée lui est venue après avoir observé, durant l’année d’expérimentation, les citadins s'emparant et transformant cette friche industrielle en un lieu de promenade. Il envisage de donner une dimension culturelle à ce parc en observant les pratiques spontanées qui s’y développent. Des expositions photos sont notamment organisées dans des baraques de chantiers ; le skatepark de la Villette a été construit par un industriel lors de tests de construction à partir de parois légères en béton.

L'État lance en un concours d'idées organisé par l'Atelier parisien d'urbanisme (APUR) concernant le réaménagement de la Villette non abouti faute de crédits.

Le , un décret crée l'établissement public du parc de la Villette (EPPV), dirigé par l'ex-préfet de la région parisienne Paul Delouvrier.

Le projet de création d'un musée et d'un parc est alors adopté sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing, puis continué après l'élection présidentielle de portant la gauche, et François Mitterrand, au pouvoir. Une Cité de la musique s'ajoute alors au projet d'un musée des sciences et des techniques. Selon l'historienne Danièle Voldman, .

vignette|Le canal de l'Ourcq, au fond les Grands Moulins de Pantin et à droite le toit gonflable du Zénith, une salle de concerts, deux folies (en rouge).

Le concours est officiellement lancé le à l'initiative de Jack Lang, alors ministre de la Culture. Les élus ne veulent . Le parc de la Villette se distingue par son absence d'enclos, étant ouvert jour et nuit. La plaquette de présentation du concours commence par une citation de Hegel, , ce qui fait dire à Danièle Voldman que . La plaquette cite aussi la devise de Rabelais et de l'abbaye de Thélème, .

Le jury rassemble les architectes Vittorio Gregotti et Renzo Piano, les paysagistes Pierre Dauvergne et Paul Friedberg, des politiques (François Barré de l'EPPV et Simone Robert, conseillère générale de la Seine-Saint-Denis) ainsi que des historiens (Françoise Choay) et des théoriciens (Joseph Rykwert), un sculpteur, des sociologues, un peintre et le biologiste Henri Laborit. N'arrivant pas à désigner un seul lauréat, le jury propose à neuf finalistes de participer à une seconde phase du concours pour les départager. Bernard Tschumi, jusqu'alors connu davantage comme théoricien que comme constructeur, est finalement désigné maître d'œuvre général du projet le .. Bernard Tschumi n'est pas le seul à avoir inclus dans son projet le concept des folies.

En , l'Établissement public du parc et de la grande halle de la Villette (EPPGHV) naît de la fusion de l'EPPV, de la SEMVI et de l'Association de la grande halle. Par ses statuts, il est à la fois chargé de l'aménagement des espaces bâtis et paysagers du parc et de la programmation culturelle de la grande halle, de l'espace Chapiteaux, du pavillon Paul-Delouvrier, du WIP Villette ainsi que des espaces de plein air. En parallèle, d'autres institutions culturelles coexistent sur le parc : la Cité de la musique, le Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, la Cité des sciences et de l'industrie, et le Théâtre Paris-Villette (cf. liste ci-dessous).

Architecture et urbanisme vignette|center|Plan du parc et ses (en rouge).

Principes de conception de Bernard Tschumi

vignette|Allée de déambulation au sein du parc. L'architecte Bernard Tschumi a conçu le parc de la Villette à partir d'un système de points, de lignes et de surfaces.. Des lignes : la galerie de l'Ourcq et la galerie de la Villette. Deux grands axes traversent le parc : l'un nord-sud, la galerie de la Villette, caractérisée par sa couverture en forme de vague. L'autre est-ouest, la galerie de l'Ourcq, qui borde le canal du même nom. Une piste cyclable longeant le canal permet notamment de se rendre à la Villette depuis la place de Stalingrad. La promenade cinématique, chemin sinueux de , est bordée d'aires de jeux, de jardins paysagers et d'espaces intimistes aux ambiances aquatiques et agrémentés d'œuvres d'art, comme le jardin des bambous conçu par Alexandre Chemetoff qui accueille le Cylindre sonore de Bernhard Leitner et la Diagonale pour des bambous de Daniel Buren. Des surfaces : les prairies et les espaces. Les huit hectares de pelouse du parc sont divisés en surfaces délimitées, dont l'une est circulaire et une autre triangulaire, la prairie du Triangle qui borde la grande halle. Enfin, l'espace Chapiteaux est réservé à l'accueil des spectacles de cirque et le Magic Mirror éphémère devenu le Cabaret sauvage. Des points : les folies, au nombre de 26, qui quadrillent le parc.

Les 26 Folies Au , on nommait « folie » les petits pavillons disposés dans les jardins français qui servaient de lieux de plaisance. C'est le nom que Bernard Tschumi a donné aux rouges de formes variées, mais tous construits sur la base d'un cube de de côté, qui quadrillent le parc selon un espacement de . Beaucoup de ces bâtiments remplissent des fonctions très variées liées à leur situation sur le parc.

Les 26 Folies du parc sont :

Architectes-paysagistes et artistes du parc vignette|redresse|Jardin de la Treille.

Bernard Tschumi (Jardin des miroirs, des équilibres, des frayeurs enfantines, des voltiges, des îles) Òscar Tusquets (Pavillon Paul Delouvrier) Isabelle Devin et Catherine Rannou (Jardin des vents et des dunes) Fabrice Hyber (L'Artère, Jardin des dessins) Laurence Vacherot, Gilles Vexlard (Jardin de la treille) Jean-Max Albert, Sculptures de visées, (Jardin de la treille) Alexandre Chemetoff (Jardin des bambous) Daniel Buren (La Diagonale des bambous) Ursula Kurz (Jardin des ombres et jardin du dragon) Bernhard Leitner (Cylindre sonore) Claes Oldenburg et Coosje van Bruggen (Bicyclette ensevelie) Johann Le Guillerm (La Déferlante) Philippe Starck (mobilier urbain)

Jardins passagers vignette|gauche|La Géode.

Créés en , les jardins passagers ont été inspirés par l'exposition « Le Jardin planétaire », présentée en dans la grande halle par le paysagiste Gilles Clément. À l'emplacement de l'ancienne halle aux moutons, cet îlot écologique de abrite des écosystèmes variés : bosquet, friche, mare et mur en pierres sèches. Jardins écologiques à vocation pédagogique et solidaire, les jardins passagers servent de supports à des ateliers pédagogiques de sensibilisation à la biodiversité.