Léa Clermont-Dion est une autrice, réalisatrice et féministe québécoise, née le à Rawdon au Québec.
Biographie Née le à Rawdon au Québec, Léa Clermont-Dion passe une grande partie de son enfance et de sa jeunesse à Gore dans les Laurentides.
Elle est initiatrice, avec Jacinthe Veillette, de la Charte québécoise pour une image corporelle saine et diversifiéeLa ministre St-Pierre félicite Léa Clermont Dion. Elle est révélée au grand public lors de son passage à Tout le monde en parle en Je suis fémiste.com. À la suite de l'obtention d'un doctorat en science politique à l'Université Laval. en 2021, elle amorce un postdoctorat à l'Université Concordia..
À partir de 2016, Mitsou Gélinas et elle animent l'émission Mitsou et Léa diffusée sur Moi et Cie ainsi que TVA.
En , elle est passée au podcast «Sexe oral» pour parler du phénomène du masculinisme.
Démarche militante Après avoir vécu un problème de santé lié à ce qui s'apparente à l'anorexie, Léa Clermont-Dion s'est interrogée sur la pression faite auprès des femmes par les médias qui véhiculent l'idéal de minceur des mannequins à une population qui n'est pas capable de s'y conformer. De cette réflexion est né un désir de sensibiliser les autres femmes et d'amener un changement dans la société.
« À 14 ans seulement, Léa a réuni les grands noms du milieu dans une conférence qui a réuni plus de quatre cents personnes à l’Université du Québec à Montréal. Dès lors, elle s’intéresse à l’hypersexualisation des jeunes filles et entame une série de conférences partout à travers le Québec sur la question. La même année, elle est recrutée par le comité jeune du Conseil du statut de la femme pour lequel elle siège pendant près de deux ansLéa Clermont-Dion, site personnel. »
Elle fait la rencontre de Jacinthe Veillette, qui a connu une expérience similaire à la sienne et partage son désir de faire bouger les choses. Elles écrivent une pétition qui est mise en ligne et invitent les gens à appuyer leur idéeJe signePour une image corporelle saine. La pétition est déposée à l'Assemblée nationale. De là naît un projet de loi.
Elle est également à la tête de la campagne de prévention On s’écoute, qui vise à lutter contre le masculinisme au Québec.
Charte québécoise pour une image corporelle saine et diversifiée « Le comité de travail responsable de rédiger la Charte et d’en assurer la pérennité est composé d’une trentaine de personnes provenant des milieux de la mode, de la publicité, des médias, de la vidéo, de la musique et du gouvernementCharte québécoise pour une image corporelle saine et diversifiée. »
La première partie du texte présente les raisons qui justifient un engagement. Celui-ci se présente en sept points.
Accusations contre Michel Venne En , en plein mouvement #AgressionsNonDénoncées (en réaction aux accusations contre l'animateur Jian Ghomeshi), Léa Clermont-Dion publie sur Twitter la mention « Moi aussi », signifiant qu’elle a été victime de violence sexuelle. Elle supprime rapidement sa publication. Elle publie ensuite un article de blogue sur le site Sympatico Actualités, où elle travaille comme chroniqueuse, dans lequel elle affirme avoir été victime de « harcèlement sexuel ». Invitée à témoigner à l'émission 24/60 sur RDI, elle révèle avoir subi des « attouchements » et de l'« intimidation » alors qu'elle était mineure, « dans un contexte politique, dans une organisation dans laquelle [elle était] impliquée au travail », sans pour autant révéler l'identité de l'agresseur.
En , Léa Clermont-Dion affirme sur Facebook avoir été agressée sexuellement par Michel Venne, journaliste et fondateur de l'Institut du Nouveau Monde. Elle mentionne également avoir signé en 2015, sous pression de l'ex-ministre de la condition féminine Lise Payette, une lettre niant les allégations contre Venne. Selon Clermont-Dion, Payette lui aurait proposé de la rencontrer pour l'« amadouer », avant de lui reprocher d'avoir fait du tort à son ami Michel Venne, d'avoir compromis les chances de ce dernier de devenir directeur du Devoir, et d'avoir « brisé cet homme, sa famille » avec ses accusations de 2014. Payette aurait également suggéré que Clermont-Dion s'exposait à des poursuites si elle ne réfutait pas les allégations. Clermont-Dion affirme avoir été inspirée par le mouvement #MeToo à rappeler Payette pour la confronter. Elle dévoile dans la foulée avoir porté plainte contre Venne pour agressions sexuelles.
En entrevue avec le Journal de Montréal, Payette admet avoir parlé avec Clermont-Dion des allégations contre Venne, mais prétend que c'est Clermont-Dion qui aurait abordé le sujet pour lui demander conseil. Sans aborder le sujet de la lettre, elle reconnaît également l'avoir dissuadée de porter plainte, et qu'avec le recul, c'était peut-être une erreur, mais affirme que sa seule préoccupation était de mettre en garde la jeune femme contre les possibles répercussions sur sa carrière du fait de porter plainte.
Sur sa page Facebook, Venne nie avoir agressé sexuellement Léa Clermont-Dion, mais annonce « suspend[re] [s]es activités professionnelles et [s]es collaborations avec les organisations avec lesquelles [il est] lié, en particulier l’Institut du Nouveau Monde » le temps de l'enquête.
Le , un mandat d'arrêt est lancé contre Michel Venne pour agression sexuelle et exploitation sexuelle, la plaignante (dont l'identité est maintenue secrète, mais qui sera plus tard révélée comme étant Léa Clermont-Dion) étant une adolescente envers qui Michel Venne était en situation d’autorité ou de confiance au moment des faits allégués. Le , Michel Venne plaide non coupable au palais de justice de Québec.
Procès En , lors du procès, la plaignante accuse Michel Venne d'avoir « mis la main sur [s]a cuisse, près de [s]on vagin de manière fortuite et un peu bizarre » lors d'un voyage en taxi en 2008. Elle relate également un incident lors duquel Venne l'aurait suivie alors qu'elle se dirigeait vers son hôtel avant de se rapprocher brusquement d'elle et de dire : « Ça va rester entre nous » en lui mettant la main sur la hanche. Selon la plaignante, Venne aurait alors « approchée [la main] de [s]es parties intimes », puis « essayé de mettre sa main dans [s]on pantalon » avant qu'elle ne parvienne à se dégager.
La plaignante révèle avoir enregistré Lise Payette à son insu lors de leur conversation téléphonique en 2017. La défense réclame l'exclusion de la preuve de cet enregistrement, soulignant que la plaignante avait initialement présenté une version tronquée de l'enregistrement aux policiers avant de se raviser et de dévoiler une version plus complète, dans laquelle Payette affirme notamment que c'est la plaignante elle-même qui a rédigé la lettre. La plaignante se défend, soulignant que, selon elle, « Plusieurs passages qui ont été enlevés n’altèrent en rien le caractère intrinsèque et le sens de la discussion ». Après un voir-dire, la défense accepte finalement que l'enregistrement soit versé au dossier.
Alors que la défense doit commencer sa preuve, le procureur aux poursuites criminelles et pénales demande la réouverture de la preuve de la poursuite, révélant avoir été contacté par le fils de Lise Payette, qui avait retrouvé trois copies de la lettre dans les effets personnels de sa défunte mère. Or, Lise Payette avait affirmé, dans l'enregistrement, « ne pas avoir conservé de copie » de la lettre.
Lors de son témoignage, Michel Venne nie catégoriquement l'incident du taxi. Concernant l'autre événement, il affirme avoir simplement mis sa main sur l'épaule de la plaignante et tenté de lui faire la bise, ce qui aurait créé un malentendu. Il admet avoir contacté Lise Payette pour lui demander conseil alors que les rumeurs à son sujet mettaient en péril sa candidature au Devoir, mais nie lui avoir demandé de faire signer une lettre à la plaignante.
En , le juge Stéphane Poulin déclare Michel Venne coupable des deux chefs d'accusation. Selon le juge, le témoignage de l'accusé est « invraisemblable » et sa version des faits semble trop « ajustée » et « calculée » pour être crédible. À l’inverse, tout en notant certaines imperfections dans le témoignage de Léa Clermont-Dion, il considère que celui-ci est « franc, sincère et transparent », « couvre tous les éléments essentiels » et « ne laisse place à aucune ambiguïté ». Tout en soulignant que la remise d'une version tronquée de l'enregistrement aux enquêteurs sans aviser ceux-ci des modifications est susceptible « d’affecter la crédibilité du témoignage de la plaignante », il conclut que cette dernière a effectué les modifications parce qu'elle « voulait contrôler, sur les médias sociaux, l’information portant sur les propos de madame Payette afin d’éviter qu’un message contradictoire soit véhiculé sur les circonstances entourant la signature de la lettre de rétractation » et déclare « croi[re] la plaignante lorsqu’elle affirme ne pas avoir eu l’intention d’induire en erreur les enquêteurs ou de mentir à la Cour ».
Michel Venne est condamné à six mois de prison en conformément à une suggestion commune des avocats de la poursuite et de la défense, mais est libéré sous conditions après avoir porté sa condamnation en appel.
En , la Cour d'appel confirme à l'unanimité le verdict de culpabilité contre Michel Venne, concluant que le jugement de première instance ne contient « aucune erreur judiciaire ou erreur de droit de nature à entraîner son infirmation ». Michel Venne doit alors purger sa peine.
#boucheouverte En , en réaction à la sortie du livre Salut, ça va ? de Léa Clermont-Dion, un internaute partage une photo de l'autrice sur X avec en commentaire : « Léa Clermont-Dion a écrit un essai. Cette femme est un parasite médiatique. "L'autrice vulgarise les concepts de consentement, de culture du viol, de masculinité toxique et explore la portée du mouvement #MeToo." Au programme : duckface, validation des écervelés et mâle = mal. »
L'auteur-compositeur Stéphane Venne cite alors la publication en commentant la photo : « Dieu sait pourquoi, quand je vois quelqu'un qui, pour la photo, prend un pose "bouche ouverte et tête penchée sur le côté", j'ai une doutance. » Il ajoute : « Depuis que le monde est monde, cette pose (cou incliné de côté ou vers l'arrière, bouche ouverte) est un code sexuel hyper connu tant des hommes que des femmes, et tant dans la vraie vie qu'en art, c'est une sorte d'invite. Quiconque ignore ça est soit inculte soit de mauvaise foi ». Il suggère également que cela relève d’une « personnalité histrionique ».
Quelques jours plus tard, Léa Clermont-Dion réagit sur Instagram : « Stéphane Venne, grand parolier que j'estime, je suis attristée de constater votre posture aussi dégradante à l'égard des femmes. Et le flot de commentaires décomplexés qui découlent de votre prise de parole, qui n'est pas sans rappeler la pensée Incel, relève d'une misogynie pure et simple. De tels propos démontrent tellement bien combien l'essai que j'ai écrit, Salut, ça va ?, est nécessaire. »
En réaction, de nombreuses photos avec le mot-clic #boucheouverte, lancé par la cheffe de contenu culture et société de magazines Elle Québec et Véro, Laurie Dupont, sont publiées pour dénoncer les propos de Stéphane Venne, y compris certaines venant de France, de Suisse et d’Amérique du Sud.