La liste des députés de la Savoie au Parlement sarde présente l'ensemble des représentants de l'ancien duché de Savoie au Parlement du royaume de Sardaigne, installé à Turin, pour la période de 1848 à 1860.

Contexte en 1848

Le royaume de Sardaigne connaît des changements dans son organisation avec la mise en place du Statut albertin du .. Le royaume se tourne ..

Le duché de Savoie laisse place aux subdivisions administratives de Chambéry et d'Annecy, gérées par un intendant général..

Cette réforme met en place un parlement, composé d'une chambre des députés et d'un sénat. La Savoie est représentée, entre les I et législatures, par (1848-1860), puis 18 lors de la (1860).. Ce dernier découpage ne sert que pour cette dernière élection législative avant l'annexion de la Savoie à la France, en .

Le Statut albertin mentionne uniquement le particularisme savoyard dans son à travers la mention de la langue de cette région qui est le français : (lire en ligne). Par ailleurs, le Sénat de Savoie voit confirmer la perte de son pouvoir juridique, après avoir perdu le politique en 1837, au profit notamment des Cours d'appel.

Représentation L'ensemble des députés siègent au Parlement, installé au palais Carignan (1848 à 1865), à Turin, capitale du royaume de Sardaigne.

Les élections à la Chambre se déroulent selon un scrutin uninominal majoritaire à deux tours. Sont considérés comme électeurs les hommes âgés de et plus, lettrés, devant jouir de leurs droits et payer un cens d'au moins . Il existe certains cas où le niveau du cens est adapté à la situation sociale de l'électeur. Chaque collège électoral élit un député pour une durée prévue de (art. 42) (lire en ligne)..

La Savoie, avec ses en 1848, envoie .... Ils ne sont plus que 18 à la suite de la réforme électorale de 1859. Le duché de Savoie envoie à Turin au cours de la période.. Selon l'article 40 du Statut, un candidat doit avoir au moins (art. 40). L'article 50 stipule par ailleurs que .

La Savoie semble favorisée en possédant une surreprésentation à la chambre au vu de son poids démographique. Ainsi, en 1848, les Savoyards sont 22 sur (soit 11 %)Note de bas de page de Henri Arminjon, Chronique des dernières années du souverain Sénat de Savoie, 1814-1848 (1982).. Par ailleurs, les électeurs savoyards se doivent payer un cens de plus de (loi du , art.1), alors qu'il est fixé à 40 dans le reste du royaume. Un statut spécial que l'on retrouve aussi pour le comté de Nice, la Ligurie et la Sicile..

Bien qu'étant partagés entre les courants conservateurs ou libéraux, les députés savoyards forme un bloc d'opposition aux différents gouvernements piémontais. Ils veulent ainsi marquer la spécificité du duché dans cet ensemble tourné de plus en plus vers l'Italie, notamment à cette période du Risorgimento et le retard pris dans le développement de leur province.. Des différences existent toutefois lors de certaines thématiques de débats ou lorsque se posera la question de l'avenir de la Savoie (1859) et son annexion en 1860, opposants les pro-français et les anti-annexionnistes voulant rester fidèles à la maison de Savoie.

Les élections De 1848 à 1859, les élections des députés se déroulent selon l'édit royal sur la loi électorale du .. Celle-ci sera remaniée avec la réforme électorale de 1859.

Les législatures pour le renouvellement de la Chambre des députés du royaume de Sardaigne sont au nombre de 7 . :

I législature Le décret du convoque les différents collèges électoraux pour la I législature, le . Celle-ci dure seulement quelques mois, du au .

Ce sont inscrits (soit 2,48 % de la population) qui pourront prendre part à ces premières élections., depuis le contrôle du duché sous le Premier Empire. Le taux de participation est de 75 %. L'abstention est toutefois qualifiée d'élevée, pour l'époque, avec notamment 17 % à Chambéry.

La première législature voit sur les 22 du duché remportés par les candidats conservateurs (lire en ligne).. 10 élus sont issus des rangs de la magistrature ou avocats. Enfin, cinq candidats sont issus de la noblesse. Minoritaires au Parlement, les députés savoyards cherchent à profiter de l'assemblée pour promouvoir les particularismes de la petite patrie, faisant usage notamment du français lors des débats. Les conservateurs sont marqués par un certain cléricalisme, tandis que les sept autres appartiennent au courant des libéraux constitutionnels. Les premiers sont menés par le sénateur Costa de Beauregard, de Chambéry, tandis que les seconds suivent le mauriennais Léon Brunier.. Le sénateur Costa de Beauregard, bien que conservateur, semble jouer d'une manière générale le rôle de chef de file de la délégation savoyarde.

La période est marquée par une défaite militaire et des débats sur les congrégations religieuses (lire en ligne).. L'historien Robert Avezou qualifie la de cette première législature .

législature Les élections pour la seconde législature se déroulent (lire en ligne).. La durée est éphémère, du au . En effet, le nouveau premier ministre Vincenzo Gioberti, contrairement à ses attentes, obtient une chambre .

Lors de cette élection, le duché de Savoie envoie à nouveau dix députés sortants sont réélus.

Le taux de participation est de 63,3 %.

Avezou fait observer que (lire en ligne)..

législature Élections du , pour la III législature, du au .

Le taux de participation est de 62,3 %.

Le roi Charles-Albert de Sardaigne meurt le .

législature Élections du , pour la IV législature, du au . Le taux de participation est de 71,6 %.

législature Élections du , pour la V législature, du au . Le taux de participation est de 65,3 %.

législature Élections du , pour la VI législature, du au . Le taux de participation est de 61,3 %.

législature Élections du , pour la VII législature, du au .

Selon la réforme électorale de 1859, les électeurs du duché n'envoient plus que 18 représentants. Le taux de participation est de 35,8 %. Cette faible participation s'explique aisément dans la mesure où le processus de réunion de la Savoie à la France a déjà débuté avec la signature du traité de Turin le . Les Savoyards ne se sentent plus vraiment concernés car ceux-ci ne sont déjà plus considérés comme sujets du roi Victor-Emmanuel IILe avril, le roi de Sardaigne, Victor-Emmanuel a délié ses sujets savoyards de leur serment de fidélité... Ainsi, lorsque Cavour invite les députés savoyards à se rendre à Turin pour prêter serment, lors de l'ouverture de la Chambre, le , envoient une lettre au Président de la Chambre, indiquant qu'ils ne s'y rendront pas. Ce sont ceux qui se sont ouvertement prononcés pour la réunion à la France : MM. de Boigne, de Martinel, Girod, Blanc, Greyfié, Replat, Ginet, Pissard, Chapperon, Grange, Pelloux, de la Fléchère, Baurain, Favrat et Louaraz. Les 8 premiers étaient membres de la délégation menée par le comte Amédée Greyfié de Bellecombe pour rencontrer l'Empereur, le . Les conseils divisionnaires du duché se réunissent le et décident de l'envoi d'une délégation de 41 savoisiens (nobles, bourgeois, officiers ministériels) favorables à la réunion à la France. La délégation menée par le comte Amédée Greyfié de Bellecombe, comprend pour la province de Chambéry le député d'Aix Gustave de Martinel, les conseillers provinciaux Louis Bérard, Maurice Blanc, Ernest de Boigne, les barons Frédéric d'Alexandry d'Orengiani et Louis Girod de Montfalcon, ainsi que Charles Bertier, Alexis Falcoz, Pierre-Louis Besson, l'avocat Antoine Bourbon, le docteur Dardel, Jacques Prosper Degaillon, Charles François, Félix Gruat, Pierre Viviand, Savey-Guerraz et le major de la Garde nationale Vuagnat. La province d'Annecy est représentée par les députés Albert-Eugène Lachenal, Joseph Ginet (Rumilly), Hippolyte Pissard (Saint-Julien) et Jacques Replat (Annecy), accompagnés par Claude Bastian (ancien député de Saint-Julien), Dufour, les barons Scipion Ruphy (Annecy) et Jules Blanc (Faverges), François Bétrix (directeur de la Banque de Savoie), le docteur Descotes, Magnin, Masset, Alexis Rollier. Le Chablais, plutôt favorable à un rapprochement avec la Suisse voisine n'envoie que Édouard Dessaix, Félix Jordan, François Ramel et Gustave Folliet.

Collèges électoraux du duché Le royaume de Sardaigne compte , dont 22 pour le duché de Savoie. À cette période, le . Chacun des collèges électoraux , d'où la mise en place de circonscriptions entre à . En 1848, lors de l'élection pour la législature, le duché compte , soit environ pour .

Divisé en deux provinces, Chambéry et Annecy, le duché compte 22 collèges :

+ Les collèges du duché de Savoie Provinces électoralesprovinces administratives Collège électoral (1848-1859) Mandements constitutifs(nombre de communes.) Population (1848) ChambérySavoie Propre Aix Aix (14 communes) ; Albens (15 communes) ; Ruffieux (8 communes) ChambéryHaute-Savoie Albertville Albertville (18 communes) ; Grésy (10 communes) AnnecyFaucigny Annemasse Annemasse (17 communes) ; Reignier (10 communes) Annecy Genevois Annecy Annecy (26 communes) AnnecyFaucigny Bonneville Bonneville (15 communes) ; La Roche (11 communes) ChambéryTarentaise Bourg-Saint-Maurice Aime (12 communes) ; Bourg-Saint-Maurice (9 communes) ChambérySavoie Propre Chambéry Chambéry (19 communes) Annecy Genevois Duingt Duingt (23 communes) ; Thônes (9 communes) AnnecyChablais Evian Abondance (8 communes) ; Evian (11 communes) ; Le Biot (7 communes) ChambéryMaurienne La Chambre Aiguebelle (14 communes) ; La Chambre (13 communes) Chambéry Savoie Propre La Motte La Motte-Servolex (9 communes) ; Yenne (14 communes) Chambéry Savoie Propre Montmélian Chamoux (10 communes) ; Montmélian (14 communes) ; La Rochette (12 communes) Chambéry Tarentaise Moûtiers Bozel (9 communes) ; Moûtiers (25 communes) Chambéry Savoie Propre Le Pont-de-Beauvoisin Les Echelles (11 communes) ; Pont-de-Beauvoisin (12 communes) ; Saint-Genix (10 communes) Annecy Genevois Rumilly Rumilly (20 communes) ; Seyssel (17 communes) Chambéry Maurienne Saint-Jean-de-Maurienne Lanslebourg (7 communes) ; Modane (8 communes) ; Saint-Jean-de-Maurienne (20 communes) ; Saint-Michel (7 communes) Annecy Genevois Saint-Julien-en-Genevois Saint-Julien (29 communes) ; Thorens-Sales (9 communes) Chambéry Savoie Propre Saint-Pierre-d'Albigny Le Châtelard (13 communes) ; Saint-Pierre-d'Albigny (5 communes) Annecy Faucigny Sallanches Cluses (8 communes) ; Saint-Gervais (8 communes) ; Sallanches (8 communes) Annecy Faucigny Taninges Saint-Jeoire (11 communes) ; Samoëns (3 communes) ; Taninges (5 communes) Annecy Chablais Thonon Douvaine (16 communes) ; Thonon (18 communes) Chambéry Haute-Savoie Ugine Beaufort (4 communes) ; Faverges (10 communes) ; Ugine (9 communes)

Avec la réforme électorale de 1859, le royaume compte désormais 260 collèges électoraux., mais le duché en perd 4. Trois nouveaux collèges sont créés : Saint-Jeoire, Yennes et Aiguebelle, alors que ceux de Annemasse, Bourg-Saint-Maurice, Duingt, La Chambre, La Motte, Saint-Jean-de-Maurienne, Saint-Pierre-d'Albigny disparaissent.

Synthèse des résultats et présentation des députés Tableau des résultats par collège D'après les travaux de François Miquet et le tableau de synthèse publié dans Savoie de la Révolution française à nos jours (1986)..