Philippe-François d'Arenberg (né le à Bruxelles et mort le à Bruxelles), , et du Saint-Empire, , puis , est un militaire, au service de la Couronne d'Espagne, du .
Biographie
Philippe-François, prince-comte d'Arenberg, duc d'Aerschot et de Croÿ, fils de Philippe-Charles et de Claire-Isabelle de Berlaymont, naquit à Bruxelles le . Il était à Madrid, à la mort de son père ; le roi le nomma, malgré sa jeunesse, capitaine de sa garde des archers et chef de la compagnie d’hommes d’armes des Pays-Bas que son père avait commandée : il accompagna ce monarque dans la campagne de Catalogne de 1642 (Guerre de Restauration (Portugal)).
Duché d'Arenberg et baronnie de Zevenberghe
Le , l’empereur érigea en duché la principauté d’Arenberg, en conférant à Philippe-François et à ses descendants le titre de duc : lui permit d’accepter cette grâce ; il donna des ordres au gouvernement des Pays-Bas afin que, dans les actes publics, de même qu’on l’avait appelé jusqu’alors prince d’Arenberg, il fut qualifié de duc à l’avenirVoici la lettre que écrivit au marquis de Cartel-Rodrigo, lieutenant de don Juan d’Autriche, gouverneur général des Pays-Bas : Voici la traduction de cette lettre : . Il le décora de la Toison d'or le .
À cette époque, la cour de Madrid cherchait à renouer les négociations de paix avec les Provinces-Unies dont elle avait provoqué la rupture douze années auparavant. Elle avait compris qu’elle n’y réussirait pas, si elle ne mettait dans ses intérêts la maison d'Orange, et des engagements avaient été contractés, en son nom, envers le prince Frédéric-Henri, pour l’accomplissement desquels un traité particulier fut signé à Münster le . Un des articles de ce traité portait que la princesse douairière d'Orange recevrait, en toute propriété, la terre de Zevenberghe, dans le Brabant-Septentrional, qui appartenait à la maison d'Arenberg. Le duc Philippe-François n’avait pas été consulté à cet égard : il se montra disposé toutefois, lorsque le roi lui en fit parler, à entrer en arrangement pour la cession de Zevenberghe ; mais une affaire de cette importance exigeait sa présence aux Pays-Bas espagnols, et il demanda la permission, que le roi lui accorda, de s’y rendre. Le , il fut convenu entre lui et le gouvernement : qu’il recevrait la somme de , comme prix de la terre et baronnie de Zevenberghe ; qu’en garantie de ce payement, le roi lui délivrerait les terres de Hal et de Braine-le-Comte sises en Hainaut. Ces terres lui furent en effet transportées par des lettres patentes du ; et, comme le trésor ne fut jamais en état de payer les douze cent mille florins, elles lui restèrent. Elles faisaient encore partie des possessions de la maison d’Arenberg au .
La signature de la convention du donna lieu à une difficulté qui paraîtra bien futile aujourd’hui, mais qui, à cette époque, occupa tous les corps de l’État. Le chef de la maison d’Arenberg avait signé Le duc d’Arenberg et d’Arschot ; le conseil des finances ne voulut pas admettre cette signature, soutenant que le titre belge de duc d'Arschot devait précéder le titre étranger de duc d'Arenberg. Le conseil privé et le conseil d’État délibérèrent sur cet incident. L’archiduc Léopold, frère de l’Empereur, qui gouvernait les Pays-Bas, en référa à Madrid. renvoya la chose au conseil privé. Le , ce conseil collatéral déclara que,
L’acte du statuait pour un cas spécial. La difficulté qui s’était élevée se renouvela dans les rapports du duc avec le gouvernement des Pays-Bas ; l’archiduc Léopold refusa de recevoir des lettres que Philippe-François d’Arenberg avait signées Le duc d’Arenberg et d’Arschot. Ce dernier s’en plaignit ; il allégua que la qualification qu’il prenait et se croyait en droit de prendre ne portait de préjudice ni au roi ni à personne: « » Il réclama aussi auprès du roi. , mieux disposé pour lui que ne l’était l’archiduc, n’accueillit pourtant point ses raisons : il lui fit insinuer de s’abstenir d’user, aux Pays-Bas, du titre de duc d’Arenberg, en se contentant de celui de duc d’Arschot, auquel la grandesse d’Espagne était attribuéeLettre de à l’archiduc Léopold, écrite de Madrid le (Archives du royaume).Cela explique comment, dans les patentes des charges que le gouvernement espagnol conféra à Philippe-François d'Arenberg et à Charles-Eugène d'Arenberg, son frère et son successeur, ils ne sont qualifiés que de ducs d'Aerschot.Cette chicane qu’on faisait aux ducs d’Arenherg cessa à la mort de . Lorsque les Pays-Bas espagnols eurent passé sous la domination de la maison d'Autriche, les souverains de cette maison les qualifièrent, dans tous leurs actes, de ducs d’Arenberg, d’Arschot et de Croÿ..
Guerre franco-espagnole Au lieu de retourner en Espagne, Philippe-François d’Arenberg demanda à servir dans l’armée royale aux Pays-Bas. Il se fit inscrire d’abord sur les contrôles d’un régiment d’infanterie espagnole ; mais, bientôt après, l’archiduc Léopold lui donna à commander un régiment de cuirassiers allemands (1651). En 1656 (), il fut nommé chef et général de toutes les compagnies d’ordonnances des Pays-Bas. Il se trouva à la plupart des affaires importantes qui signalèrent les campagnes de 1651 à 1658, et y fit preuve de qualités militaires qui lui acquirent l’estime de l’armée. Au siège d’Arras (), il était chargé de la garde de la tranchée avec six cents chevaux. Les Français firent, le , une sortie, au nombre de d’infanterie et plusieurs escadrons de cavalerie ; après une heure et demie de combat, ils furent obligés à rentrer dans la place, non sans avoir laissé beaucoup des leurs sur le terrain ; dans cette rencontre, le duc d’Arenberg eut un cheval tué sous lui, et reçut un coup de fusil dans son buffle. Les journaux du temps, en rendant compte de ce fait d’armes, signalent aussi la valeur qu’y déploya le prince Charles-Eugène d'Arenberg, frère puîné de Philippe-François. Les Français ayant forcé les lignes de l’armée royale (), le duc reçut l’ordre de retirer l’infanterie de la tranchée; il s’acquitta de cette commission avec non moins d’intelligence que de bravoure; malgré les forces supérieures auxquelles il avait à tenir tête, il amena sa troupe jusqu’aux portes de Cambrai, sans qu’elle pût être entamée. Il s’acquit aussi beaucoup d’honneur à la défaite de l’armée française devant Valenciennes, le : il fut l’un des premiers qui entrèrent dans les lignes ennemies, où il reçut un coup de pistolet dans son chapeau. , en récompense de ses services, le fit capitaine général de l’armée navale de Flandre (), grand bailli de Hainaut () et gouverneur et capitaine général de la même province (). Juan Domingo de Zúñiga y Fonseca, comte de Monterrey et Fuentes, gouverneur général des Pays-Bas, le nomma, en 1670, premier commissaire au renouvellement des lois et à l’audition des comptes des villes et châtellenies de Flandre. 290px|thumb|right|Rencontre du duc d'Arenberg avec ses troupes, Adam François van der Meulen, 1662.
Philippe-François d’Arenberg mourut à Bruxelles le . Van Loon (Hist. métalliq., , ) cite un jeton frappé à sa mémoire : on y voit, d’un côté, un aigle déployant ses ailes ayant sur la tête une couronne, en marque de souveraineté, et regardant fixement un soleil, emblème de la faveur du roi, avec cette légende: ; au revers, les armes du défunt, sommées d’une couronne ducale et entourées du cordon de l'Ordre de la Toison d'or, avec l’inscription : .
Il avait épousé, en Espagne, le , Marie-Madeleine-Françoise de Borja, fille de François-Octave, duc de Gandia, et d’Artémise Doria-Caretto ; il en eut deux enfants qu’il perdit lorsqu’ils étaient encore en bas âge.
L’auteur anonyme d’un tableau inédit et très-curieux de la cour de Bruxelles dont une copie est à la bibliothèque de Saint-Omer, fait ainsi le portrait de ce prince : Deux faits semblent confirmer ce que cet écrivain dit de l’humeur de Philippe-François d’Arenberg : le premier est le duel qu’il eut avec le comte d'Egmont au siège de Rocroy, en 1653, et dans lequel ce dernier fut blessé ; l’autre est rapporté par l’archiduc Léopold dans sa correspondance avec . Léopold n’avait pas voulu donner au frère du duc l’entrée d’une chambre du palais où étaient seuls admis les chevaliers de la Toison d'or, les généraux et les gouverneurs de provinces : il s’en montra si offensé qu’il ne parut plus à la cour ; et, lorsque l’archiduc partit pour l’ouverture de la campagne, ni lui ni son frère ne vinrent lui dire adieu, comme le firent les autres chefs de la noblesseLettre du . (Archives du royaume.).
Titres
et du Saint-Empire ; () ; .
Fonctions héréditaires
Grand d'Espagne (fonction attachée au titre de duc d'Aerschot).
Emplois Capitaine de la garde des archers et chef de la compagnie d’hommes d’armes des Pays-Bas ; Commandant d'un régiment de cuirassiers allemands (1651) ; Chef et général de toutes les compagnies d’ordonnances d'hommes d'armes des Pays-Bas () ; Amiral-général des mers des Pays-Bas (Capitaine général de l’armée navale de Flandre : ) ; Grand bailli et capitaine général de la province de Hainaut.
Décorations
Chevalier de la Toison d'or (1646, brevet )
Armoiries
Figure BlasonnementÉcartelé d'Arenberg et de La Marck ; sur-le-tout, écartelé de Ligne et de Barbançon.
Vie familiale
Fils aîné de Philippe-Charles d'Arenberg (né de son avec Isabelle Claire de Berlaymont (1602†1630), Philippe-François épousa, le , Magdalena Francisca Luisa Esperanza de Borja ( † ), fille de Francisco Diego Pascual de Borgia ( - Gandia † ), (1632-1664), marquis de Llombay, comte de Oliva, de cette union sont nés : François ( † ) ; Isabelle Claire Eugénie ( † ).
Annexes Bibliographie
Notes et références
Voir aussi Articles connexes
Duché d'Aremberg ; Grand bailli du Hainaut ; Duc d’Aerschot ;
Liens externes
Généalogie sur :
Chronologies
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