Francis de La Fontaine, né vers 1672 et mort en 1767, est un rhétoricien bruxellois, qui vécut à l'époque où les Pays-Bas méridionaux étaient sous domination autrichienne.

Biographie et œuvre Francis de La Fontaine fut l'un des premiers traducteurs de Voltaire, qu'il traduisait en néerlandais : trois ans après la publication de la pièce Alzire, ou Les Américains de cet auteur, en 1736, la version néerlandaise, réalisée par La Fontaine, sera représentée par une compagnie dont ce dernier était membre, La toison de Gédéon, et cela en présence de la gouvernante des Pays-Bas autrichiens, Marie-Élisabeth d'Autriche. De Voltaire, il aurait également traduit ZaïreJos SMEYERS. , , [C. Billen et autres], Bruxelles 1987, ..

Son traité néerlandais sur le discours, , publié à Bruxelles, est une première tentative aux Pays-Bas méridionaux d'écrire l'histoire du théâtre. La Fontaine l'a partiellement traduit du français d'après les Réflexions historiques et critiques sur les différens théâtres de L'Europe de 1738, d'un acteur renommé : l'Italien Luigi Riccoboni. Non seulement, il aborde les techniques d'interprétation et d'expression orale, mais il plaide également pour un nouveau style d'interprétation, tout en dénonçant les abus dans les chambres de rhétorique, la corruption linguistique et le manque de civilisation de ses contemporains :

« De plus, constatant qu'elleÀ savoir la langue néerlandaise n'est plus tenue en estime, je peux très bien m'imaginer pourquoi cela se produit mais, afin de n'offenser personne, on préfère ignorer cela. J'ai, cependant, remarqué que les gens épris d'amour pour la lecture (et il est souhaitable que leur nombre soit plus important : la superstition serait moins à la mode) ne veulent pas dénoncer cela - sans doute pour des raisons qui ne peuvent être exprimées - et que ce mépris vient le plus souvent d'individus qui n'en ont pas la faculté, qui n'arrivent peut-être pas à distinguer un A d'un B, et qui, en outre, ensevelis dans une stupidité vaniteuse, méprisent leur langue maternelle, préférant parler le français qu'ils ne maîtrisent pas plus que l'autre ; cité de Hermina Jantina VIEU-KUIK et Jos SMEYERS. 1975, .. »

L'auteur se plaint du comportement au Théâtre de la Monnaie, lors des jours fixés où celui-ci accueille les compagnies flamandes :

« […] il y a peu de silence : on se sert et on y boit, on y casse des noix et vous entendez un bruit irritant, qui se mêle aux sifflements entre les doigts des jeunes (... ). Ainsi, on montre son animalité à d'autres peuples, cité de Kåre LANGVIK-JOHANNESSEN et Karel PORTEMAN. , [R. L. ERENSTEIN (réd.)], Amsterdam, 1996, .. »

Prenant comme modèle la France et la République des Sept Pays-Bas-Unis, La Fontaine juge que la création de sociétés savantes et l'organisation de concours pour la promotion de la langue véhiculaire auraient dû se produire depuis longtemps. Il semble qu'il émette ici une critique sur les autorités autrichiennes, peu portées à promouvoir une autre langue que le français. Sa critique annonce les plaidoyers du dernier quart du d'auteurs flamands tels que Verhoeven et Verlooy, qui allaient dans le même sens.

L'influence des idées de l'âge des Lumières apparaît aussi lorsqu'il se prend à ceux qui prétendent que seule la vie monastique est béatifiante et qui croient que « le Ciel est à gagner tout en prenant place à une table dont ils ne se sont pas occupés, cité de Hermina Jantina VIEU-KUIK et Jos SMEYERS. , volume 6, Standaard Uitgeverij, Anvers/Amsterdam, 1975, .. »

La seule pièce conservée de La Fontaine est , qui est une tragédie, publiée en 1739, dont on sait qu'elle avait déjà été portée à la scène en 1716 ; dans un conflit très sanglant, les deux protagonistes meurent.

Liste d'ouvrages 1708, , ouvrage traduit du français, Amsterdam ; 1708, , Bruxelles (sous le pseudonyme Kees Ieroensz ?) ; 1739, , tragédie, Bruxelles ; 1739, ; traduction de la tragédie de Voltaire de 1736 ; , tragédie ; , comédie ; , comédie ; , tragédie ; , traduit du français d'après Voltaire ; 1751, Verhandeling over de Redenvoering dienstig Voor Predikanten, Redenaers, Tooneelspeelders en Geselschappen, Bruxelles.

Notes et références

Catégorie:Décès en 1767 Catégorie:Dramaturge flamand Catégorie:Écrivain belge du XVIIIe siècle Catégorie:Écrivain flamand (avant 1830) Catégorie:Personnalité bruxelloise Catégorie:Date de naissance non renseignée (XVIIe siècle)