Les réseaux de transport en Nouvelle-Calédonie sont soumis à un certain nombre de contraintes géographiques : l'insularité, le climat, l'éloignement de la Métropole (distante d'environ ), l'aspect relativement étendu de l'île principale (avec , il s'agit de la plus grande île française, dont la taille est deux fois plus grande que celle de la Corse) ou encore la présence sur pratiquement toute la longueur de cette dernière de la Chaîne centrale. S'y ajoute l'absence d'alternative à la route dans les transports intérieurs, à l'exception des liaisons maritimes inter-îles ou d'un circuit aérien domestique encore limité.

Compétences de la Nouvelle-Calédonie

Le commerce extérieur (à l'exception des prohibitions à l'importation et à l'exportation relatives à des matières relevant de la compétence de l'État) et donc le régime douanier, la desserte maritime d'intérêt territorial (avec l'immatriculation des navires, la réglementation de leur statut restant assurée par l'État comme la sécurité maritime internationale), celle aérienne (à l'exception de certains domaines toujours supervisés par l'État, comme la desserte avec les autres territoires français, l'immatriculation des aéronefs ou la sécurité aérienne internationale), les transports routiers, l'immatriculation des véhicules (composée d'une série de chiffres, actuellement six, suivie de NC), la délivrance des permis de conduire (bien que valable sur l'ensemble du territoire français, il n'est pas à points comme celui de Métropole) et des cartes grises ainsi que la promotion de la sécurité routière (la réglementation générale, sa mise en application et la répression relevant toujours de la compétence de l'État au titre de ses missions de sécurité publique), le transport de l'énergie électrique, la réglementation de sa distribution, les équipements portuaires et aéroportuaires du domaine territorial relèvent de la compétence de la Nouvelle-Calédonie depuis 1999Loi organique du 19 mars 1999 relative à la Nouvelle-Calédonie, Titre II : Les compétences, Chapitre Ier : La répartition des compétences entre l'Etat, la Nouvelle-Calédonie, les provinces et les communes, Section 1 : Compétences de l'Etat et de la Nouvelle-Calédonie, Article 22, Legifrance..

En 2009, la police et la sécurité de la circulation aérienne intérieure (et des exploitants établis en Nouvelle-Calédonie dont l'activité principale n'est pas le transport aérien international) et de la circulation maritime s'effectuant entre tous points de la Nouvelle-Calédonie ainsi que la sauvegarde de la vie en mer dans les eaux territoriales ont été en plus transférés de l'État à la Nouvelle-Calédonie, comme prévu par les dispositions de l'article 26 de la loi organique de 1999Loi organique du 19 mars 1999 relative à la Nouvelle-Calédonie, Legifrance.« Congrès : vote unanime pour les transferts », site officiel de l'Avenir ensemble..

Ces questions sont gérées par la Direction des Infrastructures, de la Topographie et des Transports terrestres (DITTT) du Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie et deux services mixtes État - Nouvelle-Calédonie : la Direction de l'aviation civile (DAC) et le Service des affaires maritimes (AffMar). Elles constituent également des secteurs confiés à un ou plusieurs des membres du Gouvernement local. Il s'agit depuis le de Gilbert Tyuienon (membre du FLNKS-UC, également vice-président du gouvernement jusqu'au ) pour les Transports aériens domestiques, terrestres et maritimes, à quoi s'ajoute depuis le le Transport aérien international (c'est alors la première fois depuis 2009 que ce secteur n'est pas pris en main par le président de l'exécutif).

Transports routiers vignette|Plaque d'immatriculation en Nouvelle-Calédonie avant la normalisation initiée en 2018.

La route est de loin le mode de transport le plus développé en Nouvelle-Calédonie, tout particulièrement sur la Grande Terre, l'île principale. La conduite se fait à droite, selon le code de la route français, avec quelques adaptations.

Bref historique Pour les Européens, le transport par cheval a longtemps été le seul mode efficace de locomotion, hors Nouméa. Sulky, buggy, patache (diligence) ont amélioré le transport terrestre de 1870 à 1900, dès que des routes ont été tracées, jusqu'à permettre de couvrir 100 km par jour. Un relais d'étape, avec hôtel, est établi à La Foa. En 1903 apparaissent les premières automobiles. Dès 1904, un service de messagerie automobile est assuré entre Nouméa et Bourail, signant l'arrêt de mort du transport par bateau.

Étendue totale des routes Au début de l'année 2006, selon l'ISEE, le réseau routier total s'établissait à , soit environ de route pour (soit une densité près de cinq fois inférieure à celle de la Métropole, mais trois fois supérieure environ à celle de l'Australie et à peu près équivalente à celle de la Nouvelle-Zélande) et quelque pour . La répartition est relativement homogène entre les trois provinces, les disparités qui ont pu existé ayant eu tendance à s'estomper. Le réseau de la Province Sud n'est plus ni le plus étendu ni le plus dense, avec en 2006 un total de ( pour ), contre (soit pour ) en Province Nord et ( pour ) dans les Îles Loyauté...

La route s'étend de manière continue sur pratiquement tout le pourtour de la Grande Terre, à l'exception de la « côte oubliée » (entre Thio et Yaté sur la côte est). Six routes transversales traversent la Chaîne centrale, soit du sud au nord entre le Mont-Dore et Yaté, entre Boulouparis et Thio, entre La Foa et Kouaoua ou Canala, entre Bourail et Houaïlou, entre Koné et Poindimié (la Koné-Tiwaka) et entre Koumac et Ouégoa Fiche réseau routier de Nouvelle-Calédonie, 2006, ISEE..

Les trois types de réseaux Trois types de réseaux routiers existent en Nouvelle-Calédonie, en fonction de la collectivité qui en est le propriétaire et donc qui est chargée de sa mise en valeur et de son entretien : le réseau dit des « routes territoriales » (RT) appartenant à la Nouvelle-Calédonie, celui des « routes provinciales » (RP) relevant des provinces et celui de la « voirie communale » (routes municipales, voies urbaines et chemins ruraux) dépendant des communes.

Routes territoriales vignette|gauche|280px|La RT1 à La Tontouta. Au nombre de quatre, elles totalisent en 2006 soit seulement 10,2 % du réseau total. Il s'agit essentiellement de voies reliant entre elles les Provinces Sud et Nord ou desservant des infrastructures territoriales ayant une importance économique particulière. Elles sont presque toutes entièrement revêtues : la Route territoriale 1 (RT 1) est la plus longue et la plus ancienne, avec . S'étendant du sud-est au nord-ouest de la Grande Terre, longeant sa côte ouest de Nouméa à Koumac, il s'agit de l'axe routier historique, desservant la « Brousse » et les centres villageois (auxquels elle sert de rue principale) de toutes les communes de la côte ouest situées au nord de Nouméa (Dumbéa, Païta, Boulouparis, La Foa, Moindou, Bourail, Poya, Pouembout, Koné, Voh, Kaala-Gomen et Koumac). Elle dessert également l'aéroport international de Nouméa-La Tontouta. La vitesse y est limitée au maximum à 110 km/h, avec des portions à 90 ou 70 km/h et les passages en agglomérations à 50 km/h. la Route territoriale 2 (RT 2) relie entre elles les deux principales infrastructures ouvrant l'île de Lifou sur l'extérieur, à savoir le port de Wé à l'est et l'aéroport de Wanaham au nord. Elle s'étend sur 21 km. la Route territoriale 3 (RT 3), est la seule des six routes transversales traversant la Chaîne centrale de la Grande Terre à appartenir au réseau territorial. Elle part de la RT 1 après le village de Bourail sur la côte ouest, rejoint Houaïlou par le col dit des Roussettes puis longe une partie de la côte est en allant vers le nord-ouest entre Houaïlou et l'embranchement avec la transversale de la Koné-Tiwaka après Poindimié. Elle couvre 145 km. la Route territoriale 4 (RT 4) est la plus courte, avec 8 km de longueur dont 3 non revêtus. Elle part de la RT 1 après le village de Poya et rejoint le village minier et centre industrialo-portuaire de Népoui, sur la côte ouest de la Grande Terre.

Routes provinciales Elles représentent au total de voies, presque entièrement revêtues, soit 13,84 % du total des routes néo-calédoniennes. Le réseau le plus étendu est celui de la Province Nord, avec plus de la moitié des routes provinciales (), suivi de ceux du Sud () et des îles Loyauté ().

vignette|La RPN 3 à Canala. En province Nord En province Nord Délibération du 6 août 1990 portant désignation des routes de la Province Nord et fixant la procédure de classement des routes provinciales, JONC , 28/08/1990, p. 2155-2156. Délibération APN du 30 mars 1998 modifiant la consistance du réseau des routes provinciales, JONC , 28/04/1998, p. 1577-1578. Délibération APN du 23 novembre 2000 modifiant la consistance du réseau des routes provinciales, JONC , 19/12/2000, p. 6940. : la Route provinciale Nord 1 (RPN 1) s'étend sur . Elle prolonge la RT 1, qui s'arrête peu après le village de Koumac, en continuant vers le nord-ouest en longeant la côte ouest jusqu'au village de Poum. la Route provinciale Nord 2 (RPN 2) ou « Transversale Koné - Tiwaka » (plus simplement appelée « Koné - Tiwaka ») est une route transversale qui s'étend sur . Elle part de la RT 1 sur la côte ouest, au niveau de l'Hôtel de la Province Nord peu avant le village de Koné, et va jusqu'à l'embouchure de la Tiwaka sur la côte est, à mi-chemin entre Poindimié et Touho. Là, elle rejoint la RT 3 qui arrive du sud-est, et la RPN 10 qui arrive du nord-ouest. la Route provinciale Nord 3 (RPN 3), longue de quelque , part de l'embranchement avec la RT 3 à Houaïlou et longe la côte est vers le sud-est jusqu'à la frontière avec la Province Sud, entre Canala et Thio, au lieu-dit du col de Petchekara. Elle traverse les villages de Kouaoua et de Canala, auxquels elle sert de rue principale. Le passage du col de Petchekara, entre Canala et Thio, est une route à horaire. la Route provinciale Nord 5 (RPN 5) constitue une portion de la route transversale dite du col d'Amieu qui relie La Foa (située sur la côte ouest en Province Sud) à Kouaoua ou Canala (sur la côte est en Province Nord). La RPN 5 s'étend sur environ , de la limité entre les communes de Sarraméa et de Canala (soit la frontière entre les deux provinces) au lieu-dit du col vert, jusqu'au col de Koh où elle rejoint la RPN 3. la Route provinciale Nord 7 (RPN 7) est la transversale la plus septentrionale de la Grande Terre, s'étendant sur . Elle part de la RT 1 à la sortie du village de Koumac sur la côte ouest jusqu'à la mission de Balade sur le territoire de la commune de Pouébo sur la côte est. À cet endroit, elle rejoint la RPN 10. la Route provinciale Nord 8 (RPN 8) part de la RT 1 peu après le village de Koumac et longe le littoral de la côte ouest sur vers le nord-ouest, jusqu'au wharf de Paagoumène.

vignette|Bac de la Ouaieme.

la Route provinciale Nord 10 (RPN 10), est la plus longue des routes provinciales du Nord avec 132 km. Elle part du carrefour avec la Koné - Tiwaka et la RT 3 à l'embouchure de la Tiwaka, entre Poindimié et Touho, au sud-est, et longe la côte est jusqu'à la mission de Balade sur le territoire de la commune de Pouébo au nord-ouest. Elle traverse les villages-centres de Touho, Hienghène et Pouébo, auxquels elle sert de rue principale. Il s'agit de la seule route de Nouvelle-Calédonie à disposer encore d'un passage de fleuve par un bac, sur la Ouaieme après le village de Hienghène.

En province Sud En province Sud. : trois voies rapides desservant le Grand Nouméa, formant deux voies de dégagement, l'une allant vers Dumbéa et Païta au nord-ouest du chef-lieu, l'autre vers le Mont-Dore à l'est : vignette|La gare de péage de la Voie express , en service jusqu'au . la voie de dégagement ouest (VDO) composée de :