Claude Rodier, née le à Saint-Éloy-les-Mines, (Puy-de-Dôme) et morte le au camp de Ravensbrück (Allemagne), épouse de Pierre Virlogeux, ancienne élève de l’École normale supérieure de jeunes filles de Sèvres, agrégée de physique, enseignante, a été sergent-chef des MUR (Mouvements unis de la Résistance) d’Auvergne.

Biographie Ses origines et sa formation Claude Rodier naît le à Saint-Éloy-les-Mines (Puy-de-Dôme) dans une famille d'enseignants laïcs et républicains. Ses ancêtres ont travaillé dans la mine et l'un de ses grands-pères est mort dans une grande catastrophe minière qui endeuilla les Combrailles à la fin du .

Élève brillante, elle intègre en 1921 l'École normale supérieure de jeunes filles de SèvresÀ la mémoire des Sévriennes mortes pour la France. 1939-1945, 8 portraits hors-texte de Camille Charvet (née Kahn) ; Marie Talet ; Marcelle Pardé ; Marie Reynoard ; Claude Virlogeux (née Rodier) ; Marguerite Flavien (née Buffard) ; Madeleine Michelis ; Andrée Dana, Paris, imp. Guillemot, 1946. où elle suit particulièrement les cours du physicien Paul Langevin. Elle en sortira, en 1923, comme « plus jeune agrégée de France » en physique.

Avant la Seconde Guerre mondiale Après avoir enseigné quelque temps à Pamiers, elle rejoint Riom où elle est nommée professeur au lycée de jeunes filles.

Elle épouse le , à Clermont-Ferrand, Pierre Virlogeux, jeune ingénieur céramiste. De son union avec celui-ci, naissent deux fils : Jean (1927-2006) et Marc (1934-2008).

En 1929, elle accompagne son mari dans la création de son entreprise « Les Grès Flammés ». Elle mettra au service du laboratoire de celle-ci, ses compétences en physique et en chimie.

Pendant la Seconde Guerre mondiale En 1939, au début de la Seconde Guerre mondiale, elle est approchée par l'ambassade des États-Unis, qui, au regard de son cursus en physique atomique, lui propose d'immigrer en Amérique du Nord. Confiante dans l'avenir de la France, soucieuse de l'entreprise de son époux et à cause de la présence d'enfants en bas âge, elle ne donnera pas suite à cette proposition.

En 1940, à la suite de la débâcle et des manques d'effectifs dus aux prisonniers de guerre retenus en Allemagne, elle reprend son métier d'enseignante au lycée de jeunes filles de Riom.

Entrée en résistance Il est assez rare de pouvoir documenter l’entrée en Résistance d'une personne. S'agissant de Claude Rodier, celle-ci est documentéeMais dans l'attente de la parution des mémoires du fils d'acteurs de cette évolution, en cours de rédaction, deux personnages importants resteront anonymes.. De fait, cette entrée a lieu dès 1940, quand la guerre a conduit l'université de Strasbourg à trouver refuge à Clermont-Ferrand.

Elle accueille un couple d'enseignants des Vosges d'origine juive, dont la femme était condisciple de Claude Rodier à l'École normale supérieure, et le mari, en contact, depuis le début de la guerre, avec les services secrets britanniques ; dès lors, le chemin était tracé.

Arrestation Claude Rodier est arrêtée le , avec son mari, Pierre Virlogeux, ses deux fils, Jean (17 ans) et Marc (11 ans) et son père. Ces deux derniers sont libérés dans la journée. Claude Rodier est internée dans une cellule de la prison militaire du régiment d'infanterie où elle partagera la vie de la femme du général André Marteau et de Marie Pfister, grand-mère de l'écrivain Patrick Raynal avec laquelle elle sera déportée au camp de Ravensbrück par le Transport parti de Paris-Romainville le (Matricules 39037 et 38971)http://www.bddm.org/liv/details.php?id=I.212.. Marie Pfister l'accompagnera jusqu'à son décèsLettre à ma grand-mère, Patrick Raynal, Éditions Flammarion, pages 166 et suivantes..

Déportation

À son arrivée au camp, après les opérations d'immatriculation, elle est informée par une autre prisonnière venue d'une autre cellule de la prison du RI et ayant été transportée dans un autre wagon, Christiane Méténier, secrétaire de mairie de Montaigut-en-Combraille, du décès de son mari, le soir de son arrestation, par suicide à la caserne d'Anthéroche à Riomhttps://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/puy-de-dome/rescape-shoah-retrouve-resistante-qui-sauve-1230345.html . L'information n'est acquise qu'au printemps 2017, les deux fils de Claude Rodier-Virlogeux, Jean et Marc, ignorèrent jusqu'à leur mort, que leur mère avait été informée, avant sa disparition du décès de leur père..

Claude Rodier va séjourner quelques semaines au Bunker. du Camp de Ravensbrück (camp spécial au cœur du camp principal). Ont séjourné au Bunker : Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Odette Sansom, Margarete Buber-Neumann, Germaine Tillion... Les nazis attendent de Claude Rodier qu'elle participe, comme physicienne atomiste, au programme nucléaire nazi. Devant son refus, elle est finalement condamnée à aller décharger des péniches de charbon sur la Schwedt See. Elle y contracte à la fin de l'année 1944, une pleurésie dont elle décédera le Si c'est une femme - La vie des femmes à Ravensbrück, Sarah Helm, éditions Calmann-Levy, , https://books.google.fr/books?id=poq4CwAAQBAJ&pg=PT549&dq=Claude+Virlogeux&hl=fr&sa=X&redir_esc=y#v=onepage&q=Claude%20Virlogeux&f=false.

Reconnaissance

À son retour d'Allemagne, Geneviève de Gaulle-Anthonioz rapporte les lunettes de Claude Rodier. Elle les remettra à ses parents qui ignoraient encore le sort de leur petit-fils, Jean Virlogeux, libéré seulement le au camp de concentration de Wöbbelin par la division aéroportée américaine et rapatrié en France par avion le , après un séjour à l'hôpital de Ludwigslust pour y soigner le typhus et une décalcification avancéeArchives familiales de la famille Virlogeux. Disponibles en format numérique aux Archives municipales de la Ville de Riom et en cours de numérisation par les Archives départementales du Puy-de-Dôme..

200px|left|thumb|alt=Monument Pierre Virlogeux et Claude Rodier| Monument Pierre Virlogeux et Claude Rodier. Après la guerre, la municipalité de Riom fit rebaptiser l'avenue qui conduit du centre ville à la gare SNCF « Riom-Châtelguyon », « avenue Virlogeux ». Au long de cette avenue, fut érigé le monument en hommage à Claude Rodier et Pierre Virlogeux fait d'une pierre taillée en forme de menhir, sur un socle en carreaux de grès flammés, portant en son centre un médaillon, réalisé par Pierre Virlogeux, représentant Claude Rodier de profil, et surmonté d'un buste « autoportrait » de Pierre Virlogeux.

Le jardin public du qui borde cette avenue fut également renommé « square Virlogeux ».

Dernier hommage de la municipalité de Riom, le lycée public construit sur l'emprise de la caserne d'Antheroche où se suicida Pierre Virlogeux et où son corps fut caché par les séides du SD de Clermont-Ferrand fut baptisé « lycée Pierre-et-Claude-Virlogeux ».

Depuis le , la rue Claude-Rodier située à Paris porte son nom.

Famille Pierre Virlogeux

Jean Virlogeux (1927-2006) En 1940, comme éclaireur de France, il participe, à Riom, à l'accueil des réfugiés. En 1943, il tente, avec un camarade, de rejoindre le maquis. Sous l'autorité de son père, il participe aux actions de résistance (messager, réceptions de parachutages...).

Le , Jean Virlogeux vient tout juste de fêter ses 17 ans. Après son arrestation, il est violemment "secoué", notamment par Ursula Brandt. Transféré à la caserne du RI à Clermont-Ferrand, il y commencera un parcours qui, comme déporté NN, le conduira à Compiègne-Royallieu (avec un séjour en région parisienne pour désarmer des bombes du bombardement de la gare de triage de La Chapelle), au camp de Neuengamme, au Kommando de Fallersleben ("ouvrier électricien" aux usines Volkswagen), pour être enfin libéré par les troupes de la 82nd Airborne, le au camp de Wöbbelin-Ludwiglust. , 15 mois aux mains de la Gestapo et des SS.. Il est l'époux de Nicole Juncker, petite nièce de Maurice Juncker, avocat, membre du Parti d'unité prolétarienne et représentant de celui-ci au Bureau de Londres.

Marc Virlogeux (1932-2008) Il a 11 ans lorsqu'il est arrêté avec ses parents et son grand-père. Compte tenu de leurs âges, lui et son grand-père seront libérés dans la soirée du . Il ne reverra jamais ses parents et restera dans l'ignorance de leur sort jusqu'à la Libération, pour son père, jusqu'à la libération des camps de concentration pour sa mère. Il en restera marqué pendant toute sa vie..

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes Pierre Virlogeux

Liens externes

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