Serge Bouillon, né le à Épernay et mort le à Saint-Benoît-la-ForêtRelevé des fichiers de l'Insee, est une personnalité du théâtre..
Passionné de théâtre et de poésie, il est l'élève de Charles Dullin. Tour à tour comédien, marionnettiste, régisseur, directeur de la scène, metteur en scène, administrateur de théâtre, il dirige le Centre de formation professionnelle des techniciens du spectacle de Bagnolet de 1980 à 1997. Gérant de la société de production théâtrale Fondation Hébertot, il est l'ayant droit de Jacques Hébertot et l’un des principaux actionnaires de la Société immobilière Batignolles-Monceau, propriétaire des murs du théâtre. Il est l'époux en secondes noces de Danielle Mathieu-Bouillon, dont il partage la vie depuis 1968. Mort des suites d'une crise cardiaque, il est inhumé au cimetière ancien de Bagnolet - - .
Comédien Il joue, avec les élèves de l'École Charles Dullin dans les bases navales de Méditerranée, Jean Cocteau, Jean Giraudoux, Courteline, Feydeau - Quelques silhouettes au cinéma dans Rendez-vous de Juillet de Jacques Becker, Les Bataillons du ciel, Homme pour Hommes de Christian-Jaque 1949 : Place de l'Étoile de Robert Desnos (création) au Théâtre des Noctambules, mise en scène de Clément Harari avec Loleh Bellon et Charles Denner 1949 : Les Mamelles de Tirésias de Guillaume Apollinaire, (reprise) mise en scène de Clément Harari, au Théâtre des Noctambules 1952 : Dialogues des carmélites de Georges Bernanos, mise en scène Marcelle Tassencourt, Théâtre Hébertot 1952 : La Reine Morte d'Henry de Montherlant (Tournées Noël Vincent) 1952 : Iphigénie de Jean Racine (Tournées Noël Vincent) Puis il consacre trois années aux films d'animation et aux marionnettes. 1954 : Mon cœur dans les Highlands de William Saroyan mise en scène de Michel Vitold au Théâtre Hébertot 1954 : La Condition Humaine d'André Malraux, adaptation Thierry Maulnier mise en scène Marcelle Tassencourt, au Théâtre Hébertot 1955 : L'Eventail de Lady Windermere d'Oscar Wilde mise en scène Marcelle Tassencourt, au Théâtre Hébertot 1958 : Procès à Jésus de Diego Fabbri, mise en scène Marcelle Tassencourt, Théâtre Hébertot, Théâtre des Célestins 1960 : Le Signe du feu de Diego Fabbri, mise en scène Marcelle Tassencourt, Théâtre Hébertot
Régisseur de théâtre Festival du au théâtre des Champs-Élysées 1952. Théâtre Hébertot 1952-1968. Engagé par Jacques Hébertot en 1952, il devient dès directeur de la scène du Théâtre, veillant aux diverses productions. Il devient en 1962 son plus proche collaborateur. C'est l'occasion, pour lui, de coopérer étroitement avec des personnalités aussi affirmées que celles de François Mauriac, Paul Claudel, Henry de Montherlant, Albert Camus, Maurice Clavel, André Malraux, Thierry Maulnier, Jules Romains, Samuel Beckett, Marguerite Duras, Jorge Semprún, Diego Fabbri, Harold Pinter, et les metteurs en scène André Barsacq, Michel Vitold, Marcelle Tassencourt, Marguerite Jamois, Roger Blin, Claude Régy, Laurent Terzieff et Raymond Rouleau.
Festivals De 1960 à 1966, il participe, durant l'été au festival du Marais, au festival de Fougères, au festival du Théâtre sacré d'Annecy, au festival de Baalbek au Liban, au festival de Sceaux.
Metteur en scène En 1965, il fonde sa propre compagnie Les Heures Théâtrales de France et entreprend de longues tournées en France en Europe, en Afrique du Nord et, pour le compte du Ministère de la Coopération, dans dix pays d'Afrique Noire. Il monte Feydeau, Jean Racine, Molière, Prosper Mérimée. Pulchérie de Corneille Festival de Barentin avec Renée Faure 1965Le Festival Corneille d'Antoine Andrieu-Guitrancourt (Éditions Médianes - 1994) L'Aigle à deux têtes de Jean Cocteau Tournées Baret avec Renée Faure et Michel Paulin 1965 Laodice de Thomas Corneille Festival de Barentin avec Renée Faure 1966 Noces de sang de Federico Garcia Lorca avec Renée Faure et Catherine Rouvel Capitole de Toulouse 1966 Horace de Corneille au Théâtre du Vieux Colombier, avec André Thorent, Robert Benoît, Benoît Brionne, Monique Nevers 1968 Les Femmes savantes de Molière avec Jean-Luc Tardieu, Andréa Ferréol au Théâtre du Vieux Colombier 1969 Baroques et Précieux du (montage poétique) au Théâtre du Vieux-Colombier Cinna de Corneille avec Guy Kerner au Théâtre de la Gaîté Montparnasse 1969 Noces de sang de Federico Garcia Lorca avec Renée Faure au Théâtre de l'Athénée 1969 Le Petit Tailleur adaptation du conte des Frères Grimm au Festival du Marais 1970
Administrateur de théâtre Théâtre du Vieux Colombier avec Bernard Jenny (1968-1971) C'est le moment de la création de pièces de James Saunders, Edward Albee, Murray Schisgal, Léonid Andreïev, avec Laurent Terzieff, de Tchekhov avec Michel Vitold. Horaires multiples, matinées scolaires, spectacles à 18h30.
Animation culturelle et théâtrale (futur Ecla-Théâtre) de 1972 à 1974 Auprès de Christian Grau-Steff et de Jean Térensier, il participe au développement de cette structure dont le but est la diffusion des classiques en milieu scolaire et l'organisation de spectacles en matinée dans de grands théâtres parisiens.
Théâtre des Mathurins 1974-1979 Auprès de Radiffé Harry-Baur, directrice du théâtre, il en est l'administrateur et assure la plus grande partie de la programmation avec notamment : Le Péril Bleu de Victor Lanoux avec Odette Laure et Bernard Alane Le Voyageur sans Bagage de Jean Anouilh, mise en scène de Nicole Anouilh avec Daniel Ivernel Antigone de Jean Anouilh, mise en scène de Nicole Anouilh avec Annick Blancheteau et Michel Auclair Les Mains Sales de Jean-Paul Sartre avec Paul Guers et Yves-Marie Maurin
Bobino de 1980 à 1983 Directeur administratif du lieu, il y gère notamment de nombreux spectacles dont ceux de Maxime Le Forestier, Francis Lalane, Alan Stivel…
Théâtre Hébertot 1983-1986 Avec la compagnie Jean-Laurent Cochet, il gère l'alternance de 21 spectacles différents avec un budget réduit et des équipes administratives, techniques et d'accueil qu'il est chargé de réunir. Gageure réussie avec un personnel comparable en nombre à celui des établissements privés à programmation traditionnelle, et qu'il renouvelle trois années durant.
Théâtre de l'Est parisien de 1987 à 1990 Invité en par Guy Rétoré à remplir une mission en tous points comparable, lors du changement de statut du théâtre de l'Est parisien (TEP) de l'avenue Gambetta (l'Établissement Public étant transféré avec tout son personnel au Théâtre national de la Colline), il réorganise l'entreprise avec une équipe très réduite pour en assurer néanmoins le nouveau cahier des charges. Après trois saisons complètes et des spectacles divers, il quitte le TEP, restructuré par ses soins, en , pour se consacrer au seul centre de formation professionnelle des techniciens du spectacle.
Enseignement Professeur d'art dramatique à la Schola Cantorum Professeur de régie à l'institut théâtral de Censier Université de Paris. Professeur de régie puis de régie-administration à l'école nationale supérieure des arts et techniques du théâtre (rue Blanche) 1977-1982 ; il participe à la séparation de l'enseignement de la régie avec celui de l'administration théâtrale.
Centre de formation professionnelle des techniciens du spectacle Directeur (1980-1996)
En 1979, Denis Maurey alors Président du Syndicat des Directeurs des Théâtres Privés ainsi que du Fonds de Soutien, demande à Serge Bouillon de trouver un lieu à même de servir de magasin de décors à l’usage de ses confrères. Serge Bouillon trouve un lieu situé à Bagnolet de l’autre côté du périphérique. Il s’agit d’un ancien entrepôt de séchage de bois de plaquage, soit au sol, en fort mauvais état. L'association pour le soutien du théâtre privé l'achète. Denis Maurey, compte tenu de l'importance des locaux, a alors l'idée d'y trouver la solution à un autre problème, qui touche la profession, à savoir, refonder à Bagnolet le CFPTS, créé en 1974 par toutes les instances syndicales et patronales à Saint-Ouen et qui forme, à raison de 2 stages de 13 semaines annuelles, une vingtaine de techniciens de la machinerie et de la lumière, car la ville de Saint-Ouen souhaite récupérer les locaux qui l'abritent. Denis Maurey demande à Serge Bouillon de fonder à Bagnolet, le nouveau CFPTS, où, nommé en , il s’installe en . À l’exception de 2 projecteurs vétustes, le matériel du CFPTS est inexistant ou dangereux. Les locaux qui lui sont attribués se limitent à deux bureaux et à un atelier dont la verrière du toit est brisée. Serge Bouillon comprend aussitôt que la formation des jeunes issus du milieu scolaire, exige des locaux, installations et équipements, dont l'établissement est totalement dépourvu. Par ailleurs, son budget global annuel est de (subvention du Ministère ajoutée à la part de taxe d’apprentissage) lequel est affecté, essentiellement aux bourses d'études, ne lui permet pas d'en acquérir. 1981 : Création du nouveau stage de Régie générale En 1981, il comprend que, pour mener à bien la formation initiale, il va devoir proposer au fonds d'assurance formation des activités du spectacle, des stages de formation continue, dans le coût desquels, il inclut la location d’un matériel qu’il utilisera, aussi bien pour la formation continue, que pour la formation initiale. Parallèlement, en quête de l'évolution constante des techniques mises en œuvre dans le spectacle, et mettant à profit cette expérience du terrain, ainsi que celle de la pédagogie, il conçoit et propose un stage de formation de « régisseur général » à l'AFDAS. Le cursus de ce stage, inédit à l’époque, part du principe qu’un cadre administratif ne peut ignorer les techniques que ses subordonnés mettent en œuvre. C’est un succès. Ce cursus obtient immédiatement l’adhésion et connaît une longue liste d’attente. D’autres stages ne vont pas tarder à suivre dans toutes les disciplines des différentes techniques du spectacle.
Il lui faut songer à l’aménagement de nouveaux locaux et engage une équipe du bâtiment, qui tout au long des années suivantes, aménage les locaux, construisant : 1983-1984 : construction puis aménagement d’un théâtre à l’italienne avec un plateau de d’ouverture ; création d’un atelier de métallerie Il poursuit parallèlement avec le concours et les conseils de ses collaborateurs l'aménagement de nouvelles salles de formation.
1985 : la création de trois studios de son, totalement professionnels et interconnectés, pour la captation et la diffusion. Parallèlement, deux plateaux techniques, l’un à scène frontale, l’autre en espace modulable sont installés.
Des 26 semaines de stages annuels de 1981, on est passé, en cette année 1986 à 186 semaines. 1987 : stage de mise en œuvre informatique de la machinerie avec un matériel importé temporairement de Suède, alors qu’il n’existe pas encore en cette année un seul théâtre à Paris qui soit équipé d’un matériel comparable. 1988 : Atelier de dessin 1989 : Atelier de fabrication d’accessoires 1990 : édification d’un nouveau bâtiment appelé à devenir un studio audiovisuel. La surface en est très importante sous de hauteur, pour le studio, et au sol pour l’ensemble du bâtiment qui comporte en outre une régie de et un étage de . Intervention dans cette grosse opération de l’ASTP pour et de l’État pour la même somme. 1991 : installation d’une climatisation pour ce studio totalement silencieuse capable de distiller le froid ou le chaud.
Ce grand studio démontre le caractère novateur de Serge Bouillon, il va permettre de multiples expériences professionnelles marquantes pour les stagiaires, les mettant en condition de grands spectacles, voire, de grands événementiels ; il le mett à la disposition de plusieurs manifestations, avec, entre autres :
Festival Banlieues Bleues où 15 jeunes du département de la Seine-Saint-Denis ont pu se familiariser avec les différents métiers du spectacle musical